וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר.
Et Rabbi Yosei interdit de sortir dans le domaine public avec la jambe de bois, car il ne la considère pas comme ayant le statut juridique d’une chaussure.
וְאִם יֵשׁ לוֹ בֵּית קִיבּוּל כְּתִיתִין — טָמֵא.
Et si la jambe de bois a un réceptacle pour des coussinets, un espace concave au sommet de la jambe dans lequel on place des coussinets pour amortir la jambe amputée, elle prend le statut d’un ustensile en bois et peut devenir rituellement impure.
סָמוֹכוֹת שֶׁלּוֹ טְמֵאִין מִדְרָס, וְיוֹצְאִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, וְנִכְנָסִין בָּהֶן בָּעֲזָרָה.
Et ses supports, qui sont des chaussures qu’une personne à qui l’on a amputé les deux pieds place sur ses genoux afin de marcher sur ses genoux, si un zav les porte, ils sont susceptibles de contracter une impureté rituelle transmise par le piétinement. Un zav est une source primaire d’impureté rituelle. S’il touche un ustensile, celui-ci acquiert un statut d’impureté rituelle de premier degré. Cependant, les ustensiles sur lesquels il marche, s’assoit, s’allonge ou s’appuie deviennent des sources primaires d’impureté rituelle, à condition qu’ils soient désignés à cette fin. Ces supports sont des ustensiles désignés pour le piétinement. Et l’on peut sortir avec eux dans le domaine public pendant Chabbat, puisqu’ils ont le statut juridique de chaussures. Et l’on peut entrer avec eux dans la cour du Temple. Bien qu’en général il soit interdit de porter des chaussures dans la cour du Temple, à cet égard les supports n’ont pas le statut juridique de chaussures.
כִּסֵּא וְסָמוֹכוֹת שֶׁלּוֹ טְמֵאִין מִדְרָס, וְאֵין יוֹצְאִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן בַּעֲזָרָה.
Cependant, si une personne est estropiée au point de ne pas pouvoir marcher du tout, s’assoit sur une chaise qui lui est attachée, place des supports sur ses mains et se propulse avec ses mains, sa chaise et ses supports sont sujets à l’impureté rituelle transmise par le piétinement. Et l’on ne peut pas sortir avec eux pendant le Chabbat, ni entrer avec eux dans la cour du Temple.
לוּקַטְמִין טְהוֹרִין, וְאֵין יוֹצְאִין בָּהֶן.
Loketamin, qui sera expliqué dans la Guemara, sont rituellement purs en ce sens qu’ils ne peuvent pas devenir rituellement impurs parce qu’ils ne sont pas des récipients, et on ne peut pas sortir avec eux pendant le Chabbat.
גְּמָ׳ אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: הֵיכִי תְּנַן? אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא. הִילְכְתָא מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא.
GUEMARA :Rava dit à Rav Naḥman : Comment avons-nous appris la controverse dans notre michna ? Rabbi Meïr soutient-il que l’amputé peut sortir avec une jambe et un pied en bois, et Rabbi Yossei le lui interdit ? Ou bien est-ce Rabbi Meïr qui le lui a interdit, et l’opinion de Rabbi Yossei est-elle la plus indulgente ? Rav Naḥman lui dit : Je ne sais pas. Et Rava demanda : Quelle est la halakha en cette matière ? Rav Naḥman lui dit : Je ne sais pas.
אִיתְּמַר, אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אֵין הַקִּיטֵּעַ״, וְכֵן אָמַר רַב הוּנָא: ״אֵין הַקִּיטֵּעַ״. אָמַר רַב יוֹסֵף: הוֹאִיל וְאָמַר שְׁמוּאֵל ״אֵין הַקִּיטֵּעַ״ וְאָמַר רַב הוּנָא ״אֵין הַקִּיטֵּעַ״ — אֲנַן נָמֵי נִיתְנֵי ״אֵין הַקִּיטֵּעַ״.
Il a été enseigné : Shmuel a dit que la lecture correcte de la michna est : Un amputé ne peut pas sortir, et Rabbi Yosei le lui permet. Et, de même, Rav Houna a dit que la lecture correcte de la michna est : Un amputé ne peut pas. Rav Yossef a dit : Puisque Shmuel a dit que la lecture correcte de la michna est : Un amputé ne peut pas, et Rav Houna a dit : Un amputé ne peut pas, nous apprendrons également la michna ainsi : Un amputé ne peut pas.
מַתְקִיף לַהּ רָבָא בַּר שִׁירָא: לָא שְׁמִיעַ לְהוּ הָא דְּמַתְנֵי לֵיהּ רַב חָנָן בַּר רָבָא לְחִיָּיא בַּר רַב קַמֵּיהּ דְּרַב בְּקִיטוֹנָא דְבֵי רַב? אֵין הַקִּיטֵּעַ יוֹצֵא בְּקַב שֶׁלּוֹ — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, וְרַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר. וּמַחְוֵי לֵיהּ רַב: אֵיפוֹךְ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, וְסִימָנָא: ״סָמֶךְ״ ״סָמֶךְ״.
Rava bar Shira s’oppose vivement à cela : Et n’ont-ils pas entendu que Rav Ḥanan bar Rava a enseigné la michna à Ḥiyya bar Rav devant Rav dans une petite pièce [kituna] dans l’école de Rav : Un amputé ne peut pas sortir pendant le Chabbat avec sa jambe de bois ; c’est l’opinion de Rabbi Meir. Et Rabbi Yosei permet de sortir avec elle. Et Rav lui fit signe d’un geste de la main d’inverser les opinions : Rabbi Meir permet de sortir et Rabbi Yosei l’interdit. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Et le moyen mnémotechnique pour se souvenir quel tanna permet et quel tanna interdit est samekh samekh. La lettre samekh apparaît à la fois dans le nom Yosei et dans le mot hébreu pour interdit [oser]. Ainsi, on se souvient que Rabbi Yosei est celui qui l’interdit.
וְאַף שְׁמוּאֵל הֲדַר בֵּיהּ. דִּתְנַן: חָלְצָה בְּסַנְדָּל שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ, בְּסַנְדָּל שֶׁל עֵץ, אוֹ שֶׁל שְׂמֹאל בְּיָמִין — חֲלִיצָה כְּשֵׁרָה.
La Guemara commente : Et même Shmuel, qui a dit que la lecture correcte de la michna est : un amputé ne peut pas sortir, et Rabbi Yossei le permet, a inversé son opinion. Comme nous l’avons appris dans une michna : la cérémonie de ḥalitsa, qui libère une veuve sans enfant de l’obligation d’entrer dans un mariage léviratique avec son beau-frère, consiste pour la veuve à retirer la sandale du beau-frère de son pied. Si elle a retiré une sandale qui n’était pas la sienne, ou une sandale en bois, ou la sandale du pied gauche qui était sur son pied droit, la ḥalitsa est valide.
וְאָמְרִינַן: מַאן תַּנָּא? אָמַר שְׁמוּאֵל: רַבִּי מֵאִיר הִיא, דִּתְנַן: הַקִּיטֵּעַ יוֹצֵא בְּקַב שֶׁלּוֹ — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר.
Et nous avons dit : Qui est le tanna qui soutient qu’une sandale en bois est considérée comme une chaussure à cette fin ? Shmuel a dit : C’est Rabbi Meir, comme nous l’avons appris dans une michna : Un amputé peut sortir avec sa jambe de bois, c’est l’avis de Rabbi Meir, et Rabbi Yosei l’interdit. Finalement, Shmuel a accepté la lecture de la michna par Rav.
וְאַף רַב הוּנָא הֲדַר בֵּיהּ, דְּתַנְיָא: סַנְדָּל שֶׁל סַיָּידִין טָמֵא מִדְרָס, וְאִשָּׁה חוֹלֶצֶת בּוֹ, וְיוֹצְאִין בּוֹ בְּשַׁבָּת — דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ.
Et Rav Houna revint lui aussi sur son opinion, comme cela a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne une sandale de plâtriers, portée par ceux qui travaillent avec la chaux et qui couvraient leurs chaussures de cuir d’une chaussure tressée de paille ou de roseaux afin que les chaussures de cuir ne soient pas abîmées par la chaux. Si le plâtrier est un zav et marche avec ses chaussures couvertes, le revêtement de la chaussure est sujet à l’impureté rituelle transmise par le foulage, car le statut juridique de cette sandale est celui d’une chaussure. Une femme peut accomplir la ḥalitza avec elle, et l’on peut sortir avec elle pendant Chabbat ; telle est la déclaration de Rabbi Akiva. Et les Sages ne furent pas d’accord avec lui.
וְהָתַנְיָא ״הוֹדוּ לוֹ״! אָמַר רַב הוּנָא: מַאן ״הוֹדוּ לוֹ״ — רַבִּי מֵאִיר, וּמַאן ״לֹא הוֹדוּ לוֹ״ — רַבִּי יוֹסֵי.
La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita qu’ils étaient d’accord avec lui ? Rav Houna a dit, pour résoudre cette contradiction apparente : Qui est le Sage dont l’opinion est visée dans l’expression : Ils étaient d’accord avec lui ? C’est Rabbi Meir. Et qui est le Sage dont l’opinion est visée dans l’expression : Ils n’étaient pas d’accord avec lui ? C’est Rabbi Yossei. Même Rav Houna a accepté la lecture de la michna par Rav, selon laquelle Rabbi Yossei interdit de sortir avec une jambe de bois.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאן ״לֹא הוֹדוּ לוֹ״ — רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. דִּתְנַן: כַּוֶּרֶת שֶׁל קַשׁ וּשְׁפוֹפֶרֶת שֶׁל קָנִים — רַבִּי עֲקִיבָא מְטַמֵּא, וְרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי מְטַהֵר.
Rav Yosef a dit : Qui est le Sage dont l’opinion est mentionnée dans l’expression : Ils n’étaient pas d’accord avec Rabbi Akiva ? C’est Rabbi Yoḥanan ben Nuri. Comme nous l’avons appris dans une michna : Un récipient fait de paille et un tube fait de roseaux, Rabbi Akiva considère que ces ustensiles peuvent devenir rituellement impurs, et Rabbi Yoḥanan ben Nuri les considère comme purs, c’est-à-dire incapables de devenir rituellement impurs parce qu’ils ne sont pas des ustensiles. Selon Rabbi Yoḥanan ben Nuri, les objets en paille ne sont pas considérés comme des ustensiles aptes à l’usage.
אָמַר מָר: סַנְדָּל שֶׁל סַיָּידִין טָמֵא מִדְרָס. הָא לָאו לְהִילּוּכָא עֲבִיד! אָמַר רַב אַחָא בַּר רַב עוּלָּא: שֶׁכֵּן הַסַּיָּיד מְטַיֵּיל בּוֹ עַד שֶׁמַּגִּיעַ לְבֵיתוֹ.
Il a été enseigné dans une baraita que le Maître a dit : une sandale de plâtriers est sujette à l’impureté rituelle transmise par le piétinement. La Guemara demande : comment cela se peut-il ? Ces sandales ne sont pas faites pour marcher. Rav Aḥa bar Rav Ulla a dit : elles servent à marcher, car, parfois, le plâtrier marche avec elles jusqu’à ce qu’il atteigne sa maison.
וְאִם יֵשׁ לוֹ בֵּית קִיבּוּל כְּתִיתִין — טָמֵא. אָמַר אַבָּיֵי: טָמֵא טוּמְאַת מֵת, וְאֵין טָמֵא מִדְרָס. רָבָא אָמַר: אַף טָמֵא מִדְרָס.
Nous avons appris dans la michna : Et si la jambe de bois a un réceptacle pour des coussinets, elle peut devenir rituellement impure. Abaye a dit : Elle est sujette à l’impureté rituelle en raison du contact avec l’impureté rituelle transmise par un cadavre, et elle n’est pas sujette à l’impureté rituelle transmise par le piétinement. Si un zav utilise une jambe de bois, elle n’acquiert qu’un statut d’impureté rituelle de premier degré, puisqu’il ne peut pas y appuyer tout son poids. Rava a dit : Le pied artificiel est même sujet à l’impureté rituelle transmise par le piétinement.
אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ — דִּתְנַן: עֲגָלָה שֶׁל קָטָן — טְמֵאָה מִדְרָס. וְאַבָּיֵי אֲמַר: הָתָם סָמֵיךְ עִילָּוֵיהּ, הָכָא לָא סָמֵיךְ עִילָּוֵיהּ.
Rava a dit : D’où déduis-je pour dire cette halakha ? Comme nous l’avons appris dans une michna : Le chariot d’un petit enfant utilisé pour lui apprendre à marcher (Tosafot) est sujet à l’impureté rituelle transmise par le foulage, puisque sa fonction est de s’y appuyer. Et Abaye a dit : Les deux cas ne sont pas comparables. Là-bas, dans le cas du chariot, il s’appuie dessus de tout son poids ; ici, dans le cas de la jambe de bois, il ne s’appuie pas dessus de tout son poids .
אָמַר אַבָּיֵי: מְנָא אָמֵינָא לַהּ — דְּתַנְיָא: מַקֵּל שֶׁל זְקֵנִים טָהוֹר מִכְּלוּם!
Abaye a dit : D’où déduis-je de dire cette halakha ? Comme il a été enseigné dans une baraita : Une canne de marche, typiquement utilisée par les personnes âgées, est pure, c’est-à-dire incapable de devenir rituellement impure par quelque forme d’impureté rituelle que ce soit. Apparemment, un objet sur lequel on ne s’appuie pas de tout son poids n’est pas sujet à l’impureté rituelle transmise par le piétinement.
וְרָבָא: הָתָם
Et comment Rava répond-il à cette preuve ? Il dit qu’il y a une distinction entre les cas : Là-bas, dans le cas d’une canne utilisée par les personnes âgées,