הָא גָּמְרִינַן רֹאשׁ חֹדֶשׁ מִדְּיוֹם הַכִּפּוּרִים וְלָא פָּרְכִינַן; הָתָם – כַּפָּרָה מִיכְתָּב כְּתִיבָא, גַּלּוֹיֵי מִילְּתָא בְּעָלְמָא הוּא; אֲבָל הָכָא – אִיכָּא לְמֵימַר כּוּלַּהּ מִילְּתָא לָא גָּמְרִינַן!
Ne déduisons-nous pas l’expiation du bouc de la Nouvelle Lune au moyen d’une comparaison avec le bouc de Yom Kippour, et ne l’avons-nous pas réfutée en disant que l’expiation du bouc de Yom Kippour est plus étendue ? Cela n’est pas pertinent : Là-bas, en ce qui concerne le bouc de la Nouvelle Lune, le fait fondamental qu’il procure une expiation est écrit dans le verset, comme Rav Yehouda l’explique ci-dessus, et la comparaison avec le bouc de Yom Kippour ne fait que révéler une chose, c’est-à-dire qu’elle enseigne de quelle manière son expiation est limitée. Mais ici, en ce qui concerne les boucs des Fêtes, le verset ne mentionne aucun détail au sujet de l’expiation, il est donc valable de dire que nous ne déduisons pas toute la question de la comparaison avec le bouc de Yom Kippour, puisqu’il procure une expiation plus étendue.
אֶלָּא כִּדְאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: ״שְׂעִיר״–״וּשְׂעִיר״; הָכָא נָמֵי ״שְׂעִיר״–״וּשְׂעִיר״, וְאִיתַּקּוּשׁ שְׂעִירֵי רְגָלִים לִשְׂעִירֵי רָאשֵׁי חֳדָשִׁים; מַה שְׂעִירֵי רָאשֵׁי חֳדָשִׁים אֵינָן מְכַפְּרִין אֶלָּא עַל שֶׁאֵין בָּהּ יְדִיעָה לֹא בַּתְּחִלָּה וְלֹא בַּסּוֹף, אַף שְׂעִירֵי הָרְגָלִים אֵינָן מְכַפְּרִין אֶלָּא עַל שֶׁאֵין בָּהּ יְדִיעָה לֹא בַּתְּחִלָּה וְלֹא בַּסּוֹף.
Au contraire, l’expiation des boucs des Fêtes est déduite exactement comme le dit Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, en expliquant l’opinion de Rabbi Meir (10a) : La chose est déduite du fait que, concernant le bouc des Fêtes (voir Nombres, chapitres 28–29), les versets qui mentionnent le bouc auraient pu simplement dire : Un bouc, mais au lieu de cela ils disent : « Et un bouc. » Ici aussi, le fait que le verset aurait pu simplement dire : Un bouc, mais qu’au lieu de cela il dit : « Et un bouc, » indique que les boucs des Fêtes sont juxtaposés au bouc de la Nouvelle Lune, qui est mentionné au début de ce passage, et enseigne qu’ils accomplissent tous une expiation similaire. De même que les boucs de la Nouvelle Lune n’expient que pour les cas où l’on n’avait conscience ni au début ni à la fin, de même les boucs des Fêtes n’expient que pour les cas où l’on n’avait conscience ni au début ni à la fin.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: כִּי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה עַל שֶׁאֵין בָּהּ יְדִיעָה לֹא בַּתְּחִלָּה וְלֹא בַּסּוֹף – הָנֵי מִילֵּי בְּחֵטְא שֶׁאֵין סוֹפוֹ לִיוָּדַע, אֲבָל חֵטְא שֶׁסּוֹפוֹ לִיוָּדַע – כְּמִי שֶׁיֵּשׁ יְדִיעָה בַּסּוֹף דָּמֵי, וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ וְיוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר; אוֹ דִלְמָא אֲפִילּוּ חֵטְא שֶׁסּוֹפוֹ לִיוָּדַע – הַשְׁתָּא מִיהָא, חֵטְא שֶׁאֵין מַכִּיר בּוֹ אֶלָּא ה׳ קָרֵינָא בֵּיהּ?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Lorsque Rabbi Yehuda dit que les boucs des Néoménies et des Fêtes expient pour les cas dans lesquels une personne n’avait conscience ni au début ni à la fin, cette affirmation s’applique-t-elle seulement à une faute qui ne deviendra jamais connue par la suite, par exemple lorsqu’il n’y avait personne présent au moment où la personne est devenue rituellement impure, mais en ce qui concerne une faute qui finira par être connue, est-elle considérée comme le cas de quelqu’un qui a conscience de sa faute à la fin, et par conséquent seul le bouc dont l’aspersion du sang est effectuée à l’extérieur du Sanctuaire et Yom Kippour lui-même expient pour elle ? Ou peut-être, même en ce qui concerne une faute qui finira par être connue, du moins pour l’instant, avant qu’elle ne devienne connue, puis-je l’appeler une faute dont Dieu seul a connaissance, et par conséquent les boucs des Néoménies et des Fêtes expient pour elle.
תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: עַל שֶׁאֵין בָּהּ יְדִיעָה לֹא בַּתְּחִלָּה וְלֹא בַּסּוֹף, וְחֵטְא שֶׁסּוֹפוֹ לִיוָּדַע – שְׂעִירֵי הָרְגָלִים וּשְׂעִירֵי רָאשֵׁי חֳדָשִׁים מְכַפְּרִים. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara conclut : Viens et écoute une résolution de ce dilemme, comme cela est enseigné dans une baraita : Pour un cas dans lequel quelqu’un n’avait pas conscience, ni au début ni à la fin, et c’est un péché qui finira par devenir connu, les boucs des Fêtes et les boucs des Nouvelles Lunes expient. C’est l’opinion de Rabbi Yehuda.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שְׂעִירֵי הָרְגָלִים מְכַפְּרִין, אֲבָל לֹא שְׂעִירֵי רָאשֵׁי חֳדָשִׁים וְכוּ׳.
§ La michna enseigne : Rabbi Shimon dit : Les boucs des Fêtes expient un cas dans lequel une personne n’a jamais eu conscience de sa transgression, mais les boucs des Nouvelles Lunes n’expient pas. Au contraire, ces derniers expient pour une personne rituellement pure qui, sans le savoir, a consommé de la nourriture sacrificielle rituellement impure.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן? אָמַר קְרָא: ״וְאֹתָהּ נָתַן לָכֶם לָשֵׂאת אֶת עֲוֹן הָעֵדָה״, וְהַאי קְרָא בְּשָׂעִיר דְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ כְּתִיב; וְיָלֵיף ״עָוֹן״–״עָוֹן״ מִצִּיץ – נֶאֱמַר כָּאן ״עֲוֹן״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עֲוֹן״; מָה לְהַלָּן טוּמְאַת בָּשָׂר, אַף כָּאן טוּמְאַת בָּשָׂר.
La Guemara développe : Rabbi Elazar dit que Rabbi Oshaya dit : Quel est le raisonnement de Rabbi Shimon ? Le verset déclare : « Et Il vous l’a donnée pour porter le péché de l’assemblée » (Lévitique 10:17), et ce verset est écrit au sujet du bouc de la Nouvelle Lune. Et sa capacité d’expiation est dérivée de la plaque frontale au moyen d’une analogie verbale entre les mots « péché » dans ce verset et le mot « péché » énoncé au sujet de la plaque frontale. Le verset là-bas déclare : « Et cela sera sur le front d’Aaron, et Aaron portera le péché des offrandes sacrées » (Exode 28:38). L’analogie verbale enseigne ce qui suit : Il est dit ici, au sujet du bouc de la Nouvelle Lune : « Péché », et il est dit là-bas, au sujet de la plaque frontale : « Péché ». De même que là-bas, dans le verset de l’Exode, l’expiation concerne un péché impliquant l’impureté rituelle de la viande sacrificielle, c’est-à-dire lorsque cette viande est placée sur l’autel, de même ici, dans le verset du Lévitique, l’expiation concerne un péché impliquant l’impureté rituelle de la viande sacrificielle, c’est-à-dire lorsqu’une personne rituellement pure en consomme.
אִי מָה לְהַלָּן עוֹלִין, אַף כָּאן עוֹלִין?! ״עֲוֹן הָעֵדָה״ כְּתִיב.
La Guemara demande : Si les deux cas doivent être comparés, alors on pourrait pousser la comparaison plus loin : De même que là-bas, dans le verset de l’Exode, l’expiation ne concerne que la viande qui monte sur l’autel, de même ici, dans le verset du Lévitique, l’expiation ne concerne que la viande qui monte sur l’autel. La Guemara rejette cette suggestion : Il est écrit au sujet du bouc de la nouvelle lune : « Pour porter le péché de la communauté. » Cela indique qu’il expie le péché personnel de consommer de la viande sacrificielle qui devait être mangée par un individu et qui est devenue rituellement impure.
מִכְּדֵי מִיגְמָר גָּמְרִי מֵהֲדָדֵי; נְכַפַּר דְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אַדִּידֵיהּ וְאַדְּצִיץ – נָפְקָא מִינַּהּ לְהֵיכָא דְּנִשְׁבַּר הַצִּיץ! אָמַר קְרָא: ״עֲוֹן״ – עָוֹן אֶחָד הוּא נוֹשֵׂא, וְאֵין נוֹשֵׂא שְׁנֵי עֲוֹנוֹת.
La Guemara suggère : À présent, l’expiation des boucs de la Nouvelle Lune et celle de la plaque frontale sont dérivées l’une de l’autre par une analogie verbale. Si tel est le cas, que le bouc de la Nouvelle Lune expie pour lui-même, c’est-à-dire pour les cas qu’il expie normalement, et pour ce que la plaque frontale expie normalement, et la différence pratique sera dans un cas où la plaque frontale était brisée. La Guemara répond : Le verset déclare au sujet du bouc de la Nouvelle Lune : « Porter le péché de la congrégation », ce qui indique qu’il porte, c’est-à-dire expie, seulement un seul péché, mais il ne porte pas deux péchés.
וּנְכַפַּר צִיץ אַדִּידֵיהּ וְאַדְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ – נָפְקָא מִינַּהּ לְטוּמְאָה דְּאֵירְעָה בֵּין זֶה לְזֶה! אָמַר קְרָא: ״אוֹתָהּ״ – אוֹתָהּ נוֹשֵׂא עָוֹן, וְאֵין אַחֶרֶת נוֹשֵׂא עָוֹן.
La Guemara suggère : Mais que le pectoral expie pour lui-même, c’est-à-dire pour les cas pour lesquels il expie normalement, et pour ce que les boucs de la Nouvelle Lune expient normalement, et la différence pratique sera dans un cas de souillure du Temple ou de ses aliments sacrificiels survenue entre l’offrande du bouc de cette Nouvelle Lune et celle de la Nouvelle Lune suivante. La Guemara répond : Le verset dit au sujet du bouc de la Nouvelle Lune : « Et Il vous a donné cela pour porter le péché de la communauté », ce qui indique que lui porte, c’est-à-dire expie, ce péché, mais un autre ne porte pas ce péché.
רַב אָשֵׁי אָמַר: כְּתִיב הָכָא ״עֲוֹן הָעֵדָה״ – עֵדָה וְלֹא קָדָשִׁים, וְהָתָם כְּתִיב ״עֲוֹן הַקֳּדָשִׁים״ – קָדָשִׁים וְלֹא עֵדָה.
Rav Ashi énonce une autre preuve de l’opinion selon laquelle chacun expie dans un cas différent : Il est dit ici au sujet du bouc de la Nouvelle Lune : « Le péché de la communauté, » ce qui indique qu’il expie pour le péché de la communauté, mais non pour le péché impliquant des offrandes sacrées. Et là-bas, au sujet de la plaque frontale, il est écrit : « Le péché des offrandes sacrées, » ce qui indique qu’elle expie pour le péché impliquant des offrandes sacrées, mais non pour le péché de la communauté.
אַשְׁכְּחַן שְׂעִירֵי רָאשֵׁי חֳדָשִׁים דִּמְכַפְּרִי עַל טָהוֹר שֶׁאָכַל אֶת הַטָּמֵא; שְׂעִירֵי רְגָלִים דִּמְכַפְּרִי עַל שֶׁאֵין בָּהּ יְדִיעָה לֹא בַּתְּחִלָּה וְלֹא בַּסּוֹף – מְנָלַן?
La Guemara dit : Nous avons trouvé une source pour l’opinion de Rabbi Shimon au sujet des boucs des Nouvelles Lunes, selon laquelle ils expient pour une personne rituellement pure qui a consommé une nourriture sacrificielle rituellement impure. D’où déduisons-nous son opinion au sujet des boucs des Fêtes, selon laquelle ils expient pour des cas de souillure du Temple ou de ses aliments sacrificiels dans lesquels une personne n’avait pas conscience, ni au début ni à la fin ?
כִּדְאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: ״שְׂעִיר״–״וּשְׂעִיר״, הָכָא נָמֵי ״שְׂעִיר״–״וּשְׂעִיר״,
La Guemara répond : Cela est déduit précisément comme le dit Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, en expliquant l’opinion de Rabbi Meir (10a) : Le fait que, concernant le bouc des Fêtes, les versets qui mentionnent les boucs auraient pu simplement dire : Un bouc, mais qu’au lieu de cela ils disent : « Et un bouc », enseigne que les boucs des Fêtes procurent une expiation semblable à celle du bouc de la Nouvelle Lune mentionné au début de ce passage. Ici aussi, le fait que le verset aurait pu simplement dire : Un bouc, mais qu’au lieu de cela il dit : « Et un bouc », enseigne que les boucs des Fêtes procurent une expiation semblable à celle du bouc de la Nouvelle Lune, qui est mentionné au début de ce passage.