דְּלָא מִקַּנַּח לְכוּ בְּחַסְפָּא, וְלָא קְטִיל לְכוּ כִּינָּא אַמָּנַיְיכוּ, וְלָא שְׁלִיף לְכוּ יַרְקָא וַאֲכִיל לְכוּ מִכִּישָּׁא דְּאָסַר גִּינָּאָה.
de même que vous ne vous nettoyez pas avec un tesson de poterie, et que vous ne tuez pas de poux sur vos vêtements, et que vous n’arrachez pas un légume pour le manger avant de défaire la botte qu’a attachée le jardinier ? Cela implique que toutes ces actions comportent un danger de sorcellerie.
אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: מַאי טַעְמָא לָא שְׁכִיחַתְּ קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא, דִּמְחַדְּדָן שְׁמַעְתָּתֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֵיזִיל לְגַבֵּיהּ? דְּכִי אָזֵילְנָא לְגַבֵּיהּ מוֹתִיב לִי בְּמִילֵּי דְעָלְמָא. אָמַר לִי: מַאן דְּעָיֵיל לְבֵית הַכִּסֵּא לָא לִיתֵּיב בְּהֶדְיָא, וְלָא לִיטְרַח טְפֵי — דְּהַאי כַּרְכַּשְׁתָּא אַתְּלָת שִׁינֵּי יָתֵיב, דִילְמָא מִשְׁתַּמְטִי שִׁינֵּי דְכַרְכַּשְׁתָּא וְאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה. אֲמַר לֵיהּ: הוּא עָסֵיק בְּחַיֵּי דִּבְרִיָּיתָא וְאַתְּ אָמְרַתְּ בְּמִילֵּי דְעָלְמָא?! כׇּל שֶׁכֵּן זִיל לְגַבֵּיהּ.
Rav Houna dit à son fils Rabba : Quelle est la raison pour laquelle tu n’es pas trouvé parmi ceux qui étudient devant Rav Ḥisda, dont les halakhot sont incisives ? Rabba lui dit : Dans quel but devrais-je aller auprès de lui ? Quand j’y vais, il me fait asseoir et m’occupe de questions profanes sans rapport avec la Torah. Par exemple, il m’a dit : Celui qui entre dans des toilettes ne doit pas s’asseoir immédiatement et ne doit pas pousser de manière excessive, car le rectum repose sur trois dents, les muscles qui le maintiennent en place, et l’on craint que les dents du rectum ne se disloquent sous l’effet de l’effort et qu’il n’en vienne à être en danger. Rav Houna dit à son fils Rabba : Il traite de questions cruciales pour la vie humaine, et tu dis qu’il traite de questions profanes ? Maintenant que je sais ce que tu voulais dire, à plus forte raison, va étudier devant lui.
הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וָחֶרֶס, רַב הוּנָא אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס, וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר. מֵיתִיבִי: הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וָחֶרֶס — מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר, תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! תַּרְגְּמַהּ רַפְרָם בַּר פָּפָּא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא אַלִּיבָּא דְרַב הוּנָא: בְּאוֹגְנֵי כֵּלִים.
La Guemara poursuit la discussion de ces halakhot. Rav Houna a dit : Celui qui fait ses besoins et doit s’essuyer, et a devant lui une pierre et un tesson de terre cuite, s’essuie avec la pierre et ne s’essuie pas avec le tesson de terre cuite, car il pourrait se blesser. Et Rav Ḥisda a dit : Il s’essuie avec le tesson de terre cuite et ne s’essuie pas avec la pierre, qui est mise à l’écart comme mouktsé. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Si quelqu’un avait devant lui une pierre et un tesson de terre cuite, il s’essuie avec le tesson de terre cuite et ne s’essuie pas avec la pierre. C’est une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna. Rafram bar Pappa l’a expliqué devant Rav Ḥisda conformément à l’opinion de Rav Houna : Il ne s’agit pas de tessons de terre cuite, mais des bords lisses de récipients, qui ne présentent aucun danger.
הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וַעֲשָׂבִים, רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא, חַד אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר וְאֵין מְקַנֵּחַ בָּעֲשָׂבִים, וְחַד אָמַר: מְקַנֵּחַ בָּעֲשָׂבִים וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר. מֵיתִיבִי: הַמְקַנֵּחַ בְּדָבָר שֶׁהָאוּר שׁוֹלֶטֶת בּוֹ שִׁינָּיו הַתַּחְתּוֹנוֹת נוֹשְׁרוֹת! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּלַחִין, הָא בִּיבֵשִׁין.
Il y avait devant lui une pierre et des herbes. En ce qui concerne la méthode préférable pour s’essuyer pendant le Chabbat, quelle est la règle ? Il y a une divergence entre Rav Ḥisda et Rav Hamnuna. L’un a dit : Il s’essuie avec la pierre et ne s’essuie pas avec les herbes ; et l’autre a dit : Il s’essuie avec les herbes et ne s’essuie pas avec la pierre. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Celui qui s’essuie avec quelque chose d’inflammable, ses dents inférieures, qui maintiennent les intestins en place, tombent. Comment alors peut-on se nettoyer avec des herbes ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ceci, là où c’est permis, fait référence à de l’herbe humide ; cela, là où c’est interdit, fait référence à de l’herbe sèche.
הַנִּצְרָךְ לִפָּנוֹת וְאֵינוֹ נִפְנֶה, רַב חִסְדָּא וְרָבִינָא, חַד אָמַר: רוּחַ רָעָה שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, וְחַד אָמַר: רוּחַ זוּהֲמָא שׁוֹלֶטֶת בּוֹ. תַּנְיָא כְּמַאן דְּאָמַר רוּחַ זוּהֲמָא שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, דְּתַנְיָא: הַנִּצְרָךְ לִנְקָבָיו וְאוֹכֵל — דּוֹמֶה לְתַנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ עַל גַּב אֶפְרוֹ, וְזוֹ הִיא תְּחִלַּת רוּחַ זוּהֲמָא.
La Guemara continue de discuter de ce sujet. En ce qui concerne celui qui a besoin de déféquer et ne le fait pas, il y a une divergence entre Rav Ḥisda et Ravina. L’un a dit : Un esprit mauvais le domine ; et l’autre a dit : Une odeur de souillure le domine. Il a été enseigné dans une baraitaconformément à celui qui a dit qu’une odeur de souillure le domine, comme il a été enseigné : Celui qui a besoin de déféquer et mange est comparable à un four qui a été chauffé sur ses cendres ; et c’est le début d’une odeur de souillure.
הוּצְרַךְ לִיפָּנוֹת וְאֵינוֹ יָכוֹל לִיפָּנוֹת, אָמַר רַב חִסְדָּא: יַעֲמוֹד וְיֵשֵׁב, יַעֲמוֹד וְיֵשֵׁב. רַב חָנָן מִנְּהַרְדְּעָא אָמַר: יִסְתַּלֵּק לִצְדָדִין. רַב הַמְנוּנָא אָמַר: יְמַשְׁמֵשׁ בִּצְרוֹר בְּאוֹתוֹ מָקוֹם. וְרַבָּנַן אָמְרִי: יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: כׇּל שֶׁכֵּן דְּכִי מַסַּח דַּעְתֵּיהּ לָא מִפְּנֵי! אֲמַר לֵיהּ: יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִדְּבָרִים אֲחֵרִים. אָמַר רַב יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי: לְדִידִי חֲזֵי לִי הַהוּא טַיָּיעָא דְּקָם וְיָתֵיב וְקָם וְיָתֵיב עַד דְּשָׁפֵךְ כְּקִדְרָה.
La Guemara continue de discuter la question : Celui qui avait besoin de déféquer et n’y parvient pas, Rav Ḥisda a dit : Qu’il se lève et s’assoie, qu’il se lève et s’assoie. Rav Ḥanan de Neharde’a a dit : Qu’il se déplace sur les côtés et essaie de se soulager à un autre endroit. Rav Hamnuna a dit : Qu’il manipule avec une pierre à cet endroit. Et les Sages ont dit : Qu’il détourne ses pensées vers d’autres sujets. Rav Aḥa, fils de Rava, dit à Rav Ashi : D’autant plus que lorsqu’il détourne ses pensées, il ne pourra pas déféquer. Rav Ashi lui dit : Qu’il détourne ses pensées d’autres sujets et se concentre exclusivement sur son effort pour se soulager. Rav Yirmeya de Difti a dit : J’ai vu un certain Arabe qui se levait et s’asseyait, se levait et s’asseyait, jusqu’à ce que cela jaillisse de lui comme d’un pot. Apparemment, ce conseil est efficace.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַנִּכְנָס לִסְעוּדַת קֶבַע, יְהַלֵּךְ עֶשֶׂר פְּעָמִים שֶׁל אַרְבַּע [אַרְבַּע] אַמּוֹת, וְאָמְרִי לַהּ: אַרְבַּע פְּעָמִים שֶׁל עֶשֶׂר עֶשֶׂר אַמּוֹת, וְנִפְנֶה, וְנִכְנָס וְיֹשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui souhaite entrer et prendre part à un repas ordinaire qui durera quelque temps doit marcher une distance de quatre coudées dix fois, et certains disent, dix coudées quatre fois, afin d’accélérer le mouvement des intestins, et déféquer, et entrer, et s’asseoir à sa place.
מַתְנִי׳ חֶרֶס — כְּדֵי לִיתֵּן בֵּין פַּצִּים לַחֲבֵרוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּדֵי לַחְתּוֹת בּוֹ אֶת הָאוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כְּדֵי לְקַבֵּל בּוֹ רְבִיעִית. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר: ״לֹא יִמָּצֵא בִמְכִתָּתוֹ חֶרֶשׂ לַחְתּוֹת אֵשׁ מִיָּקוּד״. אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי: מִשָּׁם רְאָיָה? ״וְלַחְשׂוֹף מַיִם מִגֶּבֶא״.
MISHNA: Celui qui transporte un tesson de terre cuite pendant le Chabbat est passible s’il est d’une mesure équivalente à celle qui est utilisée pour placer entre un pilier et un autre lorsqu’ils sont empilés sur le sol afin de les séparer ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda. Rabbi Meir dit : D’une mesure équivalente à celle qui est utilisée pour attiser un feu avec lui. Rabbi Yosei dit : D’une mesure équivalente à celle qui est utilisée pour contenir un quart de log en lui. Rabbi Meir a dit : Bien qu’il n’y ait pas de preuve en la matière, il y a une allusion biblique à mon avis, comme il est dit : « Et Il le brisera comme on brise un vase de potier, le mettant en pièces sans épargner ; et l’on ne trouvera pas parmi ses morceaux un tesson pour racler du feu sur l’âtre » (Isaïe 30:14). Rabbi Yosei lui dit : Y a-t-il une preuve de là ? Le verset conclut : « Et pour puiser de l’eau de la citerne, » indiquant que la terre cuite est significative si elle est assez grande pour contenir de l’eau.
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: שִׁיעוּרָא דְרַבִּי מֵאִיר נְפִישׁ, אוֹ שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ? מִסְּבָרָא — שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ, וּמִקְּרָא — שִׁיעוּרָא דְרַבִּי מֵאִיר נְפִישׁ. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ, לָיֵיט לַהּ בְּמָנָא זוּטְרָא, וַהֲדַר לָיֵיט לַהּ בְּמָנָא רַבָּה?! אָמַר אַבָּיֵי: [מַתְנִיתִין נָמֵי] לַחְתּוֹת אֵשׁ מִיקִידָה גְּדוֹלָה.
GUEMARA :Un dilemme fut soulevé devant les Sages : la mesure énoncée par Rabbi Meir est-elle plus grande, ou la mesure énoncée par Rabbi Yosei est-elle plus grande ? La Guemara répond : Il est raisonnable de dire que la mesure de Rabbi Yosei est plus grande ; cependant, d’après le verset, il semble que la mesure de Rabbi Meir est plus grande. Car, s’il te venait à l’esprit de dire que la mesure de Rabbi Yosei concernant le tesson de poterie est plus grande, le prophète commencerait-il par le maudire en disant qu’un petit récipient ne se trouverait pas, puis le maudirait-il en disant qu’un récipient plus grand ne se trouverait pas ? Abaye dit : La michna aussi parle d’un grand tesson de poterie nécessaire pour attiser le feu d’un grand incendie. Même dans la michna, la mesure de Rabbi Meir est plus grande.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִשָּׁם רְאָיָה. שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי מֵאִיר! וְרַבִּי מֵאִיר ״לָא מִיבַּעְיָא״ קָאָמַר: לָא מִיבַּעְיָא מִידֵּי דַּחֲשִׁיב לְאִינָשֵׁי דְּלָא לִישְׁתְּכַח לֵיהּ, אֶלָּא אֲפִילּוּ מִידֵּי דְּלָא חֲשִׁיב לְאִינָשֵׁי לָא לִישְׁתְּכַח לֵיהּ.
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Yossei lui a dit : Y a-t-il une preuve de là ? Il cite une preuve pour son opinion à partir de la conclusion de ce même verset. La Guemara commente : Rabbi Yossei a bien répondu à Rabbi Meir. Et comment Rabbi Meir répond-il à cette preuve ? Il explique que le verset est énoncé dans le style de : Il n’est pas nécessaire. Il faut le comprendre ainsi : Il n’est pas nécessaire de dire qu’un objet qui est important pour les gens, par exemple un grand tesson de poterie pour attiser un feu, ne sera pas trouvé, mais même un objet qui est sans importance pour les gens, c’est-à-dire un tesson pour puiser de l’eau, ne sera pas trouvé. Par conséquent, la conclusion du verset ne contredit pas l’opinion de Rabbi Meir.
מַתְנִי׳ אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: מִנַּיִין לַעֲבוֹדָה זָרָה שֶׁמְּטַמְּאָה בְּמַשָּׂא כְּנִדָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תִּזְרֵם כְּמוֹ דָוָה צֵא תֹּאמַר לוֹ״ — מָה נִדָּה מְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא, אַף עֲבוֹדָה זָרָה מְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא.
MISHNA :Rabbi Akiva a dit : D’où est-il déduit que l’idolâtrie, par exemple, une statue d’une divinité, transmet l’impureté conférée par le port même lorsque la personne qui la porte n’entre pas en contact avec elle, tout comme une femme menstruée le fait ? Comme il est dit : « Vous rendrez impurs les revêtements d’argent de vos statues, et le placage d’or de vos idoles ; vous les jetterez comme une femme menstruée [dava], vous lui direz : Sors » (Isaïe 30:22). De même qu’une femme menstruée transmet l’impureté conférée par le port, de même l’idolâtrie transmet l’impureté conférée par le port.
גְּמָ׳ תְּנַן הָתָם: מִי שֶׁהָיָה בֵּיתוֹ סָמוּךְ לַעֲבוֹדָה זָרָה וְנָפַל, אָסוּר לִבְנוֹתוֹ. כֵּיצַד יַעֲשֶׂה? כּוֹנֵס לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת וּבוֹנֶה.
GEMARA: Puisque les halakhot de l’idolâtrie et l’impureté qu’elle entraîne dépassent le cadre du traité Shabbat, les fondements de cette halakha sont cités du traité Avoda Zara. Nous avons appris dans une michna là-bas : Celui dont la maison était adjacente à une maison d’idolâtrie, partageant un mur commun, et le mur de séparation s’est effondré, il est interdit de le reconstruire, car il aurait ainsi construit un mur pour le culte des idoles. Que doit-on faire ? Il se déplace de quatre coudées à l’intérieur de son propre terrain et construit le mur là.