תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא. כׇּל אֵלּוּ שֶׁאָמְרוּ אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּיוֹם טוֹב, חוּץ מִשֶּׁמֶן שְׂרֵיפָה — לְפִי שֶׁאֵין שׂוֹרְפִין קׇדָשִׁים בְּיוֹם טוֹב.
Il a été enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rav Ḥisda. Toutes ces huiles avec lesquelles les Sages ont dit que l’on ne peut pas allumer pendant Chabbat, on peut allumer avec elles pendant une fête, à l’exception de l’huile brûlée, car on ne peut pas brûler des objets consacrés pendant une fête.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לְהַזְכִּיר שֶׁל חֲנוּכָּה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן? כֵּיוָן דְּמִדְּרַבָּנַן הוּא — לָא מַדְכְּרִינַן, אוֹ דִילְמָא מִשּׁוּם פַּרְסוֹמֵי נִיסָּא — מַדְכְּרִינַן?! אָמַר רָבָא אָמַר רַב סְחוֹרָה אָמַר רַב הוּנָא: אֵינוֹ מַזְכִּיר. וְאִם בָּא לְהַזְכִּיר — מַזְכִּיר בַּהוֹדָאָה. רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אִיקְּלַע לְבֵי רָבָא. סְבַר לְאַדְכּוֹרֵי בְּ״בוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם״. אָמַר לְהוּ רַב שֵׁשֶׁת: כִּתְפִלָּה. מַה תְּפִלָּה בַּהוֹדָאָה — אַף בִּרְכַּת הַמָּזוֹן בַּהוֹדָאָה.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : quelle est la règle concernant l’obligation de mentionner Hanoucca dans le Birkat Hamazon ? Le dilemme est le suivant : Puisqu’il ne s’agit que d’une obligation d’ordre rabbinique, ne la mentionne-t-on pas ? Ou peut-être, en raison de la publicité du miracle, la mentionne-t-on. Rava dit que Rav Seḥora dit que Rav Houna dit : On ne la mentionne pas. Et si, néanmoins, il en vient à la mentionner, il la mentionne dans la bénédiction de remerciement. La Guemara rapporte que Rav Houna bar Yehouda se rendit à la maison de Rava à Hanoucca. Lorsque, après avoir mangé, il vint réciter le Birkat Hamazon, il pensa mentionner Hanoucca dans la bénédiction : Qui reconstruit Jérusalem. Rav Chéchet dit aux étudiants de la yeshiva : On mentionne Hanoucca dans le Birkat Hamazon de la même manière qu’on le fait dans la prière de la Amida. De même que dans la prière de la Amida on mentionne Hanoucca dans la bénédiction de remerciement, de même dans le Birkat Hamazon on mentionne Hanoucca dans la bénédiction de remerciement.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לְהַזְכִּיר רֹאשׁ חוֹדֶשׁ בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן? אִם תִּימְצֵי לוֹמַר בַּחֲנוּכָּה דְּרַבָּנַן לָא צְרִיךְ, רֹאשׁ חוֹדֶשׁ דְּאוֹרָיְיתָא — צְרִיךְ. אוֹ דִילְמָא כֵּיוָן דְּלָא אֲסִיר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה — לָא מַדְכְּרִינַן. רַב אָמַר: מַזְכִּיר, רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: אֵינוֹ מַזְכִּיר. אָמַר רַב זְרִיקָא: נְקוֹט דְּרַב בִּידָךְ, דְקָאֵי רַבִּי אוֹשַׁעְיָא כְּווֹתֵיהּ. דְּתָנֵי רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: יָמִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן קׇרְבַּן מוּסַף, כְּגוֹן רֹאשׁ חוֹדֶשׁ וְחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד — עַרְבִית וְשַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאוֹרָע בָּעֲבוֹדָה. וְאִם לֹא אָמַר — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. וְאֵין בָּהֶן קְדוּשָּׁה עַל הַכּוֹס, וְיֵשׁ בָּהֶן הַזְכָּרָה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן. יָמִים שֶׁאֵין בָּהֶן קׇרְבַּן מוּסַף, כְּגוֹן שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי וְתַעֲנִיּוֹת וּמַעֲמָדוֹת.
Sur la base du dilemme précédent, un dilemme supplémentaire fut soulevé devant les Sages : Quelle est la règle concernant l’obligation de mentionner la Nouvelle Lune dans le Birkat Hamazon ? Le dilemme est le suivant : Si vous dites que pendant Hanoucca, puisque ce n’est que d’ordre rabbinique, il n’est pas nécessaire de la mentionner dans le Birkat Hamazon ; peut-être que la Nouvelle Lune, qui relève de la loi de la Torah, doit être mentionnée. Ou peut-être, puisque ce n’est pas un jour où il est interdit d’accomplir un travail, il n’est pas nécessaire de la mentionner. Les Sages débattirent de cette question : Rav dit : On mentionne la Nouvelle Lune dans le Birkat Hamazon. Rabbi Ḥanina dit : On ne la mentionne pas. Rav Zerika dit : Tiens la halakha de Rav dans ta main comme faisant autorité, puisque Rabbi Oshaya soutient son avis. Comme Rabbi Oshaya l’a enseigné dans une Tosefta : Les jours où une offrande additionnelle est sacrifiée au Temple, c’est-à-dire la Nouvelle Lune et les jours intermédiaires d’une fête ; dans les prières du soir, du matin et de l’après-midi, on récite les dix-huit bénédictions de la prière de la Amida et l’on dit un passage relatif à l’événement du jour pendant la bénédiction du service du Temple. Et s’il ne l’a pas récité, nous exigeons qu’il retourne au début de la prière et la répète. Et ces jours-là, il n’y a pas de kiddush récité sur la coupe de vin au début de la journée, mais il y a une mention du jour récitée dans le Birkat Hamazon, conformément à l’avis de Rav. Les jours où il n’y a pas d’offrande additionnelle, c’est-à-dire le lundi, et le jeudi, et les jours de jeûne, et les gardes non sacerdotales [ma’amadot], ont un statut juridique différent, comme détaillé ci-dessous.
שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ? אֶלָּא שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי שֶׁל תַּעֲנִיּוֹת וּמַעֲמָדוֹת. עַרְבִית וְשַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה, וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאוֹרָע בְּ״שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״, וְאִם לֹא אָמַר — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. וְאֵין בָּהֶן קְדוּשָּׁה עַל הַכּוֹס וְאֵין בָּהֶן הַזְכָּרָה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.
Avant de tirer une conclusion, la Guemara cherche à clarifier : lundi et jeudi, quel est leur but dans cette discussion, c’est-à-dire pourquoi lundi et jeudi sont-ils mentionnés ici si aucune prière spéciale n’est récitée ces jours-là ? La Guemara explique : Plutôt, il est certain que la référence est à lundi, jeudi et lundi qui sont des jours de jeûne pour la pluie et de ma’amadot. Ces jours-là, dans les prières du soir, du matin et de l’après-midi, on récite dix-huit bénédictions et on récite un passage relatif à l’événement du jour, c’est-à-dire le jeûne, dans la bénédiction : Qui écoute la prière. Cependant, si l’on ne l’a pas mentionné, nous n’exigeons pas qu’il retourne au début de la prière et la répète. Et, ces jours-là, il n’y a pas de kiddouch récité sur une coupe de vin, et il n’y a pas de mention du jour récitée dans le Birkat Hamazon.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לְהַזְכִּיר שֶׁל חֲנוּכָּה בְּמוּסָפִין? כֵּיוָן דְּלֵית בֵּיהּ מוּסָף בְּדִידֵיהּ לָא מַדְכְּרִינַן, אוֹ דִילְמָא יוֹם הוּא שֶׁחַיָּיב בְּאַרְבַּע תְּפִלּוֹת. רַב הוּנָא וְרַב יְהוּדָה דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: אֵינוֹ מַזְכִּיר. רַב נַחְמָן וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מַזְכִּיר.
Un dilemme supplémentaire fut soulevé devant les Sages : Quelle est la règle concernant l’obligation de mentionner Hanoucca dans la prière additionnelle du Chabbat pendant Hanoucca ou à la néoménie de Tévet, qui tombe pendant Hanoucca ? Les deux côtés du dilemme sont les suivants : Disons-nous que, puisque Hanoucca n’a pas de prière additionnelle qui lui soit propre, et que la prière additionnelle n’a aucun lien avec Hanoucca, nous ne la mentionnons pas ? Ou bien, peut-être est-ce l’essence même du jour qui est tenue à la mention de Hanoucca, auquel cas il n’y a pas de distinction entre les diverses prières, et elle doit être mentionnée dans les quatre prières, y compris la prière additionnelle du Chabbat et de la néoménie. Il y a une divergence : Rav Houna et Rav Yehouda ont tous deux dit : On ne la mentionne pas. Rav Naḥman et Rabbi Yoḥanan ont tous deux dit : On la mentionne.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: הָא דְּרַב הוּנָא וְרַב יְהוּדָה דְּרַב הוּא. דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: רֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — הַמַּפְטִיר בַּנָּבִיא בְּשַׁבָּת אֵינוֹ צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ, שֶׁאִילְמָלֵא שַׁבָּת אֵין נָבִיא בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ
Abaye dit à Rav Yosef : Cet avis de Rav Houna et Rav Yehouda est l’avis de Rav, comme Rav Giddel a dit que Rav a dit : Dans le cas de la Nouvelle Lune qui tombe un Chabbat, celui qui récite le passage des Prophètes [haftara] le Chabbat n’a pas besoin de mentionner la Nouvelle Lune dans la bénédiction, car, si ce n’était pas Chabbat, il n’y aurait pas de lecture des Prophètes à la Nouvelle Lune. La haftara n’est pas liée à la Nouvelle Lune, et par conséquent la Nouvelle Lune n’est pas mentionnée dans la bénédiction. Il devrait en être de même concernant la mention de Hanoucca dans l’office additionnel à la Nouvelle Lune, car, si ce n’était pas la Nouvelle Lune, il ne réciterait pas l’office additionnel à Hanoucca. Par conséquent, lorsqu’il récite la prière additionnelle, il n’a pas besoin de mentionner Hanoucca.
מִי דָּמֵי?! הָתָם נָבִיא בִּדְרֹאשׁ חֹדֶשׁ לֵיכָּא כְּלָל, הָכָא אִיתֵיהּ בְּעַרְבִית וְשַׁחֲרִית וּמִנְחָה. אֶלָּא לְהָא דָּמְיָא: דְּאָמַר רַב אַחַדְבוּי אָמַר רַב מַתְנָה אָמַר רַב: יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, הַמַּפְטִיר בְּנָבִיא בְּמִנְחָה בְּשַׁבָּת אֵינוֹ צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שֶׁל יוֹם טוֹב, שֶׁאִילְמָלֵא שַׁבָּת אֵין נָבִיא בְּמִנְחָה בְּיוֹם טוֹב.
La Guemara rejette cette comparaison. Est-ce comparable ? Là-bas, la lecture des Prophètes ne fait absolument pas partie du service de néoménie. Ici, il y a mention de Hanoucca dans les prières du soir, du matin et de l’après-midi. Au contraire, cela est comparable à ceci : Comme Rav Aḥadvoi a dit que Rav Mattana a dit que Rav a dit : Lors d’une fête qui tombe un Chabbat, celui qui récite le passage des Prophètes pendant l’office de l’après-midi de Chabbat n’a pas besoin de mentionner la fête, car, si ce n’était pas Chabbat, il n’y aurait pas de lecture des Prophètes pendant l’office de l’après-midi d’une fête. Si tel est le cas, même s’il y a une haftara pendant l’office du matin d’une fête, puisqu’on ne lit pas les Prophètes l’après-midi, la lecture est considérée comme totalement sans rapport avec la fête et l’on ne mentionne pas la fête. Il en va de même pour Hanoucca. On ne mentionne pas Hanoucca dans la prière additionnelle.