דִּתְנַן: הַמּוֹצִיא מֵרְשׁוּת לִרְשׁוּת חַיָּיב. מִי לָא עָסְקִינַן דְּקָא מְעַיֵּיל עַיּוֹלֵי – וְקָא קָרֵי לֵיהּ ״הוֹצָאָה״?
C’est comme nous l’avons appris dans une michna (Shabbat 73a) : Celui qui sort un objet d’un domaine vers un autre domaine est passible. La Guemara affirme : Ne sommes-nous pas aussi en train de traiter d’un cas où il le fait entrer à l’intérieur d’un domaine public vers un domaine privé, et néanmoins la michna désigne cela comme faire sortir ?
וְדִלְמָא קָא מַפֵּיק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים? אִם כֵּן, נִיתְנֵי ״הַמּוֹצִיא מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים״; מַאי ״מֵרְשׁוּת לִרְשׁוּת״? דַּאֲפִילּוּ מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לִרְשׁוּת הַיָּחִיד,
La Guemara remet en question cette affirmation : Mais peut-être que la michna traite d’un cas où l’on transporte un objet d’un domaine privé vers un domaine public. La Guemara défend son affirmation : Si tel était le cas, qu’elle enseigne plutôt : Celui qui transporte un objet d’un domaine privé vers un domaine public est passible. Quelle est la raison pour laquelle elle a employé la formulation plus générale : D’un domaine à un autre domaine ? Pour enseigner que l’on est passible même si l’on transfère un objet d’un domaine public vers un domaine privé.
וְקָא קָרֵי לַהּ ״הוֹצָאָה״. וְטַעְמָא מַאי? תַּנָּא, כׇּל עֲקִירַת חֵפֶץ מִמְּקוֹמוֹ – ״הוֹצָאָה״ קָרֵי לַהּ.
La Guemara explique en outre : Bien que la michna traite du fait de faire entrer un objet d’un domaine public dans un domaine privé, elle appelle cela faire sortir. La Guemara explique : Quelle en est la raison ? Le tanna appelle tout acte impliquant le retrait d’un objet de son endroit faire sortir. En conséquence, ce terme peut être employé à juste titre même lorsqu’un objet est introduit dans un domaine privé depuis un domaine public.
אָמַר רָבִינָא: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: ״יְצִיאוֹת שַׁבָּת שְׁתַּיִם שֶׁהֵן אַרְבַּע בִּפְנִים וּשְׁתַּיִם שֶׁהֵן אַרְבַּע בַּחוּץ״, וְקָא מְפָרֵשׁ הַכְנָסָה. שְׁמַע מִינַּהּ.
Ravina dit : Le langage de la michna dans le traité Shabbat est également précis pour indiquer cela, comme elle l’enseigne : En ce qui concerne les actes de sortie [yetziyyot] qui sont interdits le Shabbat, il y a principalement deux actions de base qui font quatre cas du point de vue d’une personne à l’intérieur d’un domaine privé, et deux actions de base qui font quatre cas du point de vue d’une personne à l’extérieur, dans un domaine public. Et ensuite, immédiatement, dans la suite de cette michna, elle explicite les cas d’introduction d’un objet. Concluez-en que le terme : sortie, est aussi utilisé pour désigner l’introduction d’un objet.
רָבָא אָמַר: רְשׁוּיוֹת קָתָנֵי – רְשׁוּיוֹת שַׁבָּת שְׁתַּיִם.
Rava dit : On ne peut tirer aucune inférence du langage de la michna, car elle ne se réfère pas à des actes de transport vers l’extérieur. Au contraire, elle enseigne des domaines. En d’autres termes, cela signifie : En ce qui concerne les domaines du Chabbat, il y a deux types, dont l’existence conduit à quatre types de transferts interdits : deux concernant le fait de sortir et deux concernant le fait de faire entrer.
מַרְאוֹת נְגָעִים שְׁנַיִם שֶׁהֵן אַרְבָּעָה. תְּנַן הָתָם: מַרְאוֹת נְגָעִים – שְׁנַיִם שֶׁהֵן אַרְבָּעָה: בַּהֶרֶת – עַזָּה כַּשֶּׁלֶג, שְׁנִיָּה לָהּ – כְּסִיד הַהֵיכָל,
§ La michna enseigne : En ce qui concerne les différentes nuances de marques lépreuses, il y a deux types qui sont en réalité quatre. Nous avons appris dans une michna là-bas (Nega’im 1:1) : En ce qui concerne les différentes nuances de marques lépreuses, il y a deux types qui sont en réalité quatre : La baheret, mentionnée dans la Torah (voir Lévitique 13:2), est considérée comme une marque principale ; elle est d’un blanc éclatant, comme la neige. Secondaire par rapport à elle, c’est-à-dire une sous-catégorie de celle-ci, se trouve une marque blanche comme la chaux de l’enduit des murs du Sanctuaire.
שְׂאֵת – כְּצֶמֶר לָבָן, שְׁנִיָּה לָהּ – כִּקְרוּם בֵּיצָה.
Cette michna continue : La se’et mentionnée dans la Torah est considérée comme une marque principale ; elle est comme de la laine blanche. Secondaire par rapport à elle est une marque blanche comme la membrane d’un œuf. L’ordre des différentes nuances est pertinent pour déterminer quelles nuances peuvent être combinées entre elles. Pour qu’une marque lépreuse ait une signification halakhique, elle doit avoir au moins la taille d’un haricot cilicien fendu [geris]. Si une marque a cette taille, mais qu’elle est composée de différentes nuances de blanc, dont aucune n’a à elle seule la taille d’un geris, alors, si les différentes nuances sont compatibles, elles peuvent se combiner et rendront ainsi la personne rituellement impure.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מַאן תַּנָּא מַרְאוֹת נְגָעִים? דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא. דְּאִי רַבִּי עֲקִיבָא, כֵּיוָן דְּאָמַר: זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ וְזוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ, אִם כֵּן טִיהַרְתָּ סִיד הֵיכָל מִלְּצָרֵף.
Rabbi Ḥanina a dit : Qui est le tanna qui a enseigné cette michna, qui délimite les différentes nuances de marques lépreuses en deux groupes ? Elle n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. Car si elle était conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, une difficulté surgirait : Puisque, en ce qui concerne les nuances qui peuvent se combiner entre elles, Rabbi Akiva dit : Les différentes nuances doivent être ordonnées celle-ci au-dessus de celle-là, et celle-là au-dessus de celle-ci, c’est-à-dire selon leurs degrés d’éclat, de la plus brillante à la plus sombre, comme suit : blanc comme la neige, c’est-à-dire baheret ; blanc comme la laine, c’est-à-dire se’et ; chaux ; et membrane d’œuf ; et seules deux nuances adjacentes peuvent se combiner entre elles. Mais si tel est le cas, tu as déclaré pur une marque blanche comme la chaux du Sanctuaire et plus petite qu’un geris, puisqu’elle ne peut pas se combiner avec une autre nuance de blanc.
בַּהֲדֵי מַאן לִיצָרְפֵיהּ? לִיצָרְפֵיהּ בַּהֲדֵי בַּהֶרֶת – אִיכָּא שְׂאֵת דַּעֲדִיפָא מִינֵּיהּ. לִיצָרְפֵיהּ בַּהֲדֵי שְׂאֵת – לָאו תּוֹלָדָה דִּידֵיהּ הוּא.
La Guemara explique : Avec quelle autre nuance pourrions-nous combiner la marque couleur chaux ? Nous ne pouvons pas dire : Combinons-la avec une baheret blanche comme la neige, qui est la marque principale par rapport à une marque couleur chaux, car il y a une se’et blanche comme la laine, qui est plus blanche et éclatante qu’une marque couleur chaux, mais moins éclatante que le blanc de la neige. Puisque la baheret n’est pas adjacente à la chaux, elle ne peut pas se combiner avec elle. Nous ne pouvons pas dire : Combinons-la avec une se’et, car une marque couleur chaux n’est pas sa marque secondaire, et une marque principale ne peut se combiner qu’avec sa marque secondaire. Cela est difficile, car la catégorisation par la michna d’une marque couleur chaux comme marque secondaire indique qu’elle peut être combinée avec une autre nuance de blanc. Force est donc de conclure que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva.
אִי הָכִי, קְרוּם בֵּיצָה נָמֵי – בַּהֲדֵי מַאן לִיצָרְפֵיהּ? לִיצָרְפֵיהּ בַּהֲדֵי שְׂאֵת – אִיכָּא סִיד דַּעֲדִיף מִינֵּיהּ, לִיצָרְפֵיהּ בַּהֲדֵי סִיד – לָאו בַּר מִינֵיהּ הוּא!
La Guemara demande : Si tel est le cas, que Rabbi Akiva soutient que seules des nuances adjacentes de blanc peuvent se combiner, pourquoi Rabbi Ḥanina n’a-t-il pas aussi apporté une preuve à partir d’une marque blanche comme la membrane d’un œuf, car avec quelle autre nuance pourrions-nous la combiner ? Nous ne pouvons pas dire : Combinons-la avec une se’et blanche comme la laine, qui est la marque principale par rapport à une marque de la couleur de la membrane d’un œuf, car il existe une marque de couleur chaux, qui est un blanc plus éclatant que une marque de la couleur de la membrane d’un œuf, mais moins éclatant que le blanc de la laine. Puisque la se’et n’est pas adjacente à la membrane d’un œuf, elle ne peut pas se combiner avec elle. Nous ne pouvons pas dire non plus : Combinons-la avec une marque de couleur chaux, car elle n’est pas de son espèce, c’est-à-dire qu’elles ne relèvent pas de la même catégorie, et ne peuvent donc pas se combiner.