מֵיתִיבִי: אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! מִפְּנֵי מָה קָנַסְתָּ מִיתָה עַל אָדָם הָרִאשׁוֹן? אָמַר לָהֶם: מִצְוָה קַלָּה צִוִּיתִיו וְעָבַר עָלֶיהָ. אָמְרוּ לוֹ: וַהֲלֹא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן שֶׁקִּיְּמוּ כׇּל הַתּוֹרָה כֻּלָּהּ, וּמֵתוּ! אָמַר לָהֶם: ״מִקְרֶה אֶחָד לַצַּדִּיק וְלָרָשָׁע לַטּוֹב וְגוֹ׳״!
La Guemara soulève une objection à partir de la baraita suivante : Les anges de service dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, pourquoi as-Tu puni Adam, le premier homme, de la peine de mort ? Il leur dit : Je lui ai donné une mitzva simple, et il l’a transgressée. Ils Lui dirent : Moïse et Aaron, qui ont observé toute la Torah dans son intégralité, sont pourtant morts ? Le Saint, béni soit-Il, leur dit, en citant le verset : « Le même sort atteint tous ; un même événement atteint le juste et le méchant ; le bon et le pur, et l’impur ; celui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie pas ; tel est le bon, tel est le pécheur ; celui qui jure est comme celui qui craint un serment » (Ecclésiaste 9:2). Apparemment, la mort ne dépend pas des actions d’une personne. Tous meurent.
הוּא דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּחֶטְאָם מֵתוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי״. הָא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי — עֲדַיִן לֹא הִגִּיעַ זְמַנְּכֶם לִיפָּטֵר מִן הָעוֹלָם.
La Guemara répond : Rav Ami a énoncé sa position conformément à ce tanna, comme cela a été enseigné dans une baraita : Rabbi Shimon ben Elazar a dit : Même Moïse et Aaron sont morts à cause de leur faute, comme il est dit : « Et le Seigneur parla à Moïse et à Aaron : Parce que vous n’avez pas cru en Moi, afin de Me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, c’est pourquoi vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans la terre que Je leur ai donnée » (Nombres 20:12). Si vous aviez cru en Moi et parlé au rocher comme cela avait été ordonné, votre heure ne serait pas encore venue de quitter le monde. Apparemment, même Moïse et Aaron sont morts à cause de leurs fautes.
מֵיתִיבִי: אַרְבָּעָה מֵתוּ בְּעֶטְיוֹ שֶׁל נָחָשׁ, וְאֵלּוּ הֵן: בִּנְיָמִין בֶּן יַעֲקֹב, וְעַמְרָם אֲבִי מֹשֶׁה, וְיִשַׁי אֲבִי דָוִד, וְכִלְאָב בֶּן דָּוִד. וְכוּלְּהוּ גְּמָרָא, לְבַר מִיִּשַׁי אֲבִי דָוִד דִּמְפָרֵשׁ בָּהּ קְרָא, דִּכְתִיב: ״וְאֶת עֲמָשָׂא שָׂם אַבְשָׁלוֹם תַּחַת יוֹאָב (שַׂר) [עַל] הַצָּבָא וַעֲמָשָׂא בֶן אִישׁ וּשְׁמוֹ יִתְרָא הַיִּשְׂרְאֵלִי אֲשֶׁר בָּא אֶל אֲבִיגַיִל בַּת נָחָשׁ אֲחוֹת צְרוּיָה אֵם יוֹאָב״.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans la baraita suivante : Quatre personnes sont mortes à cause du péché d’Adam avec le serpent, à la suite duquel la mort fut décrétée sur toute l’humanité, bien qu’elles-mêmes fussent exemptes de faute. Et les voici : Benjamin, fils de Jacob ; Amram, père de Moïse ; Yishaï, père de David ; et Kilab, fils de David. Et tous ont été connus par tradition, sauf Yishaï, père de David, au sujet duquel il existe un verset explicite interprété de manière homilétique, comme il est écrit : « Absalom plaça Amasa à la tête de l’armée à la place de Joab, et Amasa était le fils d’un homme nommé Ithra l’Israélite, qui avait pris pour lui Abigaïl, fille de Nahash, sœur de Tserouya, mère de Joab » (II Samuel 17:25).
וְכִי בַּת נָחָשׁ הֲוַאי? וַהֲלֹא בַּת יִשַׁי הֲוַאי, דִּכְתִיב: ״וְאַחְיוֹתֵיהֶן צְרוּיָה וַאֲבִיגַיִל״. אֶלָּא: בַּת מִי שֶׁמֵּת בְּעֶטְיוֹ שֶׁל נָחָשׁ.
La Guemara demande : Et Abigail était-elle la fille de Nahash ? N’était-elle pas la fille de Yishai, comme il est écrit : « Et Yishai engendra son premier-né Eliab, et Abinadab le deuxième, et Shimea le troisième, Netanel le quatrième, Raddaï le cinquième, Otsem le sixième, David le septième : et leurs sœurs étaient Tserouya et Abigail. Et les fils de Tserouya : Avishaï, et Yoav, et Asahel, trois. Et Abigail enfanta Amasa ; et le père d’Amasa était Yeter l’Ismaélite » (I Chroniques 2:13–17) ? Apparemment, Abigail était la fille de Yishai. Au contraire, le verset dit qu’Abigail était la fille de Nahash afin de nous enseigner qu’elle était la fille de celui qui mourut à cause du péché d’Adam avec le serpent [naḥash], bien que lui-même fût exempt de péché.
מַנִּי? אִילֵּימָא תַּנָּא דְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת, וְהָא אִיכָּא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן! אֶלָּא לָאו, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר הִיא. וּשְׁמַע מִינַּהּ יֵשׁ מִיתָה בְּלֹא חֵטְא וְיֵשׁ יִסּוּרִין בְּלֹא עָוֹן, וּתְיוּבְתָּא דְרַב אַמֵּי — תְּיוּבְתָּא.
La Guemara clarifie maintenant la question : Qui est le tanna de la baraita qui affirme que quatre personnes ne sont pas mortes à cause de leurs propres péchés ? Si vous dites qu’il s’agit du tanna qui a enseigné la conversation entre les anges serviteurs et Dieu, cela est difficile, puisqu’il n’y avait pas aussi Moïse et Aaron qui ne sont pas morts à cause de leurs propres péchés ? Au contraire, ce doit être Rabbi Shimon ben Elazar, qui soutient que même Moïse et Aaron sont morts à cause de leurs propres péchés. Apprenez-en donc qu’en principe, il est d’accord pour dire qu’il y a une mort sans péché et une souffrance sans iniquité, et cela constitue une réfutation concluante de l’opinion de Rav Ami. La Guemara conclut : En effet, c’est une réfutation concluante.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל הָאוֹמֵר רְאוּבֵן חָטָא אֵינוֹ אֶלָּא טוֹעֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּהְיוּ בְנֵי יַעֲקֹב שְׁנֵים עָשָׂר״ — מְלַמֵּד שֶׁכּוּלָּן שְׁקוּלִים כְּאֶחָד. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וַיִּשְׁכַּב אֶת בִּלְהָה פִּילֶגֶשׁ אָבִיו״ — מְלַמֵּד שֶׁבִּלְבֵּל מַצָּעוֹ שֶׁל אָבִיו, וּמַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ שָׁכַב עִמָּהּ.
Après avoir mentionné les péchés de certains ancêtres importants du peuple juif, la Guemara aborde maintenant plusieurs ancêtres נוספים. Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : Quiconque dit que Reuven a péché avec Bilha se trompe tout simplement, comme il est dit : « Et il arriva, lorsque Israël demeurait dans ce pays, que Reuven alla et coucha avec Bilha, la concubine de son père ; et Israël l’entendit. Or, les fils de Yaakov étaient douze” (Genèse 35:22). Le fait que la Torah ait indiqué le nombre des fils de Yaakov à ce moment du récit enseigne que, même après l’incident impliquant Bilha, tous les frères étaient égaux en droiture. Apparemment, Reuven n’a pas péché. Comment, alors, dois-je comprendre le sens du verset : « Et il coucha avec Bilha, la concubine de son père » ? La compréhension simple du verset indique un péché. Ce verset enseigne que Reuven a réarrangé le lit de son père pour protester contre le fait que Yaakov avait placé son lit dans la tente de Bilha et non dans la tente de sa mère Léa après la mort de Rachel. Et le verset lui impute la responsabilité de son acte comme s’il avait réellement couché avec Bilha.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: מוּצָּל אוֹתוֹ צַדִּיק מֵאוֹתוֹ עָוֹן, וְלֹא בָּא מַעֲשֶׂה זֶה לְיָדוֹ. אֶפְשָׁר עָתִיד זַרְעוֹ לַעֲמוֹד עַל הַר עֵיבָל וְלוֹמַר: ״אָרוּר שֹׁכֵב עִם אֵשֶׁת אָבִיו״ וְיָבֹא חֵטְא זֶה לְיָדוֹ? אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וַיִּשְׁכַּב אֶת בִּלְהָה פִּילֶגֶשׁ אָבִיו״ — עֶלְבּוֹן אִמּוֹ תָּבַע. אָמַר: אִם אֲחוֹת אִמִּי הָיְתָה צָרָה לְאִמִּי, שִׁפְחַת אֲחוֹת אִמִּי תְּהֵא צָרָה לְאִמִּי? עָמַד וּבִלְבֵּל אֶת מַצָּעָהּ.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar dit : Ce juste, Réouven, a été sauvé de ce péché d’adultère, et cet acte n’en est pas venu à être commis par lui ? Est-il possible que ses descendants soient destinés à se tenir sur le mont Eival et à dire : « Maudit soit celui qui couche avec la femme de son père ; car il découvre le pan du vêtement de son père. Et tout le peuple dira : amen » (Deutéronome 27:20), et que ce péché en vienne à être commis par lui ? Est-il concevable que les membres d’une tribu maudissent leur ancêtre ? Comment, alors, dois-je comprendre le sens du verset : « Et il coucha avec Bilha, la concubine de son père » ? Il faut le comprendre ainsi : Il protesta contre l’affront fait à sa mère. Il dit : Si la sœur de ma mère, Rachel, a été une rivale pour ma mère, la concubine de la sœur de ma mère sera-t-elle une rivale pour ma mère ? Il se leva immédiatement et réarrangea son lit afin que Jacob entre dans la tente de Léa.
אֲחֵרִים אוֹמְרִים: שְׁתֵּי מַצָּעוֹת בִּלְבֵּל, אַחַת שֶׁל שְׁכִינָה וְאַחַת שֶׁל אָבִיו. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אָז חִלַּלְתָּ יְצוּעִי עָלָה״ — אַל תִּקְרֵי ״יְצוּעִי״ אֶלָּא ״יְצוּעַיי״.
Aḥerim disent : Il réarrangea deux lits, l’un de la Présence divine et l’autre de son père. Et tel est le sens de ce qui est écrit : « Impétueux comme l’eau, tu n’excelleras pas ; car tu es monté sur la couche de ton père ; alors tu l’as profanée ; il est monté sur ma couche [yetzu’i] » (Genèse 49:4). Ne le lis pas comme yetzu’i, au singulier ; mais lis-le comme yetzu’ai, mes couches, au pluriel, en référence à la fois à la couche de son père et à la couche de la Présence divine, qui repose dans les tentes des justes.
כְּתַנָּאֵי. ״פַּחַז כַּמַּיִם אַל תּוֹתַר״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר ״פַּזֹּתָה״, ״חַבְתָּה״, ״זַלְתָּה״. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: ״פָּסַעְתָּה עַל דָּת״, ״חָטָאתָ״, ״זָנִיתָ״. רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: ״פִּילַּלְתָּה״, ״חַלְתָּה״, ״זָרְחָה תְּפִלָּתֶךָ״.
La Guemara note que la question de l’innocence de Ruben est parallèle à une controverse entre tannaïm. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Instable [paḥaz] comme l’eau, tu n’excelleras pas. » Les Sages ont compris paḥaz comme un acronyme. Rabbi Eliezer dit que cela signifie : Tu as été impulsif [pazta], tu as été fautif [ḥavta], et tu as agi avec mépris [zalta]. Rabbi Yehoshua dit que cela signifie : Tu as foulé aux pieds la loi [pasata al dat], tu as péché [ḥatata], et tu as été débauché [zanita]. Rabban Gamliel dit : L’acronyme ne renvoie pas au péché de Ruben. Il renvoie à son repentir : Tu as prié [pilalta], tu as tremblé de peur [ḥalta], et ta prière a resplendi [zarḥa].
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: עֲדַיִן צְרִיכִין אָנוּ לַמּוֹדָעִי. רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: הֲפוֹךְ אֶת הַתֵּיבָה וְדוֹרְשָׁהּ: ״זִעְזַעְתָּה״, ״הִרְתַּעְתָּה״, ״פָּרַח חֵטְא מִמְּךָ״. רָבָא אָמַר, וְאָמְרִי לֵהּ רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: ״זָכַרְתָּ עוֹנְשׁוֹ שֶׁל דָּבָר״, ״חִלִּיתָ עַצְמְךָ חוֹלִי גָּדוֹל״, ״פֵּירַשְׁתָּ מִלַּחְטוֹא״.
Rabban Gamliel a dit : Nous avons encore besoin de l’explication de le Modaïte, car Rabbi Elazar HaModa’i a dit : Inverse l’ordre des lettres dans le mot paḥaz puis interprète-le de manière homilétique : Tu as tremblé [zizata], tu as reculé [hirtata] ; le ḥet dans paḥaz est échangé avec la lettre heh, afin que tu ne pèches pas, et le péché s’est envolé [parḥa] loin de toi. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar HaModa’i sont d’avis que Ruben n’a pas péché. Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua soutenaient qu’il a péché. Rava a dit, et certains disent que Rabbi Yirmeya bar Abba a dit : Inverse les lettres de paḥaz et interprète : Tu t’es souvenu [zakharta] du châtiment pour cette faute, tu t’es rendu gravement malade [ḥalita] afin de t’abstenir de pécher, et tu as réussi à te retirer [peirashta] du péché.
רְאוּבֵן. בְּנֵי עֵלִי. בְּנֵי שְׁמוּאֵל. דָּוִד וּשְׁלֹמֹה. וְיוֹאָשׁ. סִימָן.
La Guemara fait précéder les déclarations suivantes de Rabbi Shmuel bar Naḥmani d’un mnémonique : Ruben, les fils d’Éli, les fils de Samuel, David, Salomon et Josias.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל הָאוֹמֵר בְּנֵי עֵלִי חָטְאוּ אֵינוֹ אֶלָּא טוֹעֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁם שְׁנֵי בְנֵי עֵלִי עִם אֲרוֹן בְּרִית הָאֱלֹהִים חׇפְנִי וּפִנְחָס כֹּהֲנִים לַה׳״.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : Quiconque dit que les fils d’Éli ont péché ne fait rien d’autre que se tromper, comme il est écrit : « Et les deux fils d’Éli, Hophni et Pinhas, étaient là, prêtres du Seigneur » (I Samuel 1:3).
סָבַר לַהּ כְּרַב, דְּאָמַר רַב: פִּנְחָס לֹא חָטָא. מַקִּישׁ חָפְנִי לְפִנְחָס: מַה פִּנְחָס לֹא חָטָא — אַף חָפְנִי לֹא חָטָא. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אֲשֶׁר יִשְׁכְּבֻן אֶת הַנָּשִׁים״ — מִתּוֹךְ שֶׁשִּׁהוּ אֶת קִינֵּיהֶן, שֶׁלֹּא הָלְכוּ אֵצֶל בַּעֲלֵיהֶן, מַעֲלֶה עֲלֵיהֶן הַכָּתוּב כְּאִילּוּ שְׁכָבוּם.
La Guemara explique : Rabbi Yonatan est d’accord avec l’opinion de Rav, comme Rav l’a dit : Pinehas n’a pas fauté. Et le verset met Hophni en parallèle avec Pinehas ; de même que Pinehas n’a pas fauté, Hophni non plus n’a pas fauté. La Guemara demande : Comment, alors, dois-je comprendre le sens du verset : « Or Éli était très âgé, et il entendait tout ce que ses fils faisaient à tout Israël ; et comment ils couchaient avec les femmes qui s’assemblaient à l’entrée de la Tente d’Assignation » (I Samuel 2:22), ce qui indique le contraire ? La Guemara répond : Puisque les fils d’Éli retardaient l’offrande de les sacrifices d’oiseaux des femmes qui avaient accouché, une paire de colombes apportée dans le cadre du processus de purification, et que ce retard faisait que les femmes ne retournaient pas auprès de leurs maris en temps voulu, le verset attribue à Hophni et Pinehas une responsabilité comme s’ils avaient couché avec elles. Ils n’étaient coupables de rien de plus que de négligence et d’inattention.
גּוּפָא, אָמַר רַב: פִּנְחָס לֹא חָטָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲחִיָּה בֶן אֲחִטוּב אֲחִי אִי כָבוֹד בֶּן פִּנְחָס בֶּן עֵלִי כֹּהֵן ה׳ וְגוֹ׳״ — אֶפְשָׁר חֵטְא בָּא לְיָדוֹ וְהַכָּתוּב מְיַיחֲסוֹ?
La Guemara examine maintenant la question elle-même de la déclaration de Rav citée au cours de la discussion précédente. Rav a dit : Pinehas n’a pas péché, comme il est dit : « Et Ahia, fils d’Ahitoub, frère d’Ikabod, fils de Pinehas, fils d’Éli, était prêtre du Seigneur à Silo, portant un éphod » (I Samuel 14:3). Est-il possible que le péché soit venu dans la main de Pinehas et que, néanmoins, le verset fasse remonter la lignée de son petit-fils, Ahia, jusqu’à lui ?
וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״יַכְרֵת ה׳ לָאִישׁ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂנָּה עֵר וְעֹנֶה מֵאׇהֳלֵי יַעֲקֹב וּמַגִּישׁ מִנְחָה לַה׳ צְבָאוֹת״. אִם יִשְׂרָאֵל הוּא — לֹא יִהְיֶה לוֹ עֵר בַּחֲכָמִים וְלֹא עוֹנֶה בַּתַּלְמִידִים. וְאִם כֹּהֵן הוּא — לֹא יִהְיֶה לוֹ בֵּן מַגִּישׁ מִנְחָה. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: פִּנְחָס לֹא חָטָא.
N’a-t-il pas déjà été dit au sujet de ceux qui se livrent à des relations licencieuses : « Le Seigneur retranchera de l’homme qui fait cela celui qui veille et celui qui répond des tentes de Jacob, ou quiconque présente une offrande au Seigneur des armées » (Malachie 2:12). Les Sages ont interprété ce verset de manière homilétique : Si le pécheur est un Israélite, il n’aura pas parmi ses descendants quelqu’un qui soit vif et éveillé parmi les Sages, ou même quelqu’un parmi leurs disciples capable de répondre aux questions. Et s’il est prêtre, il n’aura pas de fils qui présentera une offrande de farine. Si Pinehas a eu des fils et des petits-fils qui ont servi comme prêtres, on en conclut que Pinehas n’a pas péché.
אֶלָּא הָא כְתִיב ״אֲשֶׁר יִשְׁכְּבֻן״! — ״יִשְׁכָּבֵן״ כְּתִיב.
La Guemara demande : Cependant, n’est-il pas écrit : « Et comment ils couchaient [yishkevun] avec les femmes ». Le verbe yishkevun est au pluriel, ce qui indique que les deux fils étaient coupables. La Guemara répond : Cela est écrit sans vav, de sorte que cela peut être lu comme yishkeven au singulier, c’est-à-dire, comment il couchait, indiquant qu’un seul d’entre eux a fauté.
וְהָכְתִיב: ״אַל בָּנָי כִּי לֹא טוֹבָה הַשְּׁמֻעָה״! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״בְּנִי״ כְּתִיב.
La Guemara demande en outre : N’est-il pas écrit qu’Éli a dit : « Non, mes fils [banai] ; car ce n’est pas une bonne nouvelle que j’entends ; vous faites transgresser le peuple du Seigneur » (I Samuel 2:24). Le fait qu’Éli se soit adressé à ses fils au pluriel indique qu’ils ont tous deux fauté. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Il est écrit d’une manière qui peut se lire comme mon fils [beni] au singulier.
וְהָכְתִיב ״מַעֲבִרִים״! אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: ״מַעֲבִירָם״ כְּתִיב.
La Guemara soulève une autre question : N’est-il pas écrit : « Vous faites » transgresser le peuple du Seigneur [ma’avirim] au pluriel, ce qui indique que les deux fils étaient coupables. Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, dit : Ici aussi, le mot est écrit sans yod, de sorte qu’il peut être lu ainsi : Tu fais transgresser le peuple du Seigneur [ma’aviram] au singulier, ce qui indique qu’un seul d’entre eux a fauté.
וְהָכְתִיב ״בְּנֵי בְלִיָּעַל״! מִתּוֹךְ שֶׁהָיָה לוֹ לְפִנְחָס לְמַחוֹת לְחׇפְנִי וְלֹא מִיחָה, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ חָטָא.
La Guemara soulève une dernière difficulté : N’est-il pas écrit : « Or, les fils d’Éli étaient des vauriens ; ils ne connaissaient pas le Seigneur » (I Samuel 2:12), ce qui indique qu’ils étaient tous deux pécheurs. La Guemara répond : Puisque Pinehas aurait dû protester contre la conduite de Hofni, mais qu’il ne l’a pas fait, le verset lui attribue une responsabilité comme s’il avait lui aussi péché.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל הָאוֹמֵר
Le rabbin Shmuel bar Naḥmani a dit que le rabbin Yonatan a dit : Quiconque dit