שְׁלֹמֹה גְּזַר לְקׇדָשִׁים, וַאֲתוֹ אִינְהוּ וּגְזוּר אַף לִתְרוּמָה.
Salomon décréta l’impureté des mains afin de prohiber le contact avec des objets consacrés, et Chammaï, Hillel et leurs disciples vinrent et décrétèrent l’impureté des mains même afin de prohiber le contact avec la terouma.
גּוּפָא, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁמֹנָה עָשָׂר גָּזְרוּ וּבִשְׁמֹנָה עָשָׂר נֶחְלְקוּ. וְהָתַנְיָא הוּשְׁווּ! בּוֹ בַּיּוֹם נֶחְלְקוּ, וּלְמָחָר הוּשְׁווּ.
Quant à l’affaire elle-même qui a été mentionnée ci-dessus en passant, Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : En ce qui concerne dix-huit sujets, ils ont promulgué des décrets ce jour-là, et en ce qui concerne ces dix-huit sujets ils étaient en désaccord auparavant. La Guemara demande : N’a-t-il pas été enseigné dans une baraita qu’ils sont parvenus à un consensus dans leurs opinions concernant les dix-huit décrets ? Ils répondent : Ce jour-là ils étaient en désaccord, et le lendemain, après que la question a été tranchée par un vote, ils sont parvenus à un consensus dans leurs opinions.
גּוּפָא, אָמַר רַב הוּנָא: בִּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת נֶחְלְקוּ שַׁמַּאי וְהִלֵּל. שַׁמַּאי אוֹמֵר: מִקַּב חַלָּה. וְהִלֵּל אוֹמֵר: מִקַּבַּיִים. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא כְּדִבְרֵי זֶה וְלֹא כְּדִבְרֵי זֶה, אֶלָּא קַב וּמֶחֱצָה חַיָּיב בַּחַלָּה. מִשֶּׁהִגְדִּילוּ הַמִּדּוֹת, אָמְרוּ חֲמֵשֶׁת רְבָעִים קֶמַח חַיָּיבִין בַּחַלָּה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: חֲמִשָּׁה פְּטוּרִין, חֲמִשָּׁה וְעוֹד חַיָּיבִין.
Quant à la question elle-même qui a été mentionnée ci-dessus en passant, Rav Houna a dit : Chammaï et Hillel ont divergé en trois endroits. La Guemara cite les différends. Premièrement, Chammaï dit : À partir d’un kav de pâte, on est tenu de prélever la ḥalla, la portion de pâte donnée à un prêtre. En deçà de cette mesure, il n’y a pas d’obligation de prélever la ḥalla, car ce n’est pas la mesure à laquelle fait allusion le verset : « Les prémices de votre pâte » (Nombres 15:20), écrit au sujet de la mitsva de prélever la ḥalla. Et Hillel dit : On ne doit prélever la ḥalla qu’à partir de deux kav. Et les Sages disent : La halakha n’est ni conforme à l’avis de celui-ci, qui est rigoureux, ni conforme à l’avis de celui-là, qui est indulgent. Au contraire, un kav et demi est la mesure à partir de laquelle on est tenu de prélever la ḥalla. Lorsque les mesures augmentèrent et que les Sages recalculèrent le volume d’un kav comme étant plus grand, ils dirent que, selon la mesure du nouveau kav, cinq quarts d’un kav de farine est la mesure à partir de laquelle on est tenu de prélever la ḥalla. Rabbi Yossei dit : Cinq quarts sont exemptés ; ce n’est que pour une pâte de la taille de cinq quarts et un peu plus que l’on est tenu de prélever la ḥalla.
וְאִידַּךְ, הִלֵּל אוֹמֵר: מְלֹא הִין מַיִם שְׁאוּבִים פּוֹסְלִים אֶת הַמִּקְוֶה — שֶׁחַיָּיב אָדָם לוֹמַר בִּלְשׁוֹן רַבּוֹ. שַׁמַּאי אוֹמֵר: תִּשְׁעָה קַבִּין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא כְּדִבְרֵי זֶה וְלֹא כְּדִבְרֵי זֶה. עַד שֶׁבָּאוּ שְׁנֵי גַרְדִּיִּים מִשַּׁעַר הָאַשְׁפָּה שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם וְהֵעִידוּ מִשּׁוּם שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן שֶׁשְּׁלֹשָׁה לוּגִּין מַיִם שְׁאוּבִין פּוֹסְלִים אֶת הַמִּקְוֶה, וְקִיְּימוּ חֲכָמִים אֶת דִּבְרֵיהֶם.
Et un autre différend entre Hillel et Shammaï est que Hillel dit : Un hin entier, douze log, d’eau puisée versée dans un bain rituel dans lequel il n’y avait pas encore la mesure complète de quarante se’adisqualifie l’eau du bain rituel et confère même à l’eau qui s’y trouvait auparavant le statut d’eau puisée. Même si de l’eau propre à un bain rituel est ajoutée par la suite pour compléter la mesure de quarante se’a, le bain rituel demeure impropre à l’immersion. Hillel a utilisé la mesure biblique, hin, parce que, lorsqu’on cite son maître, une personne doit parler en employant le langage de son maître. Shammaï dit : Neuf kav d’eau suffisent pour disqualifier le bain rituel. Et les Rabbins disent : La halakha n’est ni conforme à l’opinion de celui-ci ni conforme à l’opinion de celui-là. Les Sages n’ont pas fixé de mesure pour l’eau qui disqualifie un bain rituel jusqu’à ce que deux tisserands vinrent de la Porte des Immondices à Jérusalem et témoignèrent au nom de Shemaya et Avtalyon que trois log d’eau puisée disqualifient le bain rituel, et les Rabbins confirmèrent leur déclaration contre les opinions des grands Sages d’Israël, Hillel et Shammaï. La Guemara a souligné leur métier et l’endroit où ils vivaient pour mettre en évidence que, malgré le fait que leur métier était méprisé et que leur lieu était méprisable, il n’y a pas de traitement préférentiel lorsqu’il s’agit de Torah.
וְאִידַּךְ, שַׁמַּאי אוֹמֵר: כׇּל הַנָּשִׁים דַּיָּין שְׁעָתָן. וְהִלֵּל אוֹמֵר: מִפְּקִידָה לִפְקִידָה, וַאֲפִילּוּ לְיָמִים הַרְבֵּה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא כְּדִבְרֵי זֶה וְלֹא כְּדִבְרֵי זֶה, אֶלָּא: מֵעֵת לְעֵת מְמַעֵט עַל יָד מִפְּקִידָה לִפְקִידָה, וּמִפְּקִידָה לִפְקִידָה מְמַעֵט עַל יָד מֵעֵת לְעֵת.
Et une autre controverse entre Hillel et Shammaï est que Shammaï dit : Pour toutes les femmes, leur heure suffit, c’est-à-dire qu’une femme qui remarque qu’elle a vu du sang menstruel mais n’a pas senti l’écoulement auparavant n’a pas à craindre que l’écoulement de sang ait peut-être commencé avant qu’elle ne le voie, et il suffit qu’elle assume le statut d’impureté rituelle à partir de ce moment-là. Hillel dit : D’examen en examen, c’est-à-dire qu’une femme qui a vu du sang, si elle ne sait pas quand l’écoulement menstruel a commencé, est considérée comme impure rétroactivement jusqu’à la dernière fois où elle s’est examinée et s’est trouvée rituellement pure, et même si l’examen a eu lieu plusieurs jours auparavant. Tout ce qu’elle a touché dans l’intervalle devient rituellement impur. Et les Sages disent : La halakha n’est ni conforme à l’opinion de celui-ci ni à l’opinion de celui-là ; au contraire, le principe est le suivant : Une journée entière, vingt-quatre heures, réduit la période d’examen en examen, c’est-à-dire que si son dernier auto-examen a eu lieu longtemps auparavant, elle n’a besoin de se préoccuper de l’impureté rituelle que pour la période de vingt-quatre heures précédant le moment où elle a remarqué le sang. Et d’examen en examen réduit la période d’une journée entière, c’est-à-dire que si elle s’est examinée au cours de la journée précédente et n’a trouvé aucun sang, elle était certainement rituellement pure avant l’examen.
וְתוּ לֵיכָּא? וְהָאִיכָּא הִלֵּל אוֹמֵר לִסְמוֹךְ, וְשַׁמַּאי אוֹמֵר שֶׁלֹּא לִסְמוֹךְ. כִּי קָאָמַר רַב הוּנָא, הֵיכָא דְּלֵיכָּא פְּלוּגְתָּא דְּרַבְּווֹתָא בַּהֲדַיְיהוּ.
La Guemara demande : Et n’y en a-t-il pas d’autres différends entre eux ? N’y a-t-il pas ce que nous avons appris, selon quoi Hillel dit qu’il est permis d’imposer les mains sur la tête des offrandes sacrifiées lors d’une fête, et ce faisant on n’accomplit aucun travail interdit et on ne profane pas la fête ; et Shammaï dit de ne pas imposer les mains ? La Guemara répond : Lorsque Rav Houna a dit sa déclaration, il faisait référence à des différends où il n’existe pas de différend entre les grands Sages qui les ont précédés parallèlement au leur. Le différend au sujet de l’imposition des mains pendant la fête est ancien, et leurs prédécesseurs, des Sages remontant au début de l’époque des couples, en débattaient déjà.
וְהָאִיכָּא הַבּוֹצֵר לַגַּת — שַׁמַּאי אוֹמֵר: הוּכְשַׁר, וְהִלֵּל אוֹמֵר: לֹא הוּכְשַׁר. בַּר מִינֵּיהּ דְּהַהִיא, דְּהָתָם קָא שָׁתֵיק לֵיהּ הִלֵּל לְשַׁמַּאי.
La Guemara demande en outre : N’y a-t-il pas aussi la controverse au sujet de celui qui récolte des raisins afin de les apporter au pressoir et de les fouler, quant à savoir si le liquide qui s’écoule des raisins est considéré comme étant sorti volontairement et rend les raisins susceptibles à l’impureté ? Shammaï dit : Ils sont devenus susceptibles, et Hillel dit : Ils ne sont pas devenus susceptibles. La Guemara rejette cela : Sauf ce cas-là, car là-bas, bien qu’au départ ils aient été en désaccord, finalement Hillel est resté silencieux et n’a pas répondu à Shammaï, et a finalement accepté son avis.
יוֹסֵי בֶּן יוֹעֶזֶר אִישׁ צְרֵידָה וְיוֹסֵי בֶּן יוֹחָנָן אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם גָּזְרוּ טוּמְאָה עַל אֶרֶץ הָעַמִּים וְעַל כְּלֵי זְכוּכִית. וְהָא רַבָּנַן דִּשְׁמֹנִים שָׁנָה גְּזוּר! דְּאָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי, שָׁלְחוּ לוֹ: רַבִּי, אֱמוֹר לָנוּ שְׁנַיִם וּשְׁלוֹשָׁה דְּבָרִים שֶׁאָמַרְתָּ לָנוּ מִשּׁוּם אָבִיךָ.
Il a été mentionné plus tôt que Yosei ben Yo’ezer de Tzereida et Yosei ben Yoḥanan de Jérusalem ont décrété l’impureté sur la terre des nations et sur les récipients en verre. La Guemara demande : Était-ce ces deux Sages, qui figuraient parmi les premiers Sages à l’époque des paires, qui ont promulgué ces décrets ? N’était-ce pas les Sages qui vécurent durant les quatre-vingts dernières années de la période du Second Temple qui promulguèrent ces décrets ? Comme l’a dit Rav Kahana : Lorsque Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, tomba malade, les Sages envoyèrent lui dire : Rabbi, dis-nous deux ou trois enseignements que tu nous as autrefois dits au nom de ton père.
שָׁלַח לָהֶם, כָּךְ אָמַר אַבָּא: מֵאָה וּשְׁמֹנִים שָׁנָה עַד שֶׁלֹּא חָרַב הַבַּיִת, פָּשְׁטָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה עַל יִשְׂרָאֵל. שְׁמֹנִים שָׁנָה עַד שֶׁלֹּא חָרַב הַבַּיִת גָּזְרוּ טוּמְאָה עַל אֶרֶץ הָעַמִּים וְעַל כְּלֵי זְכוּכִית. אַרְבָּעִים שָׁנָה עַד שֶׁלֹּא חָרַב הַבַּיִת גָּלְתָה לָהּ סַנְהֶדְרִין וְיָשְׁבָה לָהּ בַּחֲנוּיוֹת. לְמַאי הִילְכְתָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: לוֹמַר שֶׁלֹּא דָּנוּ דִּינֵי קְנָסוֹת. דִּינֵי קְנָסוֹת סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: שֶׁלֹּא דָּנוּ דִּינֵי נְפָשׁוֹת!
Il leur envoya : Ceci est ce que mon père a dit : Cent quatre-vingts ans avant que le Temple ne soit détruit, le royaume malfaisant de Rome a envahi Israël. Quatre-vingts ans avant que le Temple ne soit détruit, ils ont décrété l’impureté sur la terre des nations et sur les récipients en verre. Quarante ans avant que le Temple ne soit détruit, le Sanhédrin fut exilé de la Chambre de Pierre Taillée et siégea dans les boutiques sur le Mont du Temple. Au sujet de la dernière déclaration, la Guemara demande : Quelles sont les implications halakhiques de cette déclaration ? Rabbi Yitzḥak bar Avdimi a dit : Pour dire qu’ils ne jugeaient plus les affaires d’amendes. La Guemara s’étonne : Te vient-il à l’esprit qu’ils ne jugeaient plus les affaires d’amendes ? Même plusieurs générations après la destruction du Temple, ils continuaient à juger les affaires d’amendes en Eretz Yisrael. Plutôt, corrige et dis : Qu’ils ne jugeaient plus les affaires capitales. L’autorité d’imposer la peine de mort fut retirée au Sanhédrin, et c’est pourquoi ils quittèrent volontairement la Chambre de Pierre Taillée. Puisque le Sanhédrin ne siège plus dans son lieu désigné, la halakha est qu’il n’a plus l’autorité de juger les affaires capitales (Tosafot).
וְכִי תֵימָא בִּשְׁמֹנִים שָׁנָה נָמֵי אִינְהוּ הֲווֹ, וְהָתַנְיָא: הִלֵּל וְשִׁמְעוֹן, גַּמְלִיאֵל וְשִׁמְעוֹן, נָהֲגוּ נְשִׂיאוּתָן לִפְנֵי הַבַּיִת מֵאָה שָׁנָה. וְאִילּוּ יוֹסֵי בֶּן יוֹעֶזֶר אִישׁ צְרֵידָה וְיוֹסֵי בֶּן יוֹחָנָן הֲווֹ קָדְמִי טוּבָא!
En tout cas, nous avons appris que les Sages des quatre-vingts dernières années avant la destruction sont ceux qui ont décrété l’impureté sur la terre des nations. Et si tu dis que Yosei ben Yo’ezer et Yosei ben Yoḥanan étaient eux aussi là pendant ces quatre-vingts ans, n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Hillel, et son fils Shimon, et son petit-fils Gamliel, et son arrière-petit-fils Shimon ont rempli leur fonction de Nasi devant la Maison, alors que le Temple était debout, pendant cent ans, tandis que Yosei ben Yo’ezer de Tzereida et Yosei ben Yoḥanan étaient bien antérieurs à Hillel?