הָכָא בְּקַטְלָא עָסְקִינַן, דְּאִשָּׁה חוֹנֶקֶת אֶת עַצְמָהּ — דְּנִיחָא לַהּ שֶׁתֵּרָאֶה כְּבַעֲלַת בָּשָׂר.
Ici, il s’agit d’une large lanière ornée [katla] suspendue autour du cou, à laquelle est attaché un petit plastron. Une femme s’étrangle effectivement avec une katla, parce que la lanière est large et que la serrer ne cause pas de douleur. Elle la serre parce qu’il lui plaît de paraître charnue. Il était considéré comme beau que la chair fasse saillie hors de la katla.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר שֶׁל צֶמֶר וְשֶׁל שֵׂעָר אֵין חוֹצְצִין, מִפְּנֵי שֶׁהַמַּיִם בָּאִין בָּהֶן.
Dans la même michna du traité Mikvaot, Rabbi Yehouda dit : Des cordons de laine et des mèches de cheveux ne font pas interposition et n’invalident pas l’immersion parce que l’eau passe à travers eux.
אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּחוּטֵי שֵׂעָר.
Rav Yosef a dit que Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda concernant des mèches de cheveux. Cependant, la halakha n’est pas conforme à son opinion concernant des fils de laine.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: הֲלָכָה, מִכְּלָל דִּפְלִיגִי!
Abaye lui dit : En disant que la halakha est conforme à l’avis de Rav Yehouda, par déduction les Sages sont en désaccord au sujet des mèches de cheveux. Cependant, aucun avis selon lequel des mèches de cheveux constituent une interposition n’est cité dans la michna.
וְכִי תֵּימָא, אִי לָאו דְּשָׁמְעֵיהּ לְתַנָּא קַמָּא דְּאַיְּירִי בְּחוּטֵי שֵׂעָר, אִיהוּ נָמֵי לָא הֲוָה מַיְירֵי — וְדִילְמָא ״כְּשֵׁם״ קָאָמַר לְהוּ: כִּי הֵיכִי דְּמוֹדִיתוּ לִי בְּחוּטֵי שֵׂעָר, אוֹדוֹ לִי נָמֵי בְּחוּטֵי צֶמֶר.
Et si tu dis que si nous n’avions pas entendu du premier tanna qu’il parle de mèches de cheveux, Rabbi Yehouda n’aurait pas non plus parlé d’elles. Apparemment, le premier tanna a interdit les mèches de cheveux, et Rabbi Yehouda était en désaccord avec lui. Néanmoins, cela pourrait être expliqué autrement. Et, peut-être qu’il a préfacé ce qu’il disait aux Sages par l’expression : De même que. De même que vous êtes d’accord avec moi que les mèches de cheveux ne font pas interposition, soyez d’accord avec moi que les fils de laine aussi ne font pas interposition. Le fait qu’il ait mentionné les mèches de cheveux n’indique pas un désaccord ; au contraire, c’est une tentative d’établir un consensus concernant la halakha.
אִיתְּמַר, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי יְהוּדָה בְּחוּטֵי שֵׂעָר.
En effet, il a été déclaré que Rav Naḥman a dit que Shmuel a dit : Les Sages sont d’accord avec Rabbi Yehuda concernant des mèches de cheveux.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: חוּטֵי צֶמֶר חוֹצְצִין, חוּטֵי שֵׂעָר אֵין חוֹצְצִין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שֶׁל צֶמֶר וְשֶׁל שֵׂעָר אֵין חוֹצְצִין.
Cet avis a également été enseigné dans une baraita : Les fils de laine font interposition. Les cheveux ne font pas interposition. Rabbi Yehouda dit : Les deux, les fils de laine et les cheveux, ne font pas interposition.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: יוֹצְאָה אִשָּׁה בְּחוּטֵי שֵׂעָר, בֵּין מִשֶּׁלָּה בֵּין מִשֶּׁל חֲבֶרְתָּהּ. מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי יְהוּדָה — אֲפִילּוּ חוּטֵי צֶמֶר נָמֵי! אֶלָּא לָאו רַבָּנַן הִיא, וּשְׁמַע מִינַּהּ בְּחוּטֵי שֵׂעָר לָא פְּלִיגִי. שְׁמַע מִינַּהּ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Le langage de la michna est également précis, comme nous l’avons appris dans une michna de notre chapitre : Une femme peut sortir avec des mèches de cheveux, qu’elles soient les siennes ou qu’elles soient de cheveux d’une autre. De qui l’opinion est-elle exprimée dans cette michna ? Si vous dites que c’est l’opinion de Rabbi Yehouda, même des fils de laine auraient aussi dû être permis. N’est-ce pas plutôt l’opinion des Sages ; et concluez-en que concernant les mèches de cheveux, ils ne sont pas en désaccord ? La Guemara tranche : En effet, concluez-en.
לֹא בְּ״טוֹטֶפֶת״. מַאי ״טוֹטֶפֶת״? אָמַר רַב יוֹסֵף: חוּמַרְתָּא דִקְטִיפְתָּא.
La michna a dit qu’une femme ne peut pas sortir avec l’ornement appelé totefet. La Guemara demande : Qu’est-ce qu’un totefet ? Rav Yossef a dit : Un sachet d’épices pour éloigner le mauvais œil.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: תִּהְוֵי כְּקָמֵיעַ מוּמְחֶה, וְתִשְׁתְּרֵי!
Abaye lui dit : Et que le statut juridique de ce paquet soit comme celui d'une amulette efficace, dont l’efficacité est prouvée, et qu’il soit permis, puisqu’une amulette efficace peut être déplacée pendant le Chabbat.
אֶלָּא אָמַר רַב יְהוּדָה מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי: אֲפוּזְיָינֵי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יוֹצְאָה אִשָּׁה בִּסְבָכָה הַמּוּזְהֶבֶת, וּבְטוֹטֶפֶת וּבְסַרְבִּיטִין הַקְּבוּעִין בָּהּ.
Au contraire, Rav Yehuda a dit au nom d’Abaye : Un totefet est un appuzainu, un ornement porté sur le front. Cet avis a également été enseigné dans une baraita : Une femme peut sortir avec une résille dorée portée pour maintenir les cheveux en place, ainsi qu’avec le totefet et les sarvitin qui sont attachés à la résille, car une femme n’enlèverait pas sa coiffe pour montrer ces ornements à son amie.
אֵיזוֹ טוֹטֶפֶת וְאֵיזוֹ סַרְבִּיטִין? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: טוֹטֶפֶת — הַמּוּקֶּפֶת לָהּ מֵאֹזֶן לְאֹזֶן. סַרְבִּיטִין — הַמַּגִּיעִין לָהּ עַד לְחָיֶיהָ.
Et ils dirent : Qu’est-ce qu’un totefet et que sont les sarvitin ? Rabbi Abbahou dit : Totefet, c’est ce qui entoure son front d’une oreille à l’autre. Les sarvitin sont ceux attachés au filet qui descendent jusqu’à ses joues.
אָמַר רַב הוּנָא: עֲנִיּוֹת עוֹשִׂין אוֹתָן שֶׁל מִינֵי צִבְעוֹנִין, עֲשִׁירוֹת עוֹשִׂין אוֹתָן שֶׁל כֶּסֶף וְשֶׁל זָהָב.
Rav Houna a dit : Les femmes pauvres fabriquent ces ornements à partir de différents types de matériaux colorés. Les femmes riches les fabriquent en argent et en or.
וְלֹא בְּכָבוּל. אָמַר רַבִּי יַנַּאי: כָּבוּל זֶה אֵינִי יוֹדֵעַ מַהוּ: אִי כַּבְלָא דְעַבְדָּא תְּנַן — אֲבָל כִּיפָּה שֶׁל צֶמֶר שַׁפִּיר דָּמֵי, אוֹ דִילְמָא כִּיפָּה שֶׁל צֶמֶר תְּנַן — וְכָל שֶׁכֵּן כַּבְלָא דְעַבְדָּא.
Nous avons appris dans la michna qu’une femme ne peut pas sortir avec un kavul. Rabbi Yannai a dit : Ce kavul, je ne sais pas ce que c’est. Est-ce le sceau d’un esclave, qui aurait un sceau sur son vêtement l’identifiant comme esclave, au sujet duquel nous avons appris dans notre michna que cela est interdit, mais un bonnet de laine qu’une femme place sur ses cheveux, elle peut certainement sortir en le portant ? Ou peut-être avons-nous appris dans notre michna que sortir avec un bonnet de laine est interdit et à plus forte raison que sortir avec le sceau d’un esclave est interdit.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר כִּיפָּה שֶׁל צֶמֶר תְּנַן. וְתַנְיָא נָמֵי הָכִי: יוֹצְאָה אִשָּׁה בְּכָבוּל וּבְאִיסְטָמָא לֶחָצֵר, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף בְּכָבוּל לִרְשׁוּת הָרַבִּים. כְּלָל אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: כׇּל שֶׁהוּא לְמַטָּה מִן הַשְּׂבָכָה — יוֹצְאִין בּוֹ, כׇּל שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִן הַשְּׂבָכָה — אֵין יוֹצְאִין בּוֹ.
Rabbi Abbahu a dit : Il est raisonnable de dire conformément à celui qui a dit que nous avons appris au sujet d’un bonnet de laine dans la michna. Et cela a également été enseigné dans une baraita : Une femme peut sortir avec un kavul et avec un istema dans la cour pendant Chabbat. Rabbi Shimon ben Elazar dit : Elle peut même sortir avec le kavul dans le domaine public. Rabbi Shimon ben Elazar a énoncé un principe : Tout ce qui est porté sous la résille, une femme peut sortir dans le domaine public avec cela, car une femme ne découvrira pas ses cheveux, même pour montrer un ornement, lorsqu’elle se trouve dans le domaine public. Tout ce qui est porté sur la résille, comme un chapeau ornemental, une femme ne peut pas sortir avec cela. D’après le contexte et la proximité de la halakha traitant du kavul avec la déclaration de Rabbi Shimon ben Elazar, il apparaît qu’un kavul est un bonnet de laine porté sous la résille.
מַאי ״אִיסְטָמָא״? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בִּיזְיוֹנֵי. מַאי ״בִּיזְיוֹנֵי״? אָמַר אַבָּיֵי אָמַר רַב: כָּלְיָא פָּרוֹחֵי.
Puisque istema a été mentionné dans la baraita, la Guemara demande : Qu’est-ce qu’un istema ? Rabbi Abbahu a dit : Istema est un beizyunei. Cependant, l’explication de Rabbi Abbahu employait un terme du dialecte araméen parlé en Eretz Yisrael, qui n’était pas compris en Babylonie. Ils demandèrent donc là-bas : Qu’est-ce qu’un beizyunei ? Abaye a dit que Rav a dit : C’est un petit chapeau ou un ruban utilisé pour rassembler les cheveux qui dépassent [kalya paruḥei] de la coiffure.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּאִיסְטָמָא: אֵין בָּהּ מִשּׁוּם כִּלְאַיִם, וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה בִּנְגָעִים, וְאֵין יוֹצְאִין בָּהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים.
Les Sages ont enseigné dans la Tosefta que trois choses ont été dites au sujet d’un istema : Il n’y a pas d’interdiction de mélange de genres divers, laine et lin, en lui. Puisqu’il est fait de feutre dur et n’est pas tissé ensemble, l’interdiction des genres divers ne s’applique pas à une matière de ce type. Et il ne devient pas impur par l’impureté rituelle de la lèpre. Seuls les vêtements tissés peuvent devenir impurs par la lèpre. Et les femmes ne peuvent pas sortir avec lui dans le domaine public pendant le Chabbat.
מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמְרוּ: אַף
Au nom du Rabbi Shimon, ils ont dit : Aussi,