בְּפָרֶךְ״, רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: בְּפֶה רַךְ. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: בִּפְרִיכָה.
« avec rigueur [befarekh] » (Exode 1:13). Rabbi Elazar dit : Le mot befarekh est une combinaison des mots : Avec une bouche douce [bifeh rakh], car les Égyptiens ont attiré le peuple juif dans l’esclavage, l’asservissant progressivement jusqu’à ce qu’il ait complètement perdu sa liberté. Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit : Le mot befarekh doit être compris comme : Avec écrasement [bifrikha], car les Égyptiens ont asservi Israël par un travail exténuant.
״וַיְמָרְרוּ אֶת חַיֵּיהֶם בַּעֲבֹדָה קָשָׁה בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים וְגוֹ׳״, אָמַר רָבָא: בַּתְּחִילָּה ״בְּחוֹמֶר וּבִלְבֵנִים״, וּלְבַסּוֹף ״וּבְכׇל עֲבוֹדָה בַּשָּׂדֶה״.
Le verset suivant déclare : « Et ils rendirent leur vie amère par un dur labeur, avec du mortier et des briques, et par tout travail pénible dans les champs » (Exode 1:14). Rava dit : Le verset mentionne spécifiquement le mortier et les briques, puis toutes les formes de travail, car au début les Égyptiens les firent travailler avec du mortier et des briques, et finalement ils les asservirent « et par tout travail pénible dans les champs ».
״אֵת כׇּל עֲבֹדָתָם אֲשֶׁר עָבְדוּ בָהֶם בְּפָרֶךְ״, אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: שֶׁהָיוּ מַחְלִיפִין מְלֶאכֶת אֲנָשִׁים לְנָשִׁים וּמְלֶאכֶת נָשִׁים לַאֲנָשִׁים. וּלְמַאן דְּאָמַר נָמֵי הָתָם בְּפֶה רַךְ, הָכָא וַדַּאי בִּפְרִיכָה.
Le verset conclut : « Dans tout leur service, dans lequel ils les firent servir avec rigueur » (Exode 1:14). Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Le sens de befarekh est que les Égyptiens échangeaient les responsabilités des hommes et des femmes, donnant le travail des hommes aux femmes et le travail des femmes aux hommes, exigeant de chacun qu’il fasse un travail auquel il n’était pas habitué. Et même selon celui qui dit que là-bas, dans le verset précédent, bifarekh indique que les Égyptiens ont asservi les Juifs avec une bouche douce, ici, dans ce verset, qui décrit la difficulté physique du labeur, le mot befarekh signifie certainement avec un labeur écrasant.
דָּרֵשׁ רַב עַוִּירָא: בִּשְׂכַר נָשִׁים צִדְקָנִיּוֹת שֶׁהָיוּ בְּאוֹתוֹ הַדּוֹר נִגְאֲלוּ יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם. בְּשָׁעָה שֶׁהוֹלְכוֹת לִשְׁאוֹב מַיִם, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְזַמֵּן לָהֶם דָּגִים קְטַנִּים בְּכַדֵּיהֶן, וְשׁוֹאֲבוֹת מֶחֱצָה מַיִם וּמֶחֱצָה דָּגִים, וּבָאוֹת וְשׁוֹפְתוֹת שְׁתֵּי קְדֵירוֹת, אַחַת שֶׁל חַמִּין וְאַחַת שֶׁל דָּגִים.
§ Rav Avira a enseigné : Par le mérite des femmes justes qui vivaient dans cette génération, le peuple juif fut délivré d’Égypte. Il raconte leurs actions justes : Au moment où ces femmes allaient à la rivière puiser de l’eau, le Saint, béni soit-Il, faisait apparaître pour elles de petits poissons qui entraient dans leurs cruches, et elles puisaient donc des cruches à moitié remplies d’eau et à moitié remplies de poissons. Puis elles venaient et mettaient deux marmites sur le feu, une marmite d’eau chaude pour laver leurs maris et une marmite de poisson pour les nourrir.
וּמוֹלִיכוֹת אֵצֶל בַּעְלֵיהֶן לַשָּׂדֶה, וּמַרְחִיצוֹת אוֹתָן, וְסָכוֹת אוֹתָן, וּמַאֲכִילוֹת אוֹתָן, וּמַשְׁקוֹת אוֹתָן, וְנִזְקָקוֹת לָהֶן בֵּין שְׁפַתַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם תִּשְׁכְּבוּן בֵּין שְׁפַתָּיִם וְגוֹ׳״, בִּשְׂכַר ״תִּשְׁכְּבוּן בֵּין שְׁפַתָּיִם״ זָכוּ יִשְׂרָאֵל לְבִיזַּת מִצְרַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כַּנְפֵי יוֹנָה נֶחְפָּה בַכֶּסֶף וְאֶבְרוֹתֶיהָ בִּירַקְרַק חָרוּץ״.
Et alors elles apportaient ce qu’elles avaient préparé à leurs maris, au champ, et lavaient leurs maris et les oignaient d’huile et les nourrissaient avec le poisson et leur donnaient à boire et s’unissaient à eux dans des rapports sexuels entre les bergeries, c’est-à-dire entre les limites et les clôtures des champs, comme il est dit : « Quand vous vous couchez parmi les bergeries, les ailes de la colombe sont couvertes d’argent, et ses plumes de l’éclat de l’or » (Psaumes 68:14), ce qui est interprété comme signifiant que comme récompense pour « quand vous vous couchez parmi les bergeries, le peuple juif a mérité de recevoir le butin de l’Égypte, comme il est dit dans la suite du verset, en référence au peuple juif : « Les ailes de la colombe sont couvertes d’argent, et ses plumes de l’éclat de l’or » (Psaumes 68:14).
וְכֵיוָן שֶׁמִּתְעַבְּרוֹת בָּאוֹת לְבָתֵּיהֶם, וְכֵיוָן שֶׁמַּגִּיעַ זְמַן מוֹלְדֵיהֶן הוֹלְכוֹת וְיוֹלְדוֹת בַּשָּׂדֶה תַּחַת הַתַּפּוּחַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תַּחַת הַתַּפּוּחַ עוֹרַרְתִּיךָ וְגוֹ׳״.
Et lorsque ces femmes tombaient enceintes, elles retournaient dans leurs maisons, et lorsque venait le moment d’accoucher, elles allaient accoucher dans le champ sous le pommier, comme il est dit : « Sous le pommier je t’ai réveillé ; là, ta mère a été en travail pour toi ; là, elle a été en travail et t’a mis au monde » (Cantique des Cantiques 8:5).
וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שׁוֹלֵחַ מִשְּׁמֵי מָרוֹם מִי שֶׁמְּנַקֵּיר וּמְשַׁפֵּיר אוֹתָן, כְּחַיָּה זוֹ שֶׁמְּשַׁפֶּרֶת אֶת הַוָּלָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמוֹלְדוֹתַיִךְ בְּיוֹם הוּלֶּדֶת אוֹתָךְ לֹא כׇרַּת שׇׁרֵּךְ וּבְמַיִם לֹא רֻחַצְתְּ לְמִשְׁעִי וְגוֹ׳״. וּמְלַקֵּט לָהֶן שְׁנֵי עִגּוּלִין, אֶחָד שֶׁל שֶׁמֶן וְאֶחָד שֶׁל דְּבַשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֵּנִקֵהוּ דְבַשׁ מִסֶּלַע וְשֶׁמֶן וְגוֹ׳״.
Et le Saint, béni soit-Il, envoyait des cieux d’en haut un ange qui nettoyait et préparait les nouveau-nés, tout comme une sage-femme prépare le nouveau-né, comme il est dit : « Quant à ta naissance, le jour où tu es née, ton nombril n’a pas été coupé et tu n’as pas été lavée avec de l’eau pour être purifiée ; tu n’as pas du tout été frottée avec du sel, ni du tout emmaillotée » (Ézéchiel 16:4). Cela indique qu’il n’y avait pas de sages-femmes pour s’occuper des Juifs nés en Égypte. Et ensuite, l’ange rassemblait pour eux deux pierres rondes du champ, et les bébés tétaient ce qui en coulait. L’une des pierres coulait avec de l’huile et l’une des pierres coulait avec du miel, comme il est dit : « Et Il les ferait téter du miel d’un rocher et de l’huile d’un roc de silex » (Deutéronome 32:13).
וְכֵיוָן שֶׁמַּכִּירִין בָּהֶן מִצְרִים בָּאִין לְהוֹרְגָן, וְנַעֲשָׂה לָהֶם נֵס וְנִבְלָעִין בַּקַּרְקַע, וּמְבִיאִין שְׁוָורִים וְחוֹרְשִׁין עַל גַּבָּן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל גַּבִּי חָרְשׁוּ חֹרְשִׁים וְגוֹ׳״. לְאַחַר שֶׁהוֹלְכִין הָיוּ מְבַצְבְּצִין וְיוֹצְאִין כְּעֵשֶׂב הַשָּׂדֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רְבָבָה כְּצֶמַח הַשָּׂדֶה נְתַתִּיךְ״.
Et lorsque les Égyptiens les remarquaient, comprenant qu’il s’agissait de bébés juifs, ils venaient pour les tuer. Mais un miracle se produisait pour eux et ils étaient absorbés par la terre. Et les Égyptiens apportaient alors des bœufs et labouraient au-dessus d’eux, comme il est dit : « Les laboureurs ont labouré sur mon dos ; ils ont allongé leurs sillons » (Psaumes 129:3). Après que les Égyptiens étaient partis, les bébés émergeaient et sortaient de la terre comme l’herbe des champs, comme il est dit : « Je t’ai fait croître comme la pousse des champs » (Ézéchiel 16:7).
וְכֵיוָן שֶׁמִּתְגַּדְּלִין בָּאִין עֲדָרִים עֲדָרִים לְבָתֵּיהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּרְבִּי וַתִּגְדְּלִי וַתָּבֹאִי בַּעֲדִי עֲדָיִים״, אַל תִּקְרֵי ״בַּעֲדִי עֲדָיִים״, אֶלָּא ״בְּעֶדְרֵי עֲדָרִים״.
Et lorsque les bébés grandissaient, ils venaient comme de nombreux troupeaux de brebis dans leurs maisons, comme il est dit dans la suite du verset : « Et tu t’es multipliée, tu as grandi et tu es parvenue à une beauté excellente [ba’adi adayim] » (Ézéchiel 16:7). Ne lis pas le verset ainsi : « Ba’adi adayim, » « avec une beauté excellente ». Au contraire, lis-le ainsi : Be’edrei adarim, c’est-à-dire : comme de nombreux troupeaux.
וּכְשֶׁנִּגְלָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל הַיָּם, הֵם הִכִּירוּהוּ תְּחִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ״.
Et lorsque le Saint, béni soit-Il, Se révéla à la mer Rouge, ces enfants Le reconnurent d’abord, comme il est dit : « Voici mon Dieu, et je Le glorifierai » (Exode 15:2). Ils Le reconnurent grâce à la fois précédente où Il S’était révélé à eux dans leur petite enfance, leur permettant de dire : « Voici mon Dieu. »
״וַיֹּאמֶר מֶלֶךְ מִצְרַיִם לַמְיַלְּדוֹת הָעִבְרִיּוֹת וְגוֹ׳״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: אִשָּׁה וּבִתָּהּ, וְחַד אָמַר: כַּלָּה וַחֲמוֹתָהּ. מַאן דְּאָמַר אִשָּׁה וּבִתָּהּ — יוֹכֶבֶד וּמִרְיָם, וּמַאן דְּאָמַר כַּלָּה וַחֲמוֹתָהּ — יוֹכֶבֶד וֶאֱלִישֶׁבַע.
§ Le verset déclare : « Et le roi d’Égypte parla aux sages-femmes hébraïques, dont le nom de l’une était Shiphrah, et le nom de l’autre Puah » (Exode 1:15). Rav et Shmuel sont en désaccord quant à l’interprétation correcte de ce verset. L’un dit que ces sages-femmes étaient une femme et sa fille, et l’un dit qu’elles étaient une belle-fille et sa belle-mère. Selon celui qui dit qu’elles étaient une femme et sa fille, ces femmes étaient Yokheved, la mère de Moïse et d’Aaron, et sa fille, Miriam. Et selon celui qui dit qu’elles étaient une belle-fille et sa belle-mère, le verset fait référence à Yokheved et sa belle-fille Elisheba, l’épouse d’Aaron.
תַּנְיָא כְּמַאן דְּאָמַר אִשָּׁה וּבִתָּהּ, דְּתַנְיָא: שִׁפְרָה זוֹ יוֹכֶבֶד, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ שִׁפְרָה — שֶׁמְּשַׁפֶּרֶת אֶת הַוָּלָד. דָּבָר אַחֵר: ״שִׁפְרָה״ — שֶׁפָּרוּ וְרָבוּ יִשְׂרָאֵל בְּיָמֶיהָ.
Il est enseigné dans une baraita, selon celui qui dit qu’elles étaient une femme et sa fille, car il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne Shiphrah, mentionnée dans le verset, cela renvoie en réalité à Yokheved. Et pourquoi l’appelait-on Shiphrah ? Parce qu’elle préparait [mishapperet] le nouveau-né. Alternativement, on l’appelle Shiphrah parce que le peuple juif s’accrut et se multiplia [shepparu verabbu] de son temps, grâce à son aide.
״פּוּעָה״ — זוֹ מִרְיָם. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ ״פּוּעָה״ שֶׁהָיְתָה פּוֹעָה וּמוֹצִיאָה אֶת הַוָּלָד. דָּבָר אַחֵר: ״פּוּעָה״ — שֶׁהָיְתָה פּוֹעָה בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ וְאוֹמֶרֶת: עֲתִידָה אִמִּי שֶׁתֵּלֵד בֵּן שֶׁמּוֹשִׁיעַ אֶת יִשְׂרָאֵל.
La baraita continue : En ce qui concerne Poua, mentionnée dans le verset, il s’agit en réalité d’une référence à Miriam. Et pourquoi l’appelait-on Poua ? Parce qu’elle émettait un son réconfortant [po’a] lorsqu’elle faisait sortir l’enfant du ventre de sa mère. Autrement dit, le mot Poua est lié à l’un des verbes qui décrivent la parole, car elle parlait [po’a] sous inspiration divine et disait : À l’avenir, ma mère donnera naissance à un fils qui sauvera le peuple juif.
״וַיֹּאמֶר בְּיַלֶּדְכֶן אֶת הָעִבְרִיּוֹת וְגוֹ׳״. מַאי ״אׇבְנָיִם״ — אָמַר רַבִּי חָנָן: סִימָן גָּדוֹל מָסַר לָהֶן. אָמַר לָהֶן: בְּשָׁעָה שֶׁכּוֹרַעַת לֵילֵד יַרְכוֹתֶיהָ מִצְטַנְּנוֹת כַּאֲבָנִים.
Le verset suivant rapporte les instructions de Pharaon aux sages-femmes : « Et il dit : Lorsque vous aiderez les femmes hébraïques à accoucher, et que vous regarderez les pierres [ovnayim], si c’est un fils, alors vous le tuerez ; mais si c’est une fille, alors elle vivra » (Exode 1:16). La Guemara demande : Que signifie « pierres » ? Rabbi Ḥanan dit : Pharaon leur transmit un grand signe. Il leur dit : Au moment où une femme s’accroupit pour accoucher, ses cuisses deviennent froides comme des pierres, et, par conséquent, cela sera pour vous un signe que la femme est sur le point d’accoucher.
וְאִית דְּאָמַר, כְּדִכְתִיב: ״וָאֵרֵד בֵּית הַיּוֹצֵר וְהִנֵּה הוּא עוֹשֶׂה מְלָאכָה עַל הָאׇבְנָיִם״, מָה יוֹצֵר זֶה — יָרֵךְ מִכָּאן וְיָרֵךְ מִכָּאן וְסַדָּן בָּאֶמְצַע, אַף אִשָּׁה — יָרֵךְ מִכָּאן וְיָרֵךְ מִכָּאן וְהַוָּלָד בָּאֶמְצַע.
Et il y en a qui disent une explication alternative de ovnayim : Comme il est écrit : « Je descendis dans la maison du potier, et voici, il travaillait sur les roues [ovnayim] » (Jérémie 18:3). De même que ce potier est assis de sorte qu’une cuisse est ici et une cuisse est là et le bloc sur lequel il travaille est au milieu, de même une femme qui accouche a une cuisse ici et une cuisse là et le nouveau-né est au milieu.
״אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אוֹתוֹ״. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא, סִימָן גָּדוֹל מָסַר לָהֶן: בֵּן פָּנָיו לְמַטָּה, בַּת פָּנֶיהָ לְמַעְלָה.
Le verset continue : « Si c’est un fils, alors vous le tuerez ; mais si c’est une fille, alors elle vivra » (Exode 1:16). Rabbi Ḥanina dit : Pharaon leur transmit un grand signe afin de leur permettre de connaître le sexe du nourrisson dès le début du processus de naissance : Un garçon naît avec le visage tourné vers le bas ; une fille naît avec le visage tourné vers le haut. Pharaon leur fournit ce signe afin qu’elles puissent tuer les garçons en secret, avant même que la mère ne se rende compte de ce qui se passait.
״וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדוֹת אֶת הָאֱלֹהִים וְלֹא עָשׂוּ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר אֲלֵיהֶן וְגוֹ׳״. ״לָהֶן״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מְלַמֵּד שֶׁתְּבָעָן לִדְבַר עֲבֵירָה וְלֹא נִתְבְּעוּ.
Le verset suivant déclare : « Mais les sages-femmes craignirent Dieu et ne firent pas comme le roi d’Égypte leur avait parlé à leur sujet [aleihen], mais elles laissèrent vivre les enfants mâles » (Exode 1:17). La Guemara commente : Il aurait fallu dire : « Il parla à elles [lahen]. » Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Cela enseigne que Pharaon leur proposa de commettre un acte fautif, c’est-à-dire d’avoir des relations sexuelles avec lui, mais elles n’acceptèrent pas ses avances. Le mot aleihen est souvent employé en référence aux relations sexuelles, par exemple : « Et il l’amena à lui ; et il s’unit à elle [eileha] » (Genèse 29:23), et telle est aussi sa connotation ici.
״וַתְּחַיֶּיןָ אֶת הַיְּלָדִים״. תָּנָא: לֹא דַּיָּין שֶׁלֹּא הֵמִיתוּ אוֹתָן, אֶלָּא שֶׁהָיוּ מַסְפִּיקוֹת לָהֶם מַיִם וּמָזוֹן.
Le verset se conclut ainsi : « Mais elles laissèrent vivre les garçons » (Exode 1:17). Un Sage enseigne : Ce n’est pas seulement qu’elles ne tuaient pas les enfants comme Pharaon le leur avait ordonné, mais qu’elles leur fournissaient même de l’eau et de la nourriture, comme l’indique l’expression « Mais elles laissèrent vivre les garçons ».
״וַתֹּאמַרְןָ הַמְיַלְּדוֹת אֶל פַּרְעֹה כִּי לֹא כַנָּשִׁים וְגוֹ׳״. מַאי ״חָיוֹת״? אִילֵימָא חַיּוֹת מַמָּשׁ, אַטּוּ חַיָּה מִי לָא צְרִיכָה חַיָּה אַחֲרִיתִי לְאוֹלוֹדַהּ?
Après avoir été interrogées par Pharaon au sujet de leur échec à obéir à son ordre, les sages-femmes répondirent, comme il est écrit : « Et les sages-femmes dirent à Pharaon : Parce que les femmes hébraïques ne sont pas comme les Égyptiennes , car elles sont vigoureuses [ḥayot] et accouchent avant que la sage-femme n’arrive auprès d’elles » (Exode 1:19). La Guemara demande : Quel est le sens de « ḥayot » ? Si nous disons que les femmes hébraïques sont comme des ḥayot, c’est-à-dire de véritables sages-femmes pour elles-mêmes, et qu’elles n’ont donc pas besoin de l’aide d’autrui, cela veut-il dire qu’une sage-femme n’a pas besoin de l’aide d’une autre sage-femme pour l’aider à accoucher ?
אֶלָּא אָמְרוּ לוֹ, אוּמָּה זוֹ כְּחַיָּה נִמְשְׁלָה: יְהוּדָה — ״גּוּר אַרְיֵה״, דָּן — ״יְהִי דָן נָחָשׁ״, ״נַפְתָּלִי אַיָּלָה שְׁלֻחָה״, ״יִשָּׂשכָר חֲמוֹר גָּרֶם״, יוֹסֵף — ״בְּכוֹר שׁוֹר״, ״בִּנְיָמִין זְאֵב יִטְרָף״.
Au contraire, les sages-femmes dirent à Pharaon : Cette nation est comparée à un animal [ḥayya], et les animaux mettent bas sans sage-femme. Par exemple, au sujet de Juda il est écrit : « Juda est un jeune lion » (Genèse 49:9) ; au sujet de Dan il est écrit : « Dan sera un serpent sur le chemin » (Genèse 49:17) ; au sujet de Nephtali il est écrit : « Une biche en liberté » (Genèse 49:21) ; au sujet de Issacar il est écrit : « Un âne aux os robustes » (Genèse 49:14) ; au sujet de Joseph il est écrit : « Son premier-né, un taureau » (Deutéronome 33:17) ; au sujet de Benjamin il est écrit : « Un loup ravisseur » (Genèse 49:27).
דִּכְתִיב בֵּיהּ — כְּתִיב בֵּיהּ. וּדְלָא כְּתִיב בֵּיהּ — כְּתִיב בֵּיהּ: ״מַה אִמְּךָ לְבִיָּא בֵּין אֲרָיוֹת רָבָצָה וְגוֹ׳״.
La Guemara commente : En ce qui concerne les individus à propos desquels une comparaison à un animal est écrite à son sujet, elle est déjà écrite à son sujet. Et en ce qui concerne ceux à propos desquels aucune métaphore spécifique les comparant à un animal n’est écrite à son sujet explicitement, en tout cas une comparaison générale est écrite au sujet du peuple juif : « Comme ta mère était une lionne ; parmi les lions elle était accroupie, au milieu des lionceaux elle a élevé ses petits » (Ézéchiel 19:2), indiquant que tout le peuple juif est comparé à des animaux.
״וַיְהִי כִּי יָרְאוּ הַמְיַלְּדוֹת אֶת הָאֱלֹהִים וַיַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: בָּתֵּי כְהוּנָּה וּלְוִיָּה, וְחַד אָמַר: בָּתֵּי מַלְכוּת. מַאן דְּאָמַר בָּתֵּי כְהוּנָּה וּלְוִיָּה — אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה. וּמַאן דְּאָמַר בָּתֵּי מַלְכוּת — דָּוִד נָמֵי מִמִּרְיָם קָאָתֵי, דִּכְתִיב: ״וַתָּמׇת עֲזוּבָה אֵשֶׁת כָּלֵב וַיִּקַּח לוֹ כָלֵב אֶת אֶפְרָת וַתֵּלֶד לוֹ אֶת חוּר״. וּכְתִיב: ״וְדָוִד בֶּן אִישׁ אֶפְרָתִי וְגוֹ׳״.
Le verset rapporte la récompense des sages-femmes : « Et il arriva que, parce que les sages-femmes craignaient Dieu, Il leur fit des maisons » (Exode 1:21). Rav et Shmuel sont en désaccord quant à l’interprétation précise de ces maisons : L’un dit que Dieu fit descendre des sages-femmes les maisons de la prêtrise et des Lévites, et l’un dit que Dieu fit descendre d’elles les maisons de la royauté. Celui qui dit qu’il s’agit des maisons de la prêtrise et des Lévites fait référence à Aaron et Moïse, qui étaient les fils de Yokhéved. Et celui qui dit qu’il s’agit des maisons de la royauté fait référence à David, qui vient lui aussi de Myriam, comme il est écrit : « Et Azuba », la femme de Caleb, « mourut, et Caleb prit pour lui Éphrath, qui lui enfanta Hur » (I Chroniques 2:19) et, comme cela sera expliqué plus loin, Éphrath est Myriam. Et il est écrit : « David était le fils de cet Éphrathien de Bethléem de Juda » (I Samuel 17:12). Par conséquent, il était un descendant de Myriam.
״וְכָלֵב בֶּן חֶצְרוֹן הוֹלִיד אֶת עֲזוּבָה אִשָּׁה וְאֶת יְרִיעוֹת וְאֵלֶּה בָנֶיהָ יֵשֶׁר וְשׁוֹבָב וְאַרְדּוֹן״. בֶּן חֶצְרוֹן? בֶּן יְפֻנֶּה הוּא! בֵּן שֶׁפָּנָה מֵעֲצַת מְרַגְּלִים.
La Guemara traite de la famille de Caleb : Dans Chroniques, il est dit : « Et Caleb, fils de Hetsron, engendra des enfants d’Azuba sa femme, et de Jerioth, et voici ses fils : Jesher, et Shobab, et Ardon » (I Chroniques 2:18). La Guemara demande : Caleb était-il réellement le fils de Hetsron ? N’était-il pas le fils de Jephunné, comme l’indique le verset dans Nombres 13:6 ? La Guemara répond : Il était le fils de Hetsron, mais il est appelé « fils de Jephunné » comme une appellation indiquant qu’il était un fils qui s’est détourné [sheppana] du conseil des espions.
וְאַכַּתִּי: בֶּן קְנַז הוּא, דִּכְתִיב: ״וַיִּלְכְּדָהּ עׇתְנִיאֵל בֶּן קְנַז אֲחִי כָלֵב״! אָמַר רָבָא: חוֹרְגוֹ דִּקְנַז הֲוָה.
La Guemara demande : Mais cela reste difficile. Hetsron ne pouvait pas être son père, car Caleb était le fils de Kenaz, comme il est écrit : « Et Othniel, fils de Kenaz, le plus jeune frère de Caleb, la prit » (Juges 1:13). Cela signifierait que Caleb était lui aussi fils de Kenaz. Rava dit : Caleb était le beau-fils de Kenaz, car lui et Othniel avaient la même mère mais des pères différents.