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דִּכְתִיב: ״הִנְנִי מֵקִים עָלֶיךָ רָעָה מִבֵּיתֶךָ״. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיִּשְׁלָחֵהוּ מֵעֵמֶק חֶבְרוֹן״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: בְּעֵצָה עֲמוּקָּה שֶׁל אוֹתוֹ צַדִּיק שֶׁקָּבוּר בְּחֶבְרוֹן, דִּכְתִיב: ״יָדֹעַ תֵּדַע כִּי גֵר יִהְיֶה זַרְעֲךָ״.
Ceci est comme il est écrit là-bas : « Ainsi a dit le Seigneur : Voici, Je susciterai contre toi le mal venant de ta propre maison » (II Samuel 12:11), et cette prophétie s’est accomplie par l’intermédiaire d’Absalom. De même, on peut dire au sujet de Joseph, qui fut envoyé par son père pour s’enquérir du bien-être de ses frères, là où le verset déclare : « Et il l’envoya depuis la vallée [emek] d’Hébron » (Genèse 37:14). Rabbi Ḥanina bar Pappa dit : Du profond [amukka] conseil de ce juste qui est enterré à Hébron, c’est-à-dire Abraham, comme il est écrit : « Et Il dit à Abram : Sache avec certitude que ta descendance sera étrangère dans une terre qui ne sera pas la leur, et ils les serviront ; et ils les affligeront pendant quatre cents ans » (Genèse 15:13). Le voyage que Joseph fit vers ses frères mit en mouvement la descente du peuple juif en Égypte.
״כִּי אָמַר אֵין לִי בֵן״. וְלָא הֲווֹ לֵיהּ בְּנֵי? וְהָכְתִיב: ״וַיִּוָּלְדוּ לְאַבְשָׁלוֹם שְׁלֹשָׁה בָּנִים וּבַת אַחַת״! אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ בֵּן הָגוּן לַמַּלְכוּת. רַב חִסְדָּא אָמַר, גְּמִירִי: כׇּל הַשּׂוֹרֵף תְּבוּאָתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, אֵינוֹ מַנִּיחַ בֵּן לְיוֹרְשׁוֹ. וְאִיהוּ קַלְיַיהּ לִדְיוֹאָב, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶל עֲבָדָיו רְאוּ חֶלְקַת יוֹאָב אֶל יָדִי וְלוֹ שָׁם שְׂעֹרִים לְכוּ וְהַצִּיתוּהָ בָאֵשׁ וַיַּצִּיתוּ עַבְדֵי אַבְשָׁלוֹם אֶת הַחֶלְקָה בָּאֵשׁ״.
La Guemara poursuit sa discussion au sujet d’Absalom. Le verset déclare au sujet d’Absalom : « Car il disait : Je n’ai pas de fils pour garder mon nom en mémoire ; et il appela le pilier de son propre nom ; et on l’appelle jusqu’à ce jour le monument d’Absalom » (II Samuel 18:18). La Guemara demande : Et Absalom n’avait-il pas de fils ? Mais n’est-il pas écrit : « Et il naquit à Absalom trois fils et une fille » (II Samuel 14:27) ? Rav Yitzḥak bar Avdimi dit : Il voulait dire qu’il n’avait pas de fils digne de la royauté. Rav Ḥisda dit : Il est enseigné comme tradition : Quiconque brûle la récolte d’autrui ne laisse pas de fils pour hériter de lui, et lui, Absalom, a brûlé la récolte de Joab, comme il est écrit : « C’est pourquoi il dit à ses serviteurs : Voyez, le champ de Joab est près du mien, et il y a là de l’orge ; allez et mettez-y le feu. Et les serviteurs d’Absalom mirent le feu au champ » (II Samuel 14:30).
וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה מִרְיָם וְכוּ׳. מִי דָּמֵי? הָתָם — חֲדָא שַׁעְתָּא, הָכָא — שִׁבְעָה יוֹמֵי! אָמַר אַבָּיֵי, אֵימָא: וּלְעִנְיַן הַטּוֹבָה אֵינוֹ כֵּן.
§ La michna enseigne : Et il en va de même en ce qui concerne la récompense des bonnes actions. Miriam attendit le bébé Moïse pendant une heure sur la rive du Nil ; c’est pourquoi le peuple juif retarda ses déplacements dans le désert pendant sept jours pour l’attendre lorsqu’elle fut frappée de lèpre. La Guemara demande : Ces choses sont-elles comparables ? Là-bas, Miriam attendit une heure, tandis qu’ici, le peuple juif l’attendit pendant sept jours. Abaye dit : Dis cela avec une légère modification : Et en ce qui concerne la rétribution du bien, il n’en est pas ainsi, car une personne n’est pas récompensée exactement mesure pour mesure, puisque la récompense peut être plus grande que la bonne action.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָא ״וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה, דִּבְאוֹתָהּ מִדָּה, וּלְעוֹלָם מִדָּה טוֹבָה מְרוּבָּה מִמִּדַּת פּוּרְעָנוּת.
Rava lui dit : Mais le tanna a enseigné dans la michna : Et il en va de même en ce qui concerne la récompense des bonnes actions. Au contraire, Rava dit : Voici ce que la michna enseigne : Et il en va de même en ce qui concerne la récompense des bonnes actions. Elle est accordée selon la même mesure, c’est-à-dire qu’une personne est récompensée de la même manière que la bonne action, mais la mesure du bien est toujours plus grande que la mesure de la punition. Par conséquent, Myriam fut récompensée de la même manière que son acte, mais dans une mesure plus grande.
״וַתֵּתַצַּב אֲחוֹתוֹ מֵרָחוֹק״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: פָּסוּק זֶה כּוּלּוֹ עַל שֵׁם שְׁכִינָה נֶאֱמַר: ״וַתֵּתַצַּב״ — דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹא ה׳ וַיִּתְיַצַּב וְגוֹ׳״. ״אֲחוֹתוֹ״ — דִּכְתִיב: ״אֱמֹר לַחׇכְמָה אֲחוֹתִי אָתְּ״. ״מֵרָחוֹק״ — דִּכְתִיב: ״מֵרָחוֹק ה׳ נִרְאָה לִי״. ״לָדַעַת״ — דִּכְתִיב: ״כִּי אֵל דֵּעוֹת ה׳״. ״מָה״ — דִּכְתִיב: ״מַה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שֹׁאֵל מֵעִמָּךְ״. ״יֵּעָשֶׂה״ — דִּכְתִיב: ״כִּי לֹא יַעֲשֶׂה ה׳ אֱלֹהִים דָּבָר״. ״לוֹ״ — דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר לוֹ ה׳ שָׁלוֹם״.
Concernant l’acte de Myriam, le verset déclare : « Et sa sœur se tint au loin, pour savoir ce qu’il adviendrait de lui » (Exode 2:4). Rabbi Yitzḥak dit : Tout ce verset est énoncé en référence à la Présence divine, c’est-à-dire que chaque expression fait allusion à la Présence divine veillant sur Moïse. « Et sa sœur se tint » ; comme il est écrit : « Et le Seigneur vint et se tint là » (I Samuel 3:10). « Sa sœur » ; comme il est écrit : « Dis à la sagesse : Tu es ma sœur » (Proverbes 7:4). « Au loin » ; comme il est écrit : « De loin le Seigneur m’est apparu » (Jérémie 31:2). « Pour savoir » ; comme il est écrit : « Car le Seigneur est un Dieu de connaissance » (I Samuel 2:3). « Ce que » ; comme il est écrit : « Ce que le Seigneur ton Dieu exige de toi » (Deutéronome 10:12). « Adviendrait » ; comme il est écrit : « Car le Seigneur Dieu ne fera rien » (Amos 3:7). « De lui » ; comme il est écrit : « Et le Seigneur lui dit : Paix à toi » (Juges 6:23).
״וַיָּקׇם מֶלֶךְ חָדָשׁ וְגוֹ׳״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: חָדָשׁ מַמָּשׁ, וְחַד אָמַר: שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו. מַאן דְּאָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ — דִּכְתִיב ״חָדָשׁ״, וּמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו, דְּלָא כְּתִיב ״וַיָּמׇת וַיִּמְלוֹךְ״. ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״, דַּהֲוָה דָּמֵי כְּמַאן דְּלָא יָדַע לֵיהּ כְּלָל.
§ La Guemara poursuit la discussion sur le séjour du peuple juif en Égypte. Le verset déclare : « Et un nouveau roi s’éleva sur l’Égypte, qui ne connaissait pas Joseph » (Exode 1:8). Rav et Shmuel sont en désaccord sur l’interprétation de ce verset. L’un dit que cela signifie qu’il était réellement un nouveau roi, et l’autre dit que cela signifie que ses décrets furent transformés comme s’il était un nouveau roi. Celui qui dit qu’il était réellement un nouveau roi soutient que c’est parce qu’il est écrit « nouveau ». Et celui qui dit que ses décrets furent transformés soutient que c’est parce qu’il n’est pas écrit : « Et le roi précédent d’Égypte mourut et un nouveau roi régna. » Cela indique que le même roi est resté. Selon cette interprétation, les mots : « Qui ne connaissait pas Joseph » (Exode 1:8) signifient qu’il était comme quelqu’un qui ne le connaissait pas du tout. Bien qu’il connût certainement Joseph et ses accomplissements, il agit comme s’il ne le connaissait pas.
״וַיֹּאמֶר אֶל עַמּוֹ הִנֵּה עַם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״. תָּנָא: הוּא הִתְחִיל בְּעֵצָה תְּחִילָּה לְפִיכָךְ לָקָה תְּחִילָּה. הוּא הִתְחִיל בְּעֵצָה תְּחִילָּה — דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶל עַמּוֹ״, לְפִיכָךְ לָקָה תְּחִילָּה — כְּדִכְתִיב: ״וּבְכָה וּבְעַמְּךָ וּבְכׇל עֲבָדֶיךָ״.
Le verset suivant déclare : « Et il dit à son peuple : Voici, le peuple des enfants d’Israël est trop nombreux et trop puissant pour nous » (Exode 1:9). Il a été enseigné (Tosefta 4:11) : Lui, Pharaon, a initié la proposition. C’est pourquoi, parmi son peuple, il fut frappé le premier. Il a initié la proposition, comme il est écrit : « Et il dit à son peuple. » C’est pourquoi il fut frappé le premier, comme il est écrit : « Et les grenouilles monteront sur toi, sur ton peuple et sur tous tes serviteurs » (Exode 7:29).
״הָבָה נִתְחַכְּמָה לוֹ״. ״לָהֶם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: בֹּאוּ וְנֶחְכַּם לְמוֹשִׁיעָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל —
Le verset suivant déclare que Pharaon a dit : « Venez, agissons avec sagesse à son égard [lo] », de peur qu’il ne se multiplie, et il arrivera que, si une guerre nous atteint, il se joindra lui aussi à nos ennemis et combattra contre nous » (Exode 1:10). La Guemara commente : Il aurait dû dire au pluriel : Avec eux [lahem], plutôt qu’au singulier : « Avec lui ». Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit que Pharaon voulait dire : Venez, agissons avec sagesse à l’égard du sauveur d’Israël, en référence à Dieu.
בַּמֶּה נְדוּנֵם? נְדוּנֵם בָּאֵשׁ — כְּתִיב: ״כִּי הִנֵּה ה׳ בָּאֵשׁ יָבֹא״, וּכְתִיב: ״כִּי בָאֵשׁ ה׳ נִשְׁפָּט וְגוֹ׳״. בְּחֶרֶב — כְּתִיב: [״וּבְחַרְבּוֹ אֶת כׇּל בָּשָׂר״].
Ses conseillers demandèrent : Par quelle forme de mort les jugerons-nous et prononcerons-nous un décret contre eux ? Si nous les jugeons par le feu, peut-être serons-nous punis mesure pour mesure par le feu, comme il est écrit : « Car voici, le Seigneur viendra dans le feu » (Isaïe 66:15), et il est écrit dans le verset suivant : « Car c’est par le feu que le Seigneur contestera » (Isaïe 66:16). De même, nous ne pouvons pas les juger par l’épée, comme il est écrit dans la suite de ce verset : « Et par Son épée avec toute chair » (Isaïe 66:16).
אֶלָּא בּוֹאוּ וּנְדוּנֵם בַּמַּיִם, שֶׁכְּבָר נִשְׁבַּע הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שֶׁאֵינוֹ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֵי נֹחַ זֹאת לִי וְגוֹ׳״. וְהֵן אֵינָן יוֹדְעִין שֶׁעַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֵינוֹ מֵבִיא, אֲבָל עַל אוּמָּה אַחַת הוּא מֵבִיא.
Au contraire, venons et jugeons-les par l’eau, en noyant les bébés juifs. Dieu ne nous punira pas par l’eau, car le Saint, béni soit-Il, a déjà prêté serment qu’Il n’amènera pas de déluge sur le monde, comme il est dit : « Car cela est pour Moi comme les eaux de Noé ; de même que J’ai juré que les eaux de Noé ne passeraient plus sur la terre » (Isaïe 54:9). La Guemara commente : Et les conseillers de Pharaon ne savaient pas qu’Il n’amènera pas de déluge sur le monde entier, mais qu’Il peut amener une destruction par l’eau sur une seule nation.
אִי נָמֵי: הוּא אֵינוֹ מֵבִיא, אֲבָל הֵן בָּאִין וְנוֹפְלִין בְּתוֹכוֹ. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּמִצְרַיִם נָסִים לִקְרָאתוֹ״. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי בַדָּבָר אֲשֶׁר זָדוּ עֲלֵיהֶם״ — בִּקְדֵירָה שֶׁבִּישְּׁלוּ, בָּהּ נִתְבַּשְּׁלוּ. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״זָדוּ״ לִישָּׁנָא דִקְדֵירָה הוּא — דִּכְתִיב: ״וַיָּזֶד יַעֲקֹב נָזִיד״.
Alternativement, il existe une autre manière de punir les Égyptiens par l’eau : Il ne fait pas venir un déluge sur eux, mais ils peuvent venir et tomber dans l’eau, et c’est ainsi qu’il est dit : « Et la mer reprit sa force à l’apparition du matin ; et les Égyptiens fuyaient à sa rencontre ; et le Seigneur renversa les Égyptiens au milieu de la mer » (Exode 14:27), ce qui indique que les Égyptiens tombèrent dans l’eau. Et c’est ce que dit Rabbi Elazar : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Maintenant je sais que le Seigneur est plus grand que tous les dieux, car dans la chose même où ils ont conspiré [zadu] contre eux” (Exode 18:11) ? L’expression signifie : Dans la marmite dans laquelle ils ont cuit, ils ont eux-mêmes été cuits, car ils furent punis par noyade, mesure pour mesure, pour avoir noyé les bébés juifs. La Guemara demande : D’où peut-on déduire que ce mot “zadu” est un terme signifiant marmite ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Et Jacob fit cuire un potage [vayyazed Ya’akov nazid]” (Genèse 25:29).
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי סִימַאי: שְׁלֹשָׁה הָיוּ בְּאוֹתָהּ עֵצָה: בִּלְעָם, וְאִיּוֹב, וְיִתְרוֹ.
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Simai dit : Trois personnages remarquables étaient parmi les conseillers de Pharaon dans ce conseil où Pharaon demanda ce qu’il fallait faire du peuple juif. C’étaient Balaam, Job et Yitro.
בִּלְעָם שֶׁיָּעַץ — נֶהֱרַג, אִיּוֹב שֶׁשָּׁתַק — נִידּוֹן בְּיִסּוּרִין. יִתְרוֹ שֶׁבָּרַח — זָכוּ מִבְּנֵי בָנָיו שֶׁיָּשְׁבוּ בְּלִשְׁכַּת הַגָּזִית, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִשְׁפְּחוֹת סוֹפְרִים יוֹשְׁבֵי יַעְבֵּץ תִּרְעָתִים שִׁמְעָתִים שׂוּכָתִים הֵמָּה הַקִּינִים הַבָּאִים מֵחַמַּת אֲבִי בֵית רֵכָב״, וּכְתִיב: ״וּבְנֵי קֵינִי חֹתֵן מֹשֶׁה וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥiyya bar Abba enseigne ce qui arriva à chacun d’eux : Balaam, qui conseilla à Pharaon de tuer tous les fils nés du peuple juif, fut puni en étant tué dans la guerre contre Madian (voir Nombres 31:8). Job, qui resta silencieux et ne conseilla ni ne protesta, fut puni par la souffrance, comme cela est détaillé dans le livre éponyme de la Torah. Yitro, qui s’enfuit en signe de protestation, mérita que certains des enfants de ses enfants siègent au Sanhédrin dans la Chambre de Pierre Taillée, comme il est dit : « Et les familles des scribes qui habitaient à Jabets, les Tirathites, les Shimeathites et les Sucathites ; ce sont là les Kéniens descendus de Hammath, père de la maison de Récab » (I Chroniques 2:55). Et il est écrit : « Les enfants du Kénien, beau-père de Moïse » (Juges 1:16). Cela enseigne que les Kéniens, descendants de Yitro, le beau-père de Moïse, habitaient à Jabets [Yabetz], en référence au lieu où le peuple juif va chercher conseil [eitza], c’est-à-dire la Chambre de Pierre Taillée.
״וְנִלְחַם בָּנוּ וְעָלָה מִן הָאָרֶץ״, ״וְעָלִינוּ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: כְּאָדָם שֶׁמְּקַלֵּל אֶת עַצְמוֹ, וְתוֹלֶה קִלְלָתוֹ בַּחֲבֵירוֹ.
Le verset déclare : “Allons, agissons avec sagesse à son égard, de peur qu’il ne se multiplie, et qu’il arrive que, si une guerre nous survient, il se joigne lui aussi à nos ennemis, et combatte contre nous, et monte hors du pays” (Exode 1:10). La Guemara commente : Il aurait dû dire : Et nous fasse monter, car la crainte de Pharaon était que le peuple juif se joigne aux ennemis de l’Égypte et chasse Pharaon et les Égyptiens d’Égypte. Rabbi Abba bar Kahana dit : En disant cela, Pharaon est comme une personne qui se maudit elle-même mais applique sa malédiction à un autre.
״וַיָּשִׂימוּ עָלָיו שָׂרֵי מִסִּים״, ״עֲלֵיהֶם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! תָּנָא דְּבֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן: מְלַמֵּד שֶׁהֵבִיאוּ מַלְבֵּן וְתָלוּ לוֹ לְפַרְעֹה בְּצַוָּארוֹ, וְכׇל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁאָמַר לָהֶם אִיסְטְנִיס אֲנִי, אָמְרוּ לוֹ: כְּלוּם אִיסְטְנִיס אַתָּה יוֹתֵר מִפַּרְעֹה?
Le verset suivant déclare : « C’est pourquoi ils placèrent sur lui des chefs de corvée afin de l’affliger par leurs fardeaux » (Exode 1:11). La Guemara commente : Il aurait fallu dire : Sur eux, au pluriel. L’école de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, a enseigné : Cela enseigne qu’au début ils apportèrent un moule à briques et le suspendirent au cou de Pharaon pour donner l’apparence qu’il participait lui aussi au travail. Et concernant chaque Juif qui disait aux Égyptiens : Je suis une personne délicate [istenis] et je ne peux pas participer au travail, ils lui disaient : Es-tu donc plus délicat que Pharaon, alors qu’il participe ? C’est pourquoi le verset dit : « Ils placèrent sur lui », car ils imposèrent d’abord le fardeau à Pharaon comme un stratagème pour asservir le peuple juif.
״שָׂרֵי מִסִּים״, דָּבָר שֶׁמֵּשִׂים (לְבֵנִים).
Le terme « Chefs de corvée [sarei missim] » est formé à partir du terme : Une chose qui contraint [shemesim] à la fabrication de briques, car le peuple juif a été forcé au travail lorsque ces chefs de corvée lui ont été assignés.
״לְמַעַן עַנּוֹתוֹ בְּסִבְלוֹתָם״, [״עַנּוֹתָם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ]! לְמַעַן עַנּוֹתוֹ לְפַרְעֹה בְּסִבְלוֹתָם דְּיִשְׂרָאֵל.
Le verset continue : « Afin de l’affliger par leurs fardeaux » (Exode 1:11). La Guemara commente : Il aurait fallu dire : « Afin de les affliger, » au pluriel. En réalité, l’intention est, comme mentionné précédemment, afin d’affliger Pharaon, ce qui a pour résultat de causer les fardeaux du peuple juif.
״וַיִּבֶן עָרֵי מִסְכְּנוֹת לְפַרְעֹה״, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: שֶׁמְּסַכְּנוֹת אֶת בַּעְלֵיהֶן. וְחַד אָמַר: שֶׁמְּמַסְכְּנוֹת אֶת בַּעְלֵיהֶן, דְּאָמַר מָר: כׇּל הָעוֹסֵק בְּבִנְיָן מִתְמַסְכֵּן.
Le verset conclut : « Et ils construisirent pour Pharaon des villes-entrepôts [miskenot], Pitom et Ramsès » (Exode 1:11). Rav et Shmuel sont en désaccord quant à l’interprétation précise du mot miskenot. L’un dit qu’elles sont appelées ainsi parce qu’il s’agissait du type de structures qui mettent en danger [mesakenot] leurs propriétaires, car il est dangereux de travailler dans des villes avec de hauts bâtiments. Et l’un dit qu’elles sont appelées ainsi parce qu’il s’agit du type de propriété qui appauvrit [memaskenot] leurs propriétaires, comme le Maître l’a dit : Tous ceux qui se livrent à la construction deviennent pauvres.
״אֶת פִּיתוֹם וְאֶת רַעַמְסֵס״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: פִּיתוֹם שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ רַעַמְסֵס — שֶׁרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן מִתְרוֹסֵס. וְחַד אָמַר: רַעַמְסֵס שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ פִּיתוֹם — שֶׁרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן פִּי תְהוֹם בּוֹלְעוֹ.
Le verset déclare que les noms des villes qu’ils construisirent étaient « Pithom et Ramsès » (Exode 1:11). Rav et Shmuel sont en désaccord quant à l’interprétation précise de ce verset, supposant tous deux qu’une seule ville fut construite, laquelle avait un nom principal et un nom secondaire. L’un dit que Pithom était son véritable nom, et pourquoi l’appelait-on Ramsès ? C’est une appellation indiquant que, à mesure que les bâtiments étaient construits, ils s’effondraient [mitroses] un à un et devaient être reconstruits. Et l’un dit que Ramsès était son véritable nom, et pourquoi l’appelait-on Pithom ? Parce que l’ouverture de l’abîme [pi tehom] engloutissait chaque bâtiment qu’ils construisaient un à un, et il s’enfonçait dans le sol.
״וְכַאֲשֶׁר יְעַנּוּ אוֹתוֹ כֵּן יִרְבֶּה וְכֵן יִפְרוֹץ״. ״כֵּן רַבּוּ וְכֵן פָּרְצוּ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: רוּחַ הַקֹּדֶשׁ מְבַשַּׂרְתָּן: ״כֵּן יִרְבֶּה וְכֵן יִפְרוֹץ״. ״וַיָּקֻצוּ מִפְּנֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, מְלַמֵּד שֶׁהָיוּ דּוֹמִין בְּעֵינֵיהֶם כְּקוֹצִים.
Le verset suivant déclare : « Mais plus on l’affligeait, plus il se multipliait et plus il se répandait » (Exode 1:12). La Guemara commente : Il aurait dû être dit : Plus ils se multipliaient et plus ils se répandaient, au passé. Reish Lakish dit : L’inspiration divine proclama aux Égyptiens : Tant que cette nation sera affligée, plus il se multipliera et plus il se répandra. Comme le verset l’énonce : « Et ils furent dégoûtés [vayyakutzu] à cause des enfants d’Israël. » La Guemara explique : Cela enseigne que le peuple juif leur apparaissait comme des épines [kotzim].
״וַיַּעֲבִדוּ מִצְרַיִם אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל
Le verset suivant dit : « Et les Égyptiens firent travailler les enfants d’Israël »

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