הֲלָכָה: מַחֲזִירִין אֶת הַשֶּׁבֶר. רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אִיקְּלַע לְפוּמְבְּדִיתָא, לָא עָל לְפִירְקֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה. שַׁדְּרֵיהּ לַאֲדָא דַּיָּילָא, אֲמַר לֵיהּ: זִיל גַּרְבֵּיהּ. אֲזַל גַּרְבֵּיהּ. אֲתָא, אַשְׁכְּחֵיהּ דְּקָא דָרֵישׁ: אֵין מַחֲזִירִין אֶת הַשֶּׁבֶר. אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַב חָנָא בַּגְדָּתָאָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה — מַחֲזִירִין אֶת הַשֶּׁבֶר. אֲמַר לֵיהּ: הָא חָנָא דִּידַן, וְהָא שְׁמוּאֵל דִּידַן, וְלָא שְׁמִיעַ לִי — וְלָאו בְּדִינָא גְּרַבְתָּיךְ?!
La halakha est que l’on peut remettre une fracture en place pendant Chabbat, et telle était la décision dans la version de la michna de Chmouel. La Guemara rapporte que Rabba bar bar Ḥana se trouva à venir à Poumbedita et n’entra pas au cours de Rav Yehouda. Rav Yehouda envoya chercher Adda, son assistant, et lui dit : Va le traîner au cours. Il alla et le traîna de force au cours (Rabbeinou Ḥananel). Rabba bar bar Ḥana vint et trouva Rav Yehouda enseignant que l’on ne peut pas remettre une fracture en place pendant Chabbat. Il lui dit : C’est ce que Rav Ḥana de Bagdad a dit que Chmouel a dit : La halakha est que l’on peut remettre une fracture en place pendant Chabbat. Rav Yehouda lui dit : Ḥana est des nôtres, un sage babylonien, et Chmouel est des nôtres, et néanmoins, je n’avais pas encore entendu cette halakha ; n’ai-je pas eu raison de te traîner au cours ?
מִי שֶׁנִּפְרְקָה יָדוֹ כּוּ׳. רַב אַוְיָא הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, שַׁנְיָא לֵיהּ יְדֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: הָכִי מַאי? אָסוּר. וְהָכִי מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אָסוּר. אַדְּהָכִי אִיתְּפַח יְדֵיהּ.
Nous avons appris dans la michna que celui dont la main s’est déboîtée ne peut pas la traiter en la remuant vigoureusement dans l’eau. La Guemara rapporte que Rav Avya était un jour assis devant Rav Yosef lorsque sa main s’est déboîtée. Rav Avya montra alors diverses positions de la main et lui dit : Quelle est la règle concernant cela ? M’est-il permis de placer ma main de cette manière, ou cela constitue-t-il une violation de l’interdiction de guérir pendant le Chabbat ? Rav Yosef lui dit : C’est interdit. Rav Avya demanda de nouveau : Et quelle est la règle si je place ma main de cette manière ? Rav Yosef lui dit : C’est interdit. Entre-temps, sa main retrouva sa place correcte et guérit.
אֲמַר לֵיהּ: מַאי תִּיבְּעֵי לָךְ, הָא תְּנַן: מִי שֶׁנִּפְרְקָה יָדוֹ אוֹ רַגְלוֹ — לֹא יִטְרְפֵם בְּצוֹנֵן, אֲבָל רוֹחֵץ כְּדַרְכּוֹ, וְאִם נִתְרַפֵּא — נִתְרַפֵּא. אֲמַר לֵיהּ: וְלָא תְּנַן: ״אֵין מַחֲזִירִין אֶת הַשֶּׁבֶר״, וְאָמַר רַב חָנָא בַּגְדָּתָאָהּ אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה — מַחֲזִירִין אֶת הַשֶּׁבֶר! אֲמַר לֵיהּ: כּוּלְּהוּ בַּחֲדָא מְחִיתָא מְחִיתִּנְהוּ?! הֵיכָא דְּאִיתְּמַר — אִיתְּמַר, הֵיכָא דְּלָא אִיתְּמַר — לָא אִיתְּמַר.
Rav Yosef lui dit : Quel est ton doute ? Nous avons appris dans notre michna que celui dont la main ou le pied a été démis pendant Chabbat ne peut pas le remuer vigoureusement dans de l’eau froide ; cependant, il peut le laver de la manière habituelle, et s’il guérit, il guérit. Rav Avya lui dit : Ce n’est pas une preuve, car n’avons-nous pas appris dans notre michna que l’on ne peut pas remettre une fracture en place, et Rav Ḥana de Bagdad a dit que Shmuel a dit que la halakha est que l’on peut effectivement remettre un os cassé en place. Par conséquent, peut-être qu’un membre démis peut aussi être traité pendant Chabbat. Rav Yosef lui dit : Toutes ces choses ont-elles été tissées en un seul tissu ? Là où il a été dit qu’il existe une version alternative de la michna, cela a été dit ; là où cela n’a pas été dit, cela n’a pas été dit. Par conséquent, la décision de la michna concernant un membre démis doit être observée.
מַתְנִי׳ שׁוֹאֵל אָדָם מֵחֲבֵירוֹ כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֹאמַר לוֹ ״הַלְוֵינִי״. וְכֵן הָאִשָּׁה מֵחֲבֶירְתָּהּ כִּכָּרוֹת. וְאִם אֵינוֹ מַאֲמִינוֹ — מַנִּיחַ טַלִּיתוֹ אֶצְלוֹ, וְעוֹשֶׂה עִמּוֹ חֶשְׁבּוֹן לְאַחַר שַׁבָּת. וְכֵן עֶרֶב פֶּסַח בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, מַנִּיחַ טַלִּיתוֹ אֶצְלוֹ, וְנוֹטֵל אֶת פִּסְחוֹ, וְעוֹשֶׂה עִמּוֹ חֶשְׁבּוֹן לְאַחַר יוֹם טוֹב.
MICHNA :On peut emprunter des cruches de vin et des cruches d’huile à une autre personne pendant Chabbat, à condition de ne pas lui dire ce qui suit : Prête-moi. De même, une femme peut emprunter des pains à une autre pendant Chabbat. Et si le prêteur n’a pas confiance en lui quant au fait qu’il les rendra, l’emprunteur peut laisser son manteau chez lui comme gage et faire le compte approprié avec lui après Chabbat. De même, la veille de Pessa'h à Jérusalem, lorsque cela tombe un Chabbat, une personne qui se procure un agneau pascal peut laisser son manteau chez lui, c’est-à-dire chez la personne à qui elle l’achète, et prendre l’agneau pour l’offrir comme son agneau pascal, puis faire le compte approprié avec lui après la fête.
גְּמָ׳ אֲמַר לֵיהּ רָבָא בַּר רַב חָנָן לְאַבָּיֵי: מַאי שְׁנָא הַשְׁאִילֵנִי, וּמַאי שְׁנָא הַלְוֵינִי? אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁאִילֵנִי — לָא אָתֵי לְמִיכְתַּב, הַלְוֵינִי — אָתֵי לְמִיכְתַּב.
GUEMARA : Il a été enseigné dans la michna qu’il est permis d’emprunter des cruches à autrui pendant Chabbat, mais qu’on ne peut pas employer l’expression prête-moi. Rava bar Rav Ḥanan dit à Abaye : Quelle est la différence dans l’expression laisse-moi emprunter, qui la rend permise ? Et quelle est la différence dans l’expression prête-moi qui la rend interdite ? Il lui dit : Si quelqu’un dit laisse-moi emprunter, le prêteur n’en viendra pas à écrire le prêt, car cette expression indique que l’emprunteur a l’intention de rendre l’objet dans son état actuel dans un court laps de temps. En revanche, l’expression prête-moi indique un prêt plus prolongé, dans lequel l’objet n’est pas nécessairement rendu exactement de la même manière qu’il a été pris. Par conséquent, le prêteur en viendra à écrire les conditions du prêt.
וְהָא כֵּיוָן דִּבְחוֹל, זִימְנִין דְּבָעֵי לְמֵימַר לֵיהּ ״הַלְוֵינִי״ וַאֲמַר לֵיהּ ״הַשְׁאִילֵנִי״ וְלָא קָפֵיד עִילָּוֵיהּ — וְאָתֵי לְמִיכְתַּב, בְּשַׁבָּת נָמֵי אָתֵי לְמִיכְתַּב! אֲמַר לֵיהּ: (בְּחוֹל, דְּלָא שְׁנָא כִּי אֲמַר לֵיהּ ״הַלְוֵינִי״ לָא שְׁנָא כִּי אֲמַר לֵיהּ ״הַשְׁאִילֵנִי״, לָא קָפְדִינַן עִילָּוֵיהּ — אָתֵי לְמִיכְתַּב.) בְּשַׁבָּת כֵּיוָן דְּ״הַשְׁאִילֵנִי״ הוּא דְּשָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנַן, ״הַלְוֵינִי״ לָא שָׁרוּ לֵיהּ — מִינַּכְרָא מִילְּתָא, וְלָא אָתֵי לְמִיכְתַּב.
Rava bar Rav Ḥanan contesta la réponse d’Abaye : Mais puisque, en semaine, il y a des moments où l’on a l’intention de dire prête-moi et qu’à la place on dit laisse-moi emprunter, et le prêteur n’est pas pointilleux quant à sa terminologie imprécise et en vient à écrire les termes du prêt, le Shabbat aussi il en viendra à écrire. Abaye lui dit : En semaine, lorsqu’il n’y a pas de différence entre dire prête-moi ou laisse-moi emprunter, les prêteurs ne sont pas pointilleux quant à sa terminologie, et le prêteur en viendra donc à écrire les termes du prêt. Le Shabbat, puisque seule l’expression laisse-moi emprunter a été permise par les Sages, tandis que l’expression prête-moi n’a pas été permise, la chose est reconnaissable. Les deux parties doivent garder à l’esprit quelle terminologie est acceptable, et le prêteur n’en viendra pas à écrire.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא בַּר רַב חָנָן לְאַבָּיֵי: מִכְּדֵי אֲמַרוּ רַבָּנַן: כׇּל מִילֵּי דְּיוֹם טוֹב כַּמָּה דְּאֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי מְשַׁנִּינַן, הָנֵי נְשֵׁי דְּמָלְיָין חַצְבַיְיהוּ מַיָּא, מַאי טַעְמָא לָא מְשַׁנְּיָן? מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר: הֵיכִי לַעֲבֵיד? דְּמָלְיָין בְּחַצְבָּא רַבָּא, לִימְלוֹ בְּחַצְבָּא זוּטָא — הָא קָא מַפְּשׁוּ בְּהִילּוּכָא. דְּמָלְיָין בְּחַצְבָּא זוּטָא, לִימְלוֹ בְּחַצְבָּא רַבָּא — קָא מַפְּשׁוּ בְּמַשּׂוֹי.
Rava bar Rav Ḥanan dit à Abaye : Or, puisque les Sages ont dit que concernant toutes les questions d’une Fête, dans la mesure où nous pouvons changer la manière dont nous faisons les choses par rapport à la façon dont nous les faisons les jours ordinaires, nous changeons, ces femmes qui remplissent leurs cruches d’eau, quelle est la raison pour laquelle elles ne changent pas la manière dont elles puisent l’eau par rapport à leur procédure habituelle des jours ordinaires ? Abaye répond : Parce qu’il n’est pas possible de changer la procédure. Comment feraient-elles cela différemment ? Si tu dis que celles qui normalement remplissent une grande cruche devraient remplir une petite cruche pendant une Fête, elles augmenteraient ainsi leur marche et dépenseraient un effort supplémentaire. À l’inverse, si celles qui normalement remplissent une petite cruche remplissaient une grande cruche pendant une Fête, elles augmenteraient ainsi le poids de leur charge. Même si ces méthodes sont différentes de la norme, elles entraîneraient un effort supplémentaire. Par conséquent, les Sages n’ont pas exigé que l’on puise l’eau d’une manière inhabituelle.