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נַחֲלַת יַעֲקֹב אָבִיךָ וְגוֹ׳״. לֹא כְּאַבְרָהָם, שֶׁכָּתוּב בּוֹ ״קוּם הִתְהַלֵּךְ בָּאָרֶץ לְאׇרְכָּהּ וְגוֹ׳״. וְלֹא כְּיִצְחָק, שֶׁכָּתוּב בּוֹ ״כִּי לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אֶתֵּן אֶת כׇּל הָאֲרָצוֹת הָאֵל״. אֶלָּא כְּיַעֲקֹב, שֶׁכָּתוּב בּוֹ ״וּפָרַצְתָּ יָמָּה וָקֵדְמָה וְצָפוֹנָה וָנֶגְבָּה״.
dans l’héritage de Jacob, ton père, comme la bouche de Dieu l’a dit » (Isaïe 58:13–14). La récompense pour se délecter du Shabbat est précisément la part de Jacob. Non celle d’Abraham, au sujet duquel il est écrit : « Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur, car je te l’ai donné » (Genèse 13:17), c’est-à-dire seulement cette terre dans ses frontières. Et non celle d’Isaac, au sujet duquel il est écrit, « Séjourne dans cette terre et je serai avec toi et je te bénirai car je te donnerai toutes ces terres, à toi et à ta descendance » (Genèse 26:3), c’est-à-dire ces terres et aucune autre. Mais plutôt celle de Jacob, au sujet duquel il est écrit, « Et ta descendance sera comme la poussière de la terre, et tu t’étendras vers l’ouest et vers l’est et vers le nord et vers le sud, et toutes les familles de la terre seront bénies par toi et par ta descendance » (Genèse 28:14). Il n’y a pas de limites à la part de Jacob.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: נִיצּוֹל מִשִּׁעְבּוּד גָּלִיּוֹת. כְּתִיב הָכָא: ״וְהִרְכַּבְתִּיךְ עַל בׇּמֳתֵי אָרֶץ״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְאַתָּה עַל בָּמוֹתֵימוֹ תִדְרוֹךְ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמְעַנֵּג אֶת הַשַּׁבָּת נוֹתְנִין לוֹ מִשְׁאֲלוֹת לִבּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהִתְעַנַּג עַל ה׳ וְיִתֶּן לְךָ מִשְׁאֲלוֹת לִבֶּךָ״. עוֹנֶג זֶה אֵינִי יוֹדֵעַ מַהוּ. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְקָרָאתָ לַשַּׁבָּת עוֹנֶג״ — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה עוֹנֶג שַׁבָּת. בַּמֶּה מְעַנְּגוֹ? רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אָמַר: בְּתַבְשִׁיל שֶׁל תְּרָדִין וְדָגִים גְּדוֹלִים וְרָאשֵׁי שׁוּמִין. רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: אֲפִילּוּ דָּבָר מוּעָט, וְלִכְבוֹד שַׁבָּת עֲשָׂאוֹ — הֲרֵי זֶה עוֹנֶג. מַאי הִיא? אָמַר רַב פָּפָּא: כָּסָא דְהַרְסָנָא.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Quiconque se délecte du Chabbat est sauvé de l’oppression de l’exil. Il l’apprend au moyen d’une analogie verbale. Il est écrit ici, au sujet du Chabbat : « Et Je te ferai chevaucher sur les hauteurs [bamotei] de la terre » (Isaïe 58:14), et il est écrit là-bas : « Heureux es-tu, Israël, qui est comme toi ? Une nation rachetée par Dieu, le bouclier qui t’aide et l’épée de ton triomphe. Tes ennemis tenteront de te vaincre et tu fouleras leurs hauts lieux [bamoteimo] » (Deutéronome 33:29). Rav Yehouda a dit que Rav a dit : En ce qui concerne quiconque se délecte du Chabbat, Dieu lui accorde les désirs de son cœur, comme cela est dit : « Délecte-toi en Dieu et Il t’accordera les désirs de ton cœur » (Psaumes 37:4). Cette délectation en Dieu, mentionnée dans le verset, je ne sais pas ce qu’elle est. Lorsqu’il est dit : « Et tu appelleras le Chabbat délice », il faut dire : c’est le délice du Chabbat. La Guemara demande : Avec quoi se délecte-t-on le jour du Chabbat ? Rav Yehouda, fils de Rav Shmouel bar Sheilat, a dit au nom de Rav : Avec un plat de betteraves, et de gros poissons, et des têtes d’ail. Rav Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Même s’agissant d’une petite chose, si on l’a préparée en l’honneur du Chabbat, c’est un délice. La Guemara demande : Quelle est la petite chose mentionnée ? Rav Pappa a dit : De petits poissons frits.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמְשַׁמֵּר שַׁבָּת כְּהִלְכָתוֹ, אֲפִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה [כְּדוֹר] אֱנוֹשׁ — מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי אֱנוֹשׁ יַעֲשֶׂה זֹּאת וְגוֹ׳ מֵחַלְּלוֹ״. אַל תִּקְרֵי ״מֵחַלְּלוֹ״ אֶלָּא: ״מָחוּל לוֹ״.
Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : En ce qui concerne quiconque observe le Shabbat conformément à ses halakhot, même s’il pratique l’idolâtrie comme dans la génération d’Enosh, Dieu lui pardonne ses fautes, comme il est dit : « Heureux est l’homme [enosh] qui fait cela et la personne qui s’y attache fermement, celui qui garde le Shabbat de le profaner [meḥallelo], et garde sa main de faire aucun mal » (Isaïe 56:2). Ne lis pas cela comme : De le profaner [meḥallelo], mais plutôt : Il lui est pardonné [maḥul lo]. Au sujet de la génération d’Enosh, il est écrit : « Et à Seth, à lui aussi il naquit un fils ; et il appela son nom Enosh. Alors ils commencèrent [huḥal] à invoquer le Nom de Dieu » (Genèse 4:26), c’est-à-dire à profaner [leḥallel] Son nom.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אִלְמָלֵי שָׁמְרוּ יִשְׂרָאֵל שַׁבָּת רִאשׁוֹנָה לֹא שָׁלְטָה בָּהֶן אוּמָּה וְלָשׁוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי יָצְאוּ מִן הָעָם לִלְקוֹט״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וַיָּבֹא עֲמָלֵק״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: אִלְמָלֵי מְשַׁמְּרִין יִשְׂרָאֵל שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת כְּהִלְכָתָן — מִיָּד נִגְאָלִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹה אָמַר ה׳ לַסָּרִיסִים אֲשֶׁר יִשְׁמְרוּ אֶת שַׁבְּתוֹתַי״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וַהֲבִיאוֹתִים אֶל הַר קׇדְשִׁי וְגוֹ׳״.
Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Si le peuple juif avait correctement observé le premier Shabbat qui lui avait été ordonné, aucune nation ni langue n’aurait jamais dominé sur lui, comme il est écrit : « Et il arriva le septième jour que certaines personnes sortirent du peuple pour ramasser et elles ne trouvèrent pas » (Exode 16:27). Et il est écrit après qu’ils furent sortis pour ramasser la manne : « Et Amalek vint et combattit contre Israël à Refidim » (Exode 17:8). Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Si seulement le peuple juif gardait deux Shabbatot conformément à leurs halakhot, ils seraient immédiatement rachetés, comme il est écrit : « Ainsi a dit Dieu aux eunuques qui garderont Mes Shabbatot » (Isaïe 56:4), et il est écrit après cela : « Et Je les amènerai à Ma montagne sainte et Je les réjouirai dans Ma maison de prière » (Isaïe 56:7).
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מֵאוֹכְלֵי שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת בַּשַּׁבָּת. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִגּוֹמְרֵי הַלֵּל בְּכׇל יוֹם. אִינִי?! וְהָאָמַר מָר: הַקּוֹרֵא הַלֵּל בְּכׇל יוֹם הֲרֵי זֶה מְחָרֵף וּמְגַדֵּף! כִּי קָאָמְרִינַן — בִּפְסוּקֵי דְזִמְרָא.
Rabbi Yosei a dit : Que ma part soit parmi ceux qui prennent trois repas pendant Chabbat. À propos de cette déclaration de Rabbi Yosei, la Guemara cite d’autres affirmations. Rabbi Yosei a dit : Que ma part soit parmi ceux qui achèvent le hallel chaque jour. La Guemara s’en étonne : Est-ce bien ainsi ? Le Maître n’a-t-il pas dit : Celui qui récite le hallel chaque jour est comparable à quelqu’un qui maudit et blasphème Dieu. Il fait preuve de mépris envers le hallel en ne le réservant pas aux jours où des miracles se sont produits. La Guemara répond : Lorsque nous disons cette déclaration de Rabbi Yosei, nous faisons référence aux versets de louange [pesukei dezimra], récités pendant l’office du matin, et non au hallel (Psaumes 113–118) récité les jours particuliers.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמִּתְפַּלְּלִים עִם דִּמְדּוּמֵי חַמָּה. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִצְוָה לְהִתְפַּלֵּל עִם דִּמְדּוּמֵי חַמָּה. אָמַר רַבִּי זֵירָא, מַאי קְרָא: ״יִירָאוּךָ עִם שָׁמֶשׁ וְלִפְנֵי יָרֵחַ דּוֹר דּוֹרִים״.
De plus, Rabbi Yosei a dit : Que ma part soit parmi ceux qui prient les prières du matin et de l’après-midi avec le rougissement du soleil, c’est-à-dire la prière du matin au lever du soleil et la prière de l’après-midi à l’approche de la tombée de la nuit. Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : C’est une mitsva de prier avec le rougissement du soleil. Rabbi Zeira a dit : Quel verset y fait allusion ? « Ils Te craindront avec le soleil et devant la lune, de génération en génération » (Psaumes 72:5). La crainte de Dieu, c’est-à-dire la prière, doit être avec le soleil et devant la lune.
וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמֵּתֵי בְּחוֹלִי מֵעַיִים, דַּאֲמַר מָר: רוּבָּן שֶׁל צַדִּיקִים מֵתִים בְּחוֹלִי מֵעַיִים. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמֵּתֵי בְּדֶרֶךְ מִצְוָה. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמַּכְנִיסֵי שַׁבָּת בִּטְבֶרְיָא, וּמִמּוֹצִיאֵי שַׁבָּת בְּצִפּוֹרִי. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמּוֹשִׁיבֵי בֵּית הַמִּדְרָשׁ, וְלֹא מִמַּעֲמִידֵי בֵּית הַמִּדְרָשׁ.
Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit parmi ceux qui meurent d’une maladie intestinale, comme le Maître l’a dit : La plupart des justes meurent d’une maladie intestinale. C’est une maladie très sévère par laquelle les péchés des justes sont purifiés avant leur mort et aussi, en conséquence, ils meurent avec un corps pur. Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit parmi ceux qui meurent en chemin pour accomplir une mitzva. Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit parmi ceux qui accueillent Chabbat à Tibériade, qui est située dans une vallée où le jour devient soir plus tôt, et parmi ceux qui raccompagnent Chabbat à Tzippori, qui est située au sommet d’une montagne où le soleil reste visible plus longtemps, et Chabbat se termine plus tard. Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit parmi ceux qui font asseoir les autres dans la maison d’étude, c’est-à-dire qui amènent les autres à venir s’asseoir et étudier, et non parmi ceux qui font les autres se lever dans la maison d’étude, c’est-à-dire qui annoncent qu’il est temps de quitter la maison d’étude et d’aller manger.
וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִגַּבַּאי צְדָקָה וְלָא מִמְּחַלְּקֵי צְדָקָה. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: יְהֵא חֶלְקִי מִמִּי שֶׁחוֹשְׁדִין אוֹתוֹ וְאֵין בּוֹ. אָמַר רַב פָּפָּא: לְדִידִי חַשְׁדֻן וְלָא הֲוָה בִּי.
Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit parmi les collecteurs de charité et non parmi les distributeurs de charité. Celui qui collecte la charité recueille des montants fixes, tandis que les distributeurs peuvent, par inadvertance, ne pas donner au pauvre assez pour couvrir ses besoins. Et Rabbi Yosei dit : Que ma part soit avec celui que d'autres soupçonnent de péché alors qu'il n'y a aucune raison de le soupçonner lui. Rav Pappa dit : On m'a soupçonné, et il n'y avait aucune raison de me soupçonner moi.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: חָמֵשׁ בְּעִילוֹת בָּעַלְתִּי, וְנָטַעְתִּי חֲמִשָּׁה אֲרָזִים בְּיִשְׂרָאֵל. וּמַאן אִינּוּן — רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי חֲלַפְתָּא בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי אַבְטִילָס בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי מְנַחֵם בְּרַבִּי יוֹסֵי. וְהָאִיכָּא וַרְדִּימָס! הַיְינוּ וַרְדִּימָס הַיְינוּ מְנַחֵם, וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״וַרְדִּימָס״? — שֶׁפָּנָיו דּוֹמִין לְוֶרֶד. לְמֵימְרָא דְּרַבִּי יוֹסֵי מִצְוַת עוֹנָה לֹא קִיֵּים?! אֶלָּא אֵימָא: חָמֵשׁ בְּעִילוֹת בָּעַלְתִּי וְשָׁנִיתִי.
De plus, rabbi Yosei a dit : J’ai eu des relations cinq fois, et j’ai planté cinq cèdres en Eretz Yisrael. Et qui sont ces cèdres ? Les fils de rabbi Yosei, qui étaient de grands Sages d’Israël : rabbi Yishmael, fils de rabbi Yosei, et rabbi Elazar, fils de rabbi Yosei, et rabbi Ḥalafta, fils de rabbi Yosei, et rabbi Avtilas, fils de rabbi Yosei, et rabbi Menaḥem, fils de rabbi Yosei. La Guemara demande : N’y a-t-il pas Vardimas, qui était lui aussi le fils de rabbi Yosei ? La Guemara répond : Vardimas est le même que Menaḥem. Et pourquoi l’appelait-on Vardimas ? Parce que son visage était beau comme une rose [vered]. La Guemara demande : Est-ce à dire d’après cette déclaration que rabbi Yosei n’a pas accompli la mitsva des droits conjugaux de son épouse, mais n’a eu des relations avec elle que cinq fois ? Il faut plutôt dire ainsi : J’ai eu des relations cinq fois et j’ai recommencé, et les Sages ont dit que celui qui cherche à engendrer une descendance mâle doit avoir des relations et recommencer.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא קָרִיתִי לְאִשְׁתִּי ״אִשְׁתִּי״ וּלְשׁוֹרִי ״שׁוֹרִי״, אֶלָּא לְאִשְׁתִּי — ״בֵּיתִי״, וּלְשׁוֹרִי — ״שָׂדִי״.
De plus, Rabbi Yossei a dit qu’il parlait toujours de manière euphémistique : De tous mes jours, je n’ai pas appelé ma femme, ma femme, ni mon bœuf, mon bœuf. Au contraire, j’ai appelé ma femme, ma maison, parce qu’elle est l’essence de la maison, et mon bœuf, mon champ, parce qu’il est la force principale dans les champs.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא נִסְתַּכַּלְתִּי בַּמִּילָּה שֶׁלִּי. אִינִי? וְהָאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי: מַאי טַעְמָא קָרוּ לָךְ רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ? אֲמַר לְהוּ: מִיָּמַי לֹא נִסְתַּכַּלְתִּי בַּמִּילָּה שֶׁלִּי. בְּרַבִּי מִילְּתָא אַחֲרִיתִי הֲוָה בֵּיהּ, שֶׁלֹּא הִכְנִיס יָדוֹ תַּחַת אַבְנֵטוֹ. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא רָאוּ קוֹרוֹת בֵּיתִי אִימְרֵי חֲלוּקִי.
Rabbi Yossei a dit : Tous les jours de ma vie, par pudeur, je n’ai jamais regardé ma circoncision. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? N’ont-ils pas dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Pourquoi t’appelait-on notre saint Rabbi ? Il leur répondit : C’est parce que tous les jours de ma vie je n’ai jamais regardé ma circoncision. Si tel est le cas, pourquoi Rabbi Yossei n’était-il pas lui aussi appelé notre saint Rabbi ? La Guemara répond : Dans le cas de Rabbi Yehouda HaNassi, une autre chose relevant de la pudeur était présente chez lui, car il ne passait pas sa main sous sa ceinture en raison de sa grande pudeur. Et Rabbi Yossei a dit : Tous les jours de ma vie, les murs de ma maison n’ont jamais vu les coutures de ma robe par pudeur, car il ne se déshabillait que sous ses draps.
וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא עָבַרְתִּי עַל דִּבְרֵי חֲבֵרַי. יוֹדֵעַ אֲנִי בְּעַצְמִי שֶׁאֵינִי כֹּהֵן, אִם אוֹמְרִים לִי חֲבֵירַי: עֲלֵה לַדּוּכָן — אֲנִי עוֹלֶה. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא אָמַרְתִּי דָּבָר וְחָזַרְתִּי לַאֲחוֹרַי.
Et Rabbi Yosei dit : De tous mes jours, je n’ai jamais transgressé les paroles de mes amis. Je sais de moi-même que je ne suis pas prêtre, et néanmoins, si mes amis me disent : Monte à l’estrade avec les prêtres, je monte. Et Rabbi Yosei dit : De tous mes jours, je n’ai jamais dit quelque chose puis je me suis rétracté à ce sujet. Rabbi Yosei n’a jamais dit quelque chose de positif ou de négatif au sujet d’une personne en particulier, puis l’a nié.
אָמַר רַב נַחְמָן: תֵּיתֵי לִי, דְּקַיֵּימִית שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת בְּשַׁבָּת. אָמַר רַב יְהוּדָה: תֵּיתֵי לִי, דְּקַיֵּימִית עִיּוּן תְּפִלָּה. אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: תֵּיתֵי לִי, דְּלָא סָגֵינָא אַרְבַּע אַמּוֹת בְּגִילּוּי הָרֹאשׁ. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: תֵּיתֵי לִי, דְּקַיֵּימִית מִצְוַת תְּפִילִּין. וְאָמַר רַב נַחְמָן: תֵּיתֵי לִי, דְּקַיֵּימִית מִצְוַת צִיצִית.
Rav Naḥman a dit : Puissé-je recevoir ma récompense parce que j’ai accompli l’obligation de prendre trois repas pendant le Chabbat de manière exemplaire. Rav Yehouda a dit : Puissé-je recevoir ma récompense parce que j’ai accompli l’obligation de recueillement pendant la prière. Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a dit : Puissé-je recevoir ma récompense parce que je n’ai jamais marché quatre coudées la tête découverte. Rav Chéchet a dit : Puissé-je recevoir ma récompense parce que j’ai accompli la mitsva des phylactères de manière exemplaire. Et Rav Naḥman a dit : Puissé-je recevoir ma récompense parce que j’ai accompli la mitsva des franges rituelles de manière exemplaire.
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף לְרַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבָּה: אֲבוּךְ, בְּמַאי זְהִיר טְפֵי? אֲמַר לֵיהּ: בְּצִיצִית. יוֹמָא חַד הֲוָה קָא סָלֵיק בְּדַרְגָּא. אִיפְּסִיק לֵיהּ חוּטָא, וְלָא נְחֵית וַאֲתָא, כַּמָּה דְּלָא רַמְיַהּ. וְאָמַר אַבָּיֵי: תֵּיתֵי לִי, דְּכִי חָזֵינָא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דִּשְׁלִים מַסֶּכְתֵּיהּ
Rav Yossef dit à Rav Yossef, fils de Rabba : Dans quel domaine ton père, Rabba, était-il particulièrement vigilant ? Il lui dit : C’était dans la mitsva des franges rituelles. La Guemara raconte : Un jour, il montait les escaliers lorsqu’un fil de ses franges rituelles se rompit, et il ne redescendit pas avant d’avoir mis un fil neuf sur le vêtement. Et Abaye dit : Puissé-je recevoir ma récompense, car lorsque je vois un jeune érudit de Torah qui a achevé un traité qu’il étudiait

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