הַאי מַאי? בִּשְׁלָמָא בְּלָא סִיד הֵיכָל, קְרוּם בֵּיצָה לָא קַשְׁיָא – דְּאַף עַל גַּב דִּקְרוּם בֵּיצָה מִתַּתַּאי דִּשְׂאֵת, רַחֲמָנָא אָמַר ״וְלַשְׂאֵת וְלַסַּפַּחַת״ – סַפַּחַת טְפֵילָה לַשְּׂאֵת, אַף עַל גַּב דְּמִנַּחֲתָא מִינַּיהּ טוּבָא. אֶלָּא סִיד הֵיכָל – קַשְׁיָא, אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
La Guemara répond : Quelle est cette comparaison ? Certes, tout irait bien n’était-ce la difficulté concernant une marque de la couleur de la chaux de l’enduit des murs du Sanctuaire, car la difficulté soulevée au sujet d’une marque de couleur de membrane d’œuf n’est pas difficile. Car bien que la teinte de membrane d’œuf soit à deux degrés au-dessous de celle d’une se’et, le Miséricordieux déclare : « Et pour une se’et et pour une sappaḥat » (Lévitique 14:56), ce qui indique qu’une sappaḥat est secondaire à une se’et et peut se combiner avec elle même si une sappaḥat est d’un degré de blancheur bien inférieur au sien. Rabbi Akiva soutient que les deux teintes supplémentaires non mentionnées explicitement dans la Torah sont dérivées du mot : Sappaḥat, et ainsi toutes deux peuvent se combiner avec une se’et. Mais la difficulté soulevée au sujet d’une marque de la couleur de la chaux de l’enduit des murs du Sanctuaire est effectivement difficile. Il est donc clair que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva.
וְהֵיכָא שָׁמְעִינַן לְרַבִּי עֲקִיבָא זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ?
§ La Guemara développe l’opinion de Rabbi Akiva : Et d’où avons-nous appris que, selon Rabbi Akiva, les différentes nuances doivent être ordonnées celle-ci au-dessus de celle-là, c’est-à-dire selon leurs degrés de luminosité, et que seules deux nuances adjacentes peuvent se combiner ?
אִילֵּימָא מֵהָא – דְּתַנְיָא: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי, שָׁאַל יְהוֹשֻׁעַ בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא מֵרַבִּי עֲקִיבָא: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ מַרְאוֹת נְגָעִים שְׁנַיִם שֶׁהֵן אַרְבָּעָה? אָמַר לוֹ: וְאִם לָאו, מָה יֹאמְרוּ? יֹאמְרוּ מִקְּרוּם בֵּיצָה וּלְמַעְלָה טָמֵא!
Si nous disons que nous avons appris cela de ce qui est enseigné dans la baraita suivante, cela pose une difficulté. La baraita enseigne : Rabbi Yossei a dit que Yehoshua, fils de Rabbi Akiva, a demandé à Rabbi Akiva : Pour quelle raison les Sages ont-ils dit que les différentes nuances de marques lépreuses sont deux types qui font quatre, puis ont précisé leurs noms ? Rabbi Akiva lui a dit : Mais sinon, que d’autre auraient-ils pu dire ? Rabbi Yehoshua lui répondit : Qu’ils disent que toute marque d’un degré de blancheur à partir de celui de la membrane d’un œuf et au-dessus est rituellement impure.
אָמַר לוֹ: לוֹמַר שֶׁמִּצְטָרְפִים זֶה עִם זֶה. אָמַר לוֹ, וְיֹאמְרוּ: ״מִקְּרוּם בֵּיצָה וּלְמַעְלָה טָמֵא, וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה״! אָמַר לוֹ: לוֹמַר לָךְ, כׇּל כֹּהֵן שֶׁאֵינוֹ בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן, אֵינוֹ רוֹאֶה אֶת הַנְּגָעִים.
Rabbi Akiva lui dit : Ils ont précisé les quatre différentes nuances dans l’ordre pour dire qu’elles se combinent les unes avec les autres dans cet ordre, c’est-à-dire chacune avec la nuance qui lui est adjacente. Rabbi Yehoshua lui dit : Si c’est le cas, qu’ils disent simplement : Toute marque d’un degré de blancheur à partir de celui d’une membrane d’œuf et au-dessus est rituellement impure, et elles se combinent les unes avec les autres. Rabbi Akiva lui dit : Ils ont précisé leurs noms dans l’ordre pour te dire : tout prêtre qui n’est pas expert dans la distinction entre elles et dans l’identification de leurs noms n’est pas autorisé à inspecter les marques de lèpre et à rendre une décision à leur sujet.
וְאִילּוּ ״מִסִּיד הֵיכָל וּלְמַעְלָה״ – לָא קָאָמַר;
La Guemara explique la difficulté : Rabbi Yehoshua a suggéré que, selon l’opinion de Rabbi Akiva, il devrait suffire de dire que toute marque d’un degré de blancheur allant de celui de la membrane d’un œuf et au-dessus est impure, mais il n’a pas dit qu’il faudrait aussi ajouter : Et toute marque d’un degré de blancheur à partir de celui de l’enduit de chaux du Sanctuaire et au-dessus est impure. Si Rabbi Akiva accepte la catégorisation de la michna, alors il serait nécessaire d’énoncer séparément chaque catégorie de marques, dans une formulation double, afin d’indiquer que seules les nuances classées ensemble peuvent se combiner.
מִדְּלָא אֲמַר לֵיהּ, שְׁמַע מִינַּהּ דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר: כּוּלְּהוּ לְבַהֲדֵי שְׂאֵת מִצְטָרְפִין.
La Guemara suggère : Concluez du fait qu’il n’a pas dit cela à Rabbi Akiva que Rabbi Yehoshua a entendu au sujet de Rabbi Akiva qu’il dit : Toutes les différentes nuances se combinent avec un se’et. En conséquence, une baheret blanche comme la neige et une marque couleur chaux se combineront chacune avec un se’et, car elles lui sont adjacentes lorsqu’elles sont énumérées selon leurs degrés de luminosité. Une marque couleur membrane d’œuf se combinera également avec un se’et, car elle est dérivée du mot : Sappaḥat, et la Torah indique qu’une sappaḥat est secondaire à un se’et.
וְדִלְמָא ״שְׂאֵת וְתוֹלַדְתָּהּ״, ״בַּהֶרֶת וְתוֹלַדְתָּהּ״?
La Guemara rejette cette preuve : Mais peut-être que Rabbi Akiva soutient effectivement que les seules combinaisons possibles sont se’et et sa marque secondaire, c’est-à-dire une marque de la couleur de la membrane d’un œuf ; et baheret et sa marque secondaire, c’est-à-dire une marque de la couleur de la chaux. Et peut-être que Rabbi Yehoshua a effectivement proposé que les Sages utilisent une formulation double, mais la baraita ne cite que la première moitié de sa proposition.
אֶלָּא מִדְּרַבִּי חֲנִינָא – דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מָשָׁל דְּרַבִּי עֲקִיבָא לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאַרְבָּעָה כּוֹסוֹת שֶׁל חָלָב, אֶחָד נָפְלוּ לְתוֹכוֹ שְׁתֵּי טִיפִּין שֶׁל דָּם, וְאֶחָד נָפְלוּ לְתוֹכוֹ אַרְבַּע טִיפִּין שֶׁל דָּם, וְאֶחָד נָפְלוּ לְתוֹכוֹ שְׁמוֹנֶה, וְאֶחָד נָפְלוּ לְתוֹכוֹ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה טִיפִּין – וְאָמְרִי לַהּ: שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה טִיפִּין – שֶׁכּוּלָּן מַרְאוֹת לוֹבֶן הֵן, אֶלָּא שֶׁזֶּה לְמַעְלָה מִזֶּה וְזֶה לְמַעְלָה מִזֶּה.
Au contraire, l’opinion de Rabbi Akiva peut être déduite de ce que Rabbi Ḥanina dit, car Rabbi Ḥanina dit : Ce qui suit est une analogie pour illustrer l’opinion de Rabbi Akiva : À quoi cette affaire est-elle comparable ? Elle est comparable à quatre coupes de lait, et deux gouttes de sang tombèrent dans l’une d’entre elles, et quatre gouttes de sang tombèrent dans une autre coupe d’entre elles, et huit gouttes de sang tombèrent dans une autre coupe, et douze gouttes de sang tombèrent dans la dernière coupe. Et certains disent que seize gouttes tombèrent dans la dernière coupe. C’est une analogie appropriée, car le lait dans toutes les coupes a encore une nuance semblable de blanc, mais les coupes peuvent être ordonnées selon leurs degrés de luminosité, car celle-ci est au-dessus de celle-ci, et celle-là est au-dessus de celle-là. L’analogie de Rabbi Ḥanina semblerait présenter l’opinion de Rabbi Akiva de la même manière qu’elle a été citée plus tôt.
אֵימוֹר דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא – בְּפָתוּךְ; בְּחָלוּק מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ?
La Guemara rejette cela. La Torah déclare qu’une « affection blanchâtre-rougeâtre » (Lévitique 13:42), et non seulement une blanche immaculée, rend une personne rituellement impure. Par conséquent, la Guemara suggère : Dis que tu as entendu Rabbi Akiva exprimer cette opinion au sujet de la combinaison de différentes nuances d’une marque qui est mélangée [befatukh] avec du rouge, ce qui est le cas le plus semblable à l’analogie proposée par Rabbi Ḥanina, mais au sujet de différentes nuances de blanc immaculé, as-tu entendu Rabbi Akiva exprimer cette opinion ?
וְכִי תֵּימָא כִּי הֵיכִי דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ בְּפָתוּךְ, הָכִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ בְּחָלוּק; וּבְפָתוּךְ גּוּפֵיהּ מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ? וְהָתַנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֲדַמְדַּם שֶׁבָּזֶה וְשֶׁבָּזֶה כְּיַיִן הַמָּזוּג בְּמַיִם; אֶלָּא שֶׁל בַּהֶרֶת עַזָּה כַּשֶּׁלֶג, וְשֶׁל סִיד דֵּיהָה הֵימֶנָּה.
Et si tu disais que, de même que tu as entendu Rabbi Akiva exprimer cette opinion au sujet d’une marque mélangée à du rouge, de même aussi, par extension logique, tu as effectivement entendu Rabbi Akiva exprimer cette opinion au sujet de différentes nuances de blanc sans défaut, car quelle raison possible y aurait-il de les distinguer, cela est difficile. Et cette suggestion pose problème, car dans le cas d’une marque mélangée rougeâtre-blanche elle-même, l’as-tu jamais entendu exprimer cette opinion ? Mais n’est-il pas enseigné autrement dans une michna (Nega’im 1:2) : En ce qui concerne les diverses nuances de blanc mêlées de rouge, Rabbi Akiva dit que la variation rougeâtre de celle-ci, c’est-à-dire d’une baheret, et de celle-là, c’est-à-dire d’une marque couleur chaux, sont comme du vin dilué dans de l’eau, sauf pour la distinction suivante : la variation rougeâtre d’une baheret est encore un blanc intense, comme la neige, bien qu’avec une légère nuance rosée, mais la variation rougeâtre de la chaux est plus foncée qu’elle.