אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא דְּדָמְיָא לַהּ — חָשֵׁיב לַהּ. וְלִיחְשֹׁב נָמֵי כּוֹתֵשׁ! אָמַר אַבָּיֵי: שֶׁכֵּן עָנִי אוֹכֵל פִּתּוֹ בְּלֹא כְּתִישָׁה. רָבָא אָמַר: הָא מַנִּי — רַבִּי הִיא, דְּאָמַר אֲבוֹת מְלָאכוֹת אַרְבָּעִים חָסֵר אַחַת, וְאִי חָשֵׁיב כּוֹתֵשׁ הָוְיָא לֵיהּ אַרְבָּעִים. וְלַיפֵּיק חֲדָא מֵהָנָךְ וּלְעַיֵּיל כּוֹתֵשׁ! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְאַבָּיֵי.
bien qu’il y ait un autre travail qui lui soit semblable, la michna l’a énuméré. Tout travail qui était accompli dans le Tabernacle est significatif. La Guemara demande : Et qu’il énumère aussi le travail de broyage, puisque le blé était broyé pour enlever son enveloppe extérieure dans le Tabernacle. Abaye a dit : Le travail de broyage n’est pas l’une des étapes essentielles de la cuisson du pain, car les pauvres mangent leur pain sans broyer le blé pour enlever le son. Par conséquent, puisque le tanna a énuméré le battage, il n’était pas nécessaire d’inclure le broyage parmi les travaux énumérés dans le processus de fabrication du pain. Rava a donné une explication différente : Qui est le tanna de cette michna ? C’est Rabbi Yehouda HaNassi, qui a dit : Les catégories principales de travail sont quarante moins une, un nombre dérivé d’une allusion textuelle. Par conséquent, la liste ne peut pas être élargie. Et si le tanna avait énuméré le broyage, il y aurait eu quarante travaux au lieu de trente-neuf. La Guemara demande : Et qu’il en retire une de celles-ci, trier ou vanner, et y insère le broyage, laissant ainsi le nombre intact. Au contraire, la raison pour laquelle le tanna n’a pas inclus le broyage est claire, selon l’explication d’Abaye.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָיוּ לְפָנָיו מִינֵי אוֹכָלִין — בּוֹרֵר וְאוֹכֵל, בּוֹרֵר וּמַנִּיחַ. וְלֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — חַיָּיב חַטָּאת. מַאי קָאָמַר? אָמַר עוּלָּא, הָכִי קָאָמַר: בּוֹרֵר וְאוֹכֵל לְבוֹ בַּיּוֹם, וּבוֹרֵר וּמַנִּיחַ לְבוֹ בַּיּוֹם. וּלְמָחָר לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — חַיָּיב חַטָּאת. מַתְקִיף לַהּ רַב חִסְדָּא: וְכִי מוּתָּר לֶאֱפוֹת לְבוֹ בַּיּוֹם? וְכִי מוּתָּר לְבַשֵּׁל לְבוֹ בַּיּוֹם?
Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet des lois de la sélection : S’il y avait plusieurs sortes d’aliments devant lui, et qu’il veuille en retirer un ou plusieurs du mélange, on sélectionne et on mange, on sélectionne et on met de côté. Et on ne peut pas sélectionner, et si l’on a sélectionné, on est passible d’apporter un sacrifice expiatoire. La Guemara demande : Que dit la baraita ? La fin de cette baraita contredit le début. Oulla a dit : Voici ce qu’elle dit : On sélectionne et on mange si on le fait pour les besoins de ce jour-là, Chabbat. Et on sélectionne et on met de la nourriture de côté pour les besoins de ce jour-là. Et on ne peut pas sélectionner pour les besoins du lendemain. Et si l’on a sélectionné pour le lendemain, on est passible d’apporter un sacrifice expiatoire. Rav Ḥisda objecte vivement à cette explication : Et est-il permis de cuire au four pour ce jour-là, et est-il permis de cuisiner pour ce jour-là ? Aucun autre travail interdit le Chabbat ne peut être accompli pour les besoins du Chabbat, et il devrait en être de même pour la sélection.
אֶלָּא אָמַר רַב חִסְדָּא: בּוֹרֵר וְאוֹכֵל פָּחוֹת מִכְּשִׁיעוּר, בּוֹרֵר וּמַנִּיחַ פָּחוֹת מִכְּשִׁיעוּר. וּכְשִׁיעוּר לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — חַיָּיב חַטָּאת. מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: וְכִי מוּתָּר לֶאֱפוֹת פָּחוֹת מִכְּשִׁיעוּר? אֶלָּא אָמַר רַב יוֹסֵף: בּוֹרֵר וְאוֹכֵל בַּיָּד, בּוֹרֵר וּמַנִּיחַ בַּיָּד. בְּקָנוֹן וּבְתַמְחוּי לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — פָּטוּר אֲבָל אָסוּר, וּבְנָפָה וּבִכְבָרָה לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — חַיָּיב חַטָּאת.
Au contraire, Rav Ḥisda a dit qu’il faut comprendre cela ainsi : On trie et on mange moins que la mesure d’un volume de figue sèche, qui est la plus petite quantité pour laquelle on est passible selon la loi de la Torah. On trie et on met de côté moins que cette mesure. Et on ne peut pas trier la mesure d’un volume de figue sèche, et si l’on a trié cette mesure, on est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire. Rav Yosef objecte vivement à cette explication : Et est-il permis de cuire moins que la mesure entraînant la responsabilité ab initio ? Bien qu’accomplir un travail interdit en une quantité infime n’entraîne pas de responsabilité, cela reste interdit. Par conséquent, la baraita ne peut pas être interprétée comme disant que l’on peut, ab initio, trier une quantité inférieure à la mesure entraînant la responsabilité. Au contraire, Rav Yosef a dit : On trie et on mange à la main, on trie et on met de côté à la main. Cependant, avec un panier [kanon] ou avec un plat, qui sont tous deux de grands récipients plats utilisés pour trier des quantités importantes, on ne peut pas trier ab initio. Et s’il a trié, il est exempté d’apporter un sacrifice expiatoire s’il l’a fait involontairement. S’il l’a fait intentionnellement, il est exempté de lapidation. Cependant, cela est interdit. Et on ne peut pas trier avec un tamis ou avec un crible. Et s’il a trié avec ces ustensiles, il est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire.
מַתְקִיף לַהּ רַב הַמְנוּנָא: מִידֵּי קָנוֹן וְתַמְחוּי קָתָנֵי? אֶלָּא אָמַר רַב הַמְנוּנָא: בּוֹרֵר וְאוֹכֵל אוֹכֶל מִתּוֹךְ הַפְּסוֹלֶת, בּוֹרֵר וּמַנִּיחַ אוֹכֶל מִתּוֹךְ הַפְּסוֹלֶת. פְּסוֹלֶת מִתּוֹךְ אוֹכֶל לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — חַיָּיב חַטָּאת. מַתְקִיף לַהּ אַבָּיֵי: מִידֵּי אוֹכֶל מִתּוֹךְ פְּסוֹלֶת קָתָנֵי? אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: בּוֹרֵר וְאוֹכֵל לְאַלְתַּר, וּבוֹרֵר וּמַנִּיחַ לְאַלְתַּר, וּלְבוֹ בַּיּוֹם — לֹא יִבְרוֹר, וְאִם בֵּירַר — נַעֲשָׂה כְּבוֹרֵר לָאוֹצָר וְחַיָּיב חַטָּאת. אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לְהוּ: שַׁפִּיר אָמַר נַחְמָנִי.
Rav Hamnouna s’oppose vivement à cela : Est-ce que la michna enseigne quoi que ce soit au sujet d’un panier ou d’une assiette ? L’explication de Rav Yossef repose sur l’ajout de détails qui n’apparaissent pas non plus dans la baraita. Au contraire, Rav Hamnouna a dit : On trie et on mange s’il retire la nourriture des déchets, et de même, on trie et on met de côté s’il retire la nourriture des déchets. Cependant, on ne peut pas trier les déchets de la nourriture, et s’il a trié de cette manière, il est passible d’apporter une offrande expiatoire. La méthode habituelle de tri consiste à retirer les déchets de la nourriture. Une personne qui modifie la procédure n’est pas passible. Abaye s’oppose vivement à cela : Est-ce que la michna enseigne quoi que ce soit au sujet de la nourriture des déchets ? Ce détail n’est pas non plus mentionné dans la baraita. Au contraire, Abaye a dit : On trie et on mange s’il retire la nourriture pour un usage immédiat, et de même on trie et on met de côté pour un usage immédiat. Cependant, on ne peut pas trier pour un usage ultérieur ce même jour. Et s’il a trié, il est considéré comme quelqu’un qui trie pour entreposer, et il est passible d’apporter une offrande expiatoire. Cette explication ne nécessite aucun amendement de la michna. Il s’agit simplement d’une interprétation de l’expression : On trie et on mange, comme se référant à un tri pour un usage immédiat. La Guemara rapporte que les Sages ont présenté l’explication d’Abaye de la baraitadevant Rava. Il leur dit : Naḥmani, Abaye, a bien parlé.
הָיוּ לְפָנָיו שְׁנֵי מִינֵי אוֹכָלִין, וּבֵירַר וְאָכַל, וּבֵירַר וְהִנִּיחַ. רַב אָשֵׁי מַתְנֵי: פָּטוּר, רַבִּי יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי מַתְנֵי: חַיָּיב. רַב אָשֵׁי מַתְנֵי פָּטוּר, וְהָא תָּנֵי חַיָּיב! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּקָנוֹן וְתַמְחוּי, הָא בְּנָפָה וּכְבָרָה.
Jusqu’à ce point, la Guemara a discuté de la sélection de nourriture parmi les déchets. La Guemara passe à un cas différent. Si devant lui se trouvaient deux types d’aliments, et qu’il sélectionna et mangea un type, et sélectionna et mit de côté un type, Rav Ashi enseigna : Il est exempt. Rav Yirmeya de Difti enseigna : Il est passible. Rav Ashi enseigna : Il est exempt. La Guemara demande : N’a-t-il pas été enseigné dans une baraita que dans ce cas il est passible ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ceci, où Rav Ashi a dit qu’il est exempt, fait référence à un cas où il sélectionne au moyen d’un panier ou d’une assiette, car cette méthode de sélection n’est pas considérée comme un travail d’expert ; et cela, où la baraita a dit qu’il est passible, concerne un cas où il sélectionne au moyen d’un tamis ou d’un crible, car cette méthode de sélection est considérée comme un travail d’expert.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: שַׁבְּתָא דְּרַב בִּיבִי הֲוַאי, וְאִיקְּלַעוּ רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי, שְׁדָא קַמַּיְיהוּ כַּלְכַּלָּה דְפֵירֵי. וְלָא יָדַעְנָא אִי מִשּׁוּם דְּסָבַר אוֹכֶל מִתּוֹךְ פְּסוֹלֶת אָסוּר, אִי מִשּׁוּם עַיִן יָפָה הוּא דְּמִכַּוֵּין.
La Guemara rapporte que lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : c’était le Chabbat de Rav Beivai de servir de la nourriture aux étudiants, et Rabbi Ami et Rabbi Asi se trouvèrent par hasard venir chez lui. Il plaça devant eux un panier de fruits sans enlever les feuilles ni les tiges. Et je ne sais pas si il fit cela parce qu’il pense qu’il est interdit de sélectionner la nourriture parmi les déchets lorsque ce n’est pas pour une consommation immédiate, ou bien si il fit cela parce qu’il avait l’intention de montrer de la générosité envers ses invités en donnant l’impression que le panier était plein. Un panier rempli de fruits transmet aux invités qu’il y a abondance et qu’ils peuvent prendre autant qu’ils le souhaitent. Par conséquent, il n’y a pas de preuve claire tirée de cet incident.
חִזְקִיָּה אָמַר: הַבּוֹרֵר תּוּרְמוֹסִים מִתּוֹךְ פְּסוֹלֶת שֶׁלָּהֶן — חַיָּיב. לֵימָא קָסָבַר חִזְקִיָּה אוֹכֶל מִתּוֹךְ פְּסוֹלֶת אָסוּר? שָׁאנֵי תּוּרְמוֹסָא
Ḥizkiya a dit : Celui qui sélectionne des lupins de leurs déchets après les avoir fait bouillir est passible d’avoir accompli le travail interdit de sélection. La Guemara demande : Disons, sur la base de cette déclaration, que Ḥizkiya soutient que même sélectionner la nourriture parmi les déchets est interdit. La Guemara rejette cette preuve : Les lupins sont différents,