וְרַבִּי עֲקִיבָא לְמַאי הִלְכְתָא אִיתַּקַּשׁ לְנִדָּה? — לְמַשָּׂא, לַוקְּשֵׁיהּ לִנְבֵלָה! אִין, הָכִי נָמֵי. אֶלָּא: מָה נִדָּה אֵינָהּ לְאֵבָרִין, אַף עֲבוֹדָה זָרָה אֵינָהּ לְאֵבָרִין. אֶלָּא הָא דְּבָעֵי רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא: עֲבוֹדָה זָרָה יֶשְׁנָהּ לְאֵבָרִים אוֹ אֵינָהּ לְאֵבָרִים — תִּיפְשׁוֹט לֵיהּ מֵהָא בֵּין לְרַבָּנַן בֵּין לְרַבִּי עֲקִיבָא דְּאֵינָהּ לְאֵבָרִים! רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא כְּרַבָּה מַתְנֵי, וּבָעֵי לַהּ אַלִּיבָּא דְרַבִּי עֲקִיבָא.
Et selon l’opinion de Rabbi Akiva, à propos de quelle halakha l’idolâtrie a-t-elle été mise en parallèle avec une femme menstruée ? Si c’était pour enseigner la halakha de l’impureté transmise par le port, qu’elle soit mise en parallèle avec une carcasse d’animal et non avec une femme menstruée et les animaux rampants. La Guemara répond : Oui, c’est bien le cas. Cependant, la mise en parallèle avec une femme menstruée enseigne : De même qu’une femme menstruée ne transmet pas l’impureté par ses membres, car une femme menstruée qui s’appuie sur un objet avec un seul membre ne transmet pas l’impureté transmise par le port (Ra’avad), de même, une idole ne transmet pas l’impureté par ses membres, et une partie d’une idole ne transmet pas l’impureté. La Guemara demande : Mais ce que Rav Ḥama bar Guria a soulevé comme dilemme : l’idolâtrie a-t-elle la capacité de transmettre l’impureté par membres ou ne l’a-t-elle pas la capacité de transmettre l’impureté par ses membres ; résous le dilemme à partir de cela, puisque selon les Sages comme selon Rabbi Akiva, elle ne transmet pas l’impureté par membres. Selon cette explication, Rabbi Akiva est d’accord avec les Sages. La Guemara rejette cela : Rav Ḥama bar Guria a enseigné conformément à l’explication de Rabba et a soulevé le dilemme conformément à l’opinion de Rabbi Akiva.
מֵיתִיבִי: עֲבוֹדָה זָרָה כְּשֶׁרֶץ וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ כְּשֶׁרֶץ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עֲבוֹדָה זָרָה כְּנִדָּה וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ כְּשֶׁרֶץ. בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי אֶלְעָזָר נִיחָא, אֶלָּא לְרַבָּה קַשְׁיָא! אָמַר לָךְ רַבָּה: מִי אַלִּימָא מִמַּתְנִיתִין, דְּקָתָנֵי: ״עֵצָיו וַאֲבָנָיו וַעֲפָרָיו מְטַמְּאִין כְּשֶׁרֶץ״, וְאוֹקִימְנָא, מַאי כְּשֶׁרֶץ — דְּלָא מְטַמֵּא בְּאֶבֶן מְסָמָא, הָכָא נָמֵי דְּלָא מְטַמֵּא בְּאֶבֶן מְסָמָא.
La Guemara clarifie maintenant les explications de Rabba et de Rabbi Elazar à la lumière d’autres sources. La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une baraita : L’impureté rituelle de l’idolâtrie est comme celle d’un animal rampant, et l’impureté rituelle de ses accessoires est comme celle d’un animal rampant. Rabbi Akiva dit : L’impureté rituelle de l’idolâtrie est comme celle d’une femme menstruée, et l’impureté rituelle de ses accessoires est comme celle d’un animal rampant. Certes, selon l’opinion de Rabbi Elazar, cela s’explique bien. Cependant, selon l’opinion de Rabba, cela est difficile. Le différend entre Rabbi Akiva et les Sages dans cette baraita porte sur la question de savoir si l’idolâtrie est assimilée à un animal rampant et ne transmet pas l’impureté par le port, ou si elle est assimilée à une femme menstruée et transmet l’impureté par le port. Selon Rabba, les Sages conviennent qu’elle transmet bien l’impureté par le port. Rabba aurait pu te dire : La preuve tirée de cette baraitaest-elle plus forte que la mishna du traité Avoda Zara, qui enseigne : Son bois, ses pierres et sa poussière transmettent l’impureté comme un animal rampant ? À propos de cette mishna, nous avons établi : Que signifie comme un animal rampant ? Cela signifie qu’elle est comme un animal rampant en ce sens qu’elle ne transmet pas l’impureté au moyen d’une pierre très lourde. Ici aussi, l’analogie avec un animal rampant dans la baraita est au sens où elle ne transmet pas l’impureté par une pierre très lourde.
מֵיתִיבִי: נָכְרִי וְנׇכְרִית, עֲבוֹדָה זָרָה וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ — הֵן וְלֹא הֶיסֵּטָן. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: הֵן וְהֶיסֵּטָן. בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי אֶלְעָזָר נִיחָא, אֶלָּא לְרַבָּה קַשְׁיָא. אָמַר לָךְ רַבָּה: וְלִיטַעְמָיךְ נָכְרִי וְנׇכְרִית נָמֵי, הֵן וְלֹא הֶיסֵּטָן?! וְהָתַנְיָא: ״דַּבֵּר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״ — בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מְטַמְּאִין בְּזִיבָה וְאֵין גּוֹיִם מְטַמְּאִין בְּזִיבָה, אֲבָל גָּזְרוּ עֲלֵיהֶן שֶׁיְּהוּ כְּזָבִין לְכׇל דִּבְרֵיהֶן.
La Guemara soulève une objection à partir de ce que nous avons appris : Un homme non-juif et une femme non-juive, au sujet desquels les Sages ont décrété qu’ils transmettent l’impureté comme un zav, l’idolâtrie et ses accessoires, tous transmettent l’impureté. Eux transmettent l’impureté, et non leur mouvement, c’est-à-dire qu’ils ne transmettent pas l’impureté à celui qui les déplace. Rabbi Akiva dit : Eux comme leur mouvement transmettent l’impureté. Certes, selon l’explication de Rabbi Elazar, cela s’explique bien ; cependant, selon l’explication de Rabba, cela est difficile. Rabba aurait pu te dire : Et selon ton raisonnement, au sujet d’un homme non-juif et d’une femme non-juive également, est-ce que eux transmettent l’impureté et leur mouvement ne transmet pas l’impureté ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Parlez aux enfants d’Israël et dites-leur : lorsqu’un homme a un écoulement de son corps, son écoulement est impur » (Lévitique 15:2), selon la loi de la Torah, seuls les enfants d’Israël deviennent impurs par l’écoulement d’un zav, et les non-Juifs ne deviennent pas impurs par l’écoulement d’un zav ? Mais les Sages ont décrété qu’ils soient considérés comme un zav pour toutes leurs questions halakhiques. Puisque les non-Juifs ont le statut juridique d’un zav, ils devraient transmettre l’impureté par le port. Par conséquent, la baraita qui affirme que les non-Juifs ne transmettent pas l’impureté par le port est corrompue et doit être amendée.
אֶלָּא רַבָּה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: נָכְרִי וְנׇכְרִית — הֵן וְהֶיסֵּטָן וְאֶבֶן מְסָמָא שֶׁלָּהֶן. עֲבוֹדָה זָרָה — הִיא וְהֶיסֵּטָהּ, אֲבָל לֹא אֶבֶן מְסָמָא שֶׁלָּהּ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עֲבוֹדָה זָרָה — הִיא וְהֶסֵּיטָהּ וְאֶבֶן מְסָמָא שֶׁלָּהּ. וְרַבִּי אֶלְעָזָר מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: נָכְרִי וְנׇכְרִית — הֵן וְהֶיסֵּטָן וְאֶבֶן מְסָמָא שֶׁלָּהֶן. עֲבוֹדָה זָרָה — הִיא וְלֹא הֶיסֵּטָהּ. וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עֲבוֹדָה זָרָה — הִיא וְהֶסֵּיטָהּ.
Au contraire, Rabba explique et ajoute à la baraita conformément à son raisonnement : Un homme non-juif et une femme non-juive transmettent l’impureté, eux-mêmes, leur mouvement et leur pierre très lourde. Et l’idolâtrie transmet l’impureté, elle-même et son mouvement, mais non sa pierre très lourde. Rabbi Akiva dit : L’idolâtrie transmet l’impureté, elle-même, son mouvement et sa pierre très lourde. Et Rabbi Elazar explique et ajoute à la baraita conformément à son raisonnement comme suit : Un homme non-juif et une femme non-juive transmettent l’impureté, eux-mêmes, leur mouvement et leur pierre très lourde. L’idolâtrie transmet l’impureté, elle-même et non son mouvement. Et Rabbi Akiva dit : L’idolâtrie transmet l’impureté, elle-même et son mouvement.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: מַאי ״הֵן״? אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי, הָכִי קָאָמַר: גּוֹי וְגוֹיָהּ, בֵּין הֵן שֶׁהֵסִיטוּ אֶת אֲחֵרִים וּבֵין אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָן — טְמֵאִים. עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁהֵסִיטָה אֲחֵרִים — טְהוֹרִין, אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָהּ — טְמֵאִים. מְשַׁמְּשֶׁיהָ, בֵּין הֵן שֶׁהֵסִיטוּ אֶת אֲחֵרִים וּבֵין אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָן — טְהוֹרִים. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: גּוֹי וְגוֹיָהּ וַעֲבוֹדָה זָרָה, בֵּין הֵן שֶׁהֵסִיטוּ אֶת אֲחֵרִים וּבֵין אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָן — טְמֵאִים. מְשַׁמְּשֶׁיהָ, בֵּין הֵן שֶׁהֵסִיטוּ אֲחֵרִים וּבֵין אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָן — טְהוֹרִין.
Rav Ashi s’oppose vivement à cette explication : Selon cette explication, quel est le sens du mot ils dans le contexte de cette baraita ? Il aurait suffi de dire que leur mouvement transmet l’impureté. Le fait que les gentils eux-mêmes soient rituellement impurs est évident. Apparemment, le mot ils est mis en relief afin d’enseigner une halakha supplémentaire. Au contraire, Rav Ashi a dit, voici ce que la baraitadit : En ce qui concerne un homme gentil et une femme gentille, qu’ils aient déplacé d’autres personnes ou que d’autres les aient déplacés, les autres sont rituellement impurs. L’impureté d’un gentil est comme celle d’un zav, ce qui est unique en ce que tout ce qu’un zav déplace devient impur même s’il ne l’a pas touché directement. L’idolâtrie qui a déplacé d’autres personnes, les autres restent rituellement purs ; cependant, d’autres qui l’ont déplacée sont rituellement impurs. En ce qui concerne ses accessoires, qu’ils aient déplacé d’autres personnes ou que d’autres les aient déplacés, les autres restent rituellement purs. Rabbi Akiva dit : Un homme gentil et une femme gentille et l’idolâtrie, qu’ils aient déplacé d’autres personnes ou que d’autres les aient déplacés, les autres sont rituellement impurs. Ses accessoires, qu’ils aient déplacé d’autres personnes ou que d’autres les aient déplacés, les autres restent rituellement purs. Selon cette explication, à la fois le mot ils et le mot mouvement, qui apparaissent tous deux dans la baraita, sont significatifs.
עֲבוֹדָה זָרָה, בִּשְׁלָמָא אֲחֵרִים שֶׁהֵסִיטוּ אוֹתָהּ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. אֶלָּא הִיא שֶׁהֵסִיטָה אֶת אֲחֵרִים הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? אָמַר רָמֵי בְּרֵיהּ דְּרַב יֵיבָא, כְּדִתְנַן: הַזָּב בְּכַף מֹאזְנַיִם, וָאוֹכָלִין וּמַשְׁקִין בְּכַף שְׁנִיָּיה, כָּרַע הַזָּב — טְמֵאִין,
L’explication de Rav Ashi explique la baraita, mais la Guemara remet en question la chose elle-même. En ce qui concerne l’idolâtrie, soit, un cas où d’autres l’ont déplacée peut facilement être trouvé. Cependant, un cas où l’idolâtrie a déplacé d’autres choses, dans quelles circonstances peut-on le trouver ? Comment une idole peut-elle déplacer un autre objet ? Rami, fils de Rav Yeiva, a dit qu’un tel cas est possible, comme nous l’avons appris dans une michna : Dans un cas où le zav s’est assis sur un plateau d’une balance, et où des aliments et des boissons se trouvaient sur le second plateau, si le zav a fait pencher la balance, les aliments et les boissons sur l’autre plateau sont rituellement impurs parce que le zav les a déplacés.