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לְמֵימְרָא דִּמְחַיֵּיב רַבִּי אַתּוֹלָדָה בִּמְקוֹם אָב?
Cela veut-il dire que Rabbi Yehuda HaNasi considère quelqu’un responsable pour une sous-catégorie de travail interdit lorsqu’elle est accomplie avec une catégorie principale de travail interdit ? Après tout, faire sortir et faire entrer constituent une catégorie principale de travail interdit et sa sous-catégorie.
וְהָתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״דְּבָרִים״ ״הַדְּבָרִים״ ״אֵלֶּה הַדְּבָרִים״ — אֵלּוּ שְׁלֹשִׁים וָתֵשַׁע מְלָאכוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי!
N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda HaNasi dit que le Chabbat est mentionné dans le verset : « Voici les choses [eleh hadevarim] que Dieu a ordonné d’accomplir » (Exode 35:1) ? Plusieurs points sont déduits des emphases superflues dans ce verset. La Torah aurait simplement pu dire : Ceci est une chose [davar]. Lorsqu’il est dit choses [devarim] au pluriel, cela enseigne au moins deux points. L’ajout de l’article défini les dans l’expression les choses [hadevarim] ajoute au moins un troisième point. La valeur numérologique des lettres du mot eleh, qui sont alef, un ; lamed, trente ; et heh, cinq, est de trente-six. L’expression : Voici les choses, fait allusion à trois plus trente-six déductions, c’est-à-dire aux trente-neuf travaux interdits qui furent énoncés à Moïse au Sinaï. Puisque Rabbi Yehuda HaNasi soutient qu’il existe un nombre fixe de catégories principales de travail, il tiendrait certainement une personne responsable pour les catégories principales, mais non pour les sous-catégories.
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף: מָר אַהָא מַתְנֵי לַהּ, וְקַשְׁיָא לֵיהּ דְּרַבִּי אַדְּרַבִּי. אֲנַן אַדְּרַבִּי יְהוּדָה מַתְנִינַן — וְלָא קַשְׁיָא לַן.
Rav Yossef lui dit : Le Maître a enseigné la déclaration de Rav Yehouda à ce sujet, et par conséquent, il rencontre une difficulté. Une déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi contredit une autre déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi. Nous apprenons la déclaration de Rav Yehouda concernant l’opinion de Rabbi Yehouda, et par conséquent il n’y a pas de difficulté pour nous.
דְּתַנְיָא: מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים וְעָבַר אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים — רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.
Comme cela a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne celui qui a lancé un objet du domaine privé vers le domaine public, et qu’il a parcouru quatre coudées dans le domaine public, Rabbi Yehouda le considère responsable, et les Sages le considèrent exempt.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מְחַיֵּיב הָיָה רַבִּי יְהוּדָה שְׁתַּיִם — אַחַת מִשּׁוּם הוֹצָאָה וְאַחַת מִשּׁוּם הַעֲבָרָה. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ חֲדָא הוּא דִּמְחַיֵּיב, מִכְּלָל דְּרַבָּנַן פָּטְרִי לִגְמָרֵי? הָא אַפֵּיק לַהּ מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים. מִמַּאי? דִּילְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ רַבִּי יְהוּדָה חֲדָא הוּא דִּמְחַיֵּיב, וְרַבָּנַן פָּטְרִי לִגְמָרֵי, וְהֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? כְּגוֹן דְּאָמַר עַד דְּנָפְקָא לֵיהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים תְּנוּח.
Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Rabbi Yehuda le considérerait comme passible d’apporter deux sacrifices expiatoires dans ce cas, un pour avoir sorti de l’espace privé vers l’espace public et un pour avoir transporté l’objet sur quatre coudées dans l’espace public. Les Sages le considèrent exempt pour avoir transporté quatre coudées dans l’espace public. Et il faut l’interpréter ainsi parce que, s’il te venait à l’esprit de dire que Rabbi Yehuda le considère passible d’apporter seulement un sacrifice expiatoire, par déduction, les Sages le considèrent entièrement exempt. Comment cela est-il possible ? N’a-t-il pas sorti un objet de l’espace privé vers l’espace public ? Cette preuve est rejetée : Et d’où tires-tu cette conclusion ? Peut-être pourrais-je en réalité te dire que Rabbi Yehuda le considère passible d’apporter un sacrifice expiatoire et les Sages le considèrent entièrement exempt, et comment trouves-tu cette circonstance ? Dans un cas où il a dit : Mon intention est que, dès qu’il, l’objet, sort dans l’espace public, il vienne immédiatement à reposer.
וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: אָמְרִינַן קְלוּטָה כְּמָה שֶׁהוּנְּחָה, וְאִיתְעֲבִידָא לֵיהּ מַחְשַׁבְתּוֹ. וְרַבָּנַן סָבְרִי: לָא אָמְרִינַן קְלוּטָה כְּמָה שֶׁהוּנְּחָה, וְלָא אִיתְעֲבִידָא לֵיהּ מַחְשַׁבְתּוֹ! אֲבָל אַתּוֹלָדָה בִּמְקוֹם אָב לָא מְחַיֵּיב רַבִּי יְהוּדָה.
Et ils sont en désaccord à ce sujet : Rabbi Yehuda soutient que nous disons : Un objet dans l’espace aérien est considéré comme au repos, et par conséquent son intention a été accomplie. Dès que l’objet entre dans l’espace aérien du domaine public, il est considéré comme étant au repos. Et les Sages soutiennent que nous ne disons pas : Un objet dans l’espace aérien est considéré comme au repos, et par conséquent son intention n’a pas été accomplie et il est exempté. Cependant, Rabbi Yehuda ne tient pas quelqu’un pour responsable d’une sous-catégorie de travail effectuée avec une catégorie principale de travail.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה מוֹסִיף אַף הַשּׁוֹבֵט וְהַמְדַקְדֵּק. אָמְרוּ לוֹ: שׁוֹבֵט הֲרֵי הוּא בִּכְלַל מֵיסֵךְ, מְדַקְדֵּק הֲרֵי הוּא בִּכְלַל אוֹרֵג. מַאי לָאו דְּעַבְדִינְהוּ לְתַרְוַויְיהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי, וּשְׁמַע מִינַּהּ מְחַיֵּיב הָיָה רַבִּי יְהוּדָה אַתּוֹלָדָה בִּמְקוֹם אָב!
La Guemara rejette cette explication : Il ne pourrait pas te venir à l’esprit de dire cela, car il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda ajoute même l’alignement des fils de chaîne et le battage des fils de trame à la liste des catégories principales de travail. Les Sages lui dirent : L’alignement est une sous-catégorie subsumée sous la catégorie principale de l’étirement des fils de chaîne dans le métier à tisser, et le battage est subsumé sous la catégorie principale du tissage. Cela ne se réfère-t-il pas à un cas où quelqu’un a accompli les deux, l’alignement et le battage, ensemble, et l’on en apprend que Rabbi Yehuda considère une personne responsable à la fois pour une sous-catégorie et pour une catégorie principale de travail lorsqu’elles sont accomplies ensemble ?
מִמַּאי? דִּילְמָא לְעוֹלָם דְּעַבְדַּהּ לְהָא לְחוּדַּהּ וְהָא לְחוּדַּהּ, וְרַבִּי יְהוּדָה אַתּוֹלָדָה בִּמְקוֹם אָב לָא מְחַיֵּיב, וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי: דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר הָנֵי אָבוֹת נִינְהוּ, וְרַבָּנַן סָבְרִי הָנֵי תּוֹלְדוֹת נִינְהוּ.
La Guemara rejette cette preuve : Et d’où tires-tu cette conclusion ? Peut-être s’agit-il en réalité d’un cas où une personne a accompli cette action seule et cette action seule, et Rabbi Yehuda ne considère pas une personne comme responsable pour une sous-catégorie de travail accomplie avec une catégorie primaire de travail. Et Rabbi Yehuda et les Sages sont en désaccord à ce sujet. Rabbi Yehuda soutient ce qui suit : Ces actions d’aligner et de frapper sont des catégories primaires supplémentaires de travail, et les Sages soutiennent ce qui suit : Ce sont des sous-catégories.
תֵּדַע, דְּקָתָנֵי ״רַבִּי יְהוּדָה מוֹסִיף״. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא אָבוֹת, מַאי מוֹסִיף — מוֹסִיף אָבוֹת. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ תּוֹלָדוֹת, מַאי מוֹסִיף? אִיתְּמַר נָמֵי, רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: לֹא חִיֵּיב רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא אַחַת.
Sache qu’il en est ainsi, comme la baraitaenseigne : Rabbi Yehouda ajoute. La Guemara explique cette citation de la baraita : Soit, si tu dis que Rabbi Yehouda voulait dire qu’il s’agit de catégories principales de travail, quel est le sens de : Il ajoute ? Cela signifie qu’il ajoute des catégories principales de travail. Cependant, si tu dis qu’il voulait dire qu’il s’agit de sous-catégories, quel est le sens de : Il ajoute ? Il a aussi été déclaré que Rabba et Rav Yossef ont tous deux dit : Rabbi Yehouda l’a jugé passible d’apporter une seule offrande expiatoire.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וּלְמַאי דִּסְלֵיק אַדַּעְתִּין מֵעִיקָּרָא דִּמְחַיֵּיב הָיָה רַבִּי יְהוּדָה שְׁתַּיִם? אִי לְהָכָא קָבָעֵי לַהּ — לְהָכָא לָא קָבָעֵי לַהּ. אִי לְהָכָא קָבָעֵי לַהּ — לְהָכָא לָא קָבָעֵי לַהּ. אֲמַר לֵיהּ: בְּאוֹמֵר ״כׇּל מָקוֹם שֶׁתִּרְצֶה — תָּנוּחַ״.
Ravina dit à Rav Ashi : Et selon ce qui nous était d’abord venu à l’esprit, à savoir que Rabbi Yehuda considérait la personne comme passible d’apporter deux sacrifices expiatoires, comment pourrait-elle être passible à la fois pour avoir transporté depuis le domaine privé et pour avoir porté sur quatre coudées dans le domaine public ? Si quelqu’un a seulement voulu que l’objet tombe ici au début du domaine public, il ne voulait pas qu’il tombe ici, à quatre coudées à l’intérieur du domaine public. Inversement, si quelqu’un a seulement voulu que l’objet tombe ici, à quatre coudées à l’intérieur du domaine public, il ne voulait pas qu’il tombe ici, au début du domaine public. Rav Ashi dit à Ravina : Cela est possible dans un cas où quelqu’un dit : Quel que soit l’endroit où il voudra se poser, qu’il se pose là. La personne a indiqué que son intention serait réalisée partout où l’objet lancé atterrirait.
פְּשִׁיטָא נִתְכַּוֵּון לִזְרוֹק שְׁמֹנֶה וְזָרַק אַרְבַּע — הֲרֵי כָּתַב ״שֵׁם״ מִשִּׁמְעוֹן. נִתְכַּוֵּון לִזְרוֹק אַרְבַּע וְזָרַק שְׁמֹנֶה — מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: הָא אַפֵּיק לֵיהּ, אוֹ דִילְמָא: הֵיכָא דְּבָעֵי, הָא לָא נָח. וְלָאו הַיְינוּ דַּאֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי, וַאֲמַר לֵיהּ: בְּאוֹמֵר ״כׇּל מָקוֹם שֶׁתִּרְצֶה תָּנוּחַ״.
Concernant le fait de lancer un objet pendant le Chabbat d’un domaine à un autre et à l’intérieur d’un seul domaine, la Guemara soulève plusieurs questions au sujet de l’intention au moment du lancer. Il est évident que celui qui avait l’intention de lancer un objet sur huit coudées dans un domaine public et l’a effectivement lancé seulement sur quatre coudées est passible, parce que ce cas est semblable à un cas où quelqu’un a écrit le mot shem, les deux premières lettres du nom Shimon. Dans le cas de l’écriture de shem, l’individu a accompli le travail interdit consistant à écrire un mot de deux lettres, même s’il n’a pas achevé le mot qu’il avait initialement l’intention d’écrire. La question est la suivante : Quelle est la halakha si quelqu’un avait l’intention de lancer un objet sur quatre coudées et l’a lancé sur huit ? Disons-nous qu’il a effectivement transporté l’objet, ou peut-être disons-nous qu’en fin de compte l’objet n’est pas tombé là où il voulait qu’il tombe ? Mais n’est-ce pas précisément ce que Ravina a dit à Rav Ashi, comme mentionné ci-dessus ? Et Rav Ashi a dit en réponse qu’il s’agit d’un cas où l’on dit : Quel que soit l’endroit où il veut se poser, qu’il se pose là. Dans un tel scénario, on est passible, parce qu’on a exprimé le fait qu’on est satisfait de tout travail qui sera accompli avec l’objet.
וּדְקָאָמְרַתְּ הֲרֵי כָּתַב ״שֵׁם״ מִשִּׁמְעוֹן, מִי דָּמֵי? הָתָם כַּמָּה דְּלָא כְּתִיב ״שֵׁם״ לָא מִכְּתִיב לֵיהּ ״שִׁמְעוֹן״, הָכָא כַּמָּה דְּלָא זָרֵיק אַרְבַּע — לָא מִיזְדַּרְקִי לֵיהּ תַּמְנֵי?!
De plus, le premier cas, qui semble évident, nécessite également une clarification. Et ce que tu as dit, à savoir que cela est semblable à un cas où quelqu’un a écrit le mot shem, les deux premières lettres du nom Shimon, est-ce en fait semblable ? Là-bas, tant que les lettres de shem, shin et mem, ne sont pas écrites, le nom Shimon ne peut pas être écrit. Ici, lorsqu’une personne avait l’intention de lancer l’objet sur huit coudées et ne l’a lancé que sur quatre, est-il vrai que tant qu’il n’a pas été lancé sur quatre coudées, il ne peut pas être lancé sur huit ? Un objet peut être lancé sur huit coudées sans d’abord retomber après quatre coudées. La question demeure sans résolution.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַזּוֹרֵק מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לִרְשׁוּת הָרַבִּים וּרְשׁוּת הַיָּחִיד בָּאֶמְצַע, אַרְבַּע אַמּוֹת — חַיָּיב,
Les Sages ont enseigné : En ce qui concerne celui qui jette un objet pendant le Chabbat du domaine public vers l'autre domaine public à travers le domaine privé, il est responsable s'il jette un objet sur une distance totale de quatre coudées dans les deux parties du domaine public.

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