אַיְיתוֹ לְהוּ פּוּרְיָיתָא, לְרַב חָנָן בַּר רָבָא לָא אַיְיתוֹ לֵיהּ. אַשְׁכְּחֵיהּ מַתְנֵי לֵיהּ לִבְרֵיהּ: וְעַל צוֹאָה שֶׁל קָטָן מִפְּנֵי קָטָן. אֲמַר לֵיהּ: אָבִין שָׁטְיָא מַתְנֵי שְׁטוּתָא לִבְנֵיהּ, וַהֲלֹא הִיא עַצְמָהּ מוּכֶנֶת לִכְלָבִים! וְכִי תֵּימָא דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ מֵאֶתְמוֹל — וְהָתַנְיָא: נְהָרוֹת הַמּוֹשְׁכִין וּמַעֲיָינוֹת הַנּוֹבְעִין — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם.
on leur apporta des lits pour s’y asseoir, tandis que pour Rav Ḥanan bar Rava, on n’en apporta pas un pour lui. Rav Ḥanan se sentit offensé et se mit en colère contre son hôte. Il trouva Rabbi Avin enseignant à son fils la michna et disant : Et l’on peut placer un bol sur les excréments d’un enfant à cause de l’enfant afin qu’il ne les touche pas et ne se salisse pas. Rav Ḥanan lui dit : Avin l’insensé enseigne des sottises à son fils ; les excréments eux-mêmes ne sont-ils pas préparés comme nourriture pour les chiens ? Un objet propre à la consommation d’un chien peut être déplacé, alors pourquoi faudrait-il couvrir les excréments s’il peut les enlever ? Et si tu dis que ces excréments n’étaient pas préparés pour cet usage depuis la veille, cela n’interdirait pas de les déplacer. N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les rivières qui coulent et les sources qui jaillissent, elles n’ont pas de limites spécifiques de Chabbat, mais elles peuvent être utilisées partout et leurs limites sont comme les pieds de tous les gens qui y puisent. Même si l’eau ne se trouvait pas dans les limites lorsque Chabbat a commencé, puisque la nature de l’eau courante est de se déplacer d’un endroit à l’autre, c’est comme si elle avait été préparée à cette fin. De même ici, puisqu’un enfant se soulagera en tout lieu, c’est comme si cela avait été préparé avant Chabbat.
וְאֶלָּא הֵיכִי אַתְנְיֵיהּ? אֵימָא: עַל צוֹאָה שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים מִפְּנֵי קָטָן.
Rabbi Avin demanda : Et comment, alors, dois-je le lui enseigner ? Rav Ḥanan répondit : Dis, on peut placer un bol sur des excréments de poule à cause d’un enfant.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּהָוֵי גְּרָף שֶׁל רְעִי! וְכִי תֵּימָא: גְּרָף שֶׁל רְעִי אַגַּב מָנָא — אִין, אִיהוּ גּוּפֵיהּ — לָא, וְהָא הָהוּא עַכְבָּר דְּאִישְׁתְּכַח בְּאִיסְפַּרְמָקֵי דְּרַב אָשֵׁי, וַאֲמַר לְהוּ: נִקְטוּהּ בְּצוּצִיתֵיהּ וְאַפְּקוּהּ! בְּאַשְׁפָּה. וְקָטָן בְּאַשְׁפָּה מַאי בָּעֵי לֵיהּ? בְּחָצֵר. חָצֵר נָמֵי, גְּרָף שֶׁל רְעִי הוּא! בְּאַשְׁפָּה שֶׁבְּחָצֵר.
La Guemara demande : Et déduis qu’il est permis d’enlever les excréments parce que c’est comme un pot de chambre d’excréments, qu’on peut sortir de la pièce parce qu’il est répugnant. Et si tu dis qu’un pot de chambre d’excréments avec le récipient, oui, il peut être déplacé ; mais les excréments eux-mêmes, non, ils ne peuvent pas être déplacés. Qu’en est-il de cette souris qui a été trouvée parmi les épices [isperamaki] de Rav Ashi, et il a dit à ses serviteurs : Prenez-la par la queue et retirez-la ? Apparemment, un objet répugnant peut être déplacé même sans récipient. Il faut plutôt dire que les excréments étaient dans les ordures, et puisque les excréments n’étaient pas devant les membres de la maison, il n’était permis que de les couvrir, non de les déplacer. La Guemara demande : Et que fait un enfant dans les ordures du domaine public ? Ce n’est pas adjacent à la maison ; comment l’enfant y arriverait-il ? La Guemara répond que les excréments n’étaient pas dans les ordures mais dans la cour. La Guemara rejette cela : Dans la cour, cela aussi est considéré comme un pot de chambre d’excréments et peut être déplacé. Il s’agit plutôt d’ordures qui se trouvent dans la cour, auxquelles l’enfant a parfois accès. Des excréments dans un endroit désigné pour les ordures ne sont pas plus répugnants que leur environnement, et il est donc interdit de déplacer les excréments.
וְעַל עַקְרָב שֶׁלֹּא תִּישָּׁךְ. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַמַּזִּיקִין נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת. מֵתִיב רַב יוֹסֵף: חֲמִשָּׁה נֶהֱרָגִין בְּשַׁבָּת, וְאֵלּוּ הֵן: זְבוּב שֶׁבְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, וְצִירְעָה שֶׁבְּנִינְוֵה, וְעַקְרָב שֶׁבְּחַדְיָיב, וְנָחָשׁ שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְכֶלֶב שׁוֹטֶה בְּכׇל מָקוֹם. מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי יְהוּדָה — הָא אָמַר: מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַיָּיב עָלֶיהָ. אֶלָּא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן, וְהָנֵי הוּא דְּשָׁרֵי, אַחֲרִינֵי — לָא!
Et nous avons aussi appris dans la michna qu’on peut couvrir un scorpion avec un bol pendant Chabbat afin qu’il ne pique pas. Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Toutes les créatures nuisibles sont tuées pendant Chabbat. Rav Yosef a soulevé une objection à cela à partir de la baraita suivante : Cinq créatures peuvent être tuées même pendant Chabbat, et les voici : La mouche venimeuse qui se trouve dans le pays d’Égypte, et le frelon qui se trouve à Ninive, et le scorpion qui se trouve à Ḥadyab, et le serpent qui se trouve en Eretz Yisrael, et un chien enragé en tout lieu. La Guemara clarifie cela : Selon qui cette baraita est-elle ? Si vous dites qu’elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, n’a-t-il pas dit que l’on est passible pour un travail interdit qui n’est pas nécessaire pour lui-même, et qu’il est donc interdit de tuer même ces créatures ? Plutôt, n’est-ce pas conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, et ce sont celles-là les créatures qu’il est permis de tuer ; les autres, non, il n’est pas permis de les tuer ?
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: וּמַאן נֵימָא לַן דְּהָא מְתָרַצְתָּא הִיא? דִּילְמָא מְשַׁבַּשְׁתָּא הִיא? אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲנָא מַתְנֵינָא לַהּ, וְאוֹתֵיבְנָא לַהּ, וַאֲנָא מְתָרֵיצְנָא לַהּ: בְּרָצִין אַחֲרָיו, וְדִבְרֵי הַכֹּל.
Rabbi Yirmeya a dit : Et qui nous dira que cettebaraita est exacte ? Peut-être est-elle corrompue, et on ne peut pas soulever d'objection à partir d'elle. Rav Yosef a dit : J'ai enseigné la baraita et j'ai soulevé une objection à partir d'elle, et j'y répondrai comme suit : Rabbi Yehoshua ben Levi a permis de tuer toutes les créatures nuisibles pendant le Chabbat lorsqu'elles courent après lui ; car dans ce cas le danger est réel, et il est donc permis de les tuer selon tous les avis.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרָבָא בַּר רַב הוּנָא: הַהוֹרֵג נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת — אֵין רוּחַ חֲסִידִים נוֹחָה הֵימֶנּוּ. אֲמַר לֵיהּ: וְאוֹתָן חֲסִידִים אֵין רוּחַ חֲכָמִים נוֹחָה מֵהֶם. וּפְלִיגָא דְּרַב הוּנָא. דְּרַב הוּנָא חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דְּקָא קָטֵיל זִיבּוּרָא, אֲמַר לֵיהּ: שַׁלֵּימְתִּינְהוּ לְכוּלְּהוּ?
Le tanna qui récitait la littérature tannaïtique devant Rava bar Rav Huna enseigna une baraita : Celui qui tue des serpents et des scorpions pendant Chabbat, l’esprit des pieux n’est pas satisfait de lui. Rava bar Rav Huna lui dit : Et quant à ces pieux, l’esprit des Sages n’est pas satisfait d’eux, car les serpents et les scorpions nuisent aux gens. La Guemara commente : Et cette déclaration est en désaccord avec l’opinion de Rav Huna, car Rav Huna vit une personne tuer un frelon pendant Chabbat et lui dit : As-tu fini de tuer tous les frelons ? Cela indique qu’il n’était pas satisfait de lui.
תָּנוּ רַבָּנַן: נִזְדַּמְּנוּ לוֹ נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים, הֲרָגָן — בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לוֹ לְהוֹרְגָן. לֹא הֲרָגָן — בְּיָדוּעַ שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לְהוֹרְגוֹ וְנַעֲשָׂה לוֹ נֵס מִן הַשָּׁמַיִם. אָמַר עוּלָּא וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּנִישּׁוֹפִין בּוֹ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui devant qui des serpents et des scorpions se sont présentés, s’il les a tués, il est clair qu’ils se sont présentés devant lui afin qu’il les tue. S’il ne les a pas tués, il est clair qu’ils se sont présentés devant lui afin qu’ils le tuent, mais un miracle du ciel s’est produit pour lui et il a été sauvé. Ulla a dit, et certains disent que c’était Rabba bar bar Ḥana qui a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cela fait référence au cas où ils le touchaient et le frôlaient (Rabbeinu Ḥananel), car dans ce cas, s’ils ne lui causent aucun mal, c’est assurément un miracle qui l’a sauvé.
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: פַּעַם אַחַת נָפַל אֶחָד בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְעָמַד נִיוְתִּי אֶחָד וַהֲרָגוֹ. אָמַר רַבִּי: פָּגַע בּוֹ כַּיּוֹצֵא בּוֹ!
Rabbi Abba bar Kahana a dit : Une fois, un serpent est tombé dans la maison d’étude pendant le Chabbat, et un Nabatéen [Nivati] s’est levé et l’a tué. Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Un de son espèce l’a tué.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״פָּגַע בּוֹ כַּיּוֹצֵא בּוֹ״ דְּשַׁפִּיר עֲבַד, אוֹ לָא? תָּא שְׁמַע, דְּרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא וְרַבִּי זֵירָא הֲווֹ יָתְבִי אַקִּילְעָא דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי. נְפַק מִילְּתָא מִבֵּינַיְיהוּ, בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַבִּי יַנַּאי: מַהוּ לַהֲרוֹג נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת? אֲמַר לְהוּ: צִירְעָה אֲנִי הוֹרֵג, נָחָשׁ וְעַקְרָב — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! דִילְמָא לְפִי תּוּמּוֹ. דַּאֲמַר רַב יְהוּדָה: רוֹק דּוֹרְסוֹ לְפִי תּוּמּוֹ. וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת: נָחָשׁ דּוֹרְסוֹ לְפִי תּוּמּוֹ. וְאָמַר רַב קַטִּינָא: עַקְרָב דּוֹרְסוֹ לְפִי תּוּמּוֹ.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : lorsque Rabbi Yehuda HaNasi a dit : Un de son espèce l’a tué, voulait-il dire qu’il a agi correctement ou non ? Venez et écoutez une résolution de ce dilemme à partir de ce qui a été rapporté au sujet de Rabbi Abba, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, et Rabbi Zeira, qui étaient assis dans la cour de la maison de Rabbi Yannai. Une question surgit parmi eux, et ils soulevèrent un dilemme devant Rabbi Yannai : Quelle est la règle concernant le fait de tuer des serpents et des scorpions pendant Shabbat ? Il leur dit : Je tuerais un frelon, à plus forte raison je tuerais un serpent ou un scorpion, car ils sont plus dangereux et il est permis de les tuer. La Guemara rejette cela : Il n’y a pas de preuve concluante à partir de cela, car peut-être cela n’est permis que lorsqu’on marche dessus innocemment en avançant, afin qu’il n’apparaisse pas aux autres qu’on avait l’intention de marcher dessus. Comme l’a dit Rav Yehuda : En ce qui concerne la salive pendant Shabbat, on peut la piétiner innocemment sans se soucier des interdictions de lisser ou d’égaliser des trous. Et Rav Sheshet a dit : En ce qui concerne un serpent, on peut le piétiner innocemment. Et Rav Ketina a dit : En ce qui concerne un scorpion, on peut le piétiner innocemment.
אַבָּא בַּר מָרְתָא דְּהוּא אַבָּא בַּר מִנְיוֹמֵי הֲווֹ מַסְּקִי בֵּיהּ דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא זוּזֵי. אַיְיתְיוּהּ, קָא מְצַעֲרִי לֵיהּ. הֲוָה שְׁדֵי רוּקָּא. אֲמַר לְהוּ רֵישׁ גָּלוּתָא: אַיְיתוֹ מָאנָא סְחִיפוּ עִלָּוֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא צְרִיכִיתוּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: רוֹק דּוֹרְסוֹ לְפִי תּוּמּוֹ. אֲמַר לְהוּ: צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא, שִׁבְקוּהּ.
La Guemara raconte : Abba bar Marta, qui est Abba bar Manyomi, devait de l’argent à des membres de la maison de l’Exilarque. Ils l’amenèrent à la maison de l’Exilarque pendant Chabbat et le tourmentèrent pour le forcer à payer. Il y avait de la salive là. L’Exilarque dit aux membres de sa maison : Apportez-moi un récipient et placez-le sur la salive afin que les gens ne marchent pas dessus. Abba bar Manyomi leur dit : Vous n’avez pas besoin de faire cela, car Rav Yehouda a dit ce qui suit : En ce qui concerne la salive, on peut la piétiner innocemment. L’Exilarque dit aux membres de sa maison : C’est un érudit de Torah, laissez-le tranquille.
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: פָּמוֹטוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי מוּתָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: בְּנִיטָּלִין בְּיָדוֹ אַחַת, אוֹ בִּשְׁתֵּי יָדַיִם?
À propos de Rabbi Abba bar Kahana, la Guemara cite d’autres déclarations de sa part. Rabbi Abba bar Kahana a dit que Rabbi Ḥanina a dit : En ce qui concerne les candélabres de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi, il est permis de les déplacer pendant Chabbat. La nature de ces candélabres n’était pas claire, et Rabbi Zeira lui dit : Cela fait-il référence à de petits candélabres, qui se déplacent d’une seule main, ou même à ceux qui se déplacent à deux mains ?