הוֹאִיל וְרָאוּי לְהַקִּישׁוֹ עַל גַּבֵּי חֶרֶס.
Il est considéré comme un ustensile puisque une cloche sans battant est apte à frapper sur des récipients en terre cuite et à produire un son d’une qualité semblable à celui produit par un battant. Si tel est le cas, même lorsque le battant est retiré, la cloche peut encore être utilisée pour son usage d’origine.
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: הוֹאִיל וְרָאוּי לְהַקִּישׁוֹ עַל גַּבֵּי חֶרֶס. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: הוֹאִיל וְרָאוּי לְגַמֵּעַ בּוֹ מַיִם לְתִינוֹק.
Il a également été déclaré que Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Il est considéré comme un ustensile, car une cloche sans battant convient pour frapper de la poterie. Rabbi Yoḥanan a dit : Il est considéré comme un ustensile, car il convient à l’usage pour donner de l’eau à un enfant à boire.
וְרַבִּי יוֹחָנָן לָא בָּעֵי מֵעֵין מְלָאכָה רִאשׁוֹנָה? וְהָתַנְיָא: ״וְכׇל כְּלִי אֲשֶׁר יֵשֵׁב עָלָיו וְגוֹ׳״ — יָכוֹל כָּפָה סְאָה וְיָשַׁב עָלֶיהָ, כָּפָה תַּרְקַב וְיָשַׁב עָלֶיהָ יְהֵא טָמֵא, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר יֵשֵׁב עָלָיו הַזָּב״ — מִי שֶׁמְיוּחָד לִישִׁיבָה, יָצָא זֶה שֶׁאוֹמְרִים לוֹ: עֲמוֹד וְנַעֲשֶׂה מְלַאכְתֵּנוּ.
Et quant à l’essence de la déclaration de Rabbi Yoḥanan, la Guemara demande : Rabbi Yoḥanan n’exige-t-il pas que le nouvel usage du récipient soit du même type que le travail initial afin qu’il conserve son impureté rituelle après avoir subi un changement ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : « Tout lit sur lequel un zav est couché est rituellement impur, et tout récipient sur lequel il est assis sera rituellement impur » (Torah 15:4). J’aurais pu penser, sur la base de ce verset, que si quelqu’un renversait un récipient de la taille d’une se’a et s’asseyait dessus, ou renversait un récipient de la taille d’une demi-se’a [tarkav] et s’asseyait dessus, le récipient deviendrait rituellement impur. C’est pourquoi le verset déclare : Sur lequel le zav est assis, c’est-à-dire ce qui est destiné à être utilisé pour s’asseoir, à l’exclusion de ce récipient au sujet duquel on dit au zav : Lève-toi et nous accomplirons notre travail avec le récipient. Dans ce cas, parce que le récipient est principalement utilisé à d’autres fins que pour s’asseoir, il ne devient pas rituellement impur même lorsque le zav s’assied dessus.
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בְּמִדְרָסוֹת אוֹמְרִים ״עֲמוֹד וְנַעֲשֶׂה מְלַאכְתֵּנוּ״, וְאֵין אוֹמְרִים בִּטְמֵא מֵת ״עֲמוֹד וְנַעֲשֶׂה מְלַאכְתֵּנוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף אוֹמֵר בִּטְמֵא מֵת ״עֲמוֹד וְנַעֲשֶׂה מְלַאכְתֵּנוּ״.
Il y a un différend entre les amora’im à ce sujet : Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne l’impureté rituelle transmise par le foulage [midras], c’est-à-dire les halakhot relatives à un zav ou à une femme menstruée qui s’assoit ou s’allonge sur un objet, on énonce le principe : Lève-toi et nous accomplirons notre travail afin de maintenir la pureté de l’ustensile. Cependant, on ne l’énonce pas à l’égard de celui qui est rituellement impur en raison d’un cadavre : Lève-toi et nous accomplirons notre travail afin de maintenir la pureté de l’ustensile. En d’autres termes, un objet devenu rituellement impur par contact avec un cadavre puis brisé, puisqu’il est possible de l’utiliser à une autre fin, demeure un ustensile et susceptible d’impureté rituelle. Cependant, Rabbi Yoḥanan a dit : Même à l’égard de celui qui est rituellement impur en raison d’un cadavre, on énonce le principe : Lève-toi et nous accomplirons notre travail afin de maintenir la pureté de l’ustensile. Selon son avis, un ustensile qui n’est plus adapté à son usage initial, même s’il sert à une autre fin, est considéré comme brisé. Par conséquent, la cloche, puisqu’elle n’est plus adaptée à sonner, demeure rituellement pure selon l’avis de Rabbi Yoḥanan, bien qu’elle reste adaptée à boire de l’eau.
אֵיפוֹךְ קַמַּיְיתָא. וּמַאי חֲזֵית דְּאָפְכַתְּ קַמַּיְיתָא? אֵיפוֹךְ בָּתְרָיְיתָא!
La Guemara répond : Inverse les opinions dans la première controverse : ce n’était pas Rabbi Yoḥanan qui avait donné cette raison ; c’était Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina. La Guemara demande : Et qu’as-tu vu qui t’a conduit à inverser la première ? Inverse les opinions de Rabbi Yoḥanan et de Rabbi Elazar dans la controverse ultérieure, et évite ainsi une contradiction dans les déclarations de Rabbi Yoḥanan.
הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּבָעֵי מֵעֵין מְלָאכָה רִאשׁוֹנָה. דְּתַנְיָא: סַנְדָּל שֶׁל בְּהֵמָה שֶׁל מַתֶּכֶת טָמֵא. לְמַאי חֲזֵי? אָמַר רַב: רָאוּי לִשְׁתּוֹת בּוֹ מַיִם בַּמִּלְחָמָה. וְרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: רָאוּי לָסוּךְ בּוֹ שֶׁמֶן בַּמִּלְחָמָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בְּשָׁעָה שֶׁבּוֹרֵחַ מִן הַקְּרָב מַנִּיחוֹ בְּרַגְלָיו וְרָץ עַל קוֹצִין וְעַל הַבַּרְקָנִים.
La Guemara répond : C’est parce que nous avons appris ailleurs que Rabbi Yoḥanan exige que le nouvel usage du récipient soit du même type que le travail initial. Son opinion ici est cohérente avec son opinion là-bas. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Le fer d’un animal, s’il est fait de métal, peut devenir rituellement impur. La Guemara demande : À quel usage humain est-il adapté ? Les récipients destinés à l’usage des animaux ne deviennent pas rituellement impurs à moins d’avoir un usage quelconque pour les humains. Rav a dit : Il est adapté à servir de récipient dans lequel on pourrait boire de l’eau à la guerre lorsqu’il n’y a pas d’autres récipients disponibles. Et Rabbi Ḥanina a dit : Il est adapté à servir de récipient avec lequel on pourrait s’enduire d’huile sur le corps pendant une guerre. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Lorsqu’il fuit le champ de bataille, il le place sur son pied et court sur les épines et les chardons. Apparemment, le seul usage du fer d’un animal qui le rendrait susceptible de devenir rituellement impur lorsqu’il est utilisé par une personne est un usage du même type que le travail initial.
מַאי בֵּין רַב לְרַבִּי חֲנִינָא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דִּמְאִיס.
La Guemara demande incidemment : Quelle est la différence pratique entre l’explication de Rav et celle de Rabbi Ḥanina ? La Guemara répond : Il y a une différence pratique entre eux dans un cas où la sandale est répugnante et sale. Selon l’avis de Rav, puisqu’on n’en boirait pas de l’eau, elle ne peut pas devenir rituellement impure. Selon Rabbi Ḥanina, puisqu’on pourrait encore l’utiliser pour étaler de l’huile sur son corps, elle peut devenir rituellement impure.
בֵּין רַבִּי יוֹחָנָן לְרַבִּי חֲנִינָא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּיַקִּיר.
Quelle est la différence pratique entre l’explication de Rabbi Yoḥanan et celle de Rabbi Ḥanina ? Il y a une différence pratique entre eux dans un cas où la chaussure est lourde. Elle convient pour étaler de l’huile ; elle ne convient pas pour qu’on la mette au pied. Par conséquent, elle ne peut pas devenir rituellement impure selon Rabbi Yoḥanan.
וְלֹא בְּעִיר שֶׁל זָהָב. מַאי ״בְּעִיר שֶׁל זָהָב״? רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יְרוּשָׁלַיִם דְּדַהֲבָא,
Nous avons appris dans la michna : Et une femme ne peut pas non plus sortir le Chabbat dans le domaine public avec une ville d’or. La Guemara demande : Quel est le sens de : avec une ville d’or ? Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Jérusalem d’Or, une tiare en or gravée d’une représentation de la ville de Jérusalem,