״רֵאשִׁית״ קָרָאתִי אֶתְכֶם — עַל עִסְקֵי רֵאשִׁית הִזְהַרְתִּי אֶתְכֶם. נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתִּי בָּכֶם קְרוּיָה ״נֵר״ — עַל עִסְקֵי נֵר הִזְהַרְתִּי אֶתְכֶם. אִם אַתֶּם מְקַיְּימִים אוֹתָם — מוּטָב, וְאִם לָאו — הֲרֵינִי נוֹטֵל נִשְׁמַתְכֶם.
Je t’ai appelée en premier, comme il est dit : « Israël est la portion consacrée du Seigneur, les prémices de sa récolte » (Jérémie 2:3) et je t’ai avertie au sujet des prémices : « Des prémices de votre pâte, vous prélèverez la ḥalla comme offrande » (Nombres 15:20). L’âme que j’ai placée en toi est appelée ner : « L’esprit de l’homme est la lampe [ner] du Seigneur » (Proverbes 20:27), et je t’ai avertie au sujet de la lampe de Shabbat . Si tu accomplis ces mitzvot, c’est bien, et sinon, alors je prendrai ton âme.
וּמַאי שְׁנָא בִּשְׁעַת לֵידָתָן? אָמַר רָבָא: נְפַל תּוֹרָא — חַדֵּד לְסַכִּינָא. אַבָּיֵי אָמַר: תַּפִּישׁ תֵּירוּס אַמְּתָא, בְּחַד מַחְטְרָא לֶיהֱוֵי. רַב חִסְדָּא אָמַר: שִׁבְקֵיהּ לְרַוְיָא, דְּמִנַּפְשֵׁיהּ נָפֵיל. מָר עוּקְבָא אָמַר: רָעֲיָא חֲגִרָא וְעִיזֵּי רָהֲטָן, אַבָּב חוּטְרָא מִילֵּי, וְאַבֵּי דָרֵי חוּשְׁבָּנָא. רַב פָּפָּא אָמַר: אַבָּב חַנְוָאתָא נְפִישִׁי אַחֵי וּמְרַחֲמֵי, אַבָּב בִּזְיוֹנֵי — לָא אַחֵי וְלָא מְרַחֲמֵי.
Et, s’il en est ainsi, qu’est-ce qui est différent pendant l’accouchement ? Pourquoi l’attribut divin du jugement les punit-il pour leur négligence dans l’accomplissement de ces mitzvot précisément à ce moment-là ? La Guemara cite plusieurs dictons populaires exprimant l’idée que, lorsqu’une personne est en danger, elle est punie pour ses péchés. Rava a dit : Si le bœuf est tombé, aiguise le couteau pour l’abattre. Abaye a dit : Si l’insolence de la servante abonde, elle sera frappée d’un seul coup en punition de tous ses péchés. De même, lorsqu’une femme accouche et que sa souffrance est grande à cause du péché d’Ève qui a mangé de l’Arbre de la Connaissance, toutes les punitions pour ses propres péchés s’ajoutent à cette souffrance. Rav Ḥisda a dit : Laisse l’ivrogne, car il tombe de lui-même. De même, le moment de l’accouchement est un moment de danger, et si le Saint, béni soit-Il, ne vient pas à son secours à ce moment-là, cela suffit à causer sa mort. Mar Ukva a dit : Le berger est boiteux, et les chèvres courent, et il ne peut pas les attraper. Cependant, près de la porte, il prononce des paroles dures, et à l’intérieur de l’enclos il règle le compte. De même, tant qu’une femme est en bonne santé, ses péchés sont en suspens, et elle n’en est pas tenue responsable. Cependant, lorsqu’elle accouche, ce qui est un moment de danger, elle est tenue responsable de ses péchés et l’on calcule si elle est digne d’un miracle ou non. Rav Pappa a dit : À l’entrée des boutiques, en temps de prospérité, les frères et les bien-aimés abondent. Lorsqu’une personne prospère financièrement, tout le monde agit comme s’il était son frère ou son ami. Cependant, à la porte de la disgrâce, en temps de perte et de pauvreté, elle n’a ni frères ni bien-aimés ; tout le monde l’abandonne.
וְגַבְרֵי הֵיכָא מִיבַּדְקִי? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: בְּשָׁעָה שֶׁעוֹבְרִים עַל הַגֶּשֶׁר. גֶּשֶׁר וְתוּ לָא? אֵימָא: כְּעֵין גֶּשֶׁר. רַב לָא עָבַר בְּמַבָּרָא דְּיָתֵיב בֵּיהּ גּוֹי, אָמַר: דִילְמָא מִיפְּקִיד לֵיהּ דִּינָא עֲלֵיהּ וּמִתְּפִיסְנָא בַּהֲדֵיהּ. שְׁמוּאֵל לָא עָבַר אֶלָּא בְּמַבָּרָא דְּאִית בֵּיהּ גּוֹי, אָמַר: שִׂטְנָא בִּתְרֵי אוּמֵּי לָא שָׁלֵיט.
Et la Guemara demande : Et où les hommes sont-ils examinés ? Quand les hommes sont-ils vulnérables au jugement et tenus responsables de leurs actes ? Reish Lakish a dit : Lorsqu’ils traversent un pont. La Guemara s’interroge : Seulement lorsqu’ils traversent un pont et à aucun autre moment ? Plutôt, dis : Toute chose semblable à un pont, tout endroit où le danger est courant. Dans le même ordre d’idées, la Guemara rapporte : Rav ne traversait pas une rivière dans un bac où se trouvait assis un gentil. Il se dit à lui-même : Peut-être qu’un jugement sera réglé avec lui, et je serai pris avec lui lorsqu’il sera puni. Tandis que Shmuel ne traversait que dans un bac s’il y avait un gentil à bord. Il disait : Satan n’a pas autorité sur deux nations. Il règle ses comptes avec les gens de chaque nationalité séparément.
רַבִּי יַנַּאי בָּדֵיק וְעָבַר. רַבִּי יַנַּאי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: לְעוֹלָם אַל יַעֲמוֹד אָדָם בְּמָקוֹם סַכָּנָה לוֹמַר שֶׁעוֹשִׂין לוֹ נֵס, שֶׁמָּא אֵין עוֹשִׂין לוֹ נֵס. וְאִם עוֹשִׂין לוֹ נֵס — מְנַכִּין לוֹ מִזְּכֻיוֹתָיו. אָמַר רַבִּי חָנִין: מַאי קְרָאָה? — ״קָטֹנְתִּי מִכֹּל הַחֲסָדִים וּמִכׇּל הָאֱמֶת״. רַבִּי זֵירָא בְּיוֹמָא דְשׁוּתָא לָא נָפֵיק לְבֵינֵי דִּיקְלֵי.
Rabbi Yannai examinait le bac et traversait. La Guemara commente que Rabbi Yannai agissait conformément à son raisonnement énoncé ailleurs, car il a dit : Une personne ne devrait jamais se tenir dans un lieu dangereux en disant que d’En-Haut on accomplira un miracle pour elle, de peur que finalement on n’accomplisse pas de miracle pour elle. Et, de plus, même si on accomplit un miracle pour elle, cela sera déduit de ses mérites. Rabbi Ḥanin a dit : Quel est le verset qui y fait allusion ? Lorsque Jacob a dit : « Je ne suis pas digne de toutes les bontés et de toute la vérité, que Tu as montrées à Ton serviteur » (Genèse 32:11), et il explique : Puisque Tu m’as accordé tant de bonté et de vérité, mes mérites ont diminué. De même, la Guemara rapporte que Rabbi Zeira ne sortait pas pour marcher parmi les palmiers un jour où soufflait un vent du sud, par crainte que les arbres ne tombent sur lui.
אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם יְבַקֵּשׁ אָדָם רַחֲמִים שֶׁלֹּא יֶחֱלֶה, שֶׁאִם יֶחֱלֶה אוֹמְרִים לוֹ: הָבֵא זְכוּת וְהִפָּטֵר. אָמַר מָר עוּקְבָא: מַאי קְרָאָה? — ״כִּי יִפּוֹל הַנּוֹפֵל מִמֶּנּוּ״ — מִמֶּנּוּ לְהָבִיא רְאָיָה. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״כִּי יִפּוֹל הַנּוֹפֵל מִמֶּנּוּ״ (מִמֶּנּוּ) — רָאוּי זֶה לִיפּוֹל מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְרֵאשִׁית, שֶׁהֲרֵי לֹא נָפַל, וְהַכָּתוּב קְרָאוֹ ״נוֹפֵל״. אֶלָּא, שֶׁמְגַלְגְּלִין זְכוּת עַל יְדֵי זַכַּאי וְחוֹבָה עַל יְדֵי חַיָּיב.
Dans le même esprit, Rav Yitzḥak, fils de Rav Yehuda, a dit : Une personne doit toujours prier pour ne pas tomber malade, car si elle tombe malade, on lui dit : Apporte la preuve de ta vertu et disculpe-toi. Il est préférable qu’une personne ne soit pas contrainte de prouver qu’elle mérite de rester en vie, car il se peut qu’elle ne puisse pas le prouver. Mar Ukva a dit : Quel est le verset qui fait allusion à cela ? Comme il est dit : « Lorsque tu bâtiras une maison neuve, tu feras un parapet pour ton toit, afin de ne pas mettre du sang sur ta maison, si celui qui doit tomber tombe de lui » (Deutéronome 22:8). Il explique : De lui, c’est de lui que la preuve doit être apportée. Lorsqu’une personne chute de sa situation antérieure, il lui incombe de prouver son innocence et d’en sortir indemne. L’école de Rabbi Yishmael a enseigné : Quel est le sens de l’expression : Si celui qui doit tomber tombe de lui ? Cette personne était destinée à tomber de ce toit dès les six jours de la Création, cela était inscrit dans la nature. Car, bien qu’elle ne soit pas encore tombée, le verset l’appelle déjà tombée. Néanmoins, le propriétaire de la maison en est tenu pour responsable, car le mérite advient par le biais de l’innocent et la culpabilité par le biais du coupable.
תָּנוּ רַבָּנַן: מִי שֶׁחָלָה וְנָטָה לָמוּת, אוֹמְרִים לוֹ: הִתְוַדֵּה, שֶׁכֵּן כׇּל הַמּוּמָתִין מִתְוַדִּין. אָדָם יוֹצֵא לַשּׁוּק, יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁנִּמְסַר לְסַרְדְּיוֹט. חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ — יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁנְּתָנוּהוּ בְּקוֹלָר. עָלָה לַמִּטָּה וְנָפַל — יְהִי דּוֹמֶה בְּעֵינָיו כְּמִי שֶׁהֶעְלוּהוּ לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן, שֶׁכָּל הָעוֹלֶה לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן אִם יֵשׁ לוֹ פְּרַקְלִיטִין גְּדוֹלִים — נִיצּוֹל, וְאִם לָאו — אֵינוֹ נִיצּוֹל.
Les Sages ont enseigné : Celui qui est tombé malade et s’est approché de la mort, on lui dit : Confesse-toi, car tous ceux qui sont exécutés par les tribunaux se confessent. Même s’il meurt de causes naturelles, il lui est utile de considérer sa mort comme une expiation pour ses péchés. Les Sages ont dit : Lorsqu’une personne sort au marché où il y a des bagarres et des disputes, elle doit se considérer comme quelqu’un qui a été livré à un soldat [seradiyot]. Si sa tête lui fait mal, elle doit considérer cela comme si on lui avait mis une chaîne [kolar] autour du cou. Si elle s’est mise au lit et est tombée malade, elle doit se considérer comme si on l’avait menée à la potence pour être jugée, car en ce qui concerne quiconque monte à la potence pour être jugé, s’il a de grands défenseurs [peraklitin], il est épargné, et sinon, il n’est pas épargné.
וְאֵלּוּ הֵן פְּרַקְלִיטִין שֶׁל אָדָם: תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים. וַאֲפִילּוּ תְּשַׁע מֵאוֹת וְתִשְׁעִים וְתִשְׁעָה מְלַמְּדִים עָלָיו חוֹבָה וְאֶחָד מְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת — נִיצּוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם יֵשׁ עָלָיו מַלְאָךְ מֵלִיץ אֶחָד מִנִּי אָלֶף לְהַגִּיד לְאָדָם יׇשְׁרוֹ. וַיְחֻנֶּנּוּ וַיֹּאמֶר פְּדָעֵהוּ מֵרֶדֶת שָׁחַת וְגוֹ׳״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ תְּשַׁע מֵאוֹת וְתִשְׁעִים וְתִשְׁעָה בְּאוֹתוֹ מַלְאָךְ לְחוֹבָה וְאֶחָד לִזְכוּת — נִיצּוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מֵלִיץ אֶחָד מִנִּי אָלֶף״.
Et en ce qui concerne le jugement divin, voici les défenseurs d’une personne : le repentir et les bonnes actions. La Guemara commente : Et même s’il y a neuf cent quatre-vingt-dix-neuf qui affirment sa culpabilité et seulement un qui affirme son innocence, il est épargné, comme il est dit : « S’il se trouve pour lui un ange, un défenseur, un entre mille, pour faire connaître à l’homme sa droiture ; alors Il lui fait grâce et dit : Délivre-le de descendre dans la fosse, j’ai trouvé une rançon » (Job 33:23–24). Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei HaGelili, dit : Même s’il y a neuf cent quatre-vingt-dix-neuf parts au sein de ce même ange qui l’accusent, et une part qui affirme son innocence, il est épargné, comme il est dit : « Un défenseur, un entre mille. » Même lorsque le défenseur qui affirme son innocence ne trouve qu’un dixième de un pour cent d’innocence chez cet homme, même alors, Il lui fait grâce et dit : Délivre-le de descendre dans la fosse, j’ai trouvé une rançon.
תָּנוּ רַבָּנַן: עַל שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת נָשִׁים מֵתוֹת יוֹלְדוֹת. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר נָשִׁים מֵתוֹת יְלָדוֹת. רַבִּי אַחָא אוֹמֵר בְּעָוֹן שֶׁמְּכַבְּסוֹת צוֹאַת בְּנֵיהֶם בְּשַׁבָּת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: עַל שֶׁקּוֹרִין לַאֲרוֹן הַקּוֹדֶשׁ ״אֲרָנָא״.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Pour trois transgressions, les femmes meurent en couches [yoledot]. Rabbi Elazar a une version différente et dit que les femmes meurent lorsqu’elles sont jeunes [yeladot]. Ces transgressions sont celles énumérées dans la michna : les halakhot d’une femme menstruée, la ḥalla et les lumières de Chabbat. Rabbi Aḥa dit qu’elles sont punies pour le péché de laver les excréments de leurs enfants des vêtements pendant Chabbat. Et certains disent : Parce qu’elles appellent l’Arche sainte simplement arche.
תַּנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בַּעֲוֹן שְׁנֵי דְבָרִים עַמֵּי הָאֲרָצוֹת מֵתִים — עַל שֶׁקּוֹרִין לַאֲרוֹן הַקּוֹדֶשׁ ״אֲרָנָא״, וְעַל שֶׁקּוֹרִין לְבֵית הַכְּנֶסֶת ״בֵּית עָם״. תַּנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה בִּדְקֵי מִיתָה נִבְרְאוּ בָּאִשָּׁה, וְאָמְרִי לַהּ: שְׁלֹשָׁה דִּבְקֵי מִיתָה: נִדָּה וְחַלָּה וְהַדְלָקַת הַנֵּר. חֲדָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר וַחֲדָא כְּרַבָּנַן.
De même, nous avons appris dans une baraita que Rabbi Yishmael ben Elazar dit : À cause de deux fautes, les ignorants [amei ha’aretz] meurent jeunes (Rav Ya’akov Emden) : Parce qu’ils appellent l’Arche sainte simplement arche, et parce qu’ils appellent la synagogue la maison du peuple. Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yosei dit : Trois creusets menant potentiellement à la mort ont été créés chez la femme, et certains disent : Trois accélérateurs de la mort. Ce sont : Les menstruations, la ḥalla, et l’allumage des lumières de Shabbat. La Guemara explique qu’une version, les accélérateurs de la mort, est conforme à l’opinion de Rabbi Elazar, qui a dit que les femmes meurent jeunes. Et l’autre , les creusets de la mort, est conforme à l’opinion des Sages, qui ont dit que les femmes meurent en couches.
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הִלְכוֹת הֶקְדֵּשׁ, תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת — הֵן הֵן גּוּפֵי תּוֹרָה,
De même, il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Gamliel dit : Les halakhot des objets consacrés, des terumot et des dîmes sont elles-mêmes l’essence de la Torah et sont extrêmement sévères,