אַב מְלָאכָה וּמְלָאכָה. הָעוֹשֶׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה מֵעֵין מְלָאכָה אַחַת, אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא חַטָּאת אַחַת.
et chaque catégorie principale de travail qu’il a effectuée. Celui qui accomplit de nombreux travaux interdits relevant d’une seule catégorie de travail est tenu d’apporter une seule offrande expiatoire.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא תְּנָא ״כְּלָל גָּדוֹל״? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵי: ״עוֹד כְּלָל אַחֵר אָמְרוּ״, תְּנָא ״כְּלָל גָּדוֹל״. וְגַבֵּי שְׁבִיעִית נָמֵי, מִשּׁוּם דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵי: ״עוֹד כְּלָל אַחֵר אָמְרוּ״, תְּנָא ״כְּלָל גָּדוֹל״. וְהָא גַּבֵּי מַעֲשֵׂר, דְּקָתָנֵי: ״כְּלָל אַחֵר אָמְרוּ״, וְלָא תָּנֵי ״כְּלָל גָּדוֹל״!
GEMARA: La Guemara tente de clarifier le langage de la michna et demande : Pourquoi la michna a-t-elle enseigné l’expression : Un principe important ? Si vous dites que c’est à cause de la raison suivante, cela pose problème.
Ici, parce que le tannaveut enseigner dans une michna ultérieure du chapitre, au sujet d’une question qui comprend deux halakhot, en employant le terme : De plus, ils ont énoncé un autre principe ; par conséquent, dans cette michna, qui concerne un plus grand nombre de halakhot, il a enseigné en employant le terme : Un principe important.
Et en ce qui concerne l’année sabbatique également, parce que dans une michna ultérieure (Shevi’it 7:2) le tannaveut enseigner : De plus, un autre principe, au début du chapitre il a enseigné en employant l’expression : Un principe important. Là aussi, le choix du langage est compris.
Cependant, en ce qui concerne les halakhot des dîmes, où la michna (Ma’asrot 1:1) énonce deux principes l’un après l’autre, le tannaa enseigné plus loin dans cette même michna : Et de plus, ils ont énoncé un autre principe, et malgré cela, au début de la michna le tannan’a pas enseigné : Un principe important, choisissant plutôt de dire simplement : Ils ont énoncé un principe.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: שַׁבָּת וּשְׁבִיעִית דְּאִית בְּהוּ אָבוֹת וְתוֹלָדוֹת — תְּנָא ״גָּדוֹל״, מַעֲשֵׂר דְּלֵית בֵּהּ אָבוֹת וְתוֹלָדוֹת, לָא תְּנָא ״כְּלָל גָּדוֹל״. וּלְבַר קַפָּרָא, דְּתָנֵי ״כְּלָל גָּדוֹל״ בְּמַעֲשֵׂר, מַאי אָבוֹת וּמַאי תּוֹלָדוֹת אִיכָּא?
Rabbi Yosei bar Avin a dit que le terme : Un principe significatif, ne dépend pas de l’existence d’un autre principe ; il dépend plutôt de l’importance du principe. Par conséquent, en ce qui concerne les halakhot du Shabbat et de l’Année sabbatique, qui comprennent des catégories principales et des sous-catégories, le tanna a enseigné dans la michna : Un principe significatif. En ce qui concerne les halakhot des dîmes, qui ne comprennent pas de catégories principales ni de sous-catégories et dont toutes les halakhot sont sur un pied d’égalité, il n’a pas enseigné en employant le terme : Un principe significatif. La Guemara demande : Et selon la variante de lecture de la michna enseignée par bar Kappara, qui a enseigné l’expression : Un principe significatif à propos des dîmes, quelles catégories principales et sous-catégories y a-t-il à propos des dîmes ?
אֶלָּא לָאו הַיְינוּ טַעְמָא, גָּדוֹל עוֹנְשָׁהּ שֶׁל שַׁבָּת יוֹתֵר מִשֶּׁל שְׁבִיעִית, דְּאִילּוּ שַׁבָּת אִיתַהּ בֵּין בְּתָלוּשׁ בֵּין בִּמְחוּבָּר, וְאִילּוּ שְׁבִיעִית בְּתָלוּשׁ לֵיתַהּ בִּמְחוּבָּר אִיתַהּ. וְגָדוֹל עוֹנְשָׁהּ שֶׁל שְׁבִיעִית יוֹתֵר מִן הַמַּעֲשֵׂר, דְּאִילּוּ שְׁבִיעִית אִיתַהּ בֵּין בְּמַאֲכַל אָדָם בֵּין בְּמַאֲכַל בְּהֵמָה, וְאִילּוּ מַעֲשֵׂר בְּמַאֲכַל אָדָם אִיתֵהּ בְּמַאֲכַל בְּהֵמָה לֵיתֵהּ.
Ou plutôt, n’est-ce pas la raison pour laquelle la Mishna emploie l’expression : un principe important ; parce qu’il est important par rapport à d’autres principes ? La portée des matières dont l’usage entraîne une punition pour la profanation de Shabbat est plus grande que la portée des matières dont l’usage entraîne une punition pour la profanation de l’Année sabbatique. Car les halakhot de Shabbat s’appliquent à la fois à l’égard de plantes détachées du sol et à l’égard de celles qui sont attachées, tandis que les halakhot de l’Année sabbatique à l’égard des plantes détachées ne sont pas en vigueur, mais à l’égard des plantes attachées elles le sont. Et la portée des matières dont l’usage entraîne une punition pour la profanation de l’Année sabbatique est plus grande que la portée des matières dont l’usage entraîne une punition pour la violation des halakhotdes dîmes. Car, selon la loi de la Torah, les halakhot de l’Année sabbatique sont en vigueur à la fois à l’égard de la nourriture humaine et à l’égard de la nourriture animale, tandis que les halakhot des dîmes sont en vigueur à l’égard de la nourriture humaine, mais à l’égard de la nourriture animale elles ne le sont pas.
וּלְבַר קַפָּרָא דְּתָנֵי ״כְּלָל גָּדוֹל״ בַּמַּעֲשֵׂר: גָּדוֹל עוֹנְשׁוֹ שֶׁל מַעֲשֵׂר יוֹתֵר מִשֶּׁל פֵּיאָה, דְּאִילּוּ מַעֲשֵׂר אִיתֵהּ בִּתְאֵנָה וְיָרָק וְאִילּוּ פֵּיאָה לֵיתַהּ בִּתְאֵנָה וְיָרָק. דִּתְנַן, כְּלָל אָמְרוּ בַּפֵּיאָה: כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל וְנִשְׁמָר וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ וּלְקִיטָתוֹ כְּאַחַת וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם — חַיָּיב בְּפֵיאָה.
Et selon l’opinion de bar Kappara, qui a enseigné l’expression : Un principe important, en ce qui concerne les dîmes également : La portée des matières pour lesquelles on encourt une punition pour avoir violé les halakhot des dîmes est plus grande que la portée des matières pour lesquelles on encourt une punition pour avoir violé les halakhot de pe’a. Car, selon la loi rabbinique, l’obligation des dîmes est en vigueur à l’égard des figues et des légumes, tandis que l’obligation de pe’a n’est pas en vigueur à l’égard des figues et des légumes. Comme nous l’avons appris dans une michna du traité Pe’a : Ils ont énoncé un principe concernant pe’a : Tout ce qui est nourriture, qui est gardé, qui pousse de la terre, qui est récolté en une seule fois, et qu’on fait entrer pour le stockage afin de le conserver est soumis à pe’a.
אוֹכֶל — לְמַעוֹטֵי סְפִיחֵי סְטִיס וְקוֹצָה. וְנִשְׁמָר — לְמַעוֹטֵי הֶפְקֵר. וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ — לְמַעוֹטֵי כְּמֵיהִין וּפִטְרִיּוֹת. וּלְקִיטָתוֹ כְּאַחַת — לְמַעוֹטֵי תְּאֵנָה. וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם — לְמַעוֹטֵי יָרָק.
La Guemara explique ce qui est exclu par chaque critère dans la michna. Nourriture, pour exclure les repousses de pastel [satis] et de garance. Comme ces plantes sont utilisées pour la teinture et non pour l’alimentation, l’obligation de pe’a ne s’applique pas à elles. Et gardé, pour exclure les récoltes sans propriétaire, qui par définition ne sont pas gardées. Et pousse de la terre, pour exclure les truffes et les champignons, qui, contrairement aux autres plantes, ne tirent pas leur subsistance de la terre. Et est récolté en une fois, pour exclure le figuier dont le fruit est récolté sur une longue période, car les figues ne mûrissent pas toutes ensemble. Et on l’apporte au stockage pour le conserver ; pour exclure les légumes, qui ne peuvent pas être conservés pendant de longues périodes.
וְאִילּוּ גַּבֵּי מַעֲשֵׂר תְּנַן, כְּלָל אָמְרוּ בַּמַּעֲשֵׂר: כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל וְנִשְׁמָר וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ — חַיָּיב בְּמַעֲשֵׂר. וְאִילּוּ לְקִיטָתוֹ כְּאַחַת וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם לָא תְּנַן.
Tandis que, concernant les dîmes, nous avons appris dans une michna : Ils ont énoncé un principe concernant les dîmes : Tout ce qui est nourriture, est gardé et pousse de la terre est soumis aux dîmes ; nous n’avons pas appris concernant les dîmes les critères suivants : Récolté en une seule fois, et que l’on apporte au stockage pour conserver. Apparemment, les figues et les légumes sont soumis aux dîmes, ce qui rend l’étendue des matières soumises aux dîmes plus large que celle de celles soumises à la pe’a.
רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מַתְנִיתִין בְּתִינוֹק שֶׁנִּשְׁבָּה לְבֵין הַגּוֹיִם, וְגֵר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר לְבֵין הַגּוֹיִם. אֲבָל הִכִּיר וּלְבַסּוֹף שָׁכַח — חַיָּיב עַל כׇּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת. תְּנַן: ״הַשּׁוֹכֵחַ עִיקַּר שַׁבָּת״, לָאו מִכְּלָל דְּהַוְיָא לֵיהּ יְדִיעָה מֵעִיקָּרָא?! לָא, מַאי ״כׇּל הַשּׁוֹכֵחַ עִיקַּר שַׁבָּת״ — שֶׁהָיְתָה שְׁכוּחָה מִמֶּנּוּ עִיקָּרָהּ שֶׁל שַׁבָּת.
La michna traite d’un individu qui oublie l’essence même de Chabbat. La Guemara cherche à comprendre comment un Juif pourrait oublier l’existence même de Chabbat. Ce sont Rav et Chmouel qui ont tous deux dit : Notre michna fait référence à tous deux, un enfant qui a été emmené captif parmi les gentils et n’a jamais été éduqué, et un converti qui s’est converti parmi les gentils et n’a jamais appris les halakhot de Chabbat. Cependant, celui qui a autrefois su l’essence de Chabbat et l’a finalement oubliée est passible pour chaque Chabbat, comme nous l’avons appris dans la michna au sujet de celui qui connaît l’essence de Chabbat. La Guemara cherche à clarifier cette approche. Nous avons appris dans notre michna : Celui qui oublie l’essence de Chabbat. Cela n’indique-t-il pas, par inférence, qu’il en avait conscience de Chabbat à l’origine ? Pour oublier, il faut avoir été conscient auparavant. Cela pose une difficulté à l’opinion de Rav et Chmouel. La Guemara réfute cela : Non, quel est le sens de : Celui qui oublie l’essence de Chabbat ? Que l’essence de Chabbat lui a toujours été oubliée, c’est-à-dire qu’il ne l’a jamais su.
אֲבָל הִכִּיר וּלְבַסּוֹף שָׁכַח מַאי — חַיָּיב עַל כׇּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת? אַדְּתָנֵי הַיּוֹדֵעַ עִיקַּר שַׁבָּת וְעָשָׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה בְּשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה חַיָּיב עַל כׇּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת, לִיתְנֵי ״הִכִּיר וּלְבַסּוֹף שָׁכַח״, וְכׇל שֶׁכֵּן הָא! מַאי ״הַיּוֹדֵעַ עִיקַּר שַׁבָּת״ — מִי שֶׁהָיָה יוֹדֵעַ עִיקָּרָהּ שֶׁל שַׁבָּת וּשְׁכֵחָהּ.
La Guemara demande en outre : Cependant, selon cette compréhension, dans le cas de quelqu’un qui connaissait l’essence du Chabbat et l’a finalement oubliée, quelle est la halakha ? Est-il passible pour chaque Chabbat sans exception ? Si tel est le cas, au lieu que la michna enseigne la halakha suivante : Celui qui connaît l’essence du Chabbat et accomplit de nombreux travaux lors de plusieurs Chabbatot est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire pour chaque Chabbat sans exception, qu’elle enseigne : Celui qui connaissait l’essence du Chabbat et l’a finalement oubliée et, à plus forte raison, celui qui connaît l’essence du Chabbat serait passible pour chaque Chabbat. La Guemara répond : Selon l’opinion de Rav et Chmouel, que signifie l’expression : Celui qui connaît l’essence du Chabbat ? Celui qui a autrefois connu l’essence du Chabbat et l’a maintenant oubliée.