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רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: נֵס. וְחַד אָמַר: נֵס בְּתוֹךְ נֵס. מַאן דְּאָמַר נֵס — יַעַר הֲוָה, דּוּבִּים לָא הֲווֹ. מַאן דְּאָמַר נֵס בְּתוֹךְ נֵס — לֹא יַעַר הֲוָה וְלָא דּוּבִּים הֲווֹ. וְלִיהְוֵי דּוּבִּים וְלָא לֶיהֱוֵי יַעַר! דִּבְעִיתִי.
Rav et Shmuel eurent un différend au sujet de cet épisode. L’un dit qu’il y eut un miracle, et l’autre dit qu’il y eut un miracle au sein d’un miracle. La Guemara explique : Celui qui dit qu’il y eut un miracle soutient qu’il y avait déjà une forêt à cet endroit, mais qu’il n’y avait pas d’ours, et le miracle fut l’apparition des ours. Celui qui dit qu’il s’agissait d’un miracle au sein d’un miracle soutient qu’il n’y avait ni forêt ni ours dans cette région. La Guemara demande au sujet du second avis : pourquoi un double miracle était-il nécessaire ? Qu’il y ait des ours et pas de forêt ; la forêt ne jouait aucun rôle dans l’histoire, alors pourquoi fut-elle créée ? La Guemara explique : La forêt était nécessaire, car les ours ont peur de s’aventurer dans des espaces ouverts, mais ils attaquent les gens dans leur habitat naturel, une forêt.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: בִּשְׁבִיל אַרְבָּעִים וּשְׁנַיִם קׇרְבָּנוֹת שֶׁהִקְרִיב בָּלָק מֶלֶךְ מוֹאָב הוּבְקְעוּ מִיִּשְׂרָאֵל אַרְבָּעִים וּשְׁנַיִם יְלָדִים. אִינִי?
Rabbi Ḥanina dit : En raison des quarante-deux sacrifices que Balak, roi de Moab, a offerts lorsqu’il a essayé de faire maudire le peuple juif par Balaam, quarante-deux enfants furent retranchés d’Israël, dans cet épisode impliquant Élisée. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Était-ce là la récompense de ses sacrifices ?
וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בְּתוֹרָה וּבְמִצְוֹת, וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ — בָּא לִשְׁמָהּ. שֶׁבִּשְׂכַר אַרְבָּעִים וּשְׁנַיִם קׇרְבָּנוֹת שֶׁהִקְרִיב בָּלָק מֶלֶךְ מוֹאָב, זָכָה וְיָצְתָה מִמֶּנּוּ רוּת שֶׁיָּצָא מִמֶּנָּה שְׁלֹמֹה, שֶׁכָּתוּב בֵּיהּ ״אֶלֶף עֹלוֹת יַעֲלֶה שְׁלֹמֹה״. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן חוֹנִי: רוּת בִּתּוֹ שֶׁל עֶגְלוֹן בְּנוֹ שֶׁל בָּלָק הָיְתָה! תַּאֲוָתוֹ מִיהָא לִקְלָלָה הֱוֵי.
Mais Rav Yehouda n’a-t-il pas dit que Rav dit : Une personne doit toujours s’adonner à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitzvot, même si elle le fait non pour elles-mêmes, car par de tels actes accomplis non pour elles-mêmes, elle finira par les accomplir pour elles-mêmes. Il prouve la valeur d’une mitzva accomplie non pour elle-même : Car, en récompense des quarante-deux offrandes que Balak, roi de Moab, apporta, il mérita que Ruth descende de lui, de qui descendit le roi Salomon, au sujet duquel il est écrit qu’il apporta de nombreuses offrandes : « Salomon offrit mille holocaustes » (I Rois 3:4). Et Rabbi Yossei ben Ḥoni dit de même : Ruth était la fille d’Eglon, fils de Balak. Ces Sages affirment que la récompense de Balak fut que Ruth descende de lui, et non qu’un certain nombre de Juifs périssent. La Guemara répond : Son désir, en tout cas, était de maudire le peuple juif, et sa récompense pour avoir offert ses sacrifices fut que la malédiction s’accomplisse également dans l’incident impliquant Élisée.
״וַיֹּאמְרוּ אַנְשֵׁי הָעִיר אֶל אֱלִישָׁע הִנֵּה נָא מוֹשַׁב הָעִיר טוֹב כַּאֲשֶׁר אֲדֹנִי רֹאֶה וְגוֹ׳״. וְכִי מֵאַחַר דְּמַיִם רָעִים וְאֶרֶץ מְשַׁכֶּלֶת, אֶלָּא מָה טוֹבָתָהּ? אָמַר רַבִּי חָנִין: חֵן מָקוֹם עַל יוֹשְׁבָיו. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, שְׁלֹשָׁה חִינּוֹת הֵן: חֵן מָקוֹם עַל יוֹשְׁבָיו, חֵן אִשָּׁה עַל בַּעְלָהּ, חֵן מִקָּח עַל (מִקָּחוֹ).
La Guemara revient à la discussion de l’incident impliquant Élisée : « Et les hommes de la ville dirent à Élisée : Voici, s’il te plaît, la situation de cette ville est agréable, comme mon seigneur le voit, mais l’eau est mauvaise et la terre fait avorter » (II Rois 2:19). La Guemara demande : Mais si l’eau est mauvaise et que la terre fait avorter les femmes, qu’y a-t-il d’agréable en elle ? Rabbi Ḥanina dit : Le charme d’un lieu repose sur ses habitants, c’est-à-dire que les gens sont attachés à leur ville natale malgré ses défauts. Rabbi Yoḥanan dit : Il y a trois charmes qui ont un effet similaire : le charme d’un lieu sur ses habitants ; the charme d’une femme sur son mari, malgré ses défauts ; et le charme d’un objet acheté sur son acheteur, car celui qui a acheté quelque chose le voit sous un jour favorable.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה חֲלָאִין חָלָה אֱלִישָׁע: אֶחָד שֶׁגֵּירָה דּוּבִּים בַּתִּינוֹקוֹת, וְאֶחָד שֶׁדְּחָפוֹ לְגֵחֲזִי בִּשְׁתֵּי יָדַיִם, וְאֶחָד שֶׁמֵּת בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וֶאֱלִישָׁע חָלָה אֶת חׇלְיוֹ אֲשֶׁר יָמוּת בּוֹ״.
§ Les Sages ont enseigné : Élisée tomba malade trois fois. L’une fut une punition pour avoir incité les ours à attaquer les enfants ; et l’une fut une punition pour avoir repoussé Guéhazi à deux mains, sans lui laisser la possibilité de revenir ; et l’une fut la maladie dont il mourut, car une expression de maladie est énoncée trois fois dans le verset au sujet d’Élisée : « Et Élisée tomba malade [ḥala] de sa maladie [ḥolyo] dont il devait mourir » (II Rois 13:14). La racine ḥet, lamed, heh, qui indique la maladie, est utilisée deux fois dans ce verset, et il est dit une fois qu’Élisée mourra.
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם תְּהֵא שְׂמֹאל דּוֹחָה וְיָמִין מְקָרֶבֶת, לֹא כֶּאֱלִישָׁע שֶׁדְּחָפוֹ לְגֵחֲזִי בִּשְׁתֵּי יָדָיו, וְלֹא כִּיהוֹשֻׁעַ בֶּן פְּרַחְיָה שֶׁדְּחָפוֹ לְיֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי מִתַּלְמִידָיו בִּשְׁתֵּי יָדָיו.
Les Sages ont enseigné : Que ce soit toujours la main gauche, la plus faible, qui repousse autrui et la main droite, la plus forte, qui le rapproche. Autrement dit, même lorsqu’un élève est repoussé, il faut lui donner la possibilité de revenir. Cela n’est pas comme Élisée, qui repoussa Guéhazi avec ses deux mains, ni comme Yehoshua ben Peraḥya, qui repoussa Jésus le Nazaréen, l’un de ses élèves, avec ses deux mains.
אֱלִישָׁע מַאי הִיא, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר נַעֲמָן הוֹאֵל קַח כִּכָּרָיִם״, וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֵלָיו לֹא לִבִּי הָלַךְ כַּאֲשֶׁר הָפַךְ אִישׁ מֵעַל מֶרְכַּבְתּוֹ לִקְרָאתֶךָ הַעֵת לָקַחַת אֶת הַכֶּסֶף וְלָקַחַת בְּגָדִים וְזֵיתִים וּכְרָמִים וְצֹאן וּבָקָר וַעֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת״.
La Guemara précise : Quel fut cet incident avec Élisée ? Comme il est écrit : « Et Naaman dit : Je t’en prie, prends des talents » (II Rois 5:23). Naaman offrit à Guéhazi un paiement pour l’aide qu’Élisée lui avait apportée, et, lorsque le verset rapporte les paroles d’Élisée à Guéhazi, il est écrit : « Et il lui dit : Mon cœur n’est-il pas allé, lorsque l’homme est revenu de son char à ta rencontre ? Est-ce le moment de prendre de l’argent, et de prendre des vêtements, et des oliviers, et des vignes, et du petit bétail, et du gros bétail, et des serviteurs, et des servantes ? » (II Rois 5:26). Ici, Élisée reproche à Guéhazi d’avoir accepté le paiement.
וּמִי שָׁקֵיל כּוּלֵּי הַאי? כֶּסֶף וּבְגָדִים הוּא דְּשָׁקֵיל! אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה הָיָה אֱלִישָׁע עוֹסֵק בִּשְׁמֹנָה שְׁרָצִים, אָמַר לוֹ: רָשָׁע, הִגִּיעַ עֵת לִיטּוֹל שְׂכַר שְׁמֹנָה שְׁרָצִים. ״וְצָרַעַת נַעֲמָן תִּדְבַּק בְּךָ וּבְזַרְעֲךָ לְעוֹלָם״. ״וְאַרְבָּעָה אֲנָשִׁים הָיוּ מְצֹרָעִים״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זֶה גֵּחֲזִי וּשְׁלֹשֶׁת בָּנָיו.
La Guemara clarifie la critique : Et a-t-il pris tout cela ? Mais ce n’était que de l’argent et des vêtements qu’il a pris. Rabbi Yitzḥak dit : À ce moment-là, Élisée était occupé à l’étude du sujet des huit animaux rampants impurs. Il dit à Gueḥazi : Méchant, il est temps pour toi de recevoir maintenant, dans ce monde temporel, la récompense pour l’étude du sujet des huit animaux rampants impurs. C’est pourquoi le verset énumère huit éléments. La Guemara ajoute entre parenthèses qu’Élisée dit aussi à Gueḥazi : « Et la lèpre de Naaman s’attachera à toi et à ta descendance pour toujours » (II Rois 5:27), et que le verset déclare plus tard : « Or, il y avait quatre hommes lépreux » (II Rois 7:3), au sujet desquels Rabbi Yoḥanan dit : Il s’agit de Gueḥazi et de ses trois fils.
״וַיָּבֹא אֱלִישָׁע דַּמֶּשֶׂק״. לָמָּה הָלַךְ? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁהָלַךְ לְהַחְזִירוֹ לְגֵחֲזִי בִּתְשׁוּבָה, וְלֹא חָזַר. אָמַר לוֹ: חֲזוֹר בָּךְ. אָמַר לוֹ: כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מִמְּךָ, כׇּל מִי שֶׁחָטָא וְהֶחְטִיא אֶת הָרַבִּים — אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה.
Le verset déclare : « Et Élisée vint à Damas » (II Rois 8:7). La Guemara demande : Dans quel but y est-il allé ? Rabbi Yoḥanan dit : Il est allé aider Guehazi à se repentir, mais Guehazi n’a pas accepté de se repentir de ses mauvaises voies. Élisée lui dit : Reviens de tes péchés. Guehazi lui dit : Telle est la tradition que j’ai reçue de toi : Quiconque faute et fait fauter les masses ne reçoit pas la possibilité de se repentir.
מַאי עֲבַד? אִיכָּא דְּאָמְרִי: אֶבֶן שׁוֹאֶבֶת תָּלָה לוֹ לְחַטַּאת יָרָבְעָם, וְהֶעֱמִידוֹ בֵּין שָׁמַיִם לָאָרֶץ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: שֵׁם חֲקַק לַהּ אַפּוּמַּהּ, וְהָיְתָה אוֹמֶרֶת ״אָנֹכִי״ וְ״לֹא יִהְיֶה לְךָ״.
La Guemara demande : Qu’a fait Guehazi pour amener les foules à fauter ? Il y en a qui disent qu’il a suspendu une pierre magnétique au veau de Jéroboam, le veau d’or que Jéroboam avait établi comme idole, et a utilisé un aimant pour soulever le veau du sol, de sorte qu’il l’a suspendu entre le ciel et la terre, c’est-à-dire qu’il l’a fait flotter au-dessus du sol. Cet événement apparemment miraculeux a poussé le peuple à l’adorer avec encore plus de ferveur. Et il y en a qui disent : Il a gravé le nom sacré sur sa bouche, et il disait : « Je suis le Seigneur ton Dieu » et : « Tu n’auras pas d’autres dieux » (Exode 20:2). L’idole citait les deux interdictions des Dix Commandements contre l’idolâtrie, amenant les gens à l’adorer avec encore plus de ferveur.
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: רַבָּנַן דְּחָה מִקַּמֵּיהּ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמְרוּ בְנֵי הַנְּבִיאִים אֶל אֱלִישָׁע הִנֵּה נָא הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אֲנַחְנוּ יֹשְׁבִים שָׁם לְפָנֶיךָ צַר מִמֶּנּוּ״, מִכְּלָל דְּעַד הָאִידָּנָא לָא הֲוָה דְּחִיק.
Et il y a ceux qui disent : Guehazi repoussait les Sages pour les empêcher de venir devant lui, les empêchant d’apprendre d’Élisée, comme il est écrit, après l’incident susmentionné : « Et les fils des prophètes dirent à Élisée : voici, le lieu où nous demeurons devant toi est trop exigu pour nous » (II Rois 6:1). Cela prouve par déduction que jusqu’à ce moment-là le lieu n’était pas exigu, car Guehazi éloignait les gens.
יְהוֹשֻׁעַ בֶּן פְּרַחְיָה מַאי הִיא — כְּדַהֲוָה קָא קָטֵיל יַנַּאי מַלְכָּא לְרַבָּנַן, שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח (אַטְמִינֵהוּ) [אַטְמַרְתֵּיהּ] אֲחָתֵיהּ, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן פְּרַחְיָה אֲזַל עֲרַק לַאֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם. כִּי הֲוָה שְׁלָמָא, שְׁלַח לֵיהּ שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח: מִנַּי יְרוּשָׁלַיִם עִיר הַקּוֹדֶשׁ לִךְ אֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם: אֲחוֹתִי! בַּעֲלִי שָׁרוּי בְּתוֹכֵךְ, וַאֲנִי יוֹשֶׁבֶת שׁוֹמֵמָה! אֲמַר: שְׁמַע מִינַּהּ הֲוָה לֵיהּ שְׁלָמָא.
La Guemara revient sur l’incident au cours duquel Yehoshua ben Peraḥya repoussa Jésus le Nazaréen : Quel est cet incident ? Lorsque le roi Yannai tuait les Sages, Shimon ben Shataḥ fut caché par sa sœur, l’épouse de Yannai, tandis que Rabbi Yehoshua ben Peraḥya partit et s’enfuit à Alexandrie d’Égypte. Lorsque la paix fut conclue entre Yannai et les Sages, Shimon ben Shataḥ lui envoya la lettre suivante : De moi, Jérusalem la ville sainte, à toi, Alexandrie d’Égypte. Ma sœur, mon mari demeure en toi, et moi je suis assise désolée. Rabbi Yehoshua ben Peraḥya dit : Je peux en apprendre de cela qu’il y a la paix, et je peux revenir.
כִּי אֲתָא, אִקְּלַע לְהָהוּא אוּשְׁפִּיזָא, קָם קַמַּיְיהוּ בִּיקָרָא שַׁפִּיר, עָבְדִי לֵיהּ יְקָרָא טוּבָא, יָתֵיב וְקָא מִשְׁתַּבַּח: כַּמָּה נָאָה אַכְסַנְיָא זוֹ! אֲמַר לֵיהּ יֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי: רַבִּי, עֵינֶיהָ טְרוּטוֹת. אֲמַר לֵיהּ: רָשָׁע, בְּכָךְ אַתָּה עוֹסֵק? אַפֵּיק אַרְבַּע מְאָה שִׁפּוּרֵי וְשַׁמְּתֵיהּ. כׇּל יוֹמָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ וְלָא קַבְּלֵיהּ.
Lorsqu’il revint en Eretz Yisrael, le rabbin Yehoshua arriva dans une certaine auberge. L’aubergiste se tint devant lui, l’honorant grandement, et dans l’ensemble ils lui accordèrent un grand honneur. Le rabbin Yehoshua ben Peraḥya s’assit alors et les louait en disant : Comme cette auberge est belle. Jésus le Nazaréen, l’un de ses élèves, lui dit : Mon maître, mais les yeux de la femme de l’aubergiste sont étroits [terutot]. Le rabbin Yehoshua ben Peraḥya lui dit : Méchant, est-ce à cela que tu t’occupes, à regarder les femmes ? Il sortit quatre cents shofarot et l’excommunia. Chaque jour Jésus venait devant lui, mais il n’acceptait pas son désir de revenir.
יוֹמָא חַד הֲוָה קָרֵי קְרִיַּת שְׁמַע, אֲתָא לְקַמֵּיהּ. הֲוָה בְּדַעְתֵּיהּ לְקַבּוֹלֵיהּ, אַחְוִי לֵיהּ בִּידֵיהּ, סְבַר מִדְחָא דָּחֵי לֵיהּ, אֲזַל זְקַף לְבֵינְתָּא פַּלְחַאּ. אֲמַר לֵיהּ: חֲזוֹר בָּךְ! אֲמַר לֵיהּ: כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מִמְּךָ, כׇּל הַחוֹטֵא וּמַחְטִיא אֶת הָרַבִּים — אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה. דְּאָמַר מָר: יֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי כִּישֵּׁף וְהִסִּית וְהִדִּיחַ וְהֶחְטִיא אֶת יִשְׂרָאֵל.
Un jour, Rabbi Yehoshua ben Peraḥya récitait le Shema lorsque Jésus se présenta devant lui. Cette fois-là, il avait l’intention de l’accepter, alors il lui fit signe de la main d’attendre. Jésus pensa qu’il le rejetait complètement. Il alla donc dresser une brique et se prosterna devant elle comme devant une idole. Rabbi Yehoshua ben Peraḥya lui dit : Reviens de tes péchés. Jésus lui dit : Telle est la tradition que j’ai reçue de toi : quiconque pèche et fait pécher les masses ne reçoit pas la possibilité de se repentir. La Guemara explique comment il fit pécher les masses : Car le Maître a dit : Jésus le Nazaréen pratiquait la sorcellerie, et il incita les masses, les égara, et fit pécher le peuple juif.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יֵצֶר, תִּינוֹק, וְאִשָּׁה — תְּהֵא שְׂמֹאל דּוֹחָה וְיָמִין מְקָרֶבֶת.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar dit : En ce qui concerne le mauvais penchant, un enfant et une femme, la main gauche doit repousser et la droite doit accueillir. Si l’on repousse trop fortement, le dommage pourrait être irréversible.
מַתְנִי׳ נִמְצָא הַהוֹרֵג עַד שֶׁלֹּא נֶעֶרְפָה הָעֶגְלָה — תֵּצֵא וְתִרְעֶה בָּעֵדֶר. מִשֶּׁנֶּעֶרְפָה הָעֶגְלָה — תִּקָּבֵר בִּמְקוֹמָהּ, שֶׁעַל סָפֵק בָּאתָה מִתְּחִילָּתָהּ — כִּיפְּרָה סְפֵיקָהּ, וְהָלְכָה לָהּ. נֶעֶרְפָה הָעֶגְלָה וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הַהוֹרֵג — הֲרֵי זֶה יֵהָרֵג.
MICHNA :Si le meurtrier est trouvé avant que la nuque de la génisse ne soit brisée, la génisse sortira et paîtra parmi le troupeau. Elle n’est aucunement considérée comme sacrée, et elle peut rejoindre de nouveau les autres animaux. Si le meurtrier est trouvé à partir du moment où la nuque de la génisse a été brisée, même si le reste du rituel n’a pas encore été accompli, il est interdit de tirer profit de l’animal, bien que le meurtrier ait été trouvé ; elle doit être enterrée à l’endroit même. Cela est ainsi parce que la génisse est venue initialement en raison de l’incertitude, puisque le meurtrier était inconnu, et elle a expié cette incertitude puis s’en est allée, c’est-à-dire qu’elle a accompli son rôle d’apporter l’expiation et est considérée à tous égards comme une génisse à la nuque brisée. Si la nuque de la génisse a été brisée et qu’ensuite le meurtrier a été trouvé, il est mis à mort. Le rituel n’expiе pas pour lui.
עֵד אֶחָד אוֹמֵר ״רָאִיתִי אֶת הַהוֹרֵג״, וְעֵד אֶחָד אוֹמֵר ״לֹא רָאִיתָ״. אִשָּׁה אוֹמֶרֶת ״רָאִיתִי״, וְאִשָּׁה אוֹמֶרֶת ״לֹא רָאִית״ — הָיוּ עוֹרְפִין. עֵד אֶחָד אוֹמֵר ״רָאִיתִי״, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים ״לֹא רָאִיתָ״ — הָיוּ עוֹרְפִין. שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״רָאִינוּ״, וְאֶחָד אוֹמֵר לָהֶן ״לֹא רְאִיתֶם״ — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין.
Si un témoin dit : J’ai vu le meurtrier, et un autre témoin dit : Tu ne l’as pas vu ; ou si une femme dit : J’ai vu, et une autre femme dit : Tu n’as pas vu, ils briseraient la nuque de la génisse, car sans témoignage clair sur l’identité du meurtrier, le rituel est accompli. De même, si un témoin dit : J’ai vu le meurtrier, et deux témoins disent : Tu n’as pas vu, ils briseraient la nuque de la génisse, car on se fie à la paire. Si deux témoins disent : Nous avons vu le meurtrier, et un témoin leur dit : Vous n’avez pas vu, ils ne briseraient pas la nuque de la génisse, car il y a deux témoins quant à l’identité du meurtrier.
מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחָנִין — בָּטְלָה עֶגְלָה עֲרוּפָה. מִשֶּׁבָּא אֱלִיעֶזֶר בֶּן דִּינַאי, וּתְחִינָּה בֶּן פְּרִישָׁה הָיָה נִקְרָא, חָזְרוּ לִקְרוֹתוֹ ״בֶּן הָרַצְחָן״.
La michna déclare en outre : Depuis le temps où les meurtriers se sont multipliés, le rituel de la génisse à la nuque brisée a été annulé. Le rituel n’était accompli que lorsque l’identité du meurtrier était totalement inconnue. Lorsqu’il y eut de nombreux meurtriers connus, les conditions nécessaires à l’accomplissement du rituel n’étaient plus réunies, puisque l’identité probable du meurtrier était connue. Depuis le temps où Éliézer ben Dinaï, qui était aussi appelé Teḥina ben Perisha, arriva, on le renomma : fils d’un meurtrier. C’est un exemple de meurtrier publiquement connu.
מִשֶּׁרַבּוּ הַמְנָאֲפִים — פָּסְקוּ הַמַּיִם הַמָּרִים. וְרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי הִפְסִיקָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא אֶפְקוֹד עַל בְּנוֹתֵיכֶם כִּי תִזְנֶינָה וְעַל כַּלּוֹתֵיכֶם כִּי תְנָאַפְנָה כִּי הֵם וְגוֹ׳״.
La michna enseigne un cas similaire : À partir du moment où les adultères se multiplièrent, l’accomplissement du rituel des eaux amères fut annulé ; on ne faisait plus boire les eaux amères à la sota. Et ce fut Rabbi Yoḥanan ben Zakkaï qui l’annula, comme il est dit : « Je ne punirai pas vos filles lorsqu’elles se prostituent, ni vos brus lorsqu’elles commettent l’adultère ; car ils fréquentent des femmes débauchées » (Osée 4:14), ce qui signifie que, lorsque les maris sont adultères, les épouses ne sont pas punies pour leur propre adultère.
מִשֶּׁמֵּת יוֹסֵי בֶּן יוֹעֶזֶר אִישׁ צְרֵידָה וְיוֹסֵי בֶּן יְהוּדָה אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם בָּטְלוּ הָאֶשְׁכֹּלוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין אֶשְׁכּוֹל לֶאֱכוֹל בִּכּוּרָה אִוְּתָה נַפְשִׁי״, יוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל הֶעֱבִיר הוֹדָיַית הַמַּעֲשֵׂר. אַף הוּא בִּטֵּל אֶת הַמְעוֹרְרִין וְאֶת הַנּוֹקְפִין.
Depuis le temps où Yosei ben Yo’ezer de Tzereida et Yosei ben Yehuda de Jérusalem moururent, les grappes cessèrent, c’est-à-dire qu’ils furent les derniers des grappes, comme cela est expliqué dans la Guemara, comme il est dit : « Il n’y a pas de grappe à manger, ni de figue précoce que mon âme désire » (Michée 7:1). La michna poursuit dans le même esprit : Yoḥanan le Grand Prêtre supprima la déclaration de la dîme. Après son époque, plus personne ne récitait le passage concernant l’élimination des dîmes, qui était auparavant dit à la fin d’un cycle triennal de dîmes. Il annula aussi les actions des éveilleurs et des frappeurs au Temple.

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