וְכֵן תַּעֲשׂוּ״ – לְדוֹרוֹת.
et ainsi tu feras” (Exode 25:9). Les derniers mots : “Et ainsi tu feras” sont superflus et viennent enseigner : Comme cela a été fait dans le Tabernacle, ainsi tu feras dans les générations futures.
מֵתִיב רָבָא: כׇּל הַכֵּלִים שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה – מְשִׁיחָתָן מְקַדַּשְׁתָּן, מִכָּאן וְאֵילָךְ – עֲבוֹדָתָן מְחַנַּכְתָּן. וְאַמַּאי? וְנֵימָא ״וְכֵן תַּעֲשׂוּ״ – לְדוֹרוֹת!
Rava soulève une objection à partir d’une baraita : En ce qui concerne tous les ustensiles sacrés que Moïse a fabriqués, leur onction avec de l’huile les consacre. À partir de ce moment et par la suite, dans les générations après Moïse, les nouveaux ustensiles n’ont pas besoin d’onction pour être consacrés ; au contraire, leur usage dans le service du Temple les inaugure et les rend aptes à l’usage. Rava précise l’objection : Mais pourquoi en est-il ainsi ? Disons ici aussi que l’expression « ainsi ferez-vous » enseigne que la même chose doit être faite dans les futures générations.
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיִּמְשָׁחֵם וַיְקַדֵּשׁ אֹתָם״ – אוֹתָם בִּמְשִׁיחָה, וְלֹא לְדוֹרוֹת בִּמְשִׁיחָה.
La Guemara répond : Là-bas, c’est différent, car le verset déclare au sujet du Tabernacle et de ses ustensiles : « Et il les oignit et les consacra » (Nombres 7:1). Cela enseigne que seuls « eux », les ustensiles fabriqués par Moïse, sont consacrés par l’onction, mais les ustensiles fabriqués dans les générations ultérieures ne sont pas consacrés par l’onction.
אֵימָא אוֹתָם – בִּמְשִׁיחָה, לְדוֹרוֹת – אוֹ בִּמְשִׁיחָה אוֹ בַּעֲבוֹדָה! אָמַר רַב פָּפָּא, אָמַר קְרָא: ״אֲשֶׁר יְשָׁרְתוּ בָם בַּקֹּדֶשׁ״, תְּלָאָן הַכָּתוּב בְּשֵׁירוּת.
La Guemara demande : Pourquoi ne pas dire : « Ceux-là, » les ustensiles fabriqués par Moïse, il les a consacrés spécifiquement par onction, mais les ustensiles fabriqués dans les générations futures sont consacrés soit par onction, soit par leur service initial ? Rav Pappa a dit : Le verset déclare : « Et ils prendront tous les ustensiles du service, avec lesquels ils serviront dans le Sanctuaire » (Nombres 4:12). Le futur « ils serviront » indique que le verset parle d’ustensiles futurs, et le verset les fait dépendre du service, enseignant que, dans les générations futures, les ustensiles seront consacrés par leur service initial.
הַשְׁתָּא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״אֲשֶׁר יְשָׁרְתוּ״, ״אוֹתָם״ לְמָה לִי? אִי לָא כְּתַב רַחֲמָנָא ״אוֹתָם״, הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי הוּא דְּבִמְשִׁיחָה, לְדוֹרוֹת – בִּמְשִׁיחָה וּבַעֲבוֹדָה, דְּהָא כְּתִב ״וְכֵן תַּעֲשׂוּ״; מִיעֵט רַחֲמָנָא ״אוֹתָם״ – אוֹתָם בִּמְשִׁיחָה, וְלֹא לְדוֹרוֹת בִּמְשִׁיחָה.
La Guemara demande : Maintenant que le Miséricordieux a écrit : « avec lesquels ils serviront », pourquoi ai-je besoin du terme restrictif « eux » ? La Guemara répond : Si le Miséricordieux n’avait pas écrit « eux », j’aurais dit qu’eux, les ustensiles fabriqués par Moïse, ont été consacrés par l’onction בלבד, mais les ustensiles fabriqués dans les générations ultérieures doivent être consacrés à la fois par l’onction et par le service, comme la Torah a écrit : « Et ainsi vous ferez », en référence aux générations futures. Par conséquent, le Miséricordieux a exclu les ustensiles futurs de l’onction en disant « eux », enseignant que seuls eux ont été consacrés par l’onction, mais dans les générations ultérieures ils ne sont pas consacrés par l’onction.
וּבִשְׁתֵּי תּוֹדוֹת. תָּנָא: שְׁתֵּי תּוֹדוֹת שֶׁאָמְרוּ – בְּלַחְמָן וְלֹא בִּבְשָׂרָן. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב חִסְדָּא, דְּאָמַר קְרָא: ״וָאַעֲמִידָה שְׁתֵּי תוֹדֹת גְּדוֹלֹת וְתַהֲלֻכֹת לַיָּמִין מֵעַל לַחוֹמָה״.
§ La michna enseigne : Et avec deux offrandes de remerciement. Un tanna a enseigné dans une baraita : Et en ce qui concerne les deux offrandes de remerciement mentionnées ici, la référence est à leurs pains, mais non à leur chair. Une offrande animale de remerciement est accompagnée de quarante pains apportés comme offrande de farine. Dix pains sont levés, et le reste se compose de dix de chacun de trois types de pain azyme. La Guemara demande : D'où ces éléments sont-ils dérivés ? Rav Ḥisda a dit : Comme le verset l'énonce au sujet de la consécration de la muraille de Jérusalem aux jours d'Ezra : « Et j'ai placé deux grandes offrandes de remerciement, et nous avons avancé en procession vers la droite sur la muraille » (Néhémie 12:31).
מַאי ״גְּדוֹלוֹת״? אִילֵּימָא מִמִּין גָּדוֹל מַמָּשׁ, נֵימָא ״פָּרִים״! אֶלָּא גְּדוֹלוֹת בְּמִינָן.
La Guemara clarifie le sens de ce verset : Que signifie « grandes » ? Si nous disons que les animaux de l’offrande de remerciement étaient littéralement d’une grande espèce, c’est-à-dire des bœufs, et non d’une petite espèce, c’est-à-dire des moutons, que le verset déclare qu’il s’agissait de bœufs. Au contraire, disons qu’il a pris des animaux parmi les plus grands et de la meilleure qualité de leur espèce.
מִי אִיכָּא חֲשִׁיבוּתָא קַמֵּי שְׁמַיָּא? וְהָתַנְיָא: נֶאֱמַר בְּעוֹלַת בְּהֵמָה ״אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ״, בְּעוֹלַת הָעוֹף ״אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ״, בְּמִנְחָה ״אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ״; מְלַמֵּד שֶׁאֶחָד הַמַּרְבֶּה וְאֶחָד הַמַּמְעִיט, וּבִלְבַד שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ לְאָבִיו שֶׁבַּשָּׁמַיִם!
La Guemara soulève cette difficulté : La taille de l’offrande a-t-elle une quelconque importance devant le Ciel ? Mais n’est-il pas enseigné dans une michna (Menaḥot 110a) : Il est dit au sujet d’un holocauste animal : « Une offrande consumée par le feu, une odeur agréable » (Lévitique 1:9), et il est aussi dit au sujet d’un holocauste d’oiseau : « Une offrande consumée par le feu, une odeur agréable » (Lévitique 1:17), et il est aussi dit au sujet d’une offrande de farine : « Une offrande consumée par le feu, une odeur agréable » (Lévitique 2:2). La même expression est employée dans les trois cas, bien que les trois offrandes aient des valeurs différentes. Cela enseigne que celui qui apporte un sacrifice important et celui qui apporte un sacrifice modeste ont un mérite égal, et les deux offrandes sont acceptées comme une odeur agréable, à condition que l’on dirige son cœur vers son Père au Ciel.
אֶלָּא גְּדוֹלָה שֶׁבַּתּוֹדָה, וּמַאי נִיהוּ – חָמֵץ. דִּתְנַן: הַתּוֹדָה הָיְתָה בָּאָה מִן חָמֵשׁ סְאִין יְרוּשַׁלְמִיּוֹת, שֶׁהֵן שֵׁשׁ מִדְבָּרִיּוֹת, שֶׁהֵן שְׁתֵּי אֵיפוֹת; וְהָאֵיפָה שָׁלֹשׁ סְאִין, עֶשְׂרִים עִשָּׂרוֹן – עֲשָׂרָה לֶחָמֵץ וַעֲשָׂרָה לַמַּצָּה. וּבַמַּצָּה שְׁלֹשָׁה מִינִין: חַלּוֹת, רְקִיקִין וּרְבוּכָה.
Au contraire, disons que « grandes offrandes de remerciement » signifie l’élément le plus grand dans les pains de l’offrande de remerciement. Et qu’est-ce que c’est ? Les pains levés, comme nous l’avons appris dans une michna (Menaḥot 76b) : La portion de farine de l’offrande de remerciement provenait de cinq se’a de Jérusalem de farine, qui sont équivalents à six se’a du désert. Le se’a mentionné dans la Torah lorsque le peuple juif était dans le désert est plus petit que le se’a utilisé plus tard à Jérusalem. Cela correspond à deux éphas, chaque épha étant de trois se’a du désert. Ces deux éphas représentent vingt mesures d’un dixième d’épha. Dix de ces dixièmes étaient utilisés pour faire des pains levés et dix de ces dixièmes étaient utilisés pour faire des pains sans levain. Et les pains sans levain étaient de trois types : des pains de matsa, des galettes, et des mesures de farine mélangées avec de l’eau et de l’huile. En conséquence, les pains levés étaient trois fois plus grands que les pains sans levain, et ce sont les pains levés qui étaient utilisés pour consacrer des ajouts à la ville.
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: אֵין הָעֲזָרָה מִתְקַדֶּשֶׁת, אֶלָּא בִּשְׁיָרֵי מִנְחָה. מַאי טַעְמָא? כִּירוּשָׁלַיִם; מָה יְרוּשָׁלַיִם – דָּבָר הַנֶּאֱכָל בָּהּ מְקַדְּשָׁהּ, אַף עֲזָרָה – דָּבָר הַנֶּאֱכָל בָּהּ מְקַדְּשָׁהּ.
Rami bar Ḥama dit : On peut déduire de cette baraita que la cour du Temple n’est consacrée qu’avec le reste de l’offrande de farine, et non par les pains d’une offrande de reconnaissance. Le reste de l’offrande de farine est la partie qui demeure après qu’une poignée de celle-ci et son encens ont été sacrifiés sur l’autel ; ce reste est mangé par un prêtre. Quelle en est la raison ? La consécration de la cour du Temple est comme la consécration de Jérusalem. De même que, en ce qui concerne Jérusalem, un élément qui est mangé spécifiquement en elle, c’est-à-dire les pains d’une offrande de reconnaissance, qui sont mangés partout dans la ville, consacre la ville, de même, en ce qui concerne la cour du Temple, un élément qui est mangé spécifiquement en elle, c’est-à-dire le reste de l’offrande de farine, consacre la cour.
אַטּוּ לַחְמֵי תוֹדָה, בַּעֲזָרָה מִי לָא מִתְאַכְלִי?! אֶלָּא כִּירוּשָׁלַיִם – מָה יְרוּשָׁלַיִם דָּבָר הַנֶּאֱכָל בָּהּ וְיוֹצֵא מִמֶּנָּה נִפְסָל, אַף עֲזָרָה דָּבָר הַנֶּאֱכָל בָּהּ וְהַיּוֹצֵא מִמֶּנָּה נִפְסָל.
La Guemara demande : Cela veut-il dire que les pains d’une offrande de remerciement ne sont pas mangés dans la cour du Temple ? Plutôt, la comparaison doit être établie ainsi : la consécration de la cour du Temple est comme la consécration de Jérusalem. De même que Jérusalem est consacrée avec les pains d’une offrande de remerciement, qui est un élément mangé à l’intérieur de la ville, et qui, s’il sort de là, est disqualifié, de même la cour du Temple est consacrée avec un élément mangé à l’intérieur de la cour, et qui, s’il sort de là, est disqualifié. Cet élément est le reste d’une offrande de farine, qui ne peut être mangé que par un prêtre et uniquement dans la cour du Temple.
אִי מָה לְהַלָּן חָמֵץ, אַף כָּאן חָמֵץ?! וְתִסְבְּרַהּ? מִנְחַת חָמֵץ מִי אִיכָּא?!
La Guemara demande : Si la consécration de la cour du Temple est dérivée de la consécration de Jérusalem, disons alors ce qui suit : De même que là-bas, en ce qui concerne la consécration d’un ajout fait à Jérusalem, les pains utilisés dans la cérémonie sont levés, de même ici, en ce qui concerne la consécration d’un ajout fait à la cour du Temple, le reste de l’offrande de farine devrait être levé. La Guemara exprime sa surprise face à cette suggestion : Et comment peux-tu comprendre cela ? Existe-t-il une offrande de farine levée ? Une offrande de farine est toujours sans levain.