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אֲגַם, כְּדִכְתִיב: ״קָנֶה וָסוּף קָמֵלוּ״.
Elle le plaça dans un marais, comme il est écrit : « Les roseaux et les saules [suf] se dessécheront » (Isaïe 19:6).
״וַתֵּרֶד בַּת פַּרְעֹה לִרְחוֹץ עַל הַיְאֹר״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מְלַמֵּד שֶׁיָּרְדָה לִרְחוֹץ מִגִּלּוּלֵי [בֵּית] אָבִיהָ, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אִם רָחַץ ה׳ אֵת צוֹאַת בְּנוֹת צִיּוֹן וְגוֹ׳״.
Le verset déclare : « Et la fille de Pharaon descendit pour se baigner [lirḥotz] dans le fleuve » (Exode 2:5). Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Cela enseigne qu’elle descendit au fleuve pour se purifier de l’impureté des idoles de son père, car elle s’immergeait dans le cadre du processus de conversion. Et de même il est dit : « Lorsque le Seigneur aura lavé [raḥatz] la souillure des filles de Sion, et qu’il aura purgé le sang de Jérusalem du milieu d’elle, par l’esprit de jugement et par l’esprit de destruction » (Isaïe 4:4). Ce lavage renvoie clairement à la purification des péchés spirituels, et non au bain pour des raisons de propreté.
״וְנַעֲרֹתֶיהָ הוֹלְכוֹת וְגוֹ׳״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין הֲלִיכָה זוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן מִיתָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״הִנֵּה אָנֹכִי הוֹלֵךְ לָמוּת״.
Le verset continue : « Et ses servantes marchaient le long de la [holekhot] rive du fleuve » (Exode 2:5). Rabbi Yoḥanan dit : Cette marche n’est rien d’autre que la terminologie de l’aller vers la mort, et de même il est dit : « Voici, je vais [holekh] mourir » (Genèse 25:32).
״וַתֵּרֶא אֶת הַתֵּיבָה בְּתוֹךְ הַסּוּף״, כֵּיוָן דַּחֲזוֹ דְּקָא בָעוּ לְאַצּוֹלֵי לְמֹשֶׁה, אָמְרוּ לָהּ: גְּבִירְתֵּנוּ, מִנְהָגוֹ שֶׁל עוֹלָם מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם גּוֹזֵר גְּזֵירָה, אִם כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֵין מְקַיְּימִין אוֹתָהּ — בָּנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ מְקַיְּימִין אוֹתָהּ, וְאַתְּ עוֹבֶרֶת עַל גְּזֵירַת אָבִיךְ? בָּא גַּבְרִיאֵל וַחֲבָטָן בַּקַּרְקַע.
Le verset continue : « Et elle vit l’arche parmi les saules » (Exode 2:5). Dès que ses servantes virent que la fille de Pharaon avait l’intention de sauver Moïse, elles lui dirent : Notre maîtresse, la coutume du monde veut que, lorsqu’un roi de chair et de sang décrète un décret, même si tout le monde ne l’accomplit pas, au moins ses enfants et les membres de sa maison l’accomplissent, et pourtant tu violes le décret de ton père. Après que les servantes eurent essayé de la convaincre de ne pas sauver Moïse, l’ange Gabriel vint et les jeta à terre et elles moururent.
״וַתִּשְׁלַח אֶת אֲמָתָהּ וַתִּקָּחֶהָ״. רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי נְחֶמְיָה, חַד אָמַר: יָדָהּ, וְחַד אָמַר: שִׁפְחָתָהּ. מַאן דְּאָמַר יָדָהּ — דִּכְתִיב ״אַמָּתָהּ״. וּמַאן דְּאָמַר שִׁפְחָתָהּ — מִדְּלָא כְּתִיב ״יָדָהּ״.
Le verset se conclut : « Et elle envoya son amatah pour le prendre » (Exode 2:5). Rabbi Yehuda et Rabbi Neḥemya sont en désaccord quant à la définition du mot « amatah ». L’un dit que cela signifie son bras, et l’autre dit que cela signifie sa servante. La Guemara explique : Celui qui dit que cela signifie son bras l’a expliqué de cette manière, comme il est écrit « amatah », ce qui désigne son avant-bras. Et celui qui dit que cela signifie sa servante l’a expliqué de cette manière parce qu’il n’est pas explicitement écrit le terme plus courant : Sa main [yadah]. Il comprend donc qu’il s’agit du terme alternatif pour une servante, ama.
וּלְמַאן דְּאָמַר שִׁפְחָתָהּ, הָא אָמְרַתְּ בָּא גַּבְרִיאֵל וַחֲבָטָן בַּקַּרְקַע! דְּשַׁיַּיר לַהּ חֲדָא, דְּלָאו אוֹרְחַהּ דְּבַת מַלְכָּא לְמֵיקַם לְחוֹדַהּ.
La Guemara demande : Et selon celui qui dit que cela signifie sa servante, n’as-tu pas dit plus tôt : Gabriel est venu et les a jetées à terre et les servantes sont mortes, alors comment la fille de Pharaon a-t-elle pu l’envoyer ? La Guemara répond : Il faut que Gabriel lui ait laissé une servante, car il ne convient pas qu’une princesse se tienne seule.
וּלְמַאן דְּאָמַר יָדָהּ, לִיכְתּוֹב ״יָדָהּ״! הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִישְׁתַּרְבַּב אִישְׁתַּרְבּוֹבֵי. דְּאָמַר מָר: וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּאַמָּתָהּ שֶׁל בַּת פַּרְעֹה, וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּשִׁינֵּי רְשָׁעִים, דִּכְתִיב: ״שִׁנֵּי רְשָׁעִים שִׁבַּרְתָּ״, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַל תִּיקְרֵי ״שִׁבַּרְתָּ״, אֶלָּא ״שֶׁרִיבַּבְתָּה״.
La Guemara demande : Et selon celui qui dit que cela signifie sa main, que la Torah écrive explicitement : Sa main [yadah]. Pourquoi employer le terme plus inhabituel amatah ? La Guemara répond : Ce verset nous enseigne que son bras s’est étendu [ishtarbav] de nombreuses coudées. Comme le Maître l’a dit dans un autre contexte : Et de même, tu trouves au sujet de la main de la fille de Pharaon qu’elle s’est étendue, et de même, tu trouves au sujet des dents des méchants, comme il est écrit : « Tu as brisé [shibbarta] les dents des méchants » (Psaumes 3:8), et Reish Lakish a dit : Ne lis pas le mot comme shibbarta, mais lis-le comme sheribbavta, tu as étendu.
״וַתִּפְתַּח וַתִּרְאֵהוּ אֶת הַיֶּלֶד״. ״וַתֵּרֶא״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שֶׁרָאֲתָה שְׁכִינָה עִמּוֹ.
Le verset suivant déclare : « Et elle l’ouvrit et le vit [vatirehu], à savoir l’enfant » (Exode 2:6). La Guemara commente : Le verset déclare : « Et elle le vit » ; il aurait dû dire : Et elle vit. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : En plus de Moïse, elle vit la Présence divine avec lui. Cela est indiqué par l’emploi de « le vit ».
״וְהִנֵּה נַעַר בֹּכֶה״. קָרֵי לֵיהּ ״יֶלֶד״, וְקָרֵי לֵיהּ ״נַעַר״. תָּנָא: הוּא יֶלֶד וְקוֹלוֹ כְּנַעַר, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. אָמַר לוֹ רַבִּי נְחֶמְיָה: אִם כֵּן, עֲשִׂיתוֹ לְמֹשֶׁה רַבֵּינוּ בַּעַל מוּם. אֶלָּא, מְלַמֵּד שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ חוּפַּת נְעוּרִים בַּתֵּיבָה, אָמְרָה: שֶׁמָּא לֹא אֶזְכֶּה לְחוּפָּתוֹ.
Le verset déclare : “Et elle le vit, l’enfant [yeled] ; et voici un jeune garçon [na’ar] qui pleurait” (Exode 2:6). Le verset l’appelle “un enfant [yeled],” et le même verset l’appelle “un jeune garçon [na’ar].” Un Sage enseigne : Il a l’âge d’un enfant, mais sa voix est aussi forte et grave que celle d’un jeune garçon ; telle est l’opinion de Rabbi Yehuda. Rabbi Neḥemya lui dit : Si c’est le cas, tu as rendu Moïse, notre maître, affligé d’un défaut, puisque sa voix était exceptionnellement grave. Au contraire, cela enseigne que sa mère fit un dais de jeunesse, c’est-à-dire un petit dais, pour lui dans l’arche, car elle dit : Peut-être n’aurai-je pas le mérite de voir son dais nuptial.
״וַתַּחְמֹל עָלָיו וַתֹּאמֶר מִיַּלְדֵי הָעִבְרִים זֶה״. מְנָא יָדְעָה? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שֶׁרָאֲתָה אוֹתוֹ מָהוּל.
Le verset se conclut : « Elle eut compassion de lui et dit : Celui-ci [zeh] est un des enfants des Hébreux » (Exode 2:6). La Guemara demande : Comment savait-elle qu’il était un enfant hébreu ? Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Lorsqu’elle vit qu’il était circoncis.
״זֶה״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְלַמֵּד שֶׁנִּתְנַבְּאָה שֶׁלֹּא מִדַּעְתָּהּ — זֶה נוֹפֵל, וְאֵין אַחֵר נוֹפֵל.
La Guemara commente : la fille de Pharaon a dit : « Celui-ci [zeh] » est l’un des enfants des Hébreux » (Exode 2:6). Rabbi Yoḥanan dit : Cela enseigne qu’elle a prophétisé sans le savoir, car l’intention du mot « zeh » était : Celui-ci tombe, c’est-à-dire est jeté, dans l’eau, mais aucun autre ne tombera par l’eau, car ce jour-là le décret de Pharaon fut annulé.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, מַאי דִּכְתִיב: ״וְכִי יֹאמְרוּ אֲלֵיכֶם דִּרְשׁוּ אֶל הָאֹבוֹת וְאֶל הַיִּדְּעֹנִים הַמְצַפְצְפִים וְהַמַּהְגִּים״: צוֹפִין וְאֵינָם יוֹדְעִין מָה צוֹפִין, מְהַגִּים וְאֵינָן יוֹדְעִים מָה מְהַגִּים.
La Guemara explique : Et c’est ce que Rabbi Elazar a dit : quel est le sens de ce qui est écrit : « Et lorsqu’on vous dira : Consultez les nécromanciens et les devins, qui gazouillent [metzaftzefim] et qui marmonnent [mahggim] » (Isaïe 8:19) ? L’explication de leurs gazouillis et de leurs marmonnements est la suivante : Ils voient [tzofin], mais ils ne savent pas ce qu’ils voient ; ils énoncent [mahggim], mais ils ne savent pas ce qu’ils énoncent. Bien que les nécromanciens et les devins aient une certaine perception de l’avenir, ils ne voient pas assez clairement pour comprendre ce qu’ils voient réellement.
רָאוּ שֶׁמּוֹשִׁיעָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּמַּיִם הוּא לוֹקֶה, עָמְדוּ וְגָזְרוּ: ״כׇּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ״. כֵּיוָן דְּשַׁדְיוּהּ לְמֹשֶׁה, אָמְרוּ: תּוּ לָא חָזֵינַן כִּי הָהוּא סִימָנָא, בַּטִּלוּ לִגְזֵירְתַּיְיהוּ. וְהֵם אֵינָן יוֹדְעִין שֶׁעַל מֵי מְרִיבָה הוּא לוֹקֶה.
La Guemara applique cela à Pharaon : les astrologues de Pharaon virent que le sauveur du peuple juif serait frappé par l’eau. C’est pourquoi ils se levèrent et décrétèrent : « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve » (Exode 1:22) ; ils pensaient que leur vision indiquait que Moïse serait tué dans l’eau. Une fois que Yokhéved jeta Moïse dans l’eau, bien qu’il fût protégé dans une arche, les astrologues dirent : Nous ne voyons plus dans les étoiles rien de semblable à ce signe que nous avions vu concernant la chute du chef des Juifs par l’eau, et c’est pourquoi à ce moment-là ils annulèrent leur décret. Mais ils ne savaient pas que ce qu’ils avaient vu annonçait que Moïse serait frappé à cause des eaux de Meriba. Ils avaient entrevu une chute de Moïse par l’eau, mais n’avaient pas pleinement compris leur vision.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב ״הֵמָּה מֵי מְרִיבָה אֲשֶׁר רָבוּ״ — הֵמָּה שֶׁרָאוּ אִיצְטַגְנִינֵי פַּרְעֹה וְטָעוּ. וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר מֹשֶׁה: ״שֵׁשׁ מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי וְגוֹ׳״, אָמַר לָהֶן מֹשֶׁה לְיִשְׂרָאֵל: בִּשְׁבִילִי נִצַּלְתֶּם כּוּלְּכֶם.
Et voici ce que dit Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ce sont [hemma] les eaux de Meriba, où les enfants d’Israël contestèrent avec le Seigneur, et Il fut sanctifié en eux » (Nombres 20:13) ? Le verset indique que ce sont là les eaux que les astrologues de Pharaon virent et à cause desquelles ils se trompèrent. Et voici ce que Moïse dit : « Le peuple au milieu duquel je suis, ce sont six cent mille hommes à pied [ragli] ; et pourtant Tu as dit : Je leur donnerai de la viande, afin qu’ils mangent pendant un mois entier » (Nombres 11:21). Moïse dit au peuple juif : À cause de moi, ce qui est un sens alternatif du mot ragli, vous avez tous été sauvés, car le décret de jeter tous les mâles dans le fleuve fut annulé à cause de moi.
רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא אָמַר: אוֹתוֹ הַיּוֹם עֶשְׂרִים וְאֶחָד בְּנִיסָן הָיָה, אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי שֶׁעָתִיד לוֹמַר שִׁירָה עַל הַיָּם בְּיוֹם זֶה — יִלְקֶה בְּיוֹם זֶה?
Rabbi Ḥanina bar Pappa dit : Ce jour-là où Moïse fut placé dans le fleuve était le vingt et unième jour du mois de Nisan. Les anges de service dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, celui qui à l’avenir dira le Cantique à la mer Rouge en ce jour sera-t-il frappé en ce jour ? Car c’était aussi la date à laquelle la mer Rouge devait se fendre lors du salut de l’Exode.
רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא אָמַר: אוֹתוֹ הַיּוֹם שִׁשָּׁה בְּסִיוָן הָיָה, אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי שֶׁעָתִיד לְקַבֵּל תּוֹרָה מֵהַר סִינַי בְּיוֹם זֶה — יִלְקֶה בְּיוֹם זֶה?
Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit : Ce jour-là était en réalité le sixième jour du mois de Sivan. Les anges de service dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, celui qui à l’avenir recevra la Torah sur le mont Sinaï en ce jour sera-t-il frappé en ce jour ? Car c’était aussi la date à laquelle la Torah fut reçue.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בְּשִׁשָּׁה בְּסִיוָן, מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ תְּלָתָא יַרְחֵי. דְּאָמַר מָר: בְּשִׁבְעָה בַּאֲדָר מֵת, וּבְשִׁבְעָה בַּאֲדָר נוֹלָד מֹשֶׁה, וּמִשִּׁבְעָה בַּאֲדָר וְעַד שִׁשָּׁה בְּסִיוָן תְּלָתָא יַרְחֵי. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בְּעֶשְׂרִים וְאֶחָד בְּנִיסָן, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
La Guemara demande : Soit, selon celui qui dit que Moïse fut placé dans l’eau le six Sivan, on constate qu’il peut y avoir trois mois pendant lesquels Moïse fut caché après sa naissance ; comme le Maître l’a dit (Tosefta 11:7) : Moïse mourut le sept Adar, et Moïse naquit le sept Adar. Et, sur cette base, du sept Adar au six Sivan il y a trois mois, ce qui correspond aux trois mois pendant lesquels Moïse fut caché avant d’être placé dans l’eau. Mais selon celui qui dit que c’était le vingt-et-un Nissan, comment peut-on trouver qu’il fut caché pendant trois mois ?
אוֹתָהּ שָׁנָה מְעוּבֶּרֶת הָיְתָה: רוּבּוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן, וְרוּבּוֹ שֶׁל אַחֲרוֹן, וְאֶמְצָעִי שָׁלֵם.
La Guemara répond : Cette année-là était une année embolismique au cours de laquelle il y avait deux mois d’Adar. Moïse fut caché pendant la majeure partie du premier des trois mois, depuis le septième jour du premier Adar, lorsqu’il naquit, et pendant la majeure partie du dernier des trois mois, c’est-à-dire tout Nissan jusqu’au vingt-et-unième jour, ainsi que tout le mois du milieu. L’ensemble de cela est considéré comme trois mois.
״וַתֹּאמֶר אֲחוֹתוֹ אֶל בַּת פַּרְעֹה הַאֵלֵךְ וְקָרָאתִי לָךְ אִשָּׁה מֵינֶקֶת מִן הָעִבְרִיּוֹת״. וּמַאי שְׁנָא מֵעִבְרִיּוֹת?
La Guemara examine maintenant le verset suivant dans l’Exode : « Alors sa sœur dit à la fille de Pharaon : Iré-je t’appeler une nourrice parmi les femmes hébraïques, afin qu’elle allaite l’enfant pour toi ? » (Exode 2:7). La Guemara demande : Qu’y a-t-il de différent pour que la fille de Pharaon veuille précisément une nourrice parmi les femmes hébraïques ?
מְלַמֵּד שֶׁהֶחְזִירוּהוּ לְמֹשֶׁה עַל כׇּל הַמִּצְרִיּוֹת כּוּלָּן, וְלֹא יָנַק, אָמַר: פֶּה שֶׁעָתִיד לְדַבֵּר עִם הַשְּׁכִינָה יִינַק דָּבָר טָמֵא? וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אֶת מִי יוֹרֶה דֵעָה וְגוֹ׳״. לְמִי יוֹרֶה דֵּעָה וּלְמִי יָבִין שְׁמוּעָה — ״לִגְמוּלֵי מֵחָלָב וּלְעַתִּיקֵי מִשָּׁדַיִם״.
La Guemara répond : Cela enseigne que, auparavant, on amena Moïse auprès de toutes les nourrices égyptiennes, et il ne consentit pas à téter chez aucune d’elles, car il dit : Une bouche qui, à l’avenir, parlera avec la Présence divine pourrait-elle vraiment téter quelque chose d’impur ? Et c’est comme il est écrit : « À qui enseignera-t-on la connaissance ? Et à qui fera-t-on comprendre le message ? » (Isaïe 28:9). Le prophète demande : À qui Dieu enseignera-t-Il la connaissance de la Torah, et à qui Dieu fera-t-Il comprendre le message de la Torah ? La réponse est celle que poursuit le verset : « À ceux qui sont sevrés du lait, retirés des mamelles » (Isaïe 28:9). La conclusion du verset indique que la Torah doit être enseignée à celui qui n’a pas voulu téter le lait d’une femme non-juive, c’est-à-dire Moïse.
״וַתֹּאמֶר לָהּ בַּת פַּרְעֹה לֵכִי וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁהָלְכָה בִּזְרִיזוּת כְּעַלְמָה. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: ״הָעַלְמָה״ — שֶׁהֶעֱלִימָה אֶת דְּבָרֶיהָ.
Le verset suivant déclare : « La fille de Pharaon lui dit : Va. Et la jeune fille [ha’alma] alla appeler la mère de l’enfant » (Exode 2:8). Rabbi Elazar dit : Cela enseigne qu’elle alla rapidement comme une jeune fille, c’est-à-dire avec la force de quelqu’un en âge de se marier, et non comme la petite enfant qu’elle était. Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit : Le mot ha’alma est lié au mot signifiant cacher [le’alem], car elle cacha ses paroles et ne dit pas à la fille de Pharaon qu’elle amenait la mère du bébé.
״וַתֹּאמֶר לָהּ בַּת פַּרְעֹה הֵילִיכִי אֶת הַיֶּלֶד הַזֶּה״. אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מִתְנַבְּאָה וְאֵינָהּ יוֹדַעַת מָה מִתְנַבְּאָה, ״הֵילִיכִי״ — הָא שֶׁלִּיכִי. ״וַאֲנִי אֶתֵּן אֶת שְׂכָרֵךְ״. אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: לֹא דַּיָּין לַצַּדִּיקִים שֶׁמַּחְזִירִין לָהֶן אֲבֵידָתָן, אֶלָּא שֶׁנּוֹתְנִין לָהֶן שְׂכָרָן.
Le verset suivant indique ce que la fille de Pharaon dit à Yokhéved : « Et la fille de Pharaon lui dit : Emporte [heilikhi] cet enfant, et allaite-le pour moi, et je te donnerai ton salaire. Et la femme prit l’enfant et l’allaita » (Exode 2:9). Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : la fille de Pharaon prophétise sans savoir ce qu’elle prophétise, car le mot heilikhi signifie : Ceci est à toi [ha shellikhi], c’est-à-dire, c’est ton enfant. La partie suivante du verset indique : « Et je te donnerai ton salaire. » Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Cela enseigne que, concernant les justes, non seulement Dieu fait en sorte que leurs objets perdus leur soient rendus, mais Il fait aussi en sorte qu’ils reçoivent leur salaire, puisque le fils de Yokhéved lui fut rendu et qu’elle reçut également un paiement pour l’avoir allaité.
״וַתִּקַּח מִרְיָם הַנְּבִיאָה אֲחוֹת אַהֲרֹן וְגוֹ׳״. אֲחוֹת אַהֲרֹן וְלֹא אֲחוֹת מֹשֶׁה? אָמַר רַב עַמְרָם אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב: מְלַמֵּד שֶׁהָיְתָה מִתְנַבְּאָה כְּשֶׁהִיא אֲחוֹת אַהֲרֹן,
Ailleurs, le verset déclare au sujet de Myriam : « Et Myriam la prophétesse, la sœur d’Aaron, prit un tambourin dans sa main ; et toutes les femmes sortirent à sa suite avec des tambourins et des danses » (Exode 15:20). La Guemara demande : Pourquoi Myriam est-elle appelée « la sœur d’Aaron », et non la sœur de Moïse ? Rav Amram dit que Rav dit, et certains disent que Rav Naḥman dit que Rav dit : Cela enseigne que Myriam avait déjà prophétisé lorsqu’elle était encore la sœur de seulement Aaron, c’est-à-dire avant la naissance de Moïse.

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