קִיֵּים זֶה כׇּל מַה שֶּׁכָּתוּב בָּזֶה.
Celui-ci, c’est-à-dire Joseph le défunt, a accompli tout ce qui est écrit en ceci. Il convient donc que les deux arches reposent côte à côte.
וְאִי לָא עֲסִיק בֵּיהּ מֹשֶׁה — יִשְׂרָאֵל לָא הֲווֹ מִיעַסְקִי בֵּיהּ? וְהָכְתִיב: ״וְאֶת עַצְמוֹת יוֹסֵף אֲשֶׁר הֶעֱלוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם קָבְרוּ בִשְׁכֶם״! וְתוּ: אִי לָא אִיעֲסַקוּ בֵּיהּ יִשְׂרָאֵל — בָּנָיו לָא הֲווֹ מִיעַסְקִי בֵּיהּ? וְהָכְתִיב: ״וַיִּהְיוּ לִבְנֵי יוֹסֵף לְנַחֲלָה״?!
La Guemara demande : Et si Moïse ne s’était pas occupé de l’enterrement de Joseph, le peuple juif ne s’en serait-il pas occupé ? Mais n’est-il pas écrit qu’après la mort de Moïse : « Et les ossements de Joseph, que les enfants d’Israël avaient fait monter d’Égypte, ils les enterrèrent à Sichem » (Josué 24:32), ce qui indique que le peuple juif a achevé l’enterrement de Joseph ? Et de plus, si le peuple juif ne s’était pas occupé de l’enterrement de Joseph, ses enfants ne s’en seraient-ils pas occupés ? Mais n’est-il pas écrit dans ce même verset : « Et ils devinrent l’héritage des enfants de Joseph », puisque Joseph fut enterré à Sichem, qui fut ensuite donnée à ses descendants ? Dès lors, la question se pose : pourquoi les descendants de Joseph ont-ils d’abord laissé la tâche de son enterrement au peuple juif et à Moïse ?
אָמְרוּ: הַנִּיחוּ לוֹ, כְּבוֹדוֹ בִּמְרוּבִּים יוֹתֵר מִבְּמוּעָטִין. וְתוּ אָמְרוּ: הַנִּיחוּ לוֹ, כְּבוֹדוֹ בִּגְדוֹלִים יוֹתֵר מִבִּקְטַנִּים.
La Guemara répond : Ils ont dit : Laissez Joseph à d'autres. C'est un plus grand honneur pour Joseph d'être enterré par le grand nombre plutôt que par le petit nombre, et il vaut donc mieux que le peuple juif participe à l'enterrement. Et de plus, ils ont dit : Laissez Joseph à d'autres. C'est un plus grand honneur pour Joseph d'être enterré par l'un des grands hommes comme Moïse plutôt que par des hommes moindres comme nous.
״קָבְרוּ בִּשְׁכֶם״. מַאי שְׁנָא בִּשְׁכֶם? אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מִשְּׁכֶם גְּנָבוּהוּ, וְלִשְׁכֶם נַחְזִיר אֲבֵידָתוֹ.
Dans le verset susmentionné, il est dit : « Et les ossements de Joseph, que les enfants d’Israël avaient fait monter d’Égypte, ils les enterrèrent à Sichem, dans la parcelle de terre que Jacob avait achetée des fils de Hamor, père de Sichem, pour cent pièces d’argent » (Josué 24:32). La Guemara demande : Qu’a donc de particulier Sichem pour qu’ils aient choisi précisément d’y enterrer Joseph ? Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit que le peuple juif a dit : Ses frères l’ont enlevé de Sichem (voir Torah, Genèse 37:12–28), et c’est à Sichem que nous devons rendre son corps perdu.
קָשׁוּ קְרָאֵי אַהֲדָדֵי, כְּתִיב: ״וַיִּקַּח מֹשֶׁה אֶת עַצְמוֹת יוֹסֵף עִמּוֹ״, וּכְתִיב: ״וְאֶת עַצְמוֹת יוֹסֵף אֲשֶׁר הֶעֱלוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״!
La Guemara commente : Les versets se contredisent, car il est écrit : « Et Moïse prit avec lui les ossements de Joseph » (Exode 13:19), et il est écrit ailleurs : « Et les ossements de Joseph, que les enfants d’Israël firent monter d’Égypte » (Josué 24:32). Qui a en réalité pris les ossements de Joseph ?
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: כָּל הָעוֹשֶׂה דָּבָר וְלֹא גְּמָרוֹ, וּבָא אַחֵר וּגְמָרוֹ — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב עַל שֶׁגְּמָרוֹ כְּאִילּוּ עֲשָׂאוֹ.
Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Quiconque accomplit une chose mais ne l’achève pas, puis un autre vient et l’achève, le verset attribue le mérite à celui qui l’a achevée comme s’il avait réellement accompli tout l’acte. Du fait que les enfants d’Israël ont achevé l’enterrement de Joseph, la Torah leur attribue le mérite comme s’ils avaient accompli tout l’acte.
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף מוֹרִידִין אוֹתוֹ מִגְּדוּלָּתוֹ, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי בָּעֵת הַהִיא וַיֵּרֶד יְהוּדָה״.
Rabbi Elazar dit au sujet de celui qui commence l’accomplissement d’une mitsva mais ne l’achève pas alors qu’il est capable de le faire : Lui aussi est abaissé [moridin] de sa position de grandeur, comme il est écrit : « Et il arriva en ce temps-là que Juda descendit [vayyered] d’auprès de ses frères, et se détourna vers un certain Adoullamite, dont le nom était Hira » (Genèse 38:1). L’emploi du terme « descendit » indique que le reste des frères de Juda l’avaient abaissé de sa position de grandeur parce qu’il avait commencé le processus de sauvetage de Joseph, mais ne l’avait pas achevé.
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: אַף קוֹבֵר אִשְׁתּוֹ וּבָנָיו, דִּכְתִיב: ״וַתָּמׇת בַּת שׁוּעַ אֵשֶׁת יְהוּדָה וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיָּמׇת עֵר וְאוֹנָן״.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit : L’épisode concernant Juda indique également que celui qui commence l’accomplissement d’une mitsva mais ne l’achève pas enterrera aussi sa femme et ses enfants, comme Juda l’a fait, comme il est écrit : « Et avec le temps la fille de Shoua, femme de Juda, mourut » (Torah 38:12), et il est écrit plus loin : « Et les fils de Juda : Er, Onân, Shéla, Péretz et Zérah ; mais Er et Onân moururent au pays de Canaan » (Torah 46:12).
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מִפְּנֵי מָה נִקְרָא יוֹסֵף עֲצָמוֹת בְּחַיָּיו — מִפְּנֵי שֶׁלֹּא מִיחָה בִּכְבוֹד אָבִיו, דְּקָאָמְרִי לֵיהּ ״עַבְדְּךָ אָבִינוּ״, וְלָא אֲמַר לְהוּ וְלָא מִידֵּי.
Rav Yehouda dit que Rav dit : Pour quelle raison Joseph fut-il appelé : Os, même de son vivant, lorsqu’il fit jurer à ses frères que « Dieu se souviendra certainement de vous, et vous ferez monter mes os d’ici » (Genèse 50:25) ? Parce qu’il ne protesta pas pour l’honneur de son père, car les frères dirent à Joseph, sans connaître sa véritable identité : « Ton serviteur, notre père » (Genèse 43:28, 44:31), et Joseph ne leur dit rien pour protester contre le fait qu’ils aient désigné son père Jacob comme le serviteur de Joseph.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מִפְּנֵי מָה מֵת יוֹסֵף קוֹדֶם לְאֶחָיו — מִפְּנֵי שֶׁהִנְהִיג עַצְמוֹ בְּרַבָּנוּת.
Et Rav Yehouda dit que Rav dit, et certains disent que cela a été dit par Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina : Pour quelle raison Joseph est-il mort avant ses frères, comme l’indique le fait qu’il leur ait demandé de s’occuper de ses besoins d’inhumation ? Parce que Joseph a agi avec autorité, et un tel comportement peut réduire la durée de vie d’une personne.
״וְיוֹסֵף הוּרַד מִצְרָיְמָה״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אַל תִּיקְרֵי ״הוּרַד״ אֶלָּא ״הוֹרִיד״, שֶׁהוֹרִיד אִיצְטַגְנִינֵי פַּרְעֹה מִגְּדוּלָּתָן.
Après avoir décrit que Juda « descendit » de sa grandeur, la Guemara examine un terme similaire employé au sujet de Joseph, comme le dit le verset : « Et Joseph fut descendu [hurad] en Égypte » (Genèse 39:1). Rabbi Elazar dit : Ne lis pas le mot comme « hurad, » signifiant qu’il fut passivement descendu, mais lis-le plutôt comme horid, c’est-à-dire : lui, Joseph, fit descendre les autres, car Joseph fit descendre les astrologues [itztagninei] de Pharaon de leur position d’éminence parce qu’il connaissait l’interprétation des rêves de Pharaon alors qu’eux ne la connaissaient pas.
״וַיִּקְנֵהוּ פּוֹטִיפַר סְרִיס פַּרְעֹה״, אָמַר רַב: שֶׁקְּנָאוֹ לְעַצְמוֹ. בָּא (גַּבְרִיאֵל) [מִיכָאֵל] וְסֵירְסוֹ, בָּא גַּבְרִיאֵל וּפֵירְעוֹ. מֵעִיקָּרָא כְּתִיב ״פּוֹטִיפַר״, וּלְבַסּוֹף ״פּוֹטִיפֶרַע״.
La suite de ce verset déclare : « Et Potiphar, officier [seris] de Pharaon, chef des gardes, Égyptien, l’acheta de la main des Ismaélites, qui l’avaient fait descendre là » (Genèse 39:1). Rav dit : Il acheta le beau Joseph pour lui-même, dans l’intention d’un rapport homosexuel, mais il fut incapable d’assouvir ses désirs, car l’ange Gabriel vint et castra Potiphar [seireso]. Puis Gabriel vint de nouveau et le mutila davantage [fero] dans la même partie de son corps. Cela est suggéré dans les versets qui écrivent le nom de Potiphar différemment : Au début, il est écrit « Potiphar » (Genèse 39:1) et à la fin il est écrit « Potiphera » (Genèse 41:45). Le changement dans son nom indique qu’une partie de lui-même fut mutilée.
מִי לָנוּ גָּדוֹל מִמֹּשֶׁה וְכוּ׳. ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֵלַי רַב לָךְ״, אָמַר רַבִּי לֵוִי: בְּ״רַב״ בִּישֵּׂר, בְּ״רַב״ בִּישְּׂרוּהוּ. בְּ״רַב״ בִּישֵּׂר — ״רַב לָכֶם״. בְּ״רַב״ בִּישְּׂרוּהוּ — ״רַב לָךְ״.
§ La mishna enseigne : Qui, pour nous, a eu une sépulture plus grande que Moïse, puisque personne ne s’est occupé de sa sépulture si ce n’est l’Omniprésent Lui-même. La Guemara enseigne : Lorsque Moïse rapporte comment Dieu lui répondit en refusant sa demande d’entrer en Eretz Yisrael, il déclare : « Et le Seigneur me dit : Que cela te suffise [rav lakh] ; ne Me parle plus de cette affaire » (Deutéronome 3:26). Rabbi Lévi dit : Moïse proclama au peuple juif, lorsqu’il les réprimandait, avec le terme « rav, » et par conséquent il lui fut proclamé avec le terme « rav » qu’il n’entrerait pas en Eretz Yisrael. La Guemara explique : Il proclama avec le terme « rav » lorsqu’il parla à l’assemblée de Coré : « Vous prenez trop sur vous [rav lakhem], fils de Lévi » (Nombres 16:7), et il lui fut proclamé avec le terme « rav, » lorsque Dieu refusa sa demande et dit : « Que cela te suffise [rav lakh]. »
דָּבָר אַחֵר: ״רַב לָךְ״ — רַב יֵשׁ לְךָ, וּמַנּוּ — יְהוֹשֻׁעַ.
Autrement dit : lorsque Dieu dit à Moïse “rav lakh”, cela voulait dire : Tu as maintenant un rav, un maître, et qui est-ce ? C’est Josué, qui a été choisi pour diriger le peuple juif.
דָּבָר אַחֵר: ״רַב לָךְ״, שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: הָרַב כַּמָּה קָשֶׁה, וְתַלְמִיד כַּמָּה סָרְבָן. וְכׇל כָּךְ לָמָּה? תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לְפוּם גַּמְלָא שִׁיחְנָא.
Autrement : Le fait que Dieu ait dit à Moïse « rav lakh » visait à signifier : Tu as un rav, c’est-à-dire Dieu, Qui dit que tu ne peux pas entrer en Eretz Yisrael. Tu ne dois plus M’importuner, afin que les gens ne disent pas : Comme le Maître est sévère et comme l’élève est obstiné. La Guemara demande : Et pourquoi Moïse a-t-il été puni à ce point en n’étant pas autorisé à entrer en Eretz Yisrael, malgré sa grande droiture ? L’école de Rabbi Yishmael a enseigné que la raison repose sur l’aphorisme courant : Selon le chameau, le fardeau. En d’autres termes, une personne est jugée selon sa stature, et par conséquent, un juste sera sévèrement puni pour tous les péchés qu’il a commis.
״וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם בֶּן מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה אָנֹכִי הַיּוֹם״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״הַיּוֹם״: הַיּוֹם מָלְאוּ יָמַי וּשְׁנוֹתַי. לְלַמֶּדְךָ שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַשְׁלִים שְׁנוֹתֵיהֶם שֶׁל צַדִּיקִים מִיּוֹם לְיוֹם וּמֵחֹדֶשׁ לְחֹדֶשׁ, דִּכְתִיב: ״אֶת מִסְפַּר יָמֶיךָ אֲמַלֵּא״.
Le verset rapporte ce que Moïse dit au peuple juif à la fin de sa vie : « Et il leur dit : J’ai aujourd’hui cent vingt ans ; je ne peux plus sortir et entrer ; et le Seigneur m’a dit : Tu ne passeras pas ce Jourdain » (Deutéronome 31:2). La formulation pose problème, car il n’est pas nécessaire que le verset énonce l’expression « aujourd’hui ». Moïse l’a dit afin d’indiquer : En ce jour, mes jours et mes années se sont accomplis pour atteindre exactement cent vingt, afin de vous enseigner que le Saint, béni soit-Il, complète les années des justes de jour en jour et de mois en mois, comme il est écrit : « Je remplirai le nombre de tes jours » (Exode 23:26), indiquant que les justes vivront pleinement leurs années.
״לֹא אוּכַל עוֹד לָצֵאת וְלָבוֹא״. מַאי ״לָצֵאת וְלָבוֹא״? אִילֵימָא לָצֵאת וְלָבֹא מַמָּשׁ, וְהָכְתִיב: ״וּמֹשֶׁה בֶּן מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה בְּמוֹתוֹ לֹא נָס לֵחֹה״, וּכְתִיב: ״וַיַּעַל מֹשֶׁה מֵעַרְבֹת מוֹאָב אֶל הַר נְבוֹ״, וְתַנְיָא: שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת הָיוּ שָׁם, וּפְסָעָן מֹשֶׁה בִּפְסִיעָה אַחַת.
Le verset continue : « Je ne peux plus sortir et entrer » (Deutéronome 31:2). La Guemara demande : Quel est le sens de « sortir et entrer » ? Si l’on dit que cela signifie littéralement que Moïse était réellement physiquement empêché de sortir et d’entrer, mais n’est-il pas écrit : « Et Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut, sa vue n’était pas affaiblie, et sa vigueur naturelle ne s’était pas abattue » (Deutéronome 34:7), ce qui indique qu’il était en pleine force physique ? Et il est écrit plus loin : « Et Moïse monta des plaines de Moab au mont Nébo » (Deutéronome 34:1). Et il est enseigné dans une baraita : Il y avait là douze marches pour gravir la montagne, et Moïse les franchit toutes en un seul pas, ce qui indique également qu’il était en pleine force physique.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: לָצֵאת וְלָבוֹא בְּדִבְרֵי תוֹרָה. מְלַמֵּד שֶׁנִּסְתַּתְּמוּ מִמֶּנּוּ שַׁעֲרֵי חׇכְמָה.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Le verset signifie qu’il ne pouvait plus sortir et entrer avec des paroles de Torah. Cela enseigne que les portes de la sagesse lui furent fermées.
״וַיֵּלֶךְ מֹשֶׁה וִיהוֹשֻׁעַ וַיִּתְיַצְּבוּ בְּאֹהֶל מוֹעֵד״. תָּנָא: אוֹתָהּ שַׁבָּת שֶׁל דְּיוֹ זוּגֵי הָיְתָה, נִיטְּלָה רְשׁוּת מִזֶּה, וְנִיתְּנָה לָזֶה.
Le verset qui traite du moment où Josué fut nommé successeur de Moïse déclare : « Moïse et Josué allèrent, et se présentèrent dans la Tente d’Assignation » (Deutéronome 31:14). Un Sage enseigna : Ce Chabbat où Moïse mourut fut un jour de deux paires [deyo zugei], c’est-à-dire deux sages, Moïse et Josué, servant ensemble en un même lieu. L’autorité fut retirée à l’un et donnée à l’autre.
וְתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אִילְמָלֵא מִקְרָא כָּתוּב, אִי אֶפְשָׁר לְאוֹמְרוֹ. הֵיכָן מֹשֶׁה מֵת — בְּחֶלְקוֹ שֶׁל רְאוּבֵן, דִּכְתִיב: ״וַיַּעַל מֹשֶׁה מֵעַרְבֹת מוֹאָב אֶל הַר נְבוֹ״, וּנְבוֹ בְּחֶלְקוֹ שֶׁל רְאוּבֵן קָיְימָא, דִּכְתִיב: ״וּבְנֵי רְאוּבֵן בָּנוּ וְגוֹ׳ וְאֶת נְבוֹ וְגוֹ׳״.
Et il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda a dit : N’eût été un verset écrit explicitement, on n’aurait pas pu dire ce qui est écrit au sujet de la mort et de l’ensevelissement de Moïse. Où Moïse est-il mort ? Dans la part de Réouven, comme il est écrit : « Et Moïse monta des plaines de Moab au mont Nébo » (Deutéronome 34:1), et l’on sait par ailleurs que Nébo se trouve dans la part de Réouven, comme il est écrit : « Et les enfants de Réouven bâtirent Heshbon, et Elealeh, et Kiriathaim, et Nébo » (Nombres 32:37–38).
״נְבוֹ״ — שֶׁשָּׁם מֵתוּ שְׁלֹשָׁה נְבִיאִים: מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן וּמִרְיָם.
Le nom est aussi expliqué ainsi : on l’appelle « Nebo [Nevo] », car trois prophètes [nevi’im] y sont morts : Moïse, Aaron et Myriam.
וְהֵיכָן מֹשֶׁה קָבוּר — בְּחֶלְקוֹ שֶׁל גָּד, דִּכְתִיב: ״וַיַּרְא רֵאשִׁית לוֹ וְגוֹ׳״. וּמֵחֶלְקוֹ שֶׁל רְאוּבֵן עַד חֶלְקוֹ שֶׁל גָּד כַּמָּה הָוֵי — אַרְבָּעָה מִילִין. אוֹתָן אַרְבָּעָה מִילִין מִי הוֹלִיכוֹ?
Rabbi Yehouda poursuit : Et où Moïse est-il enterré ? Dans la part de Gad, comme il est écrit dans la bénédiction de Moïse à la tribu de Gad : « Et il choisit pour lui la première part, car là fut réservée la portion d’un dirigeant » (Deutéronome 33:21), ce qui indique que Moïse, le dirigeant, est enterré dans la part de Gad. Et quelle est la distance de la part de Ruben à la part de Gad ? Quatre mil. Rabbi Yehouda demande : Pour ces quatre mil depuis le mont Nébo dans la part de Ruben jusqu’au lieu de sépulture de Moïse dans la part de Gad, qui l’a transporté ?
מְלַמֵּד שֶׁהָיָה מֹשֶׁה מוּטָּל בְּכַנְפֵי שְׁכִינָה, וּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹמְרִים: ״צִדְקַת ה׳ עָשָׂה וּמִשְׁפָּטָיו עִם יִשְׂרָאֵל״, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוֹמֵר: ״מִי יָקוּם לִי עִם מְרֵעִים מִי יִתְיַצֵּב לִי עִם פּוֹעֲלֵי אָוֶן״.
Il répond : la contradiction entre les deux versets enseigne que Moïse reposait dans les ailes de la Présence divine, car Moïse fut transporté par Dieu Lui-même, et les anges de service disaient : « Il a accompli la justice du Seigneur, et Ses ordonnances avec Israël » (Deutéronome 33:21). Et le Saint, béni soit-Il, disait : « Qui se lèvera pour Moi contre les malfaiteurs ? Qui se tiendra pour Moi contre les ouvriers d’iniquité ? » (Psaumes 94:16). En d’autres termes, Dieu demanda : Qui défendra désormais le peuple juif contre ses accusateurs ? L’idée que Dieu Lui-même transporta Moïse jusqu’à sa sépulture n’aurait pas pu être énoncée sans la preuve tirée de la résolution entre les versets contradictoires.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״מִי כְּהֶחָכָם וּמִי יוֹדֵעַ פֵּשֶׁר דָּבָר״, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״הַחׇכְמָה מֵאַיִן תִּמָּצֵא״, וְרַב נַחְמָן אָמַר: ״וַיָּמׇת שָׁם מֹשֶׁה וְגוֹ׳״, סְמַלְיוֹן אָמַר: ״וַיָּמׇת שָׁם מֹשֶׁה סָפְרָא רַבָּה דְּיִשְׂרָאֵל״.
Et Shmuel dit que Dieu disait le verset : « Qui est comme le sage, et qui connaît l’interprétation [pesher] d’une chose ? » (Ecclésiaste 8:1), en référence à la grandeur de Moïse, qui était capable de forger des compromis, des pesharim, entre Dieu et le peuple juif. Et Rabbi Yoḥanan dit que Dieu disait le verset : « La sagesse, où peut-on la trouver ? » (Job 28:12). Et Rav Naḥman dit que Dieu disait le verset : « Et Moïse, serviteur de Dieu, mourut là » (Deutéronome 34:5). Semalyon dit que Dieu disait : Et Moïse, le grand scribe d’Israël, mourut là.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: שְׁנֵים עָשָׂר מִיל עַל שְׁנֵים עָשָׂר מִיל, כְּנֶגֶד מַחֲנֵה יִשְׂרָאֵל, בַּת קוֹל מַשְׁמִיעַ וְאוֹמֵר: ״וַיָּמׇת מֹשֶׁה סָפְרָא רַבָּה דְּיִשְׂרָאֵל״. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: לֹא מֵת מֹשֶׁה, כְּתִיב הָכָא: ״וַיָּמׇת שָׁם״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְהִי שָׁם עִם ה׳״, מָה לְהַלָּן עוֹמֵד וּמְשַׁמֵּשׁ, אַף כָּאן עוֹמֵד וּמְשַׁמֵּשׁ.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Sur une étendue de douze mil sur douze mil, équivalente à la taille du camp d’Israël, une Voix divine proclama et dit : Et Moïse, le grand scribe d’Israël, mourut. Et certains disent : Moïse n’est pas réellement mort, car il est écrit ici : « Et Moïse, serviteur du Seigneur, mourut là » (Deutéronome 34:5), et il est écrit là-bas : « Et il fut là avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits » (Exode 34:28). De même que là-bas, où il est dit : « Et il fut là avec le Seigneur », cela signifie qu’il se tenait debout et servait devant Dieu ; de même ici, lorsqu’il est dit : « Et Moïse, serviteur du Seigneur, mourut là », cela signifie qu’il se tenait debout et servait devant Dieu.
״וַיִּקְבֹּר אוֹתוֹ בַגַּיְ בְּאֶרֶץ מוֹאָב מוּל בֵּית פְּעוֹר״. אָמַר רַבִּי בֶּרֶכְיָה: סִימָן בְּתוֹךְ סִימָן, וַאֲפִילּוּ הָכִי: ״וְלֹא יָדַע אִישׁ אֶת קְבֻרָתוֹ״.
Le verset décrivant l’ensevelissement de Moïse déclare : « Et Il l’ensevelit dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor ; et nul ne connaît son tombeau jusqu’à ce jour » (Deutéronome 34:6). Rabbi Berekhya dit : Ce verset fournit un signe dans un signe, c’est-à-dire une description très précise de l’emplacement de sa sépulture, et même avec cela le verset conclut : « et nul ne connaît son tombeau jusqu’à ce jour » (Deutéronome 34:6).
וּכְבָר שָׁלְחָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה אֵצֶל
La Guemara raconte : Et la monarchie malfaisante de l’Empire romain a déjà envoyé des messagers à