אָמַר רַב כָּהֲנָא: קָנִים שֶׁאֲגָדָן — צְרִיכִין רוֹב, לֹא אֲגָדָן — אֵין צְרִיכִין רוֹב. גַּרְעִינִין — צְרִיכִין רוֹב, נְתָנָן בְּחוֹתָלוֹת — אֵין צְרִיכִין רוֹב.
dans le même esprit, Rav Kahana a dit : Des roseaux que l’on a liés en botte requièrent que la majorité d’entre eux s’enflamme. Si on ne les a pas liés en botte, ils ne requièrent pas que la majorité d’entre eux s’enflamme, conformément à la déclaration de Rav Huna. Cependant, les graines requièrent que la majorité d’entre elles s’enflamme. Et si on les a placées dans des paniers tressés, elles ne requièrent pas que la majorité d’entre elles prenne feu.
תָּנֵי רַב יוֹסֵף: אַרְבַּע מְדוּרוֹת אֵין צְרִיכִין רוֹב: שֶׁל זֶפֶת, וְשֶׁל גׇּפְרִית, וְשֶׁל גְּבִינָה, וְשֶׁל רְבָב. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: אַף שֶׁל קַשׁ וְשֶׁל גְּבָבָא.
Rav Yosef a enseigné une baraita : Quatre brasiers ne nécessitent pas que la majeure partie des matières inflammables prenne feu, car leurs matériaux brûlent facilement dès que le feu s’y attache. Et les voici : Un brasier de poix, et de soufre, et de fromage sec, et de matières grasses. Et il a été enseigné dans une baraita : Un brasier de paille et un de brindilles de bois ramassées dans le champ aussi ne nécessite pas que la majeure partie prenne feu.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֵצִים שֶׁל בָּבֶל אֵין צְרִיכִין רוֹב. מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: מַאי הִיא? אִילֵימָא סִילְתֵּי — הַשְׁתָּא פְּתִילָה אָמַר עוּלָּא הַמַּדְלִיק צָרִיךְ שֶׁיַּדְלִיק בְּרוֹב הַיּוֹצֵא, סִילְתֵּי מִבַּעְיָא? אֶלָּא אָמַר רַב יוֹסֵף: שׂוֹכָא דְאַרְזָא. רָמֵי בַּר אַבָּא אָמַר: זָאזָא.
Rabbi Yoḥanan a dit : le bois babylonien ne nécessite pas que la majeure partie en prenne feu. Rav Yosef, le Babylonien, objecte : Quel est ce bois qu’on utilise en Babylonie et qui brûle si bien ? Si vous dites qu’il s’agit de copeaux de bois utilisés pour brûler et éclairer, or, au sujet d’une mèche, Ulla a dit que celui qui l’allume pour une lampe de Shabbat doit allumer la majeure partie de ce qui dépasse du récipient ; est-il nécessaire de mentionner, au sujet de copeaux de bois, que la majeure partie doit être allumée ? Au contraire, Rav Yosef a dit : Il s’agit certainement de la branche d’un cèdre. Et Rami bar Abba a dit : Ici, la référence est à l’hysope [zaza].
הדרן עלך יציאות השבת
Nous reviendrons vers vous, Yiziot HaShabbat
מַתְנִי׳ בַּמֶּה מַדְלִיקִין וּבַמָּה אֵין מַדְלִיקִין? אֵין מַדְלִיקִין לֹא בְּלֶכֶשׁ, וְלֹא בְּחוֹסֶן, וְלֹא בְּכָלָךְ, וְלֹא בִּפְתִילַת הָאִידָן, וְלֹא בִּפְתִילַת הַמִּדְבָּר, וְלֹא בִּירוֹקָה שֶׁעַל פְּנֵי הַמַּיִם, וְלֹא בְּזֶפֶת, וְלֹא בְּשַׁעֲוָה, וְלֹא בְּשֶׁמֶן קִיק, וְלֹא בְּשֶׁמֶן שְׂרֵיפָה, וְלֹא בְּאַלְיָה, וְלֹא בְּחֵלֶב. נַחוּם הַמָּדִי אוֹמֵר: מַדְלִיקִין בְּחֵלֶב מְבוּשָּׁל. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד מְבוּשָּׁל וְאֶחָד שֶׁאֵינוֹ מְבוּשָּׁל אֵין מַדְלִיקִין בּוֹ.
Cette michna cite une liste de combustibles et de mèches qu’on ne peut pas utiliser pour allumer les lumières de Chabbat, soit parce que leur usage pourrait amener quelqu’un à accomplir un travail interdit pendant Chabbat, soit parce qu’ils ne sont pas conformes à la déférence due à Chabbat. La michna commence par énumérer les matériaux qu’on ne peut pas utiliser comme mèches. Elle est suivie d’une liste des substances qu’on ne peut pas utiliser comme combustible.
MICHNA :Avec quoi peut-on allumer la lampe de Chabbat, et avec quoi ne peut-on pas l’allumer ? En ce qui concerne les types de mèches interdits, on ne peut allumer ni avec du liber de cèdre [lekhesh], ni avec du lin non peigné [ḥosen], ni avec de la soie brute [kalakh], ni avec du liber de saule [petilat ha’idan], ni avec de l’herbe du désert [petilat hamidbar], ni avec de la mousse verte qui se trouve à la surface de l’eau. En ce qui concerne les types d’huiles interdits, on ne peut allumer ni avec du brai [zefet], ni avec de la cire [sha’ava], ni avec de l’huile de ricin [shemen kik], ni avec de l’huile brûlée [shemen sereifa], ni avec la graisse de queue de mouton [alya], ni avec du suif [ḥelev]. Naḥum le Mède dit : On peut allumer avec du suif bouilli. Et les Sages disent : Aussi bien le suif qui a été bouilli que le suif qui n’a pas été bouilli, on ne peut pas allumer avec eux.
גְּמָ׳ לֶכֶשׁ — שׂוֹכָא דְאַרְזָא. שׂוֹכָא דְאַרְזָא עֵץ בְּעָלְמָא הוּא! בְּעַמְרָנִיתָא דְּאִית בֵּיהּ.
GUEMARA : La plupart des termes employés dans la michna n’étaient pas compris en Babylonie. Par conséquent, la Guemara les a traduits et clarifiés. Nous avons appris dans la michna qu’on ne peut pas allumer avec lekhesh. La Guemara explique que lekhesh est la branche du cèdre. La Guemara demande : Le cèdre n’est-il pas simplement du bois ? Comment ferait-on une mèche avec du bois ? La Guemara répond : la michna fait référence à la substance laineuse qui se trouve sous son écorce.
וְלֹא בְּחוֹסֶן. אָמַר רַב יוֹסֵף: נְעוֹרֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָכְתִיב ״וְהָיָה הֶחָסוֹן לִנְעוֹרֶת״, מִכְּלָל דְּחוֹסֶן לָאו נְעוֹרֶת הוּא! אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: כִּיתָּנָא דִּדְיִיק וְלָא נְפִיץ.
La michna a en outre enseigné que l’on ne peut pas allumer avec du ḥosen. Rav Yossef a dit : Ḥosen, c’est de l’étoupe, une fine balle qui tombe de la tige du lin peigné. Abaye lui dit : N’est-il pas écrit : « Et le ḥason sera comme de l’étoupe » (Isaïe 1:31) ? Par déduction, le ḥosen n’est pas de l’étoupe. Au contraire, Abaye a dit : Ḥosen est du lin dont la tige a été écrasée mais pas encore peignée. Les fibres de la tige sont encore couvertes d’une enveloppe et ne brûlent donc pas bien.
וְלֹא בְּכָלָךְ. אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁאֵלְתִּינְהוּ לְכׇל נָחוֹתֵי יַמָּא וְאָמְרִי (לַהּ) כּוּלְכָא שְׁמֵיהּ. רַב יִצְחָק בַּר זְעֵירָא אָמַר: גּוּשְׁקְרָא.
Et nous avons aussi appris dans la michna que l’on ne peut pas allumer avec du kalakh. Shmuel a dit : J’ai interrogé tous les marins, et ils m’ont dit que le nom actuel du kalakh mentionné dans la michna est kulka. Rav Yitzḥak bar Ze’ira a dit : le kalakh est le cocon du ver à soie [gushkera].
רָבִין וְאַבָּיֵי הֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרַבָּנָא נְחֶמְיָה אֲחוּהּ דְּרֵישׁ גָּלוּתָא. חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה לְבִישׁ מְטַכְסָא. אֲמַר לֵיהּ רָבִין לְאַבָּיֵי: הַיְינוּ כָּלָךְ דִּתְנַן. אֲמַר לֵיהּ: אֲנַן ״שִׁירָא פְּרַנְדָּא״ קָרֵינַן לֵיהּ.
La Guemara rapporte que Ravin et Abaye étaient assis devant Rabbana Neḥemya, frère de l’Exilarque. Ravin vit que Rabbana Neḥemya portait du metaksa, un type de soie. Ravin dit à Abaye : C’est le kalakh que nous avons appris dans notre michna. Abaye lui dit : Nous l’appelons shira peranda.
מֵיתִיבִי: הַשִּׁירָאִים וְהַכָּלָךְ וְהַסְּרִיקִין חַיָּיבִין בְּצִיצִית, תְּיוּבְתָּא דְרָבִין! תְּיוּבְתָּא. אִיבָּעֵית אֵימָא: שִׁירָא לְחוּד, וְשִׁירָא פְּרַנְדָּא לְחוּד.
La Guemara soulève une objection à partir de ce que nous avons appris : Les shira’im, le kalakh et les sirikin, différents types de soie, requièrent tous des franges rituelles. Apparemment, shira’im et kalakh sont différents types de soie. C’est une réfutation concluante de l’affirmation de Ravin, qui a identifié kalakh avec shira peranda. La Guemara répond : En effet, c’est une réfutation concluante. Si vous le souhaitez, dites plutôt que shira est une entité distincte, et que shira peranda est une entité distincte. Shira peranda est kalakh.
וְלֹא בִּפְתִילַת הָאִידָן — אַחְוִינָא. רָבִין וְאַבָּיֵי הֲווֹ קָאָזְלִי בְּפַקְתָּא דְטַמְרוּרִיתָא. חֲזַנְהִי לְהָנְהוּ אַרְבָתָא. אֲמַר לֵיהּ רָבִין לְאַבָּיֵי: הַיְינוּ אִידָן דִּתְנַן. אֲמַר לֵיהּ: הַהִיא עֵץ בְּעָלְמָא הוּא! קְלַף וְאַחְוִי לֵיהּ עַמְרָנִיתָא דְּבֵינֵי בֵּינֵי. וְלֹא בִּפְתִילַת הַמִּדְבָּר — שַׁבְרָא.
Et nous avons appris dans la michna que l’on ne peut pas allumer avec petilat ha’idan. La Guemara explique que petilat ha’idan est le saule, qui ne brûle pas bien. La Guemara rapporte que Ravin et Abaye marchaient dans la vallée de Tamrurita. Ils virent ces saules. Ravin dit à Abaye : C’est l’idan que nous avons appris dans la michna. Abaye lui dit : Mais ce n’est que du bois. Comment en ferait-on une mèche ? Ravin retira l’écorce et lui montra la substance semblable à de la laine entre l’écorce et l’arbre. Nous avons aussi appris dans la michna : Ni avec la soie du désert [petilat hamidbar]. C’est la molène, qui ne brûle pas bien.
וְלֹא בִּירוֹקָה שֶׁעַל כּוּ׳. מַאי הִיא? אִילֵימָא אוּכַּמְתָּא דַחֲרִיצֵי — אִיפָּרוֹכֵי מִפָּרְכָן. אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: אוּכַּמְתָּא דְּאַרְבָּא.
Et nous avons appris dans la michna qu’on ne peut pas utiliser la mousse verte qui se trouve à la surface de l’eau pour fabriquer une mèche afin d’allumer la lampe de Chabbat. La Guemara demande : Qu’est-ce que cette mousse verte ? Si tu dis qu’il s’agit de la mousse que l’on trouve dans l’eau stagnante, cette mousse n’est-elle pas cassante et donc impropre à servir de matériau pour fabriquer une mèche ? Au contraire, Rav Pappa a dit : Il s’agit de la mousse qui s’accumule sur les bateaux, qui est plus souple et qui, une fois séchée, peut être façonnée en mèche.
תָּנָא: הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן שֶׁל צֶמֶר וְשֶׁל שֵׂעָר. וְתַנָּא דִידַן: צֶמֶר מִכְווֹץ כָּוֵויץ, שֵׂעָר אִיחֲרוֹכֵי מִיחֲרַךְ.
Il a été enseigné dans une baraita : Les Sages ont ajouté à la liste des mèches interdites dans la michna également celles faites de laine et de poil. La Guemara remarque : Et notre tanna n’a pas jugé nécessaire de les énumérer, car il est pratiquement impossible de fabriquer des mèches à partir de ces matériaux, puisque, lorsqu’ils brûlent, la laine se rétracte et le poil est roussi. Par conséquent, ils ne conviennent pas à l’usage comme mèches.
וְלֹא בְּזֶפֶת. זֶפֶת — זִיפְתָּא, שַׁעֲוָה — קִירוּתָא. תָּנָא: עַד כָּאן פְּסוּל פְּתִילוֹת, מִכָּאן וְאֵילָךְ פְּסוּל שְׁמָנִים. פְּשִׁיטָא! שַׁעֲוָה אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ. מַהוּ דְּתֵימָא לִפְתִילוֹת נָמֵי לָא חַזְיָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Et nous avons appris dans la michna qu’on ne peut pas utiliser zefet ni sha’ava comme combustible pour allumer la lampe de Chabbat. La Guemara explique que zefet est de la poix, et que sha’ava est de la cire. Il a été enseigné dans une baraita : Jusqu’ici, au mot zefet, la michna traite de la disqualification des matériaux impropres à l’usage comme mèches, et à partir de ce point elle traite de la disqualification des substances impropres à l’usage comme huiles. La Guemara demande : Évidemment, on ne peut pas faire une mèche avec de la poix et des matériaux semblables. La Guemara répond : Il était nécessaire que la michna mentionne la cire, de peur que tu ne dises qu’elle est également impropre à l’usage comme revêtement pour les mèches, de la manière dont les mèches sont habituellement faites. C’est pourquoi elle nous enseigne que, bien que la cire soit impropre à l’usage comme huile, elle est propre à l’usage comme revêtement pour les mèches.
אָמַר רָמֵי בַּר אָבִין: עִטְרָנָא — פְּסוּלְתָּא דְזִיפְתָּא. שַׁעֲוָה — פְּסוּלְתָּא דְּדוּבְשָׁא.
Rami bar Avin a dit : Le goudron [itran] est le sous-produit de la poix. Lorsque le bois est brûlé pour extraire la poix, un liquide plus clair s’écoule après la poix, et c’est cela, le goudron. De même, la cire est le sous-produit du miel.