וְאִית לְהוּ צַעֲרָא לְכֹהֲנִים לְאַקּוֹפֵי. אֲמַר: אִיכָּא אִינִישׁ דְּיָדַע דְּאִיתַּחְזַק הָכָא טָהֳרָה? אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: כָּאן קִיצֵּץ בֶּן זַכַּאי תּוּרְמְסֵי תְּרוּמָה. עֲבַד אִיהוּ נָמֵי הָכִי, כָּל הֵיכָא דַּהֲוָה קְשֵׁי — טַהֲרֵיהּ, וְכָל הֵיכָא דַּהֲוָה רְפֵי — צַיְּינֵיהּ.
et les prêtres sont troublés d’être forcés de le contourner, car il leur est interdit de devenir rituellement impurs par contact avec un cadavre. Il y avait un soupçon, mais aucune certitude, qu’un cadavre y avait été enterré. Par conséquent, ils ne pouvaient pas déterminer définitivement son statut. Rabbi Shimon dit : Y a-t-il quelqu’un qui sache qu’il y avait ici une présomption de pureté rituelle ? Y a-t-il quelqu’un qui se souvienne d’une époque où cet endroit n’était pas considéré comme rituellement impur, ou qu’au moins une partie de celui-ci était considérée comme rituellement pure ? Un Ancien lui dit : Ici ben Zakkai a planté et récolté la teruma de lupins. Sur ce marché, Rabbi Yoḥanan ben Zakkai, qui était lui-même prêtre, a un jour planté des lupins qui lui avaient été donnés comme teruma. Sur cette base, on peut conclure que l’endroit était assurément rituellement pur. Rabbi Shimon, comme Jacob, fit de même et prit des mesures pour améliorer la ville et examina le sol (Tosafot). Partout où le sol était dur, il le déclara rituellement pur car il n’y avait certainement pas de cadavre là, et tout endroit où le sol était meuble, il le marqua, indiquant qu’un cadavre y était peut-être enterré. De cette manière, il purifia le marché afin que même les prêtres puissent le traverser.
אֲמַר הָהוּא סָבָא: טִיהֵר בֶּן יוֹחַי בֵּית הַקְּבָרוֹת! אֲמַר לֵיהּ: אִילְמָלֵי לֹא הָיִיתָ עִמָּנוּ, וַאֲפִילּוּ הָיִיתָ עִמָּנוּ, וְלֹא נִמְנֵיתָ עִמָּנוּ — יָפֶה אַתָּה אוֹמֵר. עַכְשָׁיו שֶׁהָיִיתָ עִמָּנוּ, וְנִמְנֵיתָ עִמָּנוּ, יֹאמְרוּ: זוֹנוֹת מְפַרְכְּסוֹת זוֹ אֶת זוֹ, תַּלְמִידֵי חֲכָמִים לֹא כָּל שֶׁכֵּן?! יְהַב בֵּיהּ עֵינֵיהּ וְנָח נַפְשֵׁיהּ. נְפַק לְשׁוּקָא חַזְיֵיהּ לִיהוּדָה בֶּן גֵּרִים. אֲמַר: עֲדַיִין יֵשׁ לְזֶה בָּעוֹלָם? נָתַן בּוֹ עֵינָיו וְעָשָׂהוּ גַּל שֶׁל עֲצָמוֹת.
Un certain Ancien dit avec dérision et étonnement : Ben Yoḥai a purifié le cimetière. Rabbi Shimon se mit en colère et lui dit : Si tu n'avais pas été avec nous, et même si tu avais été avec nous sans avoir été compté parmi nous lors de cette décision, ce que tu dis serait acceptable. Tu aurais pu dire que tu ignorais mon intention ou que tu n'étais pas d'accord ou que tu n'avais pas participé à cette décision. Maintenant que tu étais avec nous et que tu as été compté parmi nous lors de cette décision, tu feras dire aux gens que les Sages ne veulent pas coopérer les uns avec les autres. Ils diront : si des prostituées rivales se maquillent encore les unes les autres pour s'aider à paraître belles, à plus forte raison les érudits de la Torah doivent-ils coopérer les uns avec les autres. Il dirigea son regard vers lui et l'Ancien mourut. Rabbi Shimon sortit au marché et vit Yehuda, fils de convertis, qui était la cause de tout cet incident. Rabbi Shimon dit : Celui-ci a encore sa place dans le monde ? Il dirigea son regard vers lui et le transforma en un tas d'ossements.
מַתְנִי׳ שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צָרִיךְ אָדָם לוֹמַר בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ עֶרֶב שַׁבָּת עִם חֲשֵׁכָה: עִשַּׂרְתֶּם? עֵרַבְתֶּם? — הַדְלִיקוּ אֶת הַנֵּר. סָפֵק חֲשֵׁכָה סָפֵק אֵינוֹ חֲשֵׁכָה — אֵין מְעַשְּׂרִין אֶת הַוַּדַּאי, וְאֵין מַטְבִּילִין אֶת הַכֵּלִים, וְאֵין מַדְלִיקִין אֶת הַנֵּרוֹת. אֲבָל מְעַשְּׂרִין אֶת הַדְּמַאי, וּמְעָרְבִין, וְטוֹמְנִין אֶת הַחַמִּין.
MICHNA : Il y a trois choses qu’une personne doit dire dans sa maison la veille de Chabbat à la tombée de la nuit, et non avant. La michna précise : il doit demander aux membres de sa maison : avez-vous prélevé la dîme sur la récolte qui exigeait la dîme ? Avez-vous placé le eiruv pour joindre les cours et fixer les limites de Chabbat ? Si vous l’avez fait, allumez la lampe en l’honneur de Chabbat. Les Sages ont énoncé un principe : si, le vendredi, arrive un moment où il y a incertitude quant à savoir si c’est la tombée de la nuit et incertitude quant à savoir si ce n’est pas encore la tombée de la nuit, on ne peut pas prélever la dîme sur une récolte qui n’a certainement pas été prélevée, et on ne peut pas immerger des ustensiles rituellement impurs dans un bain rituel pour les rendre rituellement purs, et on ne peut pas allumer les lumières de Chabbat. Cependant, on peut prélever la dîme du demai, produit dont la dîme est douteuse, qui doit être prélevé par simple soupçon. Et on peut placer un eiruv et envelopper l’eau chaude qui sera utilisée pendant Chabbat.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: אָמַר קְרָא: ״וְיָדַעְתָּ כִּי שָׁלוֹם אָהֳלֶךָ וּפָקַדְתָּ נָוְךָ וְלֹא תֶחֱטָא״. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: אַף עַל גַּב דַּאֲמוּר רַבָּנַן שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צָרִיךְ אָדָם לוֹמַר וְכוּ׳ — צְרִיךְ לְמֵימְרִינֵהוּ בְּנִיחוּתָא, כִּי הֵיכִי דְּלִיקַבְּלִינְהוּ מִינֵּיהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: אֲנָא לָא שְׁמִיעַ לִי הָא דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא, וְקַיֵּימְתַּהּ מִסְּבָרָא.
GUEMARA : La Guemara cherche à clarifier : D’où ces éléments sont-ils dérivés, à savoir qu’il faut poser ces questions chez soi à la tombée de la nuit de Shabbat ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Comme le verset dit : « Et tu sauras que ta tente est en paix ; tu visiteras ta demeure, et tu ne pécheras pas » (Job 5:24). De là, on déduit qu’une personne doit visiter sa demeure, c’est-à-dire poser des questions dans sa maison, afin de ne pas en venir à pécher. Rabba bar Rav Huna a dit : Bien que les Sages aient dit qu’il y a trois choses qu’une personne doit, et en effet est tenue de, dire dans sa maison la veille de Shabbat à la tombée de la nuit, il faut les dire calmement afin que les membres de son foyer les acceptent de sa part. S’il les dit durement, les membres de sa famille peuvent l’induire en erreur et le faire pécher. Rav Ashi a dit : Je n’ai pas entendu cettehalakha de Rabba bar Rav Huna, mais je l’ai accomplie sur la base de mon propre raisonnement.
הָא גוּפָא קַשְׁיָא: אָמְרַתְּ שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים צָרִיךְ אָדָם לוֹמַר בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ עֶרֶב שַׁבָּת עִם חֲשֵׁכָה. עִם חֲשֵׁכָה — אִין, סָפֵק חֲשֵׁכָה סָפֵק אֵינוֹ חֲשֵׁכָה — לָא. וַהֲדַר תָּנֵי: סָפֵק חֲשֵׁכָה סָפֵק אֵינוֹ חֲשֵׁכָה — מְעָרֵב.
La Guemara demande : Cette michna elle-même est difficile, car elle contient une contradiction interne. D’une part, tu as déclaré au départ qu’il y a trois choses qu’une personne doit dire dans sa maison avant Chabbat à la tombée de la nuit, et cela signifie : À la tombée de la nuit, c’est-à-dire avant la tombée de la nuit, oui, il doit dire ces choses ; lorsqu’il y a un doute quant à savoir si c’est la tombée de la nuit et un doute quant à savoir si ce n’est pas encore la tombée de la nuit, non, il ne doit pas les dire. Même si l’on demandait alors, il n’est déjà plus permis de corriger ces questions. Et ensuite elle a enseigné : Lorsqu’il y a un doute quant à savoir si c’est la tombée de la nuit et un doute quant à savoir si ce n’est pas encore la tombée de la nuit, on peut placer un eiruv. On peut corriger la situation même alors. Pourquoi la michna a-t-elle limité le fait de poser ces questions à un moment plus tôt ?
סִימָן: בְּגוּפְיָא זִימְרָא צִיפְּרָא בְּחַבְלָא דְמֵילָתָא.
Incidemment, avant de répondre à cette question, la Guemara énumère toutes les autres halakhot du traité Shabbat énoncées par le Sage qui répond à la question, avec le mnémonique : soi-même, élagage, oiseau, corde, soie.
אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: לָא קַשְׁיָא, כָּאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין, כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵרוֹת.
Rabbi Abba a dit que Rabbi Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Ce n’est pas difficile et il n’y a ici aucune contradiction. Ici, au début de la michna, où il est indiqué que le eiruv ne peut être placé que tant qu’il fait encore jour, il s’agit de la délimitation des frontières de Shabbat, qui repose sur une loi de la Torah. Par conséquent, il faut placer cet eiruv alors qu’il fait encore certainement jour. Et ici, là où la michna a dit que cela est permis même lorsqu’il est incertain qu’il fasse déjà nuit ou non, il s’agit de la mise en commun des cours, qui est plus indulgente et repose seulement sur une rigueur.
וְאָמַר רָבָא: אָמְרוּ לוֹ שְׁנַיִם צֵא וְעָרֵב עָלֵינוּ, לְאֶחָד עֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם, וּלְאֶחָד עֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת — זֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, וְזֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ מִשֶּׁחָשֵׁכָה. שְׁנֵיהֶם קָנוּ עֵירוּב.
À ce sujet, la Guemara cite la halakha que Rava a énoncée afin de souligner l’aspect rabbinique des halakhot de eirouv : Une personne à qui deux personnes ont dit : Va et place un eirouv, une association de cours (Rabbeinu Ḥananel), pour nous. Pour l’une d’elles, il a placé un eirouv alors qu’il faisait encore jour, et pour l’une il a placé un eirouv au crépuscule, lorsqu’il est incertain qu’il fasse encore jour ou déjà nuit. Celui pour qui il a placé uneirouvalors qu’il faisait encore jour a vu son eirouv mangé pendant le crépuscule, et celui pour qui il a placé un eirouv au crépuscule a vu son eirouv mangé après la tombée de la nuit. Le principe est le suivant : le fait qu’un eirouv prenne effet ou non est déterminé au moment où Chabbat commence. Si l’on a placé le eirouv auparavant et qu’il reste intact au moment où Chabbat commence, le eirouv est en vigueur. Cependant, si le eirouv qui a été placé au moment approprié a été mangé pendant le crépuscule, cela pose problème. Le crépuscule est une période d’incertitude. Il y a une incertitude quant au fait qu’il fasse encore jour, et par conséquent le eirouv n’était pas en place au moment où Chabbat a commencé, ou qu’il fasse nuit, et alors il était en place. Dans ce dernier cas, il subsiste encore une incertitude quant au fait que le eirouv ait été ou non en place avant Chabbat, de sorte qu’il puisse prendre effet tout court. Dans ce cas, Rava a statué que tous deux ont acquis l’eirouv.
מָה נַפְשָׁךְ. אִי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת יְמָמָא הוּא — בָּתְרָא לִיקְנֵי קַמָּא לָא לִיקְנֵי. וְאִי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת לֵילְיָא הוּא — קַמָּא לִיקְנֵי בָּתְרָא לָא לִיקְנֵי! בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סְפֵקָא הוּא, וּסְפֵקָא דְרַבָּנַן לְקוּלָּא.
La Guemara s’étonne de cela : Quelle que soit la manière dont vous l’envisagez, cette décision est difficile. Si la période de crépuscule est considérée comme le jour, que le dernier acquière son eiruv, mais que le premier n’acquière pas le sien, car son eiruv a été mangé alors qu’il faisait encore jour. Et si la période de crépuscule est la nuit, que le premier acquière son eiruv, mais que le dernier n’acquière pas son eiruv, car le sien n’a pas été placé avant Chabbat. En tout état de cause, il est impossible que le eiruv dans ces deux cas soit valide. La Guemara répond à cela selon la position de Rava : Le statut du crépuscule est incertain, car on ne sait pas s’il s’agit du jour, de la nuit, ou des deux, et l’incertitude dans le cas d’une ordonnance rabbinique est tranchée avec indulgence. Par conséquent, dans les deux cas, le eiruv est acquis.
[אָמַר] רָבָא: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ אֵין טוֹמְנִין בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף הֶבֶל מִשֶּׁחָשֵׁכָה? — גְּזֵרָה שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אִי הָכִי, בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נָמֵי נִיגְזַר?! אֲמַר לֵיהּ: סְתָם קְדֵירוֹת רוֹתְחוֹת הֵן.
Et Rava dit : Pourquoi ont-ils dit qu’il n’est pas permis d’envelopper de l’eau chaude même dans quelque chose qui n’ajoute pas de chaleur, mais ne fait que conserver la chaleur préexistante, dès avant la tombée de la nuit le vendredi ? C’est un décret de peur que l’on n’en vienne à faire bouillir la marmite pendant Chabbat. Abaye lui dit : Si c’est ainsi, si cela est dû à la crainte que l’on puisse la faire bouillir, alors pendant le crépuscule nous devrions également décréter et interdire d’envelopper dans quelque chose qui n’ajoute pas de chaleur. Rava lui dit : Pendant le crépuscule, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, car à ce moment-là la plupart des marmites bouillent, puisqu’elles viennent juste d’être retirées du feu. Plus tard dans la nuit, les marmites refroidissent, et il est concevable que l’on en vienne à les faire bouillir afin d’en restaurer la chaleur.
וְאָמַר רָבָא:
Et Rava dit :