שֶׁיַּמְתִּין. קוֹשְׁרִין אֶת הַלֶּחִי, לֹא שֶׁיַּעֲלֶה, אֶלָּא שֶׁלֹּא יוֹסִיף. וְכֵן קוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה — סוֹמְכִין אוֹתָהּ בְּסַפְסָל אוֹ בַּאֲרוּכּוֹת הַמִּטָּה, לֹא שֶׁתַּעֲלֶה, אֶלָּא שֶׁלֹּא תּוֹסִיף.
pour retarder sa décomposition. De même, on peut attacher la mâchoire d’un cadavre qui est en train de s’ouvrir. On ne peut pas la déplacer directement afin qu’elle se relève jusqu’à sa position initiale, mais afin qu’elle ne continue pas à s’ouvrir. De même, si l’on a une poutre de toit qui s’est brisée pendant le Shabbat, on peut la soutenir avec un banc ou avec de longues perches de lit. On ne peut pas la déplacer afin que la poutre se relève jusqu’à sa place initiale, mais afin qu’elle ne continue pas à tomber.
גְּמָ׳ וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי מֵאִיר שֶׁנִּכְנַס אַחֲרָיו לְבֵית הַמֶּרְחָץ, בִּיקֵּשׁ לְהָדִיחַ קַרְקַע, אָמַר לוֹ: אֵין מְדִיחִין. לָסוּךְ קַרְקַע, אָמַר לוֹ: אֵין סָכִין. קַרְקַע בְּקַרְקַע — מִחַלְּפָא, מֵת בְּקַרְקַע — לָא מִיחַלַּף.
GUEMARA : La Guemara remet en question la décision indulgente de la michna concernant l’onction d’huile sur un cadavre : Mais Rav Yehouda n’a-t-il pas dit que Shmuel a dit : Il y eut un incident avec un élève de Rabbi Meir qui le suivit au bain public pendant Chabbat. L’élève voulait rincer le sol. Rabbi Meir lui dit : On ne peut pas rincer pendant Chabbat. L’élève voulut enduire le sol d’huile. Rabbi Meir lui dit : On ne peut pas enduire pendant Chabbat. Cela indique qu’il est interdit de rincer ou d’enduire quoi que ce soit qui ne peut pas être déplacé pendant Chabbat. La Guemara répond : Le sol à un endroit peut être confondu avec le sol à un autre endroit, et les Sages ont donc interdit ces activités même sur un sol carrelé, comme celui d’un bain public, de crainte qu’on en vienne à le faire sur un sol en terre et à l’égaliser. Cependant, un cadavre ne peut pas être confondu avec le sol, et il est donc permis de rincer un cadavre et de l’enduire d’huile.
״כֹּל״ לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: מְבִיאִין כְּלִי מֵיקַר וּכְלֵי מַתָּכוֹת, וּמַנִּיחִין עַל כְּרֵיסוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא תָּפוּחַ. וּפוֹקְקִין אֶת נְקָבָיו כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּיכָּנֵס בָּהֶן הָרוּחַ.
Nous avons appris dans la michna qu’on peut s’occuper de tous les besoins du mort pendant le Chabbat. La Guemara demande : Que comprend le mot tous dans la décision de la michna, qu’on aurait pu penser ne pas être inclus ? La Guemara répond : Il s’agit d’inclure ce que les Sages ont enseigné : On peut apporter des récipients froids et des récipients en métal et les placer sur le ventre du mort afin qu’il ne gonfle pas. Et on peut boucher ses orifices afin que l’air n’y entre pas et ne provoque pas de gonflement.
וְאַף שְׁלֹמֹה אָמַר בְּחׇכְמָתוֹ: ״עַד שֶׁלֹּא יֵרָתֵק חֶבֶל הַכֶּסֶף״ — זֶה חוּט הַשִּׁדְרָה. ״וְתָרוּץ גּוּלַּת הַזָּהָב״ — זֶה אַמָּה. ״וְתִשָּׁבֶר כַּד עַל הַמַּבּוּעַ״ — זֶה הַכָּרֵס. ״וְנָרוֹץ הַגַּלְגַּל אֶל הַבּוֹר״ — זֶה פֶּרֶשׁ.
Et le roi Salomon a également dit dans sa sagesse au sujet de la vieillesse et de la mort : « Avant que le cordon d’argent ne se rompe, que le bol d’or ne se brise, que la cruche ne se casse à la source, et que la roue tombe, brisée, dans la fosse » (Ecclésiaste 12:6), ce que la Guemara explique ainsi : « Avant que le cordon d’argent ne se rompe » ; cela désigne la moelle épinière. « Et que le bol d’or [gullat] ne se brise » ; cela désigne le membre, qui est comme une source d’eau [gulla]. « Et que la cruche ne se casse à la source » ; cela désigne l’estomac, qui ressemble à une cruche qui enfle et éclate. « Et que la roue [galgal] tombe, brisée, dans la fosse » ; cela désigne les excréments [gelalim].
וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְזֵרִיתִי פֶרֶשׁ עַל פְּנֵיכֶם פֶּרֶשׁ חַגֵּיכֶם״. אָמַר רַב הוּנָא וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב חַגָּא: אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁמַּנִּיחִין דִּבְרֵי תוֹרָה, וְעוֹשִׂין כׇּל יְמֵיהֶם כְּחַגִּים. אָמַר רַבִּי לֵוִי אָמַר רַב פַּפֵּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לְאַחַר שְׁלֹשָׁה יָמִים כְּרֵיסוֹ נִבְקַעַת וְנוֹפֶלֶת לוֹ עַל פָּנָיו, וְאוֹמֶרֶת לוֹ: ״טוֹל מַה שֶּׁנָּתַתָּ בִּי״.
Et de même, il est dit dans le verset : « Et j’étendrai des excréments sur vos visages, les excréments de vos offrandes de Festival » (Malachie 2:3). Rav Houna a dit, et certains disent que c’était Rav Ḥagga qui a dit : Ce verset fait référence à ces personnes qui négligent les paroles de la Torah et transforment tous leurs jours en Festivals. Rabbi Lévi a dit que Rav Pappi a dit que Rabbi Yehoshoua a dit : Trois jours après la mort, l’estomac du mort éclate et tombe sur son visage et lui dit : Prends ce que tu as mis en moi.
מַתְנִי׳ אֵין מְעַצְּמִין אֶת הַמֵּת בַּשַּׁבָּת, וְלֹא בַּחוֹל עִם יְצִיאַת נֶפֶשׁ. וְהַמְעַצֵּים עִם יְצִיאַת הַנֶּפֶשׁ — הֲרֵי זֶה שׁוֹפֵךְ דָּמִים.
MICHNA :On ne peut pas fermer les yeux du mort pendant le Chabbat parce que le corps est mis à part. Et on ne peut pas fermer les yeux même un jour de semaine pendant que l’âme s’en va. Il faut attendre que la personne soit morte. Et celui qui ferme les yeux pendant que l’âme s’en va est un meurtrier parce qu’il a hâté la mort de la personne.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְעַצְּמוֹ עִם יְצִיאַת הַנֶּפֶשׁ — הֲרֵי זֶה שׁוֹפֵךְ דָּמִים. מָשָׁל לְנֵר שֶׁכָּבָה וְהוֹלֶכֶת, אָדָם מַנִּיחַ אֶצְבָּעוֹ עָלֶיהָ — מִיָּד כָּבְתָה. תַּנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הָרוֹצֶה שֶׁיִּתְעַצְּמוּ עֵינָיו שֶׁל מֵת — נוֹפֵחַ לוֹ יַיִן בְּחוֹטְמוֹ, וְנוֹתֵן שֶׁמֶן בֵּין רִיסֵי עֵינָיו, וְאוֹחֵז בִּשְׁנֵי גּוּדְלֵי רַגְלָיו, וְהֵן מִתְעַצְּמִין מֵאֲלֵיהֶן.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Celui qui ferme les yeux d’une personne au moment où l’âme la quitte est un meurtrier. Cela est analogue à une lampe qui s’éteint progressivement mais qui pourrait continuer à brûler encore un peu. Si une personne pose son doigt dessus, elle s’éteint immédiatement. Il a été enseigné dans une baraita que Rabban Shimon ben Gamliel dit : Celui qui veut que les yeux d’un cadavre se ferment doit souffler du vin dans son nez, placer de l’huile entre ses paupières, saisir ses deux gros orteils, et ses yeux se fermeront d’eux-mêmes.
תַּנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: תִּינוֹק בֶּן יוֹמוֹ חַי — מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת, דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל מֵת — אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. תִּינוֹק בֶּן יוֹמוֹ חַי מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת, אָמְרָה תּוֹרָה: חַלֵּל עָלָיו שַׁבָּת אַחַת, כְּדֵי שֶׁיִּשְׁמוֹר שַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה. דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל מֵת אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו, כֵּיוָן שֶׁמֵּת אָדָם בָּטֵל מִן הַמִּצְוֹת. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״בַּמֵּתִים חׇפְשִׁי״ — כֵּיוָן שֶׁמֵּת אָדָם, נַעֲשָׂה חׇפְשִׁי מִן הַמִּצְוֹת.
Incidemment à la discussion de la Guemara sur les cadavres, elle cite ce qui a été enseigné dans une baraita : Rabban Shimon ben Gamliel dit : Pour un bébé vivant âgé d’un jour, on profane le Chabbat afin de sauver sa vie. Pourtant, pour David décédé, roi d’Israël, on ne profane pas le Chabbat. Car pour un bébé âgé d’un jour, nous profanons le Chabbat parce que la Torah dit : Profane pour lui un Chabbat afin qu’il puisse observer de nombreux Chabbatot. Mais pour David décédé, roi d’Israël, on ne profane pas le Chabbat, car une fois qu’une personne meurt, elle est dispensée des mitsvot. Et c’est ce qu’a dit Rabbi Yoḥanan au sujet du verset : « Mis à part parmi les morts [bametim ḥofshi], comme les tués qui gisent dans la tombe, dont Tu ne Te souviens plus » (Psaumes 88:6). Une fois qu’une personne meurt, elle devient libre [ḥofshi] des mitsvot.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: תִּינוֹק בֶּן יוֹמוֹ חַי — אֵין צָרִיךְ לְשׁוֹמְרוֹ מִן הַחוּלְדָּה וּמִן הָעַכְבָּרִים. אֲבָל עוֹג מֶלֶךְ הַבָּשָׁן מֵת — צָרִיךְ לְשׁוֹמְרוֹ מִן הַחוּלְדָּה וּמִן הָעַכְבָּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמוֹרַאֲכֶם וְחִתְּכֶם יִהְיֶה״, כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם חַי — אֵימָתוֹ מוּטֶּלֶת עַל הַבְּרִיּוֹת, כֵּיוָן שֶׁמֵּת — בָּטְלָה אֵימָתוֹ.
Et il a également été enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar a dit : Il n’est pas nécessaire de protéger un bébé vivant âgé d’un jour contre une belette ou contre des souris, car elles s’enfuient devant le bébé. Mais si Og, le roi de Bashan, est mort, il est nécessaire de protéger même lui contre une belette ou contre des souris, comme il est dit : « Et la crainte de vous et l’effroi de vous [ḥittekhem] seront sur toute bête de la terre et sur tout oiseau des cieux » (Genèse 9:2). La Guemara explique : Tant qu’une personne est vivante [ḥai], elle est crainte par les animaux. Une fois morte, elle n’est plus crainte.
אָמַר רַב פָּפָּא, נְקִיטִינַן: אַרְיֵה אַבֵּי תְּרֵי — לָא נָפֵיל. הָא קָא חָזֵינַן דְּנָפֵיל? הָהוּא כִּדְרָמֵי בַּר אַבָּא. דְּאָמַר רָמֵי בַּר אַבָּא: אֵין חַיָּה שׁוֹלֶטֶת בָּאָדָם עַד שֶׁנִּדְמָה לוֹ כִּבְהֵמָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָדָם בִּיקָר בַּל יָלִין נִמְשַׁל כַּבְּהֵמוֹת נִדְמוּ״. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: אָסוּר לִישַׁן בַּבַּיִת יְחִידִי, וְכׇל הַיָּשֵׁן בַּבַּיִת יְחִידִי — אֹחַזְתּוֹ לִילִית.
Rav Pappa a dit : Nous tenons qu’un lion ne se jette pas sur deux personnes. La Guemara objecte : Mais comment cela peut-il être ? Nous voyons qu’il se jette bel et bien sur deux personnes. La Guemara répond : Cette déclaration de Rav Pappa doit être conforme à ce que Rami bar Abba a dit : Un animal ne maîtrise pas une personne jusqu’à ce qu’elle lui apparaisse comme un animal, comme il est dit : « Mais l’homme ne demeure pas dans l’honneur ; il est semblable aux bêtes qui périssent » (Psaumes 49:13). Cependant, les animaux n’attaquent pas les personnes qui sont humaines dans leur caractère spirituel. Dans le même esprit, Rabbi Ḥanina a dit : Il est interdit de dormir seul dans une maison, et quiconque dort seul dans une maison sera saisi par l’esprit maléfique Lilith.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: עֲשֵׂה עַד שֶׁאַתָּה מוֹצֵא, וּמָצוּי לְךָ, וְעוֹדְךָ בְּיָדֶךָ. וְאַף שְׁלֹמֹה אָמַר בְּחׇכְמָתוֹ: ״וּזְכוֹר אֶת בּוֹרְאֶיךָ בִּימֵי בְּחוּרוֹתֶיךָ עַד [אֲשֶׁר] (שֶׁ)לֹא יָבֹאוּ יְמֵי הָרָעָה״ — אֵלּוּ יְמֵי הַזִּקְנָה, ״וְהִגִּיעוּ שָׁנִים אֲשֶׁר תֹּאמַר אֵין לִי בָהֶם חֵפֶץ״ — אֵלּוּ יְמֵי הַמָּשִׁיחַ, שֶׁאֵין בָּהֶם לֹא זְכוּת וְלֹא חוֹבָה.
Cela a aussi été enseigné dans une baraita au sujet de l’appréciation de la vie : Rabbi Shimon ben Elazar dit : Accomplis les mitsvot tant que tu trouves encore des occasions, et que tu as les moyens financiers, et que tu es encore sous ton propre contrôle. Et le roi Salomon a également dit, dans sa sagesse : « Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse, avant que ne viennent les jours mauvais et que n’arrivent les années dont tu diras : Je n’y ai aucun plaisir » (Ecclésiaste 12:1). Rabbi Shimon ben Elazar explique : « Les jours mauvais » ; ce sont les jours de la vieillesse. « Et que n’arrivent les années dont tu diras : Je n’y ai aucun plaisir » ; ce sont les jours du Messie, où il n’y a ni mérite ni culpabilité.
וּפְלִיגָא דִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין בֵּין הָעוֹלָם הַזֶּה לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֶלָּא שִׁיעְבּוּד מַלְכִיּוֹת בִּלְבַד, שֶׁנֶּאֱמַר: כִּי ״לֹא יֶחְדַּל אֶבְיוֹן מִקֶּרֶב הָאָרֶץ״.
La Guemara commente que cette explication est en désaccord avec l’opinion de Shmuel, car Shmuel a dit : Il n’y a pas de différence entre ce monde-ci et les jours du Messie, si ce n’est l’assujettissement aux royaumes étrangers בלבד, dont nous serons libérés à l’ère messianique, comme il est dit : « Car les pauvres ne cesseront jamais d’être dans le pays, c’est pourquoi je te commande, en disant : tu ouvriras certainement ta main à ton frère, à ton pauvre et à ton nécessiteux dans ton pays. » (Deutéronome 15:11). Cela indique que les voies du monde, y compris l’existence de strates socio-économiques de riches et de pauvres, continueront pour toujours.
תַּנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר אוֹמֵר: לְעוֹלָם יְבַקֵּשׁ אָדָם רַחֲמִים עַל מִדָּה זוֹ, שֶׁאִם הוּא לֹא בָּא — בָּא בְּנוֹ, וְאִם בְּנוֹ לֹא בָּא — בֶּן בְּנוֹ בָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי בִּגְלַל הַדָּבָר הַזֶּה״. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: גַּלְגַּל הוּא שֶׁחוֹזֵר בָּעוֹלָם. אָמַר רַב יוֹסֵף, נְקִיטִינַן: הַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן לָא מִיעֲנֵי. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּמִיעֲנֵי! אִם אִיתָא דְּמִיעֲנֵי, אַהְדּוֹרֵי אַפִּתְחָא לָא מַהְדַּר.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Elazar HaKappar dit : Une personne doit toujours demander la miséricorde divine au sujet de cette condition de pauvreté, car si elle n’en vient pas à un état de pauvreté, son fils y viendra, et si son fils n’y vient pas, son petit-fils y viendra, comme il est dit : « Tu lui donneras certainement, et ton cœur ne s’attristera pas quand tu lui donneras, car à cause de cette chose [biglal hadavar hazeh] le Seigneur ton Dieu te bénira dans toute ton œuvre et dans tout ce vers quoi tu porteras ta main » (Deutéronome 15:10). Au sujet de ce verset, le tanna de l’école de Rabbi Yishmael a enseigné : À cause de [biglal] cette chose signifie que c’est une roue [galgal] qui tourne dans le monde, sur laquelle les gens montent et descendent continuellement. Rav Yosef a dit : Nous tenons qu’un érudit de Torah ne deviendra pas pauvre. La Guemara conteste cette affirmation : Mais nous voyons qu’ils deviennent pauvres. La Guemara répond : Malgré cela, s’il y a un érudit de Torah qui devient pauvre, il n’aura encore jamais à faire le tour des portes des gens pour demander l’aumône.
אֲמַר לַהּ רַבִּי חִיָּיא לִדְבֵיתְהוּ: כִּי אָתֵי עַנְיָא — אַקְדִּימִי לֵיהּ רִיפְתָּא, כִּי הֵיכִי דְּלַקְדְּמוּ לִבְנַיִךְ. אֲמַרָה לֵיהּ: מֵילָט קָא לָיְיטַתְּ לְהוּ?! אֲמַר לַהּ, קְרָא קָא כְּתִיב: ״כִּי בִּגְלַל הַדָּבָר הַזֶּה״, וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — גַּלְגַּל הוּא שֶׁחוֹזֵר בָּעוֹלָם. תַּנְיָא, רַבִּי גַּמְלִיאֵל בְּרַבִּי אוֹמֵר: ״וְנָתַן לְךָ רַחֲמִים וְרִחַמְךָ וְהִרְבֶּךָ״, כׇּל הַמְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת — מְרַחֲמִין עָלָיו מִן הַשָּׁמַיִם, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ מְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת — אֵין מְרַחֲמִין עָלָיו מִן הַשָּׁמַיִם.
Dans le même esprit, la Guemara rapporte que Rabbi Ḥiyya dit à sa femme : Lorsqu’un pauvre vient à la maison, empresse-toi de lui donner du pain afin qu’on s’empresse de donner du pain à tes enfants. Elle lui dit : Les maudis-tu, tes enfants ? Il lui dit : C’est un verset qui est écrit, comme il est dit : « À cause de cette chose », et l’école de Rabbi Yishmaël a enseigné que c’est une roue qui tourne continuellement dans le monde. De même, il a été enseigné dans une baraita que Rabban Gamliel, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, dit : Le verset qui déclare : « Et Il te montrera de la miséricorde, aura compassion de toi et te multipliera » (Deutéronome 13:18) nous enseigne que quiconque a de la compassion pour les créatures de Dieu recevra de la compassion du Ciel, et quiconque n’a pas de compassion pour les créatures de Dieu ne recevra pas de compassion du Ciel.
״עַד אֲשֶׁר לֹא תֶחְשַׁךְ הַשֶּׁמֶשׁ וְהָאוֹר״ — זוֹ פַּדַּחַת וְהַחוֹטֶם, ״וְהַיָּרֵחַ״ — זוֹ נְשָׁמָה, ״וְהַכּוֹכָבִים״ — אֵלּוּ הַלְּסָתוֹת, ״וְשָׁבוּ הֶעָבִים אַחַר הַגָּשֶׁם״ — זוֹ מְאוֹר עֵינָיו שֶׁל אָדָם, שֶׁהוֹלֵךְ אַחַר הַבֶּכִי. אָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי דִּמְעֲתָא — עַד אַרְבְּעִין שְׁנִין הָדְרָא, מִכָּאן וְאֵילָךְ לָא הָדְרָא.
La Guemara revient aux versets de l’Ecclésiaste qui se rapportent à la mort et à la vieillesse. Il est écrit : « Avant que ne s’obscurcissent le soleil et la lumière, ainsi que la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie » (Ecclésiaste 12:2). Les Sages ont enseigné : « Le soleil et la lumière » ; cela fait référence au front et au nez qui ressortent du visage d’une personne. « Et la lune » ; cela fait référence à l’âme, qui brille à l’intérieur d’une personne. « Et les étoiles » ; ce sont les joues. « Et les nuages reviennent après la pluie » ; c’est la lumière des yeux d’une personne, qui s’en va et faiblit après qu’elle a pleuré comme si elle était couverte de nuages. Shmuel a dit : En ce qui concerne la larme qu’une personne verse, jusqu’à l’âge de quarante ans, la vue revient et n’est pas endommagée. À partir de là, une fois qu’une personne atteint l’âge de quarante ans, elle ne revient pas, et chaque fois qu’une personne pleure, sa vue s’affaiblit.
וְאָמַר רַב נַחְמָן: הַאי כּוּחְלָא עַד אַרְבְּעִין שְׁנִין — מַרְוַוח, מִכָּאן וְאֵילָךְ — אֲפִילּוּ מְלֵי כְּאַכְסְנָא דְגַרְדָאֵי — אוֹקוֹמֵי מוֹקֵים, אַרְווֹחֵי לָא מַרְוַוח. מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? דְּכַמָּה דְּאַלִּים מִכּוּחְלָא — טְפֵי מְעַלֵּי.
Et de même, Rav Naḥman a dit : En ce qui concerne le khôl médicinal pour les yeux, jusqu’à l’âge de quarante ans, il améliore la vue. À partir de là, même si on en met aussi épais qu’une épingle de tisserand [avisana degirda’ei], il préservera la vue mais ne l’améliorera pas. La Guemara demande à ce sujet : Que nous enseigne-t-il avec l’exemple d’une épingle de tisserand ? La Guemara répond : De manière générale, plus on applique de khôl, plus il est bénéfique.
רַבִּי חֲנִינָא שְׁכִיבָא לֵיהּ בַּרְתֵּיהּ, לָא הֲוָה קָא בָכֵי עֲלַהּ. אֲמַרָה לֵיהּ דְּבֵיתְהוּ: תַּרְנְגוֹלְתָּא אַפֵּיקְתְּ מִבֵּיתָךְ?! אֲמַר לַהּ: תַּרְתֵּי — תְּכָלָא וְעִיוְרָא. סָבַר לַהּ כִּי הָא דַּאֲמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בֶּן קַצַּרְתָּה: שֵׁשׁ דְּמָעוֹת הֵן — שָׁלֹשׁ יָפוֹת, וְשָׁלֹשׁ רָעוֹת. שֶׁל עָשָׁן וְשֶׁל בְּכִי
La Guemara raconte une histoire : Lorsque la fille de Rabbi Ḥanina mourut, il ne pleura pas sur elle. Sa femme lui dit : As-tu simplement laissé sortir une poule de ta maison, pour ne montrer aucun signe de chagrin ? Il lui dit : Si je pleure, je souffrirai deux fois, du deuil et de la cécité. La Guemara explique : Il était d’accord avec la déclaration selon laquelle Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Yosei ben Ketzarta : Il y a six sortes de larmes, trois qui sont bonnes pour les yeux et trois qui sont mauvaises. Les larmes qui viennent de la fumée et des pleurs de chagrin,