כׇּל יוֹמָא דְשַׁבְּתָא הֲוָה יָתֵיב וְגָרֵיס כּוּלֵּי יוֹמָא. הַהוּא יוֹמָא דְּבָעֵי לְמֵינַח נַפְשֵׁיהּ, קָם מַלְאַךְ הַמָּוֶת קַמֵּיהּ וְלָא יְכִיל לֵיהּ, דְּלָא הֲוָה פָּסֵק פּוּמֵּיהּ מִגִּירְסָא. אֲמַר: מַאי אַעֲבֵיד לֵיהּ? הֲוָה לֵיהּ בּוּסְתָּנָא אֲחוֹרֵי בֵּיתֵיהּ, אֲתָא מַלְאַךְ הַמָּוֶת סָלֵיק וּבָחֵישׁ בְּאִילָנֵי. נְפַק לְמִיחְזֵי. הֲוָה סָלֵיק בְּדַרְגָּא, אִיפְּחִית דַּרְגָּא מִתּוּתֵיהּ, אִישְׁתִּיק וְנָח נַפְשֵׁיהּ.
Que fit David ? Chaque Shabbat, il s’asseyait et étudiait toute la journée pour se protéger de l’Ange de la Mort. En ce jour où l’Ange de la Mort devait mettre son âme au repos, le jour où David devait mourir, l’Ange de la Mort se tint devant lui et fut incapable de le vaincre, parce que sa bouche ne cessait pas d’étudier. L’Ange de la Mort dit : Que vais-je lui faire ? David avait un jardin [bustana] derrière sa maison ; l’Ange de la Mort vint, grimpa et secoua les arbres. David sortit pour voir. Alors qu’il montait l’escalier, l’escalier se brisa sous lui. Il fut effrayé et se tut, interrompit son étude un instant et mourut.
שְׁלַח שְׁלֹמֹה לְבֵי מִדְרְשָׁא: אַבָּא מֵת וּמוּטָל בַּחַמָּה, וּכְלָבִים שֶׁל בֵּית אַבָּא רְעֵבִים — מָה אֶעֱשֶׂה? שְׁלַחוּ לֵיהּ: חֲתוֹךְ נְבֵלָה וְהַנַּח לִפְנֵי הַכְּלָבִים. וְאָבִיךְ, הַנַּח עָלָיו כִּכָּר אוֹ תִּינוֹק וְטַלְטְלוֹ. וְלֹא יָפֶה אָמַר שְׁלֹמֹה: ״כִּי לְכֶלֶב חַי הוּא טוֹב מִן הָאַרְיֵה הַמֵּת״. וּלְעִנְיַן שְׁאֵילָה דְּשָׁאֵילְנָא קֳדָמֵיכוֹן: נֵר קְרוּיָה ״נֵר״, וְנִשְׁמָתוֹ שֶׁל אָדָם קְרוּיָה ״נֵר״. מוּטָב תִּכְבֶּה נֵר שֶׁל בָּשָׂר וָדָם מִפְּנֵי נֵרוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא.
Puisque David mourut dans le jardin, Salomon envoya la question suivante à la maison d’étude : Mon père est mort et repose au soleil, et les chiens de la maison de mon père ont faim. Il y a lieu de craindre que les chiens ne viennent et n’endommagent son corps. Que dois-je faire ? Ils lui envoyèrent une réponse : Découpe une carcasse d’animal et place-la devant les chiens. Puisque les chiens ont faim, il est permis de manipuler la carcasse de l’animal pour les nourrir. Et en ce qui concerne ton père, il est interdit de déplacer directement son corps. Place une miche de pain ou un nourrisson sur lui, et tu pourras le déplacer à l’ombre grâce au pain ou au nourrisson. Et n’est-il pas approprié ce que Salomon a dit : «Car un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » La conclusion ultime de cette discussion est que la vie est préférable à la mort. Et maintenant, en ce qui concerne la question que je vous ai posée auparavant ; Rav Tanḥum parla avec modestie, car en réalité, c’était eux qui lui avaient posé la question. Une lampe est appelée ner et l’âme d’une personne est aussi appelée ner, comme il est écrit : « L’esprit de l’homme est la lampe [ner] du Seigneur » (Proverbes 20:27). Il est préférable que la lampe d’un être de chair et de sang, une lampe réelle, soit éteinte en faveur de la lampe du Saint, béni soit-Il, l’âme d’une personne. Il est donc permis d’éteindre une flamme pour le bien d’une personne malade.
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: בִּקְּשׁוּ חֲכָמִים לִגְנוֹז סֵפֶר קֹהֶלֶת מִפְּנֵי שֶׁדְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה. וּמִפְּנֵי מָה לֹא גְּנָזוּהוּ? — מִפְּנֵי שֶׁתְּחִילָּתוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה וְסוֹפוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה. תְּחִילָּתוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה, דִּכְתִיב: ״מַה יִּתְרוֹן לָאָדָם בְּכׇל עֲמָלוֹ שֶׁיַּעֲמוֹל תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ״ — וְאָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ הוּא דְּאֵין לוֹ. קוֹדֶם שֶׁמֶשׁ — יֵשׁ לוֹ. סוֹפוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה, דִּכְתִיב: ״סוֹף דָּבָר הַכֹּל נִשְׁמָע אֶת הָאֱלֹהִים יְרָא וְאֶת מִצְוֹתָיו שְׁמוֹר כִּי זֶה כׇּל הָאָדָם״. מַאי ״כִּי זֶה כׇּל הָאָדָם״? — אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) [אֶלְעָזָר]: כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לֹא נִבְרָא אֶלָּא בִּשְׁבִיל זֶה. רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר: שָׁקוּל זֶה כְּנֶגֶד כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ. שִׁמְעוֹן בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר, וְאָמְרִי לַהּ שִׁמְעוֹן בֶּן זוֹמָא אוֹמֵר: לֹא נִבְרָא כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֶלָּא לִצְווֹת לָזֶה.
Puisque des contradictions dans l’Ecclésiaste ont été mentionnées, la Guemara cite d’autres sources pertinentes. Rav Yehuda, fils de Rav Shmuel bar Sheilat, a dit au nom de Rav : Les Sages ont cherché à supprimer le livre de l’Ecclésiaste et à le déclarer apocryphe parce que ses déclarations se contredisent et qu’il risque de troubler ses lecteurs. Et pourquoi ne l’ont-ils pas supprimé ? Parce que son début consiste en matières de Torah et sa fin consiste en matières de Torah. Les détails apparemment contradictoires sont secondaires par rapport à l’essence du livre, qui est la Torah. La Guemara développe : Son début consiste en matières de Torah, comme il est écrit : « Quel profit l’homme retire-t-il de tout son labeur auquel il peine sous le soleil ? » (Ecclésiaste 1:3), et les Sages de l’école de Rabbi Yannai ont dit : Par déduction : C’est sous le soleil que l’homme n’a aucun profit de son labeur ; cependant, avant le soleil, c’est-à-dire lorsqu’il s’engage dans l’étude de la Torah, qui a précédé le soleil, il a bien un profit. Sa fin consiste en matières de Torah, comme il est écrit : « La fin de la chose, tout ayant été entendu : Crains Dieu et garde Ses mitsvot ; car c’est là tout l’homme » (Ecclésiaste 12:13). À propos de ce verset, la Guemara demande : Quel est le sens de l’expression : Car c’est là tout l’homme ? Rabbi Eliezer a dit : Le monde entier n’a été créé que pour cette personne. Rabbi Abba bar Kahana a dit : Cette personne équivaut au monde entier. Shimon ben Azzai dit, et certains disent que Shimon ben Zoma dit : Le monde entier n’a été créé que comme compagnon pour cet homme, afin qu’il ne soit pas seul.
וּמַאי ״דְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה״? כְּתִיב: ״טוֹב כַּעַס מִשְּׂחוֹק״, וּכְתִיב ״לִשְׂחוֹק אָמַרְתִּי מְהוֹלָל״! כְּתִיב ״וְשִׁבַּחְתִּי אֲנִי אֶת הַשִּׂמְחָה״, וּכְתִיב ״וּלְשִׂמְחָה מַה זֹּה עוֹשָׂה! לָא קַשְׁיָא ״טוֹב כַּעַס מִשְּׂחוֹק״: טוֹב כַּעַס שֶׁכּוֹעֵס הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל הַצַּדִּיקִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, מִשְּׂחוֹק שֶׁמְּשַׂחֵק הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל הָרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. וְ״לִשְׁחוֹק אָמַרְתִּי מְהוֹלָל״ — זֶה שְׂחוֹק שֶׁמְּשַׂחֵק הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִם הַצַּדִּיקִים בָּעוֹלָם הַבָּא.
Et quant à l’essence de la question, la Guemara demande : Quel est le sens de : Ses affirmations qui se contredisent entre elles ? Il est écrit : « La vexation vaut mieux que le rire » (Ecclésiaste 7:3), et il est écrit : « Du rire, j’ai dit : il est louable » (Ecclésiaste 2:2), ce qui est compris comme signifiant que le rire est digne d’éloge. De même, dans un verset il est écrit : « J’ai donc loué la joie » (Ecclésiaste 8:15), et dans un autre verset il est écrit : « Et de la joie : qu’accomplit-elle ? » (Ecclésiaste 2:2). La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car la contradiction peut être résolue. La vexation vaut mieux que le rire signifie : la vexation du Saint, béni soit-Il, envers les justes dans ce monde est préférable au rire avec lequel le Saint, béni soit-Il, rit avec les méchants dans ce monde en les comblant de bonté. Du rire, j’ai dit : il est louable, c’est-à-dire le rire avec lequel le Saint, béni soit-Il, rit avec les justes dans le Monde à Venir.
״וְשִׁבַּחְתִּי אֲנִי אֶת הַשִּׂמְחָה״ — שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה. ״וּלְשִׂמְחָה מַה זֹּה עוֹשָׂה״ — זוֹ שִׂמְחָה שֶׁאֵינָהּ שֶׁל מִצְוָה. לְלַמֶּדְךָ שֶׁאֵין שְׁכִינָה שׁוֹרָה לֹא מִתּוֹךְ עַצְבוּת וְלֹא מִתּוֹךְ עַצְלוּת וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ וְלֹא מִתּוֹךְ שִׂיחָה וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה קְחוּ לִי מְנַגֵּן וְהָיָה כְּנַגֵּן הַמְנַגֵּן וַתְּהִי עָלָיו יַד ה׳״. אָמַר רַב יְהוּדָה: וְכֵן לִדְבַר הֲלָכָה. אָמַר רָבָא: וְכֵן לַחֲלוֹם טוֹב.
De même, « J’ai donc loué la joie, » c’est-à-dire la joie d’une mitzva. « Et de la joie : qu’accomplit-elle ? » c’est-à-dire la joie qui n’est pas la joie d’une mitzva. L’éloge de la joie mentionné ici est pour t’enseigner que la Présence divine repose sur une personne ni dans une atmosphère de tristesse, ni dans une atmosphère de paresse, ni dans une atmosphère de rire, ni dans une atmosphère de frivolité, ni dans une atmosphère de conversation vaine, ni dans une atmosphère de bavardage futile, mais plutôt dans une atmosphère imprégnée de la joie d’une mitzva. Comme il a été dit au sujet d’Élisée qu’après s’être mis en colère contre le roi d’Israël, son esprit prophétique le quitta jusqu’à ce qu’il demande : « Mais maintenant, amenez-moi un musicien ; et il arriva, lorsque le musicien joua, que la main du Seigneur vint sur lui » (II Rois 3:15). Rav Yehuda dit : Et, ainsi aussi, on doit être joyeux avant d’énoncer une question de halakha. Rava dit : Et, ainsi aussi, on doit être joyeux avant d’aller dormir afin de faire un bon rêve.
אִינִי, וְהָאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: כׇּל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְאֵין שִׂפְתוֹתָיו נוֹטְפוֹת מָר, תִּכָּוֶינָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂפְתוֹתָיו שׁוֹשַׁנִּים נוֹטְפוֹת מוֹר עוֹבֵר״: אַל תִּקְרֵי ״מוֹר עוֹבֵר״, אֶלָּא ״מָר עוֹבֵר״. אַל תִּקְרֵי ״שׁוֹשַׁנִּים״, אֶלָּא ״שֶׁשּׁוֹנִים״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַבָּה וְהָא בְּתַלְמִידָא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא הָא וְהָא בְּרַבָּה, וְלָא קַשְׁיָא: הָא מִקַּמֵּי דְּלִפְתַּח, הָא לְבָתַר דִּפְתַח. כִּי הָא דְּרַבָּה מִקַּמֵּי דְּפָתַח לְהוּ לְרַבָּנַן אָמַר מִילְּתָא דִּבְדִיחוּתָא וּבָדְחִי רַבָּנַן, לְסוֹף יָתֵיב בְּאֵימְתָא וּפָתַח בִּשְׁמַעְתָּא.
La Guemara demande : Est-ce vraiment le cas, qu’il faille introduire les sujets de halakha avec joie ? Rav Giddel n’a-t-il pas dit que Rav a dit : Tout érudit de Torah qui est assis devant son maître et dont les lèvres ne dégouttent pas de myrrhe en raison de la crainte de son maître, ces lèvres seront brûlées, comme cela est dit : « Ses lèvres sont comme des lis, dégouttant de myrrhe fluide [shoshanim notefot mor over] » (Cantique des Cantiques 5:13) ? Il l’a interprété de manière homilétique : Ne lis pas mor over, myrrhe fluide ; mais plutôt, lis mar over, amertume fluide. De même, ne lis pas shoshanim, lis ; mais plutôt, lis sheshonim, ceux qui étudient, ce qui signifie que des lèvres qui étudient la Torah doivent être pleines d’amertume. La Guemara explique : Ce n’est pas difficile, il n’y a ici aucune contradiction, car ceci, là où il a été enseigné qu’il faut introduire les sujets de halakha avec joie, se rapporte à un rabbin, et cela, là où il a été enseigné qu’il faut être rempli d’amertume, se rapporte à un élève, qui doit écouter son maître avec crainte. Et si tu veux, dis plutôt que ceci et cela se rapportent à un rabbin, et ce n’est toujours pas difficile. Ceci, là où il a été enseigné qu’il doit être joyeux, c’est avant qu’il ne commence à enseigner, tandis que cela, là où il a été enseigné qu’il doit être rempli d’amertume et de crainte, c’est après qu’il a déjà commencé à enseigner la halakha. Cette explication est comme ce que faisait Rabba. Avant de commencer à enseigner la halakha aux Sages, il disait quelque chose d’humoristique et les Sages étaient réjouis. Finalement, il s’asseyait avec crainte et commençait à enseigner la halakha.
וְאַף סֵפֶר מִשְׁלֵי בִּקְּשׁוּ לִגְנוֹז שֶׁהָיוּ דְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה. וּמִפְּנֵי מָה לֹא גְּנָזוּהוּ? אָמְרִי: סֵפֶר קֹהֶלֶת לָאו עַיְינִינַן וְאַשְׁכְּחִינַן טַעְמָא? הָכָא נָמֵי לִיעַיֵּין. וּמַאי דְּבָרָיו סוֹתְרִים זֶה אֶת זֶה? — כְּתִיב ״אַל תַּעַן כְּסִיל כְּאִוַּלְתּוֹ״, וּכְתִיב: ״עֲנֵה כְסִיל כְּאִוַּלְתּוֹ״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה, הָא בְּמִילֵּי דְעָלְמָא.
Et de plus, la Guemara poursuit : les Sages cherchèrent également à supprimer le livre des Proverbes parce que ses déclarations se contredisent. Et pourquoi ne l’ont-ils pas supprimé ? Ils dirent : Dans le cas du livre de l’Ecclésiaste, ne l’avons-nous pas analysé et trouvé une explication selon laquelle ses déclarations n’étaient pas contradictoires ? Ici aussi, analysons-le. Et quel est le sens de : Ses déclarations se contredisent ? D’une part, il est écrit : « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur que toi aussi tu ne lui ressembles » (Proverbes 26:4), et d’autre part, il est écrit : « Réponds à l’insensé selon sa folie, de peur qu’il ne soit sage à ses propres yeux » (Proverbes 26:5). La Guemara résout cette contradiction apparente : Cela n’est pas difficile, car ceci, où l’on doit répondre à l’insensé, fait référence à un cas où l’insensé avance des arguments au sujet de questions de Torah ; tandis que cela, où l’on ne doit pas lui répondre, fait référence à un cas où l’insensé avance des arguments au sujet de questions profanes.
כִּי הָא דְּהָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲמַר לֵיהּ: אִשְׁתְּךָ אִשְׁתִּי, וּבָנֶיךָ בָּנַי. אֲמַר לֵיהּ: רְצוֹנֶךָ שֶׁתִּשְׁתֶּה כּוֹס שֶׁל יַיִן? שָׁתָה וּפָקַע. הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא, אֲמַר לֵיהּ: אִמְּךָ אִשְׁתִּי, וְאַתָּה בְּנִי. אֲמַר לֵיהּ: רְצוֹנֶךָ שֶׁתִּשְׁתֶּה כּוֹס שֶׁל יַיִן? שָׁתָה וּפָקַע. אֲמַר רַבִּי חִיָּיא: אַהְנְיָא לֵיהּ צְלוֹתֵיהּ לְרַבִּי דְּלָא לְשַׁוּוֹיֵיהּ בְּנֵי מַמְזֵירֵי. דְּרַבִּי כִּי הֲוָה מְצַלֵּי אֲמַר: ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ, שֶׁתַּצִּילֵנִי הַיּוֹם מֵעַזֵּי פָּנִים וּמֵעַזּוּת פָּנִים״.
La Guemara raconte comment les Sages se comportaient dans ces deux circonstances. Comme dans le cas de cet homme qui se présenta devant Rabbi Yehouda HaNassi et lui dit : Ta femme est ma femme et tes enfants sont mes enfants, Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Voudrais-tu boire une coupe de vin ? Il but et éclata et mourut. De même, la Guemara raconte : Il y eut cet homme qui se présenta devant Rabbi Ḥiyya et lui dit : Ta mère est ma femme, et toi tu es mon fils. Il lui dit : Voudrais-tu boire une coupe de vin ? Il but et éclata et mourut. Rabbi Ḥiyya dit au sujet de l’incident impliquant Rabbi Yehouda HaNassi : La prière de Rabbi Yehouda HaNassi pour que ses enfants ne soient pas rendus mamzerim, enfants issus de relations illicites, fut efficace pour lui. Car lorsque Rabbi Yehouda HaNassi avait l’habitude de prier, il disait après sa prière : Puisse-t-il être Ta volonté, ô Seigneur, mon Dieu, que Tu me délivres aujourd’hui des gens insolents et de l’insolence. L’insolence, dans ce cas, renvoie à la mamzerout. C’est grâce à sa prière que cet homme éclata et ne réussit pas à diffamer les enfants de Rabbi Yehouda HaNassi.
בְּדִבְרֵי תוֹרָה מַאי הִיא? — כִּי הָא דְּיָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידָה אִשָּׁה שֶׁתֵּלֵד בְּכָל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר ״הָרָה וְיוֹלֶדֶת יַחְדָּיו״. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד, אָמַר: ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״! אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָן בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ תַּרְנְגוֹלֶת.
En matière de Torah, quel est le cas au sujet duquel le verset a dit qu’il faut répondre à la folie d’un insensé ? Comme dans le cas où Rabban Gamliel était assis et interprétait un verset de manière homilétique : À l’avenir, dans le Monde à venir, une femme enfantera chaque jour, comme il est dit : « La femme enceinte et celle qui enfante ensemble » (Jérémie 31:7), expliquant que l’accouchement aura lieu le même jour que la conception. Un certain élève se moqua de lui et dit : Cela ne peut pas être, car il a déjà été dit : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (Ecclésiaste 1:9). Rabban Gamliel lui dit : Viens, et je te montrerai un exemple de cela dans ce monde. Il le fit sortir et lui montra une poule qui pond des œufs chaque jour.
וְתוּ, יָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידִים אִילָנוֹת שֶׁמּוֹצִיאִין פֵּירוֹת בְּכָל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָשָׂא עָנָף וְעָשָׂה פֶרִי״ — מֶה עָנָף בְּכָל יוֹם אַף פְּרִי בְּכָל יוֹם. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד, אָמַר: וְהָכְתִיב ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״. אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָם בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ צָלָף.
Et de plus : Rabban Gamliel s’assit et interpréta un verset de manière homilétique : À l’avenir, dans le Monde à Venir, les arbres produiront des fruits chaque jour, comme il est dit : « Il fera pousser des branches et portera du fruit » (Ézéchiel 17:23) ; de même qu’une branche pousse chaque jour, de même le fruit sera produit chaque jour. Un certain élève se moqua de lui et dit : N’est-il pas écrit : Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ? Il lui dit : Viens, et je te montrerai un exemple de cela dans ce monde. Il sortit et lui montra un câprier, dont une partie est comestible à chaque saison de l’année.
וְתוּ, יָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁתּוֹצִיא גְּלוּסְקָאוֹת וּכְלֵי מֵילָת שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי פִסַּת בַּר בָּאָרֶץ״. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד וְאָמַר: ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״. אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָן בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ כְּמֵיהִין וּפִטְרִיּוֹת. וְאַכְּלֵי מֵילָת — נְבָרָא בַּר קוֹרָא.
Et de plus : Rabban Gamliel s’assit et interpréta un verset de manière homilétique : À l’avenir, dans le Monde à Venir, Eretz Yisrael produira des gâteaux et de fins vêtements de laine qui pousseront de la terre, comme il est dit : « Qu’il y ait abondance de grain dans le pays. » Un certain élève se moqua de lui et dit : Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Il lui dit : Viens, et je te montrerai un exemple dans ce monde. Il sortit dehors et lui montra des truffes et des champignons, qui émergent de la terre au cours d’une seule nuit et ont la forme d’une miche de pain. Et en ce qui concerne les vêtements de laine, il lui montra l’enveloppe du cœur du palmier, une jeune branche de palmier, enveloppée dans une fine couverture semblable à un filet.
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם עַנְוְותָן כְּהִלֵּל וְאַל יְהֵא קַפְּדָן כְּשַׁמַּאי. מַעֲשֶׂה בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם
Puisque la Guemara a discuté de la patience des Sages, qui restent silencieux face à des remarques dénuées de sens, elle cite d’autres exemples pertinents. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Une personne devrait toujours être patiente comme Hillel et non impatiente comme Shammaï. La Guemara a raconté : Il y eut un incident impliquant deux personnes