״בְּמִי שֶׁהוּא רַחוּם״ קָאָמַר.
ou au nom de Celui qui est compatissant, que le tannaénonce la halakha. Bien que gracieux et compatissant ne soient pas des noms de Dieu, la référence dans la michna est à un serment au nom de Dieu.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִי הָכִי, ״בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ״ נָמֵי – ״בְּמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ שֶׁלּוֹ״ קָאָמַר!
Rava dit à Abaye : Si tel est le cas, dans le cas de quelqu’un qui a fait prêter serment aux témoins au nom du ciel et au nom de la terre également, dis que c’est au sujet d’un serment au nom de Celui à qui appartiennent le ciel et la terre que le tannaénonce la halakha. Pourquoi, alors, la michna dit-elle que, pour un serment au nom du ciel et au nom de la terre, ces témoins sont exempts de responsabilité ?
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם, כֵּיוָן דְּלֵיכָּא מִידֵּי אַחֲרִינָא דְּאִיקְּרִי רַחוּם וְחַנּוּן – וַדַּאי ״בְּמִי שֶׁהוּא חַנּוּן״, וַדַּאי ״בְּמִי שֶׁהוּא רַחוּם״ קָאָמַר. הָכָא, כֵּיוָן דְּאִיכָּא שָׁמַיִם וָאָרֶץ – ״בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ״ קָאָמַר.
La Guemara rejette cela : Comment peut-on comparer ces cas ? Là-bas, puisqu’il n’existe aucune autre entité appelée clémente et compatissante, il est certain que c’est au nom de Celui qui est clément, et certainement au nom de Celui qui est compatissant que le tannaparle. En revanche, ici, puisqu’il existe le ciel et la terre comme entités indépendantes, peut-être que, lorsqu’il fait prêter serment au nom du ciel et au nom de la terre, c’est au nom du ciel réel et au nom de la terre réelle qu’il parle, et non au nom de Celui à qui appartiennent le ciel et la terre.
תָּנוּ רַבָּנַן: כָּתַב אָלֶף לָמֶד מֵ״אֱלֹהִים״, ״יָהּ״ מֵ״יְיָ״ – הֲרֵי זֶה אֵינוֹ נִמְחָק. שִׁין דָּלֶת מִ״שַּׁדַּי״, אָלֶף דָּלֶת מֵ״אֲדֹנָי״, צָדִי בֵּית מִ״צְּבָאוֹת״ – הֲרֵי זֶה נִמְחָק.
§ À propos des noms de Dieu qui peuvent être effacés et de ceux qui ne peuvent pas l’être, la Guemara discute les détails de la question. Les Sages ont enseigné : Si quelqu’un a écrit les lettres alef lamed de le nom Elohim, ou yod heh du Tétragramme, cette paire de lettres et cette autre paire de lettres ne peuvent pas être effacées. Mais si quelqu’un a écrit les lettres shin dalet de Shaddai, ou alef dalet de Adonai, ou tzadi beit de Tzevaot, cela peut être effacé.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״צְבָאוֹת״ כּוּלּוֹ נִמְחָק – שֶׁלֹּא נִקְרָא צְבָאוֹת אֶלָּא עַל שֵׁם יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהוֹצֵאתִי אֶת צִבְאֹתַי אֶת עַמִּי בְנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם״. אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.
Rabbi Yosei dit : Le mot Tzevaot peut être effacé dans son intégralité, car Dieu est appelé Tzevaot uniquement dans le contexte des enfants d’Israël, et ce n’est pas un nom indépendant de Dieu, comme il est dit : « Et Je ferai sortir Mes armées [tzivotai], Mon peuple, les enfants d’Israël, du pays d’Égypte » (Exode 7:4). Shmuel dit : La halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yosei.
תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הַטָּפֵל לַשֵּׁם, בֵּין מִלְּפָנָיו וּבֵין מִלְּאַחֲרָיו – הֲרֵי זֶה נִמְחָק. לְפָנָיו כֵּיצַד? ״לַייָ׳״ – ל׳ נִמְחָק; ״בַּייָ׳״ – ב׳ נִמְחָק; ״וַייָ׳״ – ו׳ נִמְחָק; ״מֵיְיָ׳״ – מ׳ נִמְחָק; ״שֶׁיְיָ׳״ – ש׳ נִמְחָק; ״הַיְיָ׳״ – ה׳ נִמְחָק; ״כַּייָ׳״ – כ׳ נִמְחָק.
Les Sages ont enseigné : Toutes lettres accessoires au nom de Dieu, qu’elles soient comme préfixe précédant le nom ou comme suffixe suivant le nom, cet ajout peut être effacé. Le précédant, comment cela ? Si l’on a écrit le Tétragramme avec le préfixe lamed, c’est-à-dire : Au Seigneur, le lamed peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe beit, c’est-à-dire : Par le Seigneur, le beit peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe vav, c’est-à-dire : Et le Seigneur, le vav peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe mem, c’est-à-dire : Du Seigneur, le mem peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe shin, c’est-à-dire : Que le Seigneur, le shin peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe heh, c’est-à-dire : Est le Seigneur, le heh peut être effacé ; le Tétragramme avec le préfixe kaf, c’est-à-dire : Comme le Seigneur, le kaf peut être effacé.
לְאַחֲרָיו כֵּיצַד? ״אֱלֹהֵינוּ״ – נוּ נִמְחָק, ״אֱלֹהֵיהֶם״ – הֶם נִמְחָק, ״אֱלֹהֵיכֶם״ – כֶם נִמְחָק. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: לְאַחֲרָיו אֵינוֹ נִמְחָק, שֶׁכְּבָר קִדְּשׁוֹ הַשֵּׁם. אָמַר רַב הוּנָא: הֲלָכָה כַּאֲחֵרִים.
Ce qui le suit, comment cela? Si quelqu’un a écrit Eloheinu, c’est-à-dire : Notre Dieu, le suffixe nun vav peut être effacé; Eloheihem, c’est-à-dire : Leur Dieu, le suffixe heh mem peut être effacé; Eloheikhem, c’est-à-dire : Votre Dieu, deuxième personne du pluriel, le suffixe kaf mem peut être effacé. Aḥerim disent : Le suffixe qui suit le nom de Dieu ne peut pas être effacé, car le nom de Dieu auquel il est attaché l’a déjà sanctifié et il est considéré comme faisant partie du nom. Rav Huna dit : La halakha est conforme à l’opinion de Aḥerim.
(אַבְרָהָם, דְּלָטְיָא, לְנָבוֹת, בְּגִבְעַת בִּנְיָמִן, שְׁלֹמֹה, דָּנִיאֵל – סִימָן)
§ Abraham ; celui qui a maudit Naboth ; à Guibea de Benjamin ; Salomon ; Daniel ; ceci est un moyen mnémotechnique pour les halakhot qui suivent.
כׇּל שֵׁמוֹת הָאֲמוּרִים בַּתּוֹרָה בְּאַבְרָהָם – קֹדֶשׁ; חוּץ מִזֶּה שֶׁהוּא חוֹל – שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמַר, אֲדֹנָי אִם נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ״.
Tous les noms qui peuvent être compris comme le nom de Dieu et qui sont énoncés dans la Torah au sujet d’Abraham sont sacrés et se rapportent à Dieu, sauf ce nom, qui n’est pas sacré, comme il est dit : « Mes seigneurs, si j’ai trouvé grâce à vos yeux » (Genèse 18:3). Dans ce passage, Abraham s’adresse aux anges qui lui sont apparus sous l’apparence d’hommes, et non à Dieu.
חֲנִינָא בֶּן אֲחִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אָמְרוּ: אַף זֶה קֹדֶשׁ. כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: גְּדוֹלָה הַכְנָסַת אוֹרְחִין יוֹתֵר מֵהַקְבָּלַת פְּנֵי שְׁכִינָה – כְּמַאן? כְּאוֹתוֹ הַזּוּג.
Ḥanina, fils du frère de Rabbi Yehoshua, et Rabbi Elazar ben Azarya, au nom de Rabbi Elazar HaModa’i, disent : Ceci aussi est sacré. La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui est ce que dit Rabbi Yehuda, à savoir que Rav dit : L’hospitalité accordée aux invités est plus grande que l’accueil de la Présence divine ? Conformément à l’opinion de qui est cette déclaration ? Elle est conforme à l’opinion de cette paire de tanna’im, Ḥanina, fils du frère de Rabbi Yehoshua, et Rabbi Elazar ben Azarya, qui comprenaient qu’Abraham parlait à Dieu.
כָּל שֵׁמוֹת הָאֲמוּרִים בְּלוֹט – חוֹל; חוּץ מִזֶּה שֶׁהוּא קֹדֶשׁ – שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר לוֹט אֲלֵהֶם, אַל נָא אֲדֹנָי, הִנֵּה נָא מָצָא עַבְדְּךָ חֵן בְּעֵינֶיךָ וְגוֹ׳״ – מִי שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ לְהָמִית וּלְהַחֲיוֹת, זֶה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא.
Tous les noms qui pourraient être compris comme le nom de Dieu qui sont énoncés dans la Torah au sujet de Lot sont non sacrés et se réfèrent à des anges, sauf celui-ci, qui est sacré, comme il est dit : « Et Lot leur dit : De grâce, non, Adonai. Voici, ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux, et Tu as magnifié Ta miséricorde que Tu as exercée envers moi en sauvant ma vie » (Genèse 19:18–19). Il ressort du contexte que Lot s’adresse à Celui qui a le pouvoir de faire mourir et de faire vivre ; c’est-à-dire le Saint, béni soit-Il.
כָּל שֵׁמוֹת הָאֲמוּרִים בְּנָבוֹת – קֹדֶשׁ, בְּמִיכָה – חוֹל. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּנָבוֹת – קֹדֶשׁ, בְּמִיכָה – יֵשׁ מֵהֶן חוֹל וְיֵשׁ מֵהֶן קֹדֶשׁ. אָלֶף לָמֶד – חוֹל, יוֹד הֵי – קֹדֶשׁ; חוּץ מִזֶּה, שֶׁאָלֶף לָמֶד וְהוּא קֹדֶשׁ: ״כׇּל יְמֵי הֱיוֹת בֵּית הָאֱלֹהִים בְּשִׁילֹה״.
Tous les noms mentionnés au sujet de Naboth sont sacrés, par exemple, dans le verset : « Naboth a blasphémé Elohim et le roi » (I Rois 21:13), et ceux qui sont mentionnés au sujet de Micah sont non sacrés et renvoient à l’image taillée qu’il a fabriquée (voir Juges, chapitres 17–18). Rabbi Eliezer dit : En effet, tous les noms mentionnés au sujet de Naboth sont sacrés ; mais ceux qui sont mentionnés au sujet de Micah, certains sont non sacrés et certains sont sacrés. Les noms commençant par les lettres alef lamed, c’est-à-dire Elohim, sont non sacrés, car il s’agit de l’idole qu’il a fabriquée, et tous les noms commençant par les lettres yod heh, c’est-à-dire le Tétragramme, sont sacrés, sauf ce nom qui commence par les lettres alef lamed et il est sacré : « Tout le temps que la maison de Elohim fut à Silo » (Juges 18:31).
כָּל שֵׁמוֹת הָאֲמוּרִים בְּגִבְעַת בִּנְיָמִין – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: חוֹל, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: קֹדֶשׁ.
Tous les noms qui sont mentionnés dans le passage concernant Gueba de Benjamin, où le reste des tribus consulta Dieu pour déterminer s’ils devaient faire la guerre contre la tribu de Benjamin (voir Juges, chapitre 20), Rabbi Eliezer dit : Ils sont non sacrés, car ils consultaient une idole, et non Dieu. Rabbi Yehoshua dit : Ils sont sacrés.
אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וְכִי מַבְטִיחַ וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה?!
Rabbi Eliezer dit à Rabbi Yehoshua : Comment peux-tu dire que ces noms sont sacrés ? Est-ce que Dieu promet sans accomplir la promesse ? Deux fois, les tribus reçurent la réponse d’aller faire la guerre contre Benjamin, et deux fois elles furent vaincues.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מַה שֶּׁהִבְטִיחַ עָשָׂה; וְהֵם לֹא בִּיחֲנוּ אִם לִנְצוֹחַ אִם לִנָּצֵחַ. בָּאַחֲרוֹנָה שֶׁבִּיחֲנוּ – הִסְכִּימוּ עַל יָדָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּפִנְחָס בֶּן אֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן (הַכֹּהֵן) עֹמֵד לְפָנָיו בַּיָּמִים הָהֵם לֵאמֹר, הַאוֹסִף עוֹד לָצֵאת לַמִּלְחָמָה עִם [בְּנֵי] בִנְיָמִן אָחִי אִם אֶחְדָּל וְגוֹ׳״.
Rabbi Yehoshua dit à Rabbi Eliezer : Ce que Dieu a promis, Il l’a accompli. Dans chaque cas, Il a répondu à leur question. La première fois, ils consultèrent Dieu au moyen des Ourim VeToummim, mais ils ne cherchèrent pas à déterminer si ils allaient triompher dans la guerre ou s’ils allaient être vaincus. La dernière fois qu’ils consultèrent Dieu au moyen des Ourim VeToummim, lorsqu’ils cherchèrent à déterminer s’ils sortiraient victorieux, le Ciel donna son consentement à leur entreprise, comme il est dit : « Et Pinhas, fils d’Elazar, fils d’Aaron, se tenait devant elle en ces jours-là, disant : Dois-je encore sortir pour combattre les enfants de Benjamin, mon frère, ou dois-je cesser ? Et le Seigneur dit : Monte, car demain Je les livrerai entre tes mains » (Juges 20:28).
כׇּל ״שְׁלֹמֹה״ הָאֲמוּרִין בְּשִׁיר הַשִּׁירִים – קֹדֶשׁ, שִׁיר לְמִי שֶׁהַשָּׁלוֹם שֶׁלּוֹ; חוּץ מִזֶּה: ״כַּרְמִי שֶׁלִּי לְפָנָי הָאֶלֶף לְךָ שְׁלֹמֹה״ – שְׁלֹמֹה לְדִידֵיהּ, ״וּמָאתַיִם לְנֹטְרִים אֶת פִּרְיוֹ״ – רַבָּנַן. וְיֵשׁ אוֹמְרִים, אַף זֶה חוֹל: ״הִנֵּה מִטָּתוֹ שֶׁלִּשְׁלֹמֹה שִׁשִּׁים״.
Toutes les mentions du nom Shlomo qui figurent dans le Cantique des Cantiques, telles que : « Le cantique des cantiques, qui est de Shlomo » (Cantique des Cantiques 1:1), ne renvoient pas au roi Salomon ; elles sont plutôt sacrées, c’est-à-dire un cantique pour Celui à qui appartient la paix [shehashalom], sauf cette mention : « Ma vigne, qui est à moi, est devant moi ; toi, Shlomo, tu auras les mille, » c’est-à-dire que les mille sont pour Shlomo lui-même ; « et deux cents pour ceux qui gardent son fruit » (Cantique des Cantiques 8:12), ce qui est une référence aux Sages. Et certains disent : Ce verset aussi n’est pas sacré : « Voici le lit de Shlomo ; soixante hommes vaillants l’entourent » (Cantique des Cantiques 3:7).
אַף זֶה – וְלָא מִיבְּעֵי הַאיְךְ?! אֶלָּא הָא דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: מַלְכוּתָא דְּקָטְלָא חַד מִשִּׁיתָּא בְּעָלְמָא לָא מִיעַנְשָׁא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כַּרְמִי שֶׁלִּי לְפָנָי הָאֶלֶף לְךָ שְׁלֹמֹה״ – לְמַלְכוּתָא דִרְקִיעָא, ״וּמָאתַיִם לְנֹטְרִים אֶת פִּרְיוֹ״ – לְמַלְכוּתָא דְּאַרְעָא; שְׁמוּאֵל לָא כְּתַנָּא קַמָּא וְלָא כְּיֵשׁ אוֹמְרִים?!
La Guemara demande : Cela signifie-t-il que ce verset aussi n’est pas sacré, et qu’il n’est pas nécessaire de dire que le verset cité plus tôt n’est pas sacré ? Mais ce que dit Shmuel : une monarchie qui tue une personne sur six dans le monde n’est pas punie pour cela, car c’est la prérogative d’un monarque, comme il est dit : « Ma vigne, qui est à moi, est devant moi ; toi, Shlomo, tu auras les mille, » cela fait référence à la monarchie du Ciel ; « et deux cents pour ceux qui gardent son fruit, » cela fait référence à la monarchie de la terre. Sur les 1 200 mentionnés dans les deux parties du verset, deux cents, soit un sixième, relèvent de la prérogative du monarque terrestre. Shmuel, qui interprète la mention de Shlomo dans ce verset comme se référant à Dieu, n’est d’avis ni conformément à l’opinion du premier tanna ni conformément à l’opinion introduite par l’expression : Certains disent. Les deux tanna’im s’accordent à dire que la référence dans le verset est à Salomon et non au Saint, béni soit-Il.
אֶלָּא הָכִי קָאָמַר, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: זֶה – קֹדֶשׁ; וְזֶה הוּא חוֹל – דְּמִטָּתוֹ. וּשְׁמוּאֵל דְּאָמַר כְּיֵשׁ אוֹמְרִים.
Au contraire, Shmuel cite une version différente de l’opinion introduite par l’expression : Certains disent, selon laquelle c’est ce que cela veut dire. Et certains disent : Ce Shlomo qui apparaît dans le verset au sujet des mille est sacré, tandis que ce Shlomo qui apparaît dans le verset au sujet du lit de Shlomo n’est pas sacré, et c’est Shmuel qui énonce son opinion conformément à l’opinion introduite par l’expression : Certains disent.
כָּל מַלְכַיָּא הָאֲמוּרִים בְּדָנִיֵּאל – חוֹל; חוּץ מִזֶּה שֶׁהוּא קֹדֶשׁ: ״אַנְתְּ מַלְכָּא [מֶלֶךְ] מַלְכַיָּא דִּי אֱלָהּ שְׁמַיָּא, מַלְכוּתָא חִסְנָא וְתׇקְפָּא וִיקָרָא יְהַב לָךְ״.
Tous les rois mentionnés au sujet de Daniel sont non sacrés, sauf celui-ci, qui est sacré : « Toi, ô roi, roi des rois, à qui le Dieu du ciel a donné le royaume, la puissance, la force et la gloire » (Daniel 2:37).
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף זֶה קֹדֶשׁ – שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָרִי חֶלְמָא לְשָׂנְאָךְ וּפִשְׁרֵהּ לְעָרָךְ״ – לְמַאן קָאָמַר? אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לִנְבוּכַדְ נֶצַּר קָאָמַר לֵיהּ, שָׂנְאוֹתֵיהּ מַאי נִינְהוּ – יִשְׂרָאֵל; מֵילָט קָא לָיֵיט לְהוּ לְיִשְׂרָאֵל?!
Et certains disent : Cela aussi est sacré, comme il est dit : « Mon seigneur, que le rêve soit pour ton ennemi et son interprétation pour ton adversaire » (Daniel 4:16). À qui Daniel dit-il cela ? S’il te vient à l’esprit que, lorsque Daniel dit : « Mon seigneur », c’est à Nabuchodonosor qu’il le dit, son ennemi, qui sont-ils ? Ce sont le peuple juif. Daniel maudirait-il le peuple juif ?
וְתַנָּא קַמָּא סָבַר: שׂוֹנְאֵי יִשְׂרָאֵל אִיכָּא, שׂוֹנְאֵי גוֹיִם לֵיכָּא?!
Et le premier tanna, qui comprend que Daniel fait référence à Nabuchodonosor, soutient : Y a-t-il des ennemis juifs pour Nabuchodonosor et n’y a-t-il pas d’ennemis gentils pour lui ? Daniel maudissait les ennemis gentils, et non les ennemis juifs.
וּבְכָל כִּנּוּיִין – הֲרֵי אֵלּוּ חַיָּיבִין כּוּ׳.
§ La michna enseigne : Ou bien, si quelqu’un a fait prêter serment aux témoins au moyen de l’une quelconque des appellations de Dieu, même s’il n’a pas mentionné le nom ineffable de Dieu, ces témoins sont passibles de sanction pour avoir prêté un faux serment de témoignage.
וּרְמִינְהִי: ״יִתֵּן ה׳ אוֹתָךְ לְאָלָה וְלִשְׁבֻעָה״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְהִשְׁבִּיעַ הַכֹּהֵן אֶת הָאִשָּׁה בִּשְׁבֻעַת הָאָלָה״! לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁמְעָה קוֹל אָלָה״ – נֶאֱמַר כָּאן ״אָלָה״ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״אָלָה״; מָה לְהַלָּן שְׁבוּעָה, אַף כָּאן שְׁבוּעָה; מָה לְהַלָּן בַּשֵּׁם, אַף כָּאן בַּשֵּׁם.
Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une baraita qui cite le verset : « Le Seigneur fera de toi une malédiction et un serment » (Nombres 5:21). Pourquoi le verset doit-il déclarer cela ? Cela n’est-il pas déjà déclaré au début du verset : « Et le prêtre fera prêter à la femme le serment de malédiction » ? En raison du fait qu’il est déclaré au sujet d’un serment de témoignage : « Et il a entendu la voix d’une ala » (Lévitique 5:1), on peut en déduire : Ala est déclaré ici au sujet d’un serment de témoignage et ala est déclaré là-bas au sujet d’une sota ; de même que là-bas, au sujet d’une sota, il s’agit d’un serment, de même ici, au sujet d’un serment de témoignage, il s’agit d’un serment. Et de même que là-bas, le serment est administré au nom de Dieu, de même ici, le serment est administré au nom de Dieu. Cela est contraire à la michna, où il est statué qu’un serment de témoignage peut être administré même au nom d’appellations de Dieu.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא קַשְׁיָא; הָא רַבִּי חֲנִינָא בַּר אִידִי, הָא רַבָּנַן. דְּתַנְיָא, רַבִּי חֲנִינָא בַּר אִידִי אוֹמֵר: הוֹאִיל וְאָמְרָה תּוֹרָה ״הִשָּׁבַע״ וְ״אַל תִּשָּׁבַע״, ״קַלֵּל״ וְ״אַל תְּקַלֵּל״ – מָה ״הִשָּׁבַע״ בַּשֵּׁם, אַף ״לֹא תִּשָּׁבַע״ בַּשֵּׁם; מָה ״קַלֵּל״ בַּשֵּׁם, אַף ״לֹא תְּקַלֵּל״ בַּשֵּׁם.
Abaye a dit : Ce n’est pas difficile. Cette baraita est l’opinion de Rabbi Ḥanina bar Idi, et cette michna est l’opinion des Sages, comme cela est enseigné dans une baraita où Rabbi Ḥanina bar Idi dit : Puisque la Torah dit dans certains cas : Prête serment, et dans certains cas : Ne prête pas serment ; et elle dit dans certains cas : Maudis, et dans certains cas : Ne maudis pas, de même que lorsque la Torah dit : Prête serment, c’est au nom de Dieu, de même, lorsque la Torah déclare : Ne prête pas serment, c’est au nom de Dieu. Et de même que lorsque la Torah déclare : Maudis, c’est au nom de Dieu, de même, lorsque la Torah dit : Ne maudis pas, c’est au nom de Dieu.
וְרַבָּנַן, אִי גְּמִירִי גְּזֵירָה שָׁוָה – נִיבְעֵי שֵׁם הַמְיוּחָד! אִי לָא גְּמִירִי גְּזֵירָה שָׁוָה – ״אָלָה״ דִּשְׁבוּעָה הִיא מְנָא לְהוּ?
La Guemara demande : Et les Sages disent : S'ils dérivent un serment de témoignage de la sota au moyen de une analogie verbale, exigeons que tant le serment de témoignage que la malédiction soient spécifiquement prononcés au nom ineffable de Dieu. S'ils ne dérivent pas un serment de témoignage de la sota au moyen de une analogie verbale, d'où tirent-ils que l'occurrence du mot ala qui est écrit au sujet d'un serment de témoignage est un serment ?
נָפְקָא לְהוּ מִדְּתַנְיָא: ״אָלָה״ – אֵין ״אָלָה״ אֶלָּא לְשׁוֹן שְׁבוּעָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְהִשְׁבִּיעַ הַכֹּהֵן אֶת הָאִשָּׁה בִּשְׁבוּעַת הָאָלָה״.
La Guemara répond : Ils l’apprennent de ce qui est enseigné dans une baraita : Il est écrit au sujet d’un serment de témoignage : « Et il entend la voix d’une ala » (Lévitique 5:1) ; ala n’est rien d’autre qu’une expression signifiant serment. Et de même il est dit : « Et le prêtre fera prêter à la femme le serment de malédiction [ha’ala] » (Nombres 5:21).
הָתָם ״שְׁבוּעַת הָאָלָה״ כְּתִיב! הָכִי קָאָמַר: ״אָלָה״ – אֵין ״אָלָה״ אֶלָּא בִּשְׁבוּעָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְהִשְׁבִּיעַ הַכֹּהֵן אֶת הָאִשָּׁה בִּשְׁבֻעַת הָאָלָה״.
La Guemara demande : Ce n’est pas simplement ala qui est écrit là-bas ; c’est le serment d’une ala qui est écrit là-bas. Apparemment, ala seul ne signifie pas serment. La Guemara explique que c’est cela que le tannadit : « Et il entend la voix d’une ala » ; ala n’est employé que lorsqu’il est accompagné d’un serment. Et de même il est dit : « Et le prêtre fera prêter à la femme le serment de malédiction. »