וּמִנַּיִן לַעֲשׂוֹת אָלָה שֶׁאֵין עִמָּהּ שְׁבוּעָה כְּאָלָה שֶׁיֵּשׁ עִמָּהּ שְׁבוּעָה, וּשְׁבוּעָה שֶׁאֵין עִמָּהּ אָלָה כִּשְׁבוּעָה שֶׁיֵּשׁ עִמָּהּ אָלָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְשָׁמְעָה קוֹל אָלָה״ – וְשָׁמְעָה אָלָה, וְשָׁמְעָה קוֹל.
Et d’où est-il dérivé qu’une ala dans laquelle le mot serment n’est pas écrit soit considérée comme une ala dans laquelle le mot serment est écrit, et qu’un serment dans lequel le mot ala n’est pas écrit soit considéré comme un serment dans lequel le mot ala est écrit ? Le verset déclare : « Et il entend la voix d’une ala » (Lévitique 5:1). L’expression « la voix d’une ala » est superflue, car il aurait suffi d’écrire : Et il entendit une ala. Cela est interprété comme s’il était écrit : Et il entendit une ala et il entendit une voix.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מִנַּיִן לְ״אָלָה״ שֶׁהִיא שְׁבוּעָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֵא אֹתוֹ בְּאָלָה וְגוֹ׳״; וּכְתִיב: ״וְגַם בַּמֶּלֶךְ נְבוּכַדְנֶצַּר מָרָד אֲשֶׁר הִשְׁבִּיעוֹ בֵּאלֹהִים״.
Rabbi Abbahu dit : D’où est-il dérivé au sujet de ala que c’est un serment ? Cela est dérivé comme il est dit : « Et il prit de la descendance royale…et l’amena dans une ala » (Ézéchiel 17:13) ; et il est dit au sujet de Sédécias, qui était de la descendance royale : « Et lui aussi se rebella contre Nabuchodonosor, qui lui avait fait prêter serment par Dieu » (II Chroniques 36:13). Cela indique que le ala est un serment.
תָּנָא: ״אָרוּר״ – בּוֹ נִידּוּי, בּוֹ קְלָלָה, בּוֹ שְׁבוּעָה.
§ La Guemara poursuit en définissant un terme connexe. Il a été enseigné au sujet du terme arur : il comporte un élément d’ostracisme, un élément de malédiction, et un élément de serment.
בּוֹ נִידּוּי – דִּכְתִיב: ״אוֹרוּ מֵרוֹז אָמַר מַלְאַךְ ה׳, אֹרוּ אָרוֹר יֹשְׁבֶיהָ״, וְאָמַר עוּלָּא: בְּאַרְבַּע מְאָה שִׁיפּוּרֵי שַׁמְּתֵיהּ בָּרָק לְמֵרוֹז.
La Guemara développe : Il y a là un élément d’ostracisme, comme il est écrit dans le cantique de Débora : « Maudissez [oru] Méroz, dit l’ange de Dieu ; maudits d’une malédiction [oru aror] sont ses habitants » (Juges 5:23). Et Oulla dit : Avec les sons de quatre cents shofarot, Barak a mis au ban la ville de Méroz, indiquant que le terme arur a la connotation d’ostracisme.
בּוֹ קְלָלָה – דִּכְתִיב: ״וְאֵלֶּה יַעַמְדוּ עַל הַקְּלָלָה״, וּכְתִיב: ״אָרוּר הָאִישׁ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה פֶסֶל וְגוֹ׳״.
Il y a un élément de malédiction en cela, comme il est écrit au sujet de la cérémonie au mont Garizim et au mont Ébal : « Et ceux-ci se tiendront pour la malédiction » (Deutéronome 27:13), et il est écrit : « Maudit [arur] soit l’homme qui façonne une image taillée, une abomination pour le Seigneur, ouvrage des mains de l’artisan, et la place en secret. Et tout le peuple répondra et dira : Amen » (Deutéronome 27:15).
בּוֹ שְׁבוּעָה – דִּכְתִיב: ״וַיַּשְׁבַּע יְהוֹשֻׁעַ בָּעֵת הַהִיא לֵאמֹר, אָרוּר הָאִישׁ לִפְנֵי ה׳ וְגוֹ׳״. וְדִלְמָא תַּרְתֵּי עֲבַד לְהוּ – אַשְׁבְּעִינְהוּ וְלַיְיטִינְהוֹ?
Il y a un élément de serment là-dedans, comme il est écrit : « Et Josué fit prêter serment à ce moment-là, en disant : Arur soit l’homme devant Dieu qui se lèvera et rebâtira cette ville, Jéricho » (Josué 6:26). La Guemara objecte : Mais peut-être Josué a-t-il accompli deux actions envers le peuple ; il leur a fait prêter serment et il les a maudits, et le terme arur se rapporte à la malédiction, et non au serment.
אֶלָּא מֵהָכָא: ״וְאִישׁ יִשְׂרָאֵל נִגַּשׂ בַּיּוֹם הַהוּא, וַיֹּאֶל שָׁאוּל אֶת הָעָם לֵאמֹר, אָרוּר הָאִישׁ אֲשֶׁר יֹאכַל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וִיהוֹנָתָן לֹא שָׁמַע בְּהַשְׁבִּיעַ אָבִיו אֶת הָעָם״. וְדִלְמָא הָכָא נָמֵי תַּרְתֵּי עֲבַד לְהוּ – אַשְׁבְּעִינְהוּ וְלַיְיטִינְהוֹ?
Au contraire, le fait qu’il y ait un élément de serment dans le terme arur est déduit d’ici : « Et les hommes d’Israël étaient accablés ce jour-là, et Saül imposa un serment [vayyoel] au peuple, en disant : Arur est l’homme qui mangera du pain jusqu’au soir, et je me vengerai de mes ennemis » (I Samuel 14:24). Et il est écrit : « Mais Jonathan n’entendit pas lorsque son père imposa le serment au peuple » (I Samuel 14:27). La Guemara objecte : Mais peut-être, ici aussi, Saül a-t-il accompli deux actions envers le peuple ; il leur imposa un serment et les maudit.
מִי כְּתִיב ״וְאָרוּר״?! הַשְׁתָּא דְּאָתֵית לְהָכִי, הָתָם נָמֵי לָא כְּתִיב ״וְאָרוּר״.
La Guemara répond : Est-il écrit dans ce contexte ve’arur, avec un préfixe conjonctif, ce qui indiquerait que arur est indépendant du serment qui a été administré ? Arur est écrit sans préfixe, ce qui indique qu’il constitue une partie intrinsèque du serment. La Guemara note : Maintenant que tu es parvenu à cette compréhension, là aussi, dans le contexte de Josué, ve’arur avec un préfixe conjonctif n’est pas écrit, ce qui indique que arur constitue une partie intrinsèque du serment.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: ״אָמֵן״ – בּוֹ שְׁבוּעָה, בּוֹ קַבָּלַת דְּבָרִים, בּוֹ הַאֲמָנַת דְּבָרִים.
§ Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, dit au sujet du terme amen : Il y a en lui un élément de serment, il y a en lui un élément d’acceptation de l’énoncé et d’accord en lui, et il y a en lui un élément de confirmation de l’énoncé, c’est-à-dire qu’il croit et prie pour que l’énoncé s’accomplisse, en lui.
בּוֹ שְׁבוּעָה – דִּכְתִיב: ״וְאָמְרָה הָאִשָּׁה אָמֵן אָמֵן״.
La Guemara développe : Il y a là un élément de serment, comme il est écrit : « Et le prêtre fera prêter serment à la femme…et la femme dira : Amen, amen” (Nombres 5:21–22). « Amen » est le serment que la femme accepte sur elle.
בּוֹ קַבָּלַת דְּבָרִים – דִּכְתִיב: ״אָרוּר אֲשֶׁר לֹא יָקִים אֶת דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת לַעֲשׂוֹת אוֹתָם, וְאָמַר כׇּל הָעָם אָמֵן״.
Il y a un élément de l’acceptation de l’énoncé qu’il contient, comme il est écrit : « Maudit soit celui qui ne confirmera pas les paroles de cette Torah pour les accomplir ; et tout le peuple dira : Amen » (Deutéronome 27:26), exprimant leur accord à accomplir toutes les paroles de la Torah.
בּוֹ הַאֲמָנַת דְּבָרִים – דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר יִרְמְיָה [הַנָּבִיא] (אֶל חֲנַנְיָהוּ), אָמֵן כֵּן יַעֲשֶׂה ה׳, יָקֵם ה׳ אֶת דְּבָרֶיךָ״.
Il y a un élément de confirmation de l’énoncé qu’il contient, comme il est écrit : « Et le prophète Jérémie dit : Amen, que le Seigneur fasse ainsi ; que le Seigneur confirme ta déclaration » (Jérémie 28:6).
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: ״לָאו״ – שְׁבוּעָה, ״הֵן״ – שְׁבוּעָה. בִּשְׁלָמָא ״לָאו״ שְׁבוּעָה – דִּכְתִיב: ״וְלֹא יִהְיֶה עוֹד הַמַּיִם לְמַבּוּל״, וּכְתִיב: ״כִּי מֵי נֹחַ זֹאת לִי אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי״. אֶלָּא ״הֵן״ שְׁבוּעָה – מְנָא לַן? סְבָרָא הוּא – מִדְּ״לָאו״ שְׁבוּעָה, ״הֵן״ נָמֵי שְׁבוּעָה.
§ Rabbi Elazar dit : Non, ou toute expression négative, peut être un serment, et oui, ou toute expression positive, peut être un serment. La Guemara note : Il est admis que non peut être un serment, puisqu’il est écrit : « Et les eaux ne deviendront plus un déluge » (Genèse 9:15). Et il est écrit au sujet de cet engagement négatif : « Car cela est pour Moi comme les eaux de Noé ; comme J’ai juré que les eaux de Noé ne passeraient plus sur la terre » (Isaïe 54:9). Mais d’où déduisons-nous que oui peut être un serment ? La Guemara répond : Cela repose sur un raisonnement logique ; du fait que non peut être un serment, oui aussi peut être un serment.
אָמַר רָבָא: וְהוּא דְּאָמַר ״לָאו״ ״לָאו״ תְּרֵי זִימְנֵי, וְהוּא דְּאָמַר ״הֵן״ ״הֵן״ תְּרֵי זִימְנֵי; דִּכְתִיב: ״וְלֹא יִכָּרֵת כׇּל בָּשָׂר עוֹד מִמֵּי הַמַּבּוּל״, ״וְלֹא יִהְיֶה עוֹד הַמַּיִם לְמַבּוּל״; וּמִדְּ״לָאו״ תְּרֵי זִימְנֵי, ״הֵן״ נָמֵי תְּרֵי זִימְנֵי.
Rava a dit : Et une expression négative est un serment uniquement dans un cas où l’on a dit non, non, en énonçant le terme deux fois, ou c’est dans un cas où l’on a dit oui, oui, en énonçant le terme deux fois, comme il est écrit : “Toute chair ne sera plus retranchée par les eaux du déluge” (Genèse 9:11), et il est de nouveau écrit : “Et les eaux ne deviendront plus un déluge” (Genèse 9:15). Et du fait que non n’est un serment que lorsqu’il est dit deux fois, oui aussi, n’est un serment que lorsqu’il est dit deux fois.
הַמְקַלֵּל בְּכוּלָּן – חַיָּיב, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.
§ La michna enseigne : Celui qui maudit Dieu en employant l’un de ces noms ou appellations de Dieu est passible d’exécution ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Et les Sages le considèrent exempt.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אִישׁ [אִישׁ] כִּי יְקַלֵּל אֱלֹהָיו וְנָשָׂא חֶטְאוֹ״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְנֹקֵב שֵׁם ה׳ מוֹת יוּמָת״! יָכוֹל לֹא יְהֵא חַיָּיב אֶלָּא עַל שֵׁם הַמְיוּחָד בִּלְבַד, מִנַּיִן לְרַבּוֹת אֶת הַכִּינּוּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִישׁ אִישׁ כִּי יְקַלֵּל אֱלֹהָיו וְגוֹ׳״ – מִכׇּל מָקוֹם. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַל שֵׁם מְיוּחָד בְּמִיתָה, וְעַל הַכִּינּוּיִין בְּאַזְהָרָה.
Les Sages ont enseigné qu’il est écrit : « Tout homme qui maudira son Dieu portera son péché » (Lévitique 24:15). Pourquoi le verset doit-il énoncer cela ? N’a-t-il pas déjà été dit : « Et celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort » (Lévitique 24:16) ? On aurait pu penser que l’on ne serait passible que pour avoir maudit le nom ineffable de Dieu seulement. D’où est-il dérivé d’inclure la responsabilité aussi pour celui qui maudit les appellations de Dieu ? Cela est dérivé, comme le verset l’énonce : « Tout homme qui maudira son Dieu, » indiquant que l’on est passible dans tous les cas, même pour avoir maudit une appellation. Telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Les Sages disent : Pour avoir maudit le nom ineffable de Dieu, on est passible d’être exécuté par une peine de mort infligée par le tribunal, comme cela est explicitement énoncé dans le verset. Et pour avoir maudit l’une des appellations de Dieu, on est passible de violer une interdiction, mais on n’est pas passible d’exécution.
וְהַמְקַלֵּל אָבִיו וְאִמּוֹ וְכוּ׳. מַאן חֲכָמִים?
La michna enseigne : Et celui qui maudit son père et sa mère en employant l’un de ces noms ou appellations de Dieu est passible d’exécution ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Et les Sages l’en exemptent. La Guemara demande : Qui sont les Sages dont l’opinion est citée ici ?
רַבִּי מְנַחֵם בַּר יוֹסֵי. דְּתַנְיָא: רַבִּי מְנַחֵם בַּר יוֹסֵי אוֹמֵר: ״בְּנׇקְבוֹ שֵׁם יוּמָת״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״שֵׁם״? לִימֵּד עַל הַמְקַלֵּל אָבִיו וְאִמּוֹ, שֶׁאֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיְּקַלְּלֵם בַּשֵּׁם.
La Guemara répond : Il s’agit de Rabbi Menaḥem bar Yosei, comme cela a été enseigné dans une baraita où Rabbi Menaḥem bar Yosei dit : Il est dit au sujet de celui qui blasphème Dieu : « Lorsqu’il blasphème un nom, il sera mis à mort » (Lévitique 24:16). Pourquoi le verset dit-il « un nom », alors qu’il est dit au début du verset : « Et celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort » ? Ce mot supplémentaire, « nom », enseigne au sujet de celui qui maudit son père ou sa mère qu’il n’est pas passible d’être exécuté par lapidation jusqu’à ce qu’il les maudisse au nom de Dieu.
וְהַמְקַלֵּל עַצְמוֹ וַחֲבֵירוֹ כּוּ׳. אָמַר רַבִּי יַנַּאי: וְדִבְרֵי הַכֹּל.
La michna enseigne : Celui qui se maudit lui-même ou maudit autrui en employant l’un de ces noms ou appellations de Dieu transgresse une interdiction. Rabbi Yannai dit : Et tous sont d’accord pour dire que telle est la halakha. Même les Sages, qui soutiennent que celui qui blasphème Dieu ou maudit ses parents n’est passible de sanction que s’il emploie le Tétragramme, conviennent ici que l’on est passible de flagellation lorsqu’on maudit en employant une appellation.
עַצְמוֹ – דִּכְתִיב: ״רַק הִשָּׁמֶר לְךָ וּשְׁמֹר נַפְשְׁךָ מְאֹד״ – כִּדְרַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי אִילְעָא, דְּאָמַר: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״הִשָּׁמֶר״, ״פֶּן״ וְ״אַל״ – אֵינוֹ אֶלָּא לֹא תַעֲשֶׂה. וַחֲבֵירוֹ – דִּכְתִיב: ״לֹא תְקַלֵּל חֵרֵשׁ״.
La Guemara poursuit en citant des sources pour ces interdictions. L’interdiction de maudire soi-même est déduite comme il est écrit : « Seulement, prends garde à toi et garde ton âme avec soin » (Deutéronome 4:9). Cela est conforme à ce que dit Rabbi Avin au nom de Rabbi Ile’a : Partout dans la Torah où les termes prends garde, de peur que, ou ne... pas sont énoncés, ce n’est rien d’autre qu’une interdiction. Celui qui se maudit lui-même ne se garde pas, c’est-à-dire ne prend pas soin de lui-même, et enfreint par conséquent l’interdiction. Et maudire autrui est déduit comme il est écrit : « Tu ne maudiras pas le sourd » (Lévitique 19:14), ce qui s’applique aux autres tout comme à celui qui est sourd.
״יַכְּךָ ה׳ אֱלֹהִים״, וְכֵן ״יַכְּכָה אֱלֹהִים״ – זוֹ הִיא אָלָה הַכְּתוּבָה בַּתּוֹרָה. יָתֵיב רַב כָּהֲנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, וְיָתֵיב וְקָאָמַר הָא מַתְנִיתִין כְּדִתְנַן. אֲמַר לֵיהּ: כַּנֵּה.
§ La michna enseigne que si quelqu’un dit : Le Seigneur Dieu te frappera (voir Deutéronome 28:22), et de même si quelqu’un dit : Dieu te frappera si tu ne viens pas témoigner, c’est une malédiction qui est écrite dans la Torah. La Guemara rapporte : Rav Kahana était assis devant Rav Yehouda, et il s’assit et énonça la michna mot pour mot comme nous l’avons apprise. Rav Yehouda lui dit : Emploie un euphémisme et formule cela à la troisième personne plutôt qu’à la deuxième personne : Dieu le frappera au lieu de te frappera, afin que cela ne sonne pas comme si tu maudissais ton maître.
יָתֵיב הָהוּא מֵרַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: ״גַּם אֵל יִתׇּצְךָ לָנֶצַח, יַחְתְּךָ וְיִסָּחֲךָ מֵאֹהֶל, וְשֵׁרֶשְׁךָ מֵאֶרֶץ חַיִּים סֶלָה״. אֲמַר לֵיהּ: כַּנֵּה.
De même, la Guemara rapporte : Un certain Sage était assis devant Rav Kahana, et il s’assit et récita le verset : « Dieu te brisera également pour toujours ; Il te saisira, t’arrachera de la tente et te déracinera de la terre des vivants, Sélah » (Psaumes 52:7). Rav Kahana lui dit : Emploie un euphémisme et formule cela à la troisième personne plutôt qu’à la deuxième personne, afin que cela ne sonne pas comme si tu maudissais ton maître.
תַּרְתֵּי לְמָה לִי? מַהוּ דְּתֵימָא: הָנֵי מִילֵּי מַתְנִיתִין, אֲבָל בִּקְרָאֵי אֵימָא לָא מְכַנֵּינַן; קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de deux épisodes pour transmettre la même idée ? La Guemara répond : Il était nécessaire de rapporter également le second épisode. De peur que tu ne dises que cette affirmation ne s’applique qu’à la michna, comme dans la Torah orale, où c’est le contenu, et non la formulation, qui est essentiel, et où il est permis de modifier le texte par euphémisme ; mais en ce qui concerne les versets de la Torah, où la formulation, c’est-à-dire chaque mot, est significative, dis que nous n’employons pas d’euphémisme. Par conséquent, la Guemara nous enseigne qu’il est permis d’employer un euphémisme même lors de la récitation de versets.
״אַל יַכְּךָ״, וִ״יבָרֶכְךָ״, וְ״יֵיטִיב לָךְ״ – רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.
§ La michna enseigne que si quelqu’un dit aux témoins : Dieu ne vous frappera pas, ou : Dieu vous bénira, ou : Dieu vous fera du bien si vous venez témoigner, Rabbi Meïr le considère comme responsable, car on peut déduire de cette déclaration que, s’il ne témoigne pas, Dieu le frappera, ou ne le bénira pas et ne lui fera pas du bien. Et les Sages le considèrent comme exempt parce que la malédiction n’est pas énoncée explicitement.
וְהָא לֵית לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר מִכְּלָל לָאו אַתָּה שׁוֹמֵעַ הֵן! אֵיפוֹךְ.
La Guemara demande : Mais n’est-ce pas le cas que Rabbi Meir n’accepte pas le principe selon lequel, à partir d’une négation, on peut déduire une affirmation positive, et, dans un accord, il exige que les parties énoncent explicitement à la fois les stipulations positives et négatives ? La Guemara répond : Inverse l’attribution des opinions et dis que ce sont les Sages qui soutiennent que le témoin est responsable, et que c’est Rabbi Meir qui le considère comme exempté.
כִּי אֲתָא רַבִּי יִצְחָק, תְּנָא כְּדִתְנַן. אָמַר רַב יוֹסֵף: הַשְׁתָּא דַּאֲנַן תְּנַן הָכִי, וְכִי אֲתָא רַבִּי יִצְחָק תָּנֵי הָכִי, שְׁמַע מִינַּהּ דַּוְקָא תְּנַן.
La Guemara rapporte : Lorsque le rabbin Yitzḥak est venu d’Eretz Israël en Babylonie, il a enseigné la michna telle que nous l’avons apprise et n’a pas inversé l’attribution des opinions. Rav Yosef a dit : Maintenant que nous avons appris la michna dans cette formulation, et lorsque le rabbin Yitzḥak est venu, il a enseigné la michna dans cette formulation, conclus-en que la formulation que nous avons apprise dans la michna a été enseignée spécifiquement de cette manière, et c’est la formulation correcte.
אֶלָּא קַשְׁיָא! כִּי לֵית לֵיהּ – בְּמָמוֹנָא; אֲבָל בְּאִיסּוּרָא אִית לֵיהּ.
La Guemara objecte : Mais la question reste difficile, car Rabbi Meir n’accepte pas le principe selon lequel, d’une affirmation négative, on peut déduire une affirmation positive. La Guemara répond : Lorsque Rabbi Meir n’accepte pas ce principe, ce n’est que dans les cas relevant de questions monétaires ; mais dans les cas relevant de questions rituelles, par exemple un serment de témoignage discuté dans la michna, il accepte le principe, et le témoin est responsable même dans ce cas.
הֲרֵי סוֹטָה – דְּאִיסּוּרָא הוּא,
La Guemara demande : Mais la sota est un cas relevant du rituel, et non des questions monétaires, et le verset n’énonce que ce qui arrivera à la sota si elle n’a pas commis d’adultère : « Et si tu ne t’es pas égarée vers l’impureté, alors que tu étais sous l’autorité de ton mari, tu seras absoute [hinnaki] » (Nombres 5:19), et le verset n’énonce pas ce qui arrivera à la femme si elle a commis l’adultère.
וְאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲכִינַאי: ״הִנָּקִי״ כְּתִיב; טַעְמָא דִּכְתִיב ״הִנָּקִי״, הָא לָאו הָכִי – מִכְּלַל לָאו אַתָּה שׁוֹמֵעַ הֵן לָא אָמְרִינַן!
Une difficulté est soulevée : Selon Rabbi Meir, qui n’accepte pas le principe selon lequel, d’une déclaration négative, on peut déduire une déclaration positive, les deux éventualités, positive et négative, auraient dû être écrites dans le verset. Et Rabbi Tanḥum bar Ḥakhinai dit, pour résoudre la difficulté : Hinnaki est écrit, c’est-à-dire : tu seras absoute. Mais puisqu’il est écrit sans la lettre yod, on l’interprète comme si ḥinnaki était écrit, c’est-à-dire : tu seras étranglée, ce qui est l’éventualité si elle a commis l’adultère. La Guemara conclut : La raison pour laquelle ce verset n’est pas difficile, c’est que hinnaki est écrit et que ḥinnaki est interprété ; mais si cela n’était pas le cas, nous ne disons pas : d’une déclaration négative on peut déduire une déclaration positive. Apparemment, même dans les questions rituelles, Rabbi Meir n’accepte pas ce principe.