דַּיְקָא נָמֵי דִּכְתִיב ״הַקְּנִזִּי״. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : Le langage d’un autre verset est également précis selon cette explication, comme il est écrit : « Et Caleb, fils de Yephounné, le Kenizzien, lui dit » (Josué 14:6). Bien que son père fût Yephounné, il est connu comme « le Kenizzien », bien qu’il ne fût pas en réalité un fils de Kenaz. La Guemara accepte cette preuve et déclare : Concluez-en que l’explication de Rava est correcte.
״עֲזוּבָה״ — זוֹ מִרְיָם, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ עֲזוּבָה — שֶׁהַכֹּל עֲזָבוּהָ מִתְּחִילָּתָהּ. ״הוֹלִיד״ — וַהֲלֹא מִינְסָב הֲוָה נָסֵיב לַהּ! אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנּוֹשֵׂא אִשָּׁה לְשֵׁם שָׁמַיִם — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ יְלָדָהּ.
Le verset déclare : « Et Caleb, fils de Hetsron, engendra des enfants d’Azuba sa femme, et de Jerioth, et voici ses fils : Jesher, et Shobab, et Ardon » (I Chroniques 2:18). La Guemara analyse le verset : Le verset désigne l’épouse de Caleb sous le nom de Azuba. Les Sages enseignent que celle-ci est Miriam. Et pourquoi est-elle appelée Azuba ? Parce qu’au début tout le monde l’a abandonnée [azavuha] et n’a pas voulu l’épouser, car elle était maladive et peu attirante. Le verset déclare en outre : « Et Caleb, fils de Hetsron, engendra des enfants [holid] d’Azuba sa femme » (I Chroniques 2:18). La Guemara demande : Pourquoi employer le terme « holid », engendra ? Mais ce verset ne dit-il pas que il l’a épousée ? Rabbi Yoḥanan dit : Cela nous enseigne que, s’agissant de quiconque épouse une femme pour l’amour du Ciel, comme il l’a épousée en raison de sa droiture sans se soucier de son apparence, le verset lui attribue un mérite comme s’il l’avait mise au monde.
״יְרִיעוֹת״ — שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין לִירִיעוֹת.
Ce même verset désigne également Myriam comme Jerioth, ce que la Guemara explique comme étant approprié, car son visage était comme des rideaux extrêmement pâles [yeriot].
״וְאֵלֶּה בָּנֶיהָ״ — אַל תִּקְרֵי בָּנֶיהָ אֶלָּא ״בּוֹנֶיהָ״, ״יֵשֶׁר״ — שֶׁיִּשֵּׁר אֶת עַצְמוֹ. ״שׁוֹבָב״ — שֶׁשִּׁיבֵּב אֶת יִצְרוֹ, ״וְאַרְדּוֹן״ — שֶׁרָדָה אֶת יִצְרוֹ, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: עַל שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין לְוֶרֶד.
Le verset continue : « Et ceux-ci étaient ses fils [vaneha]. » La Guemara explique : Ne lis pas cela comme vaneha, ses fils ; plutôt, lis-le comme boneha, ses bâtisseurs. En d’autres termes, le reste des noms dans le verset ne sont pas les noms de ses enfants, mais plutôt des appellations pour son mari, dont le mariage avec elle l’a construite, pour ainsi dire. La première appellation de Caleb, « Jesher, » renvoie à ses actions, car il s’est redressé [yisher] et ne s’est pas joint au conseil des espions. La deuxième appellation, « Shobab, » renvoie au fait qu’il a brisé [sibbev] son mauvais penchant en se rebellant contre les autres espions. La troisième appellation, « et Ardon [veArdon], » renvoie au fait qu’il a dominé [rada] son mauvais penchant. Et certains disent : Parce que le visage de sa femme Myriam devint beau comme une rose [vered] après leur mariage, elle fut aussi appelée Vardon, en raison de son teint semblable à une rose.
״וּלְאַשְׁחוּר אֲבִי תְקוֹעַ הָיוּ שְׁתֵּי נָשִׁים חֶלְאָה וְנַעֲרָה״. ״אַשְׁחוּר״ — זֶה כָּלֵב, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ ״אַשְׁחוּר״ — שֶׁהוּשְׁחֲרוּ פָּנָיו בְּתַעֲנִיּוֹת. ״אֲבִי״ — שֶׁנַּעֲשָׂה לָהּ כְּאָב, ״תְּקוֹעַ״ — שֶׁתָּקַע אֶת לִבּוֹ לְאָבִיו שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
La Guemara interprète un verset supplémentaire comme se référant à Caleb. Il est dit : « Et Ashhur, père de Tekoa, eut deux femmes, Helah et Naarah » (I Chroniques 4:5). Ashhur, c’est Caleb. Et pourquoi l’appelait-on Ashhur ? Parce que son visage s’était noirci [husheḥaru] à cause des nombreux jeûnes qu’il s’était imposés afin de ne pas être pris au piège par le conseil des espions. « Le père de » se réfère également à Caleb, car il devint comme un père pour sa femme. Le mot suivant dans le verset, « Tekoa, » est une référence supplémentaire à Caleb, car il attacha [taka] son cœur à son Père dans les Cieux.
״הָיוּ שְׁתֵּי נָשִׁים״ — נַעֲשָׂה מִרְיָם כִּשְׁתֵּי נָשִׁים. ״חֶלְאָה וְנַעֲרָה״ — לָא חֶלְאָה וְנַעֲרָה הֲוַאי, אֶלָּא בַּתְּחִילָּה חֶלְאָה, וּלְבַסּוֹף נַעֲרָה.
L’expression dans le verset « avait deux femmes » signifie en réalité que c’était comme si Miriam était devenue comme deux femmes, parce qu’elle a changé au fil du temps. Et par conséquent, les deux noms écrits dans le verset : « Helah et Naarah » n’étaient pas deux femmes distinctes, Helah et Naarah. Au contraire, au début Miriam était maladive [ḥela] et délaissée, et finalement elle était en bonne santé et belle comme une jeune femme [na’ara].
״וּבְנֵי חֶלְאָה צֶרֶת וְצֹהַר וְאֶתְנָן״. ״צֶרֶת״ — שֶׁנַּעֲשֵׂית צָרָה לְחַבְרוֹתֶיהָ. ״צֹהַר״ — שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין כַּצׇּהֳרַיִם, ״אֶתְנָן״ — שֶׁכׇּל הָרוֹאֶה אוֹתָהּ מוֹלִיךְ אֶתְנָן לְאִשְׁתּוֹ.
La Guemara explique le verset suivant comme se référant à Myriam : « Et les fils de Hela furent Tsereth [Tzeret], et Zohar, et Ethnan » (I Chroniques 4:7). Elle fut alors appelée « Tzeret », car elle devint si belle qu’elle était comme une rivale [tzara] pour les autres femmes, qui étaient jalouses de sa beauté. Elle est appelée « Zohar », car son visage brillait comme le soleil à midi [tzohorayim]. Elle est appelée « Ethnan », car tout homme qui la voyait était si excité qu’il apporterait un cadeau [etnan] à sa femme pour la séduire.
״וַיְצַו פַּרְעֹה לְכׇל עַמּוֹ״, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: אַף עַל עַמּוֹ גָּזַר. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שָׁלֹשׁ גְּזֵירוֹת גָּזַר: בַּתְּחִילָּה ״אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אוֹתוֹ״, וּלְבַסּוֹף ״כׇּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ״, וּלְבַסּוֹף אַף עַל עַמּוֹ גָּזַר.
§ La Guemara revient à la discussion sur l’asservissement en Égypte. « Et Pharaon ordonna à tout son peuple, en disant : Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve, et toute fille, vous la laisserez vivre » (Exode 1:22). Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : L’emploi de l’expression « tout fils qui naîtra » indique qu’il décréta même contre sa propre nation que tous leurs bébés mâles devaient être tués. Et Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit encore : Il décréta trois décrets. Au début, il ordonna aux sages-femmes seulement au sujet des nourrissons juifs : « Quand vous regarderez sur les pierres d’accouchement, si c’est un fils, alors vous le tuerez ; mais si c’est une fille, alors elle vivra » (Exode 1:16). Et ensuite, il décréta au sujet des nourrissons juifs : « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve » (Exode 1:22). Et finalement, il décréta même contre sa propre nation que les garçons égyptiens nouveau-nés devaient eux aussi être jetés dans le fleuve.
״וַיֵּלֶךְ אִישׁ מִבֵּית לֵוִי״. לְהֵיכָן הָלַךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִינָא: שֶׁהָלַךְ בַּעֲצַת בִּתּוֹ.
Le verset déclare : « Un homme de la maison de Lévi alla, et prit pour femme une fille de Lévi » (Exode 2:1). La Guemara demande : Où est-il allé ? Rav Yehouda bar Zevina dit : Il alla selon le conseil de sa fille Myriam, comme la Guemara va l’expliquer.
תָּנָא: עַמְרָם גְּדוֹל הַדּוֹר הָיָה. כֵּיוָן שֶׁרָאָה שֶׁאָמַר פַּרְעֹה הָרָשָׁע ״כׇּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ״, אָמַר: לַשָּׁוְא אָנוּ עֲמֵלִין, עָמַד וְגֵירַשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ. עָמְדוּ כּוּלָּן וְגֵירְשׁוּ אֶת נְשׁוֹתֵיהֶן.
Un Sage enseigne : Amram, le père de Moïse, était le grand homme de sa génération. Lorsqu’il vit que le méchant Pharaon avait dit : « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve, et toute fille, vous la laisserez vivre » (Exode 1:22), il dit : Nous peinons en vain en mettant des enfants au monde pour qu’ils soient tués. C’est pourquoi il se leva et divorça de sa femme. Tous les autres qui virent cela suivirent son exemple et se levèrent et divorcèrent de leurs femmes.
אָמְרָה לוֹ בִּתּוֹ: אַבָּא, קָשָׁה גְּזֵירָתְךָ יוֹתֵר מִשֶּׁל פַּרְעֹה. שֶׁפַּרְעֹה לֹא גָּזַר אֶלָּא עַל הַזְּכָרִים, וְאַתָּה גָּזַרְתָּ עַל הַזְּכָרִים וְעַל הַנְּקֵיבוֹת. פַּרְעֹה לָא גָּזַר אֶלָּא בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְאַתָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה וּלְעוֹלָם הַבָּא.
Sa fille, Myriam, lui dit : Père, ton décret est plus sévère pour le peuple juif que celui de Pharaon, car Pharaon n’a décrété qu’à l’égard des garçons, mais toi tu as décrété à la fois sur les garçons et sur les filles. Et maintenant, aucun enfant ne naîtra. De plus, Pharaon a décrété de les tuer seulement dans ce monde, mais toi tu as décrété dans ce monde et dans le Monde à venir, car ceux qui ne naîtront pas n’entreront pas dans le Monde à venir.
פַּרְעֹה הָרָשָׁע — סָפֵק מִתְקַיֶּימֶת גְּזֵירָתוֹ, סָפֵק אֵינָהּ מִתְקַיֶּימֶת. אַתָּה צַדִּיק, בְּוַדַּאי שֶׁגְּזֵירָתְךָ מִתְקַיֶּימֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְתִגְזַר אוֹמֶר וְיָקׇם לָךְ״. עָמַד וְהֶחְזִיר אֶת אִשְׁתּוֹ, עָמְדוּ כּוּלָּן וְהֶחְזִירוּ אֶת נְשׁוֹתֵיהֶן.
Miriam poursuivit : De plus, concernant Pharaon le méchant, il est incertain que son décret soit accompli, et il est incertain que son décret ne soit pas accompli. Tu es une personne juste, et à ce titre, tes décrets seront certainement accomplis, comme il est dit au sujet des justes : « Tu décréteras aussi une chose, et elle sera établie pour toi » (Job 22:28). Amram accepta les paroles de sa fille et se leva et reprit, c’est-à-dire qu’il se remaria avec sa femme, et tous les autres qui virent cela suivirent son exemple et se levèrent et reprirent leurs femmes.
״וַיִּקַּח״. ״וַיַּחְזִיר״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִינָא: שֶׁעָשָׂה לוֹ מַעֲשֵׂה לִיקּוּחִין — הוֹשִׁיבָהּ בְּאַפִּרְיוֹן, וְאַהֲרֹן וּמִרְיָם מְרַקְּדִין לְפָנֶיהָ, וּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אָמְרוּ ״אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה״.
La Guemara demande : si Amram a épousé à nouveau Yokhéved, au lieu de dire : « Et prit pour femme une fille de Lévi » (Exode 2:1), il aurait fallu dire : « Et reprit pour femme la fille de Lévi ». Rav Yehouda bar Zevina dit : il accomplit un acte de mariage comme on le fait pour un premier mariage. Il la fit asseoir dans un palanquin [appiryon], et Aaron et Myriam dansèrent devant elle, et les anges de service dirent : « Mère joyeuse d’enfants » (Psaumes 113:9).
״אֶת בַּת לֵוִי״. אֶפְשָׁר בַּת מֵאָה וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה הָוְיָא וְקָרֵי לַהּ ״בַּת״, דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: זוֹ יוֹכֶבֶד, שֶׁהוֹרָתָהּ בַּדֶּרֶךְ וְלֵידָתָהּ בֵּין הַחוֹמוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר יָלְדָה אוֹתָהּ לְלֵוִי בְּמִצְרָיִם״ —
Le verset fait référence à Yokhéved comme « une fille de Lévi » (Exode 2:1). La Guemara demande : Est-il possible qu’il s’agisse de Yokhéved ? Yokhéved avait alors 130 ans et le verset l’appelle encore une fille ? L’âge de Yokhéved est établi sur la base d’une tradition concernant le nombre des descendants de Jacob qui sont venus en Égypte, comme suit : Alors que le verset déclare que Léa avait trente-trois descendants (Genèse 46:15), seulement trente-deux ont été énumérés. Cela a été expliqué comme le dit Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina : La « fille de Lévi » est Yokhéved, dont la conception eut lieu en chemin, alors que la famille de Jacob descendait en Égypte, et elle naquit entre les murailles, c’est-à-dire en Égypte, comme il est dit : « Et le nom de la femme d’Amram était Yokhéved, fille de Lévi, qui naquit à Lévi en Égypte » (Nombres 26:59).
לֵידָתָהּ בְּמִצְרַיִם, וְאֵין הוֹרָתָה בְּמִצְרַיִם. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: שֶׁנּוֹלְדוּ בָּהּ סִימָנֵי נַעֲרוּת.
Cette interpolation concernant sa naissance est interprétée ainsi : Sa naissance eut lieu en Égypte, mais sa conception n’eut pas lieu en Égypte. Puisque le peuple juif fut en Égypte pendant deux cent dix ans, et que Moïse avait quatre-vingts ans au moment de l’exode, Yokhéved avait cent trente ans lorsque Moïse naquit. À la lumière de cela, la Guemara demande comment le verset peut la désigner comme une fille. Rabbi Yehouda dit : Les signes d’une jeune femme naquirent en elle lorsque son mari l’épousa de nouveau, et elle redevint comme une jeune fille.
״וַתַּהַר הָאִשָּׁה וַתֵּלֶד בֵּן״. וְהָא הֲוָת מִיעַבְּרָא בֵּיהּ תְּלָתָא יַרְחֵי מֵעִיקָּרָא! אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִינָא: מַקִּישׁ לֵידָתָהּ לְהוֹרָתָהּ: מָה הוֹרָתָהּ שֶׁלֹּא בְּצַעַר — אַף לֵידָתָהּ שֶׁלֹּא בְּצַעַר. מִכָּאן לְנָשִׁים צִדְקָנִיּוֹת שֶׁלֹּא הָיוּ בְּפִיתְקָהּ שֶׁל חַוָּה.
§ Le verset déclare au sujet de Moïse : « Et la femme conçut et enfanta un fils ; et lorsqu’elle vit qu’il était beau, elle le cacha pendant trois mois » (Exode 2:2). La Guemara demande : Mais Yokhéved était enceinte de Moïse depuis trois mois dès le départ, avant qu’Amram ne la reprenne pour femme, comme cela sera expliqué plus loin. Rav Yehouda bar Zevina dit : L’intention du verset est de mettre en parallèle son accouchement et sa conception. De même que sa conception fut sans douleur, de même son accouchement fut sans douleur. De là, on déduit au sujet des femmes justes qu’elles n’ont pas été incluses dans le décret [pitkah] d’Ève selon lequel une femme souffrirait pendant l’accouchement (voir Genèse 3:16).
״וַתֵּרֶא אוֹתוֹ כִּי טוֹב הוּא״. תַּנְיָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: ״טוֹב״ שְׁמוֹ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״טוֹבִיָּה״ שְׁמוֹ. רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: הָגוּן לִנְבִיאוּת. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: נוֹלַד כְּשֶׁהוּא מָהוּל. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּשָׁעָה שֶׁנּוֹלַד מֹשֶׁה, נִתְמַלֵּא הַבַּיִת כּוּלּוֹ אוֹר. כְּתִיב הָכָא: ״וַתֵּרֶא אוֹתוֹ כִּי טוֹב הוּא״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב״.
Le verset déclare au sujet de la naissance de Moïse : « Et la femme conçut et enfanta un fils ; et lorsqu’elle vit qu’il était un bel enfant [tov], elle le cacha pendant trois mois » (Exode 2:2). Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Meir dit : « Tov » est son, à savoir celui de Moïse, véritable nom, tel qu’il lui fut donné par ses parents à sa naissance. Rabbi Yehuda dit : Son nom était Toviya. Rabbi Neḥemya dit : Ils dirent qu’il était bon parce qu’ils virent qu’il était apte à la prophétie. D’autres disent : Ils dirent qu’il était bon parce qu’il était né déjà circoncis. Et les Sages disent : Au moment où Moïse naquit, toute la maison fut remplie de lumière, car il est écrit ici : « et lorsqu’elle vit qu’il était un bel enfant [tov], » et il est écrit là-bas : « Et Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne [tov] » (Genèse 1:4).
״וַתִּצְפְּנֵהוּ שְׁלֹשָׁה יְרָחִים״ — דְּלָא מְנוֹ מִצְרִיִּם אֶלָּא מִשָּׁעָה דְּאַהְדְּרַהּ, וְהִיא הֲוָת מִיעַבְּרָא בֵּיהּ תְּלָתָא יַרְחֵי מֵעִיקָּרָא.
Le verset continue : « Et elle le cacha pendant trois mois » (Exode 2:2). La Guemara explique qu’elle a pu le cacher pendant trois mois parce que les Égyptiens ne comptaient les neuf mois de sa grossesse qu’à partir du moment où son mari l’a reprise, mais elle était enceinte de Moïse depuis trois mois dès le début de leur remariage.
״וְלֹא יָכְלָה עוֹד הַצְּפִינוֹ״. אַמַּאי? תִּצְפְּנֵיהּ וְתֵיזִיל! אֶלָּא, כֹּל הֵיכָא דַּהֲווֹ שָׁמְעִי מִצְרָאֵי דְּמִתְיְלִיד יָנוֹקָא, מַמְטוּ יָנוֹקֵי הָתָם כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁמְעִינְהוּ וּמְעַוֵּי בַּהֲדַיְהוּ, דִּכְתִיב: ״אֶחֱזוּ לָנוּ שׁוּעָלִים שׁוּעָלִים קְטַנִּים וְגוֹ׳״.
Le verset suivant déclare : « Et lorsqu’elle ne put plus le cacher » (Exode 2:3). La Guemara demande : Pourquoi ne pouvait-elle plus le cacher ? Qu’elle continue à le cacher. Au contraire, partout où les Égyptiens entendaient qu’un bébé était né et voulaient localiser le bébé, ils apportaient un autre bébé là-bas afin qu’on puisse l’entendre pleurer, et les deux bébés pleuraient ensemble, comme il est écrit : « Prenez-nous les renards, les petits renards, qui ravagent les vignes ; car nos vignes sont en fleur » (Cantique des Cantiques 2:15). Les nourrissons qui étaient utilisés pour découvrir les bébés cachés sont appelés petits renards.
״וַתִּקַּח לוֹ תֵּבַת גֹּמֶא״. מַאי שְׁנָא גּוֹמֶא? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיכָּן לְצַדִּיקִים שֶׁמָּמוֹנָם חָבִיב עֲלֵיהֶן יוֹתֵר מִגּוּפָן. וְכׇל כָּךְ לָמָּה — לְפִי שֶׁאֵין פּוֹשְׁטִין יְדֵיהֶן בְּגָזֵל.
Le verset déclare : « Et lorsqu’elle ne put plus le cacher, elle prit pour lui une arche de joncs, et l’enduisit de bitume et de poix ; puis elle y plaça l’enfant et le déposa parmi les saules sur la rive du fleuve » (Exode 2:3). La Guemara demande : Qu’a de particulier le jonc pour qu’elle ait décidé de l’utiliser ? Rabbi Elazar dit : D’ici on déduit au sujet des justes que leur argent leur est plus précieux que leur corps, puisqu’elle a pris un matériau peu coûteux pour construire l’arche. Et pourquoi se soucient-ils autant de leur argent ? Parce qu’ils ne tendent pas les mains vers des biens volés. C’est pourquoi leurs propres biens leur sont très précieux.
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: דָּבָר רַךְ, שֶׁיָּכוֹל לַעֲמוֹד בִּפְנֵי דָּבָר רַךְ וּבִפְנֵי דָּבָר קָשֶׁה.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit une autre raison pour laquelle elle a pris des joncs pour l’arche : Elle a pris un matériau souple comme le jonc, qui est capable de résister à un impact aussi bien contre un objet souple que contre un objet dur. Elle craignait que, si elle avait fabriqué la caisse dans un matériau dur comme le bois, si elle heurtait un objet dur dans l’eau, elle pourrait se briser.
״וַתַּחְמְרָה בַחֵמָר וּבַזָּפֶת״, תָּנָא: חֵמָר מִבִּפְנִים וְזֶפֶת מִבַּחוּץ, כְּדֵי שֶׁלֹּא יָרִיחַ אוֹתוֹ צַדִּיק רֵיחַ רַע.
Le verset continue : « Et elle l’enduisit de bitume et de poix » (Exode 2:3). Un Sage enseigne : Elle a mis du bitume à l’intérieur et de la poix à l’extérieur, afin que cette personne juste, c’est-à-dire Moïse, ne sente pas une mauvaise odeur, telle que celle de la poix.
״וַתָּשֶׂם בָּהּ אֶת הַיֶּלֶד וַתָּשֶׂם בַּסּוּף״, רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יַם סוּף. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר:
Le verset continue : « Et elle y mit l’enfant, et le déposa dans les roseaux [bassuf] » (Exode 2:3). Rabbi Elazar dit : Cela signifie qu’elle l’a placé dans la mer de Souf, c’est-à-dire la mer Rouge. Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit :