נִטְמָא בָּעֲזָרָה וְנֶעֶלְמָה מִמֶּנּוּ טוּמְאָה וְכוּ׳. טוּמְאָה בַּעֲזָרָה מְנָלַן? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״אֶת מִשְׁכַּן ה׳ טִמֵּא״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״כִּי אֶת מִקְדַּשׁ ה׳ טִמֵּא״; אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְטוּמְאָה שֶׁבַּחוּץ, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְטוּמְאָה שֶׁבִּפְנִים.
§ La michna enseigne au sujet de quelqu’un qui était rituellement pur lorsqu’il est entré dans le Temple, mais qui est devenu impur alors qu’il se trouvait dans la cour du Temple , et ensuite son impureté lui a été cachée. La Guemara demande : D’où déduisons-nous que l’on est passible même si l’on a contracté une impureté dans la cour du Temple et que l’on n’est pas sorti immédiatement par le chemin le plus court, et pas seulement si l’on est entré dans la cour du Temple alors qu’on était déjà impur ? Rabbi Elazar dit : Un verset déclare : « Il a souillé le Tabernacle du Seigneur » (Nombres 19:13), et un verset déclare : « Car il a souillé le Temple du Seigneur » (Nombres 19:20). Si ce second verset n’est pas nécessaire pour le cas de celui qui a contracté une impureté à l’extérieur avant d’entrer dans la cour du Temple, puisque cette situation est déjà mentionnée dans le verset précédent, appliquez-le au cas de celui qui a contracté une impureté à l’intérieur de la cour du Temple.
וּקְרָאֵי מְיַתְּרִי?! הָא מִיצְרָךְ צְרִיכִי! דְּתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אִם נֶאֱמַר ״מִשְׁכָּן״, לָמָּה נֶאֱמַר ״מִקְדָּשׁ״? וְאִם נֶאֱמַר ״מִקְדָּשׁ״, לָמָּה נֶאֱמַר ״מִשְׁכָּן״? אִילּוּ נֶאֱמַר ״מִשְׁכָּן״ וְלֹא נֶאֱמַר ״מִקְדָּשׁ״, הָיִיתִי אוֹמֵר: עַל מִשְׁכָּן יְהֵא חַיָּיב – שֶׁהֲרֵי מָשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, וְעַל מִקְדָּשׁ לֹא יְהֵא חַיָּיב. וְאִם נֶאֱמַר ״מִקְדָּשׁ״ וְלֹא נֶאֱמַר ״מִשְׁכָּן״, הָיִיתִי אוֹמֵר: עַל מִקְדָּשׁ יְהֵא חַיָּיב – שֶׁהֲרֵי קְדוּשָּׁתוֹ קְדוּשַּׁת עוֹלָם, וְעַל מִשְׁכָּן לֹא יְהֵא חַיָּיב. לְכָךְ נֶאֱמַר ״מִשְׁכָּן״, לְכָךְ נֶאֱמַר ״מִקְדָּשׁ״.
La Guemara demande : Mais est-il vraiment superflu d’avoir ces deux versets, alors qu’un seul aurait suffi ? Ne sont-ils pas chacun nécessaires pour enseigner une règle nouvelle ? Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Elazar dit : S’il est écrit : « Tabernacle », pourquoi est-il écrit : « Temple » ? Et s’il est écrit : « Temple », pourquoi est-il écrit : « Tabernacle » ? Il explique : Si le verset avait dit seulement : « Tabernacle », et n’avait pas dit : « Temple », j’aurais dit que l’on est passible pour être entré dans le Tabernacle en état d’impureté, puisqu’il a été oint avec l’huile d’onction, et qu’il possède donc une sainteté plus grande, mais on n’est pas passible pour être entré dans le Temple, qui n’a pas été oint avec l’huile d’onction. Et si le verset avait dit seulement : « Temple », et n’avait pas dit : « Tabernacle », j’aurais dit que l’on est passible pour être entré dans le Temple en état d’impureté, puisque sa sainteté est une sainteté éternelle, mais on n’est pas passible pour être entré dans le Tabernacle, dont la sainteté n’était que temporaire. C’est pour cette raison qu’il est écrit : « Tabernacle », et pour cette raison qu’il est écrit : « Temple ».
רַבִּי אֶלְעָזָר הָכִי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ: מִכְּדִי מִשְׁכָּן אִיקְּרִי ״מִקְדָּשׁ״ וּמִקְדָּשׁ אִיקְּרִי ״מִשְׁכָּן״; נִכְתּוֹב אוֹ אִידֵּי וְאִידֵּי ״מִקְדָּשׁ״, אוֹ אִידֵּי וְאִידֵּי ״מִשְׁכָּן״! ״מִשְׁכָּן״ וּ״מִקְדָּשׁ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ תַּרְתֵּי.
La Guemara répond : Rabbi Elazar n’a pas fondé sa dérivation sur un verset superflu, mais sur le changement de formulation entre les deux versets. Voici ce qui lui pose difficulté : Puisque le Tabernacle est aussi appelé Temple et que le Temple est aussi appelé Tabernacle, alors que la Torah écrive soit dans les deux versets : Temple, soit dans les deux versets : Tabernacle ; pourquoi ai-je besoin des deux, « Tabernacle » et « Temple » ? Tire deux conclusions de cela, à savoir que l’on est passible même pour une impureté contractée à l’intérieur de l’enceinte, et que la halakha s’applique aussi bien au Tabernacle qu’au Temple.
בִּשְׁלָמָא מִקְדָּשׁ אִיקְּרִי מִשְׁכָּן – דִּכְתִיב: ״וְנָתַתִּי מִשְׁכָּנִי בְּתוֹכְכֶם״; אֶלָּא מִשְׁכָּן דְּאִיקְּרִי מִקְדָּשׁ – מְנָלַן? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״וְנָסְעוּ הַקְּהָתִים נֹשְׂאֵי הַמִּקְדָּשׁ״ – הָהוּא בְּאָרוֹן כְּתִיב! אֶלָּא מֵהָכָא: ״וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם״, וּכְתִיב: ״כְּכֹל אֲשֶׁר אֲנִי מַרְאֶה אוֹתְךָ אֵת תַּבְנִית הַמִּשְׁכָּן״.
La Guemara remet en question son hypothèse précédente : Soit, le Temple est aussi appelé Tabernacle, comme il est écrit : « Et Je placerai Mon Tabernacle au milieu de vous » (Lévitique 26:11), où la référence est au Temple, puisque le verset parle de ce qui se produira après que le peuple juif se sera établi sur sa terre. Mais d’où déduisons-nous que le Tabernacle est aussi appelé Temple ? Si nous disons que cela est déduit de ce qui est écrit : « Et les Kehatites, les porteurs du Temple, partirent » (Nombres 10:21), cette occurrence du terme Temple n’est pas écrite au sujet du Tabernacle ; elle est plutôt écrite au sujet de l’Arche et des autres ustensiles sacrés. Au contraire, cela est déduit d’ici : « Et qu’ils Me fassent un Temple, afin que Je réside parmi eux » (Exode 25:8), où la référence est au Tabernacle, car immédiatement après il est écrit : « Selon tout ce que Je te montre, le modèle du Tabernacle » (Exode 25:9).
וְהִשְׁתַּחֲוָה אוֹ שֶׁשָּׁהָה כְּדֵי הִשְׁתַּחֲוָאָה. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁהִשְׁתַּחֲוָה כְּלַפֵּי פְנִים, אֲבָל הִשְׁתַּחֲוָה כְּלַפֵּי חוּץ – שָׁהָה אִין, לֹא שָׁהָה לָא.
§ La michna enseigne : Si il s’est prosterné, ou s’il est resté dans la cour du Temple assez longtemps pour se prosterner, ou s’il est sorti par un chemin plus long alors qu’il aurait pu prendre un chemin plus court, il est tenu d’apporter une offrande à échelle variable. Rava dit : Ils ont enseigné cela seulement lorsqu’il s’est prosterné dans la cour du Temple tourné vers l’intérieur, en direction du Saint des Saints, car seule cela constitue une prosternation appropriée. Mais si il s’est prosterné tourné vers l’extérieur, cela n’est pas considéré comme une prosternation. Lorsqu’il se prosterne tourné vers l’extérieur, s’il est resté dans la cour du Temple assez longtemps pour se prosterner, oui, il est tenu, mais s’il n’est pas resté assez longtemps pour se prosterner, il n’est pas tenu.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא: אוֹ שֶׁשָּׁהָה בִּכְדֵי הִשְׁתַּחֲוָאָה – מִכְּלַל דְּהִשְׁתַּחֲוָאָה גּוּפַהּ בָּעֲיָא שְׁהִיָּיה; אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁהִשְׁתַּחֲוָה כְּלַפֵּי חוּץ, אֲבָל כְּלַפֵּי פְנִים – אַף עַל גַּב דְּלֹא שָׁהָה. וְהָכִי קָאָמַר: הִשְׁתַּחֲוָה כְּלַפֵּי פְנִים, אוֹ שֶׁשָּׁהָה כְּדֵי הִשְׁתַּחֲוָאָה בְּהָךְ הִשְׁתַּחֲוָאָה דִּכְלַפֵּי חוּץ – חַיָּיב.
Il y a ceux qui enseignent la déclaration de Rava au sujet de la dernière clause : Ou s’il s’est attardé dans la cour du Temple assez longtemps pour se prosterner, il est tenu d’apporter une offrande à échelle variable. On peut dire par déduction que la prosternation elle-même implique un délai, et le simple acte de se prosterner ne rend pas passible. À ce sujet, Rava dit : Ils ont enseigné cela seulement lorsqu’il s’est prosterné tourné vers l’extérieur. Dans un tel cas, il n’est passible que s’il s’est attardé assez longtemps pour se prosterner. Mais s’il s’est prosterné tourné vers l’intérieur en direction du Saint des Saints, il est passible même s’il ne s’est pas attardé aussi longtemps. Et c’est ce que la michna dit : S’il s’est prosterné tourné vers l’intérieur, ou s’il s’est attardé assez longtemps pour se prosterner alors qu’il était en train de se prosterner tourné vers l’extérieur, il est passible.
הֵיכִי דָּמֵי הִשְׁתַּחֲוָאָה דְּאִית בַּהּ שְׁהִיָּיה, וְהֵיכִי דָּמֵי הִשְׁתַּחֲוָאָה דְּלֵית בַּהּ שְׁהִיָּיה? דְּלֵית בַּהּ שְׁהִיָּיה – זוֹ כְּרִיעָה בְּעָלְמָא הִיא, דְּאִית בָּהּ שְׁהִיָּיה – פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de la prosternation dans lesquelles il y a un délai, et quelles sont les circonstances de la prosternation dans lesquelles il n’y a pas de délai ? La Guemara répond : En ce qui concerne la prosternation dans laquelle il n’y a pas de délai, il s’agit simplement de s’agenouiller. Quant à la prosternation dans laquelle il y a un délai, il s’agit de se prosterner en étendant les bras et les jambes en totale soumission.
וְכַמָּה שִׁיעוּר שְׁהִיָּיה? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ – רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי; וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ – רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר נַחְמָנִי. חַד אָמַר: כְּמֵימְרֵיהּ דְּהַאי פְּסוּקָא, וְחַד אָמַר: כְּמִ״וַּיִכְרְעוּ״ לְסֵיפָא. ״וְכֹל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל רֹאִים בְּרֶדֶת הָאֵשׁ וּכְבוֹד ה׳ עַל הַבָּיִת, וַיִּכְרְעוּ אַפַּיִם אַרְצָה עַל הָרִצְפָה, וַיִּשְׁתַּחֲווּ וְהוֹדוֹת לַה׳ כִּי טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ״.
La Guemara demande : Et quelle est la mesure de cette attente ? Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani et un autre Sage qui était avec lui sont en désaccord à ce sujet. Et qui est cet autre érudit ? Rabbi Shimon ben Pazi. Et certains disent qu’il s’agissait de Rabbi Shimon ben Pazi et d’un autre Sage qui était avec lui. Et qui est cet autre érudit ? Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani. Et certains disent qu’il s’agissait de Rabbi Shimon bar Naḥmani. Un Sage dit : C’est le temps nécessaire pour réciter ce verset suivant en entier, et un Sage dit : C’est le temps nécessaire pour réciter depuis les mots « et ils se prosternèrent » au milieu de ce verset jusqu’à la fin. Quel est le verset ? « Et lorsque tous les enfants d’Israël virent le feu descendre, et la gloire du Seigneur sur la Maison, ils s’inclinèrent le visage contre terre sur le pavement, se prosternèrent, et louèrent le Seigneur, disant : Car Il est bon, car Son amour fidèle dure à jamais » (II Chroniques 7:3).
תָּנוּ רַבָּנַן: קִידָּה – עַל אַפַּיִם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וַתִּקֹּד בַּת שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ״. כְּרִיעָה – עַל בִּרְכַּיִם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״מִכְּרֹעַ עַל בִּרְכָּיו״. הִשְׁתַּחֲוָאָה – זוֹ פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, וְכֵן אוֹמֵר: ״הֲבוֹא נָבוֹא אֲנִי וְאִמְּךָ וְאַחֶיךָ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לְךָ אָרְצָה״.
La Guemara traite plus en détail des différentes formes de prosternation. Les Sages ont enseigné : Le terme kidda indique le fait de tomber sur le visage, et ainsi le verset déclare : « Alors Bethsabée s’inclina [vatikkod] le visage contre terre » (I Rois 1:31). Keria signifie s’abaisser sur les genoux, et ainsi le verset déclare au sujet de Salomon : « Il se releva de devant l’autel du Seigneur, de s’être agenouillé [mikero’a] sur ses genoux » (I Rois 8:54). Hishtaḥava’a, cela signifie se prosterner en étendant les bras et les jambes dans une soumission totale, et ainsi le verset déclare que Jacob demanda, en réponse au récit de Joseph concernant son rêve : « Viendrons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner [lehishtaḥavot] devant toi jusqu’à terre ? » (Genèse 37:10), c’est-à-dire s’étendre complètement sur le sol.
בָּעֵי רָבָא: צָרִיךְ שְׁהִיָּיה לְמַלְקוּת, אוֹ אֵין צָרִיךְ שְׁהִיָּיה לְמַלְקוּת? לְקׇרְבָּן גְּמִירִי שְׁהִיָּיה, לְמַלְקוּת לָא גְּמִירִי שְׁהִיָּיה;
§ Rava soulève un dilemme : Est-il nécessaire de s’attarder assez longtemps pour se prosterner pour encourir la flagellation ? Si quelqu’un a été averti de ne pas rester dans la cour du Temple en état d’impureté, n’est-il passible de la flagellation que s’il y reste assez longtemps pour se prosterner, entièrement étendu sur le sol ? Ou n’est-il pas nécessaire de s’attarder pour encourir la flagellation, et devient-il immédiatement passible de la recevoir ? La Guemara clarifie les deux possibilités : Est-ce appris comme une tradition que le fait de s’attarder est nécessaire pour encourir l’obligation d’apporter une offrande, mais n’est-il pas appris comme une tradition que le fait de s’attarder est nécessaire pour devenir passible de recevoir la flagellation ?