מְסָרְבִין בּוֹ לֶאֱכוֹל.
l'exhortant avec insistance à manger.
מַתְנִיתִין – בְּשֶׁאֵין מְסָרְבִין בּוֹ לֶאֱכוֹל; בָּרַיְיתָא – בִּמְסָרְבִין בּוֹ לֶאֱכוֹל, וְקָאָמַר ״לָא אָכֵילְנָא״ וְ״לָא אָכֵילְנָא״, דְּכִי קָא מִשְׁתְּבַע הָכִי קָאָמַר: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל״.
La Guemara explique : La michna ici fait référence à un cas où d’autres ne le pressent pas de manger ; par conséquent, son serment doit être compris littéralement, comme l’obligeant à manger. La michna externe, dans le traité Nedarim, fait référence à un cas où d’autres le pressent de manger et il dit : Je ne mangerai pas, je ne mangerai pas. Dans ces circonstances, lorsqu’il prête serment, c’est ce qu’il dit : Par mon serment je ne mangerai pas.
רַב אָשֵׁי אָמַר: תְּנִי ״שְׁבוּעָה שֶׁאִי אוֹכַל לָךְ״. אִי הָכִי, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: לִישָּׁנֵיהּ (דאיתקילא) [אִיתְּקִילא] לֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Ashi, proposant une résolution différente de la contradiction, dit : Enseigne, c’est-à-dire révise la michna dans le traité Nedarim pour qu’elle dise dans le serment du milieu : Par mon serment je ne [she’i] mangerai pas de ce qui est à toi, c’est-à-dire en utilisant une formulation différente de : Par mon serment je ne mangerai pas de ce qui est à toi. La Guemara demande : Si c’est le cas, quel est le but d’énoncer ce qui est en effet le même serment deux fois ? La Guemara répond : De peur que tu ne dises qu’il y a lieu de craindre que le serment ait été un lapsus et qu’il ait eu l’intention de prêter serment qu’il mangerait et qu’au lieu de cela il ait dit : Je ne mangerai pas, la michna nous enseigne qu’il n’est pas nécessaire de craindre que cela se soit produit.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״מִבְטָא״ – שְׁבוּעָה. ״אִיסָּר״ – שְׁבוּעָה. אִיסּוּר אִיסָּר: אִם אַתָּה אוֹמֵר ״אִיסָּר״ – שְׁבוּעָה, חַיָּיב; וְאִם לָאו, פָּטוּר. ״אִם אַתָּה אוֹמֵר אִיסָּר שְׁבוּעָה״?! וְהָא אָמְרַתְּ: אִיסָּר – שְׁבוּעָה הוּא!
§ Les Sages ont enseigné : « L’énoncé explicite de ses lèvres, par lequel elle a lié son âme » (Nombres 30:7), fait référence à un serment, et : « Un lien par lequel elle a lié son âme » (Nombres 30:5), fait également référence à un serment. En ce qui concerne l’interdiction évoquée par le mot « lien », si vous dites qu’un lien est un serment, il est passible, mais sinon, il est exempt. La Guemara cherche à expliquer cette baraita : Si vous dites qu’un lien est un serment ? Mais vous avez déjà dit qu’un lien est un serment.
אָמַר אַבָּיֵי: הָכִי קָאָמַר, ״מִבְטָא״ – שְׁבוּעָה. ״אִיסָּר״ – מִיתְּפֵיס בִּשְׁבוּעָה. אִיסּוּר אִיסָּר – אִם אַתָּה אוֹמֵר: מִיתְּפֵיס בִּשְׁבוּעָה כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו דָּמֵי, חַיָּיב; וְאִם לָאו, פָּטוּר.
Abaye a dit : Ceci est ce que la baraitadit : « Expression claire » est un serment, tandis que « lien » est l’association d’un objet ou d’une action avec une chose déjà interdite par un serment. Quelle est l’interdiction invoquée par le mot « lien » ? Si vous dites que créer une association avec un serment est comme exprimer explicitement un serment avec sa propre bouche, alors il est tenu d’apporter une offrande pour avoir enfreint le serment involontairement et de recevoir des coups de fouet pour l’avoir fait intentionnellement. Mais si ce n’est pas comme énoncer explicitement un serment, il est exempt.
מִמַּאי דְּמִבְטָא שְׁבוּעָה – דִּכְתִיב: ״אוֹ נֶפֶשׁ כִּי תִשָּׁבַע לְבַטֵּא בִשְׂפָתַיִם״; אִיסָּר נָמֵי – דִּכְתִיב: ״כׇּל נֵדֶר וְכׇל שְׁבֻעַת אִסָּר״;
La Guemara analyse l’explication d’Abaye : D’où peut-on déduire que « l’énonciation claire » est un serment ? On l’apprend du verset écrit au sujet d’un serment d’énonciation, comme il est écrit : « Ou si quelqu’un prête serment en articulant clairement avec ses lèvres » (Lévitique 5:4). La Guemara demande : Est-ce que « lien » aussi ne fait pas référence à un serment, comme il est écrit : « Tout vœu, et tout serment de lien pour affliger l’âme, son mari peut le maintenir, ou son mari peut l’annuler » (Nombres 30:14) ?
אֶלָּא מִמַּאי דְּאִיסָּר מִיתְּפֵס בִּשְׁבוּעָה הוּא? דִּכְתִיב: ״אוֹ אָסְרָה אִסָּר עַל נַפְשָׁהּ בִּשְׁבֻעָה״.
Mais plutôt, d’où peut-on déduire qu’un lien est l’association d’un objet ou d’une action avec une autre chose qui a été interdite par un serment ? On peut le déduire du verset, comme il est écrit : « Ou lia son âme par un lien avec un serment » (Nombres 30:11), ce qui indique que le lien est associé à un serment préexistant.
מְבַטֵּא נָמֵי – הָכְתִיב: ״לְכֹל אֲשֶׁר יְבַטֵּא הָאָדָם בִּשְׁבֻעָה״!
La Guemara demande : Le terme « expression claire » est-il aussi associé à un serment dans un verset, comme il est écrit : « Tout ce qu’un homme exprimera clairement avec un serment » (Lévitique 5:4) ?
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: מִבְטָא שְׁבוּעָה מֵהָכָא: ״וְאִם הָיוֹ תִהְיֶה לְאִישׁ וּנְדָרֶיהָ עָלֶיהָ, אוֹ מִבְטָא שְׂפָתֶיהָ אֲשֶׁר אָסְרָה עַל נַפְשָׁהּ״ – וְאִילּוּ שְׁבוּעָה לָא קָאָמַר; בְּמַאי אָסְרָה עַצְמָהּ? בְּמִבְטָא.
Au contraire, Abaye a dit : Le fait que « expression claire » signifie un serment est dérivé d’ici : « Et si elle est mariée à un mari, tandis que ses vœux sont sur elle, ou l’expression claire de ses lèvres, par laquelle elle a lié son âme » (Nombres 30:7). Or, dans ce verset, il n’est pas dit : serment. Par quoi s’impose-t-elle une interdiction à elle-même ? Elle le fait par « expression claire », ce qui indique que « expression claire » fait référence à un serment.
רָבָא אָמַר: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ, מִיתְּפֵיס בִּשְׁבוּעָה לָאו כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו דָּמֵי; וְהָכִי קָאָמַר: ״מִבְטָא״ – שְׁבוּעָה. ״אִיסָּר״ – נָמֵי שְׁבוּעָה. אִסָּרֵיהּ דְּאִיסָּר – הִטִּילוֹ הַכָּתוּב בֵּין נֶדֶר לִשְׁבוּעָה; הוֹצִיאוֹ בִּלְשׁוֹן נֶדֶר – נֶדֶר, בִּלְשׁוֹן שְׁבוּעָה – שְׁבוּעָה.
Rava a dit : En réalité, je te dirai que l’association à un serment n’est pas comme le fait d’exprimer un serment avec sa propre bouche, et c’est ce que la baraita dit : « Énonciation claire » est un serment. « Lien » peut aussi être un serment, mais c’est ambigu. Le verset a placé la formulation de l’interdiction d’un lien entre celle d’un vœu et celle d’un serment. Par conséquent, si quelqu’un a exprimé un lien dans le langage d’un vœu, c’est un vœu. S’il l’a exprimé dans le langage d’un serment, c’est un serment.
הֵיכָן הִטִּילוֹ? ״וְאִם בֵּית אִישָׁהּ נָדָרָה אוֹ אָסְרָה אִסָּר עַל נַפְשָׁהּ בִּשְׁבֻעָה וְגוֹ׳״
La Guemara demande : Où le verset a-t-il placé le mot signifiant « lien » entre un vœu et un serment ? Le verset dit : « Et si elle a fait un vœu dans la maison de son mari ou a lié son âme par un lien avec un serment » (Nombres 30:11).
וְאָזְדוּ לְטַעְמַיְיהוּ; דְּאִיתְּמַר: מַתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה – אַבָּיֵי אָמַר: כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו דָּמֵי, וְרָבָא אָמַר: לָאו כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו דָּמֵי.
La Guemara commente : Abaye et Rava suivent tous deux leurs propres lignes de raisonnement, comme il a été déclaré : En ce qui concerne celui qui associe un objet ou une action à une autre chose qui a été interdite par un serment, Abaye dit : Cela est comme exprimer explicitement un serment avec sa bouche, et Rava dit : Ce n’est pas comme exprimer explicitement un serment avec sa bouche.
מֵיתִיבִי: אֵיזֶה אִיסָּר הָאָמוּר בַּתּוֹרָה? הָאוֹמֵר: ״הֲרֵי עָלַי שֶׁלֹּא אוֹכַל בָּשָׂר וְשֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה יַיִן״ כַּיּוֹם שֶׁמֵּת בּוֹ אָבִיו, כַּיּוֹם שֶׁמֵּת בּוֹ פְּלוֹנִי, כְּיוֹם שֶׁנֶּהֱרַג בּוֹ גְּדַלְיָה בֶּן אֲחִיקָם, כַּיּוֹם שֶׁרָאָה יְרוּשָׁלַיִם בְּחוּרְבָּנָהּ – אָסוּר. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: וְהוּא שֶׁנָּדוּר וּבָא מֵאוֹתוֹ הַיּוֹם.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Quel est le lien mentionné dans la Torah ? Un lien s’applique à celui qui dit : Il m’incombe de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin comme au jour où son, c’est-à-dire mon, père est mort, ou : Comme au jour où untel est mort, ou : Comme au jour où Guedalia ben Ahikam a été tué, ou : Comme au jour où il a vu Jérusalem dans sa destruction. Celui qui fait l’une de ces déclarations est interdit de manger de la viande et de boire du vin. Et Shmuel dit : Ce n’est le cas que lorsqu’il lui est interdit de manger de la viande et de boire du vin par vœu depuis ce jour-là, par exemple, le jour où son père est mort.
בִּשְׁלָמָא לְאַבָּיֵי, מִדְּמַתְפִּיס בְּנֶדֶר – נֶדֶר, מַתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה – שְׁבוּעָה.
La Guemara explique l’objection : Soit, selon l’opinion de Abaye, du fait qu’un vœu que l’on associe à un autre vœu est considéré comme un vœu, comme le démontre la décision de Shmuel, on peut conclure qu’un serment que l’on associe à un autre serment est considéré comme un serment.