מַצִּילִין מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת, מַאי לָאו — דְּלָא אֲכַל! לָא, דַּאֲכַל. שַׁחֲרִית מַצִּילִין מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת, מַאי לָאו — דְּלָא אֲכַל? לָא, דַּאֲכַל. בְּמִנְחָה מַצִּילִין מְזוֹן סְעוּדָה אַחַת, מַאי לָאו — דְּלָא אֲכַל? לָא, דַּאֲכַל!
on sauve de la nourriture pour trois repas. Cela ne fait-il pas référence à une situation où il n’a pas encore mangé de repas ? Apparemment, on n’est tenu de manger que trois repas pendant Chabbat. La Guemara rejette cela : Non, il s’agit d’une situation où il a déjà mangé un repas. Il reste encore trois repas, conformément à l’opinion de Rabbi Ḥidka, qui exige quatre repas. La Guemara conteste cela à partir de la suite de la michna : Si un incendie s’est déclaré le matin, on peut sauver seulement de la nourriture pour deux repas. Cela ne fait-il pas référence à une situation où l’on n’a pas encore mangé le repas du matin, et où l’obligation est de ne manger que trois repas, un la nuit et deux le jour ? La Guemara rejette cela : Non, il s’agit d’une situation où l’on a déjà mangé le repas du matin. La Guemara conteste cela à partir de la suite de la michna : Si un incendie s’est déclaré l’après-midi, on peut sauver de la nourriture pour un repas.Cela ne fait-il pas référence à une situation où l’on n’a pas encore mangé le repas de l’après-midi, et où l’obligation est de ne manger que trois repas ? La Guemara rejette cela : Non, il s’agit d’une situation où l’on a déjà mangé.
וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר לְעוֹלָם מַצִּילִין מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת — מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא שָׁלֹשׁ סְבִירָא לֵיהּ! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא, מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי חִידְקָא.
La Guemara conteste cela : Du fait qu’il est enseigné dans la clause finale de la michna : Rabbi Yossei dit : On peut toujours sauver de la nourriture pour trois repas, par déduction, même le premier tanna soutient que l’obligation est de manger trois repas, puisqu’il n’y a pas de divergence concernant le nombre de repas pendant Chabbat. Au contraire, il est clair que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Ḥidka. Selon les tanna’im de la michna, on est tenu de manger trois repas pendant Chabbat.
וְהָא דִּתְנַן: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת — לֹא יִטּוֹל מִן הַתַּמְחוּי, מְזוֹן אַרְבַּע עֶשְׂרֵה — לֹא יִטּוֹל מִן הַקּוּפָּה. מַנִּי? לָא רַבָּנַן, וְלָא רַבִּי חִידְקָא. אִי רַבָּנַן — חַמְסְרֵי הָוְיָין. אִי רַבִּי חִידְקָא — שֵׁית סְרֵי הָוְיָין! לְעוֹלָם רַבָּנַן, דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: מַאי דְּבָעֵית לְמֵיכַל בְּאַפּוֹקֵי שַׁבְּתָא, אִכְלֵיהּ בְּשַׁבְּתָא.
Et ce que nous avons appris dans une autre michna : Celui qui a suffisamment de nourriture pour deux repas en sa possession ne peut pas prendre de nourriture du plateau de charité qui est distribué aux pauvres. Il n’est pas considéré comme nécessiteux et prendrait de la nourriture aux dépens de personnes plus mal loties que lui. Et celui qui a de la nourriture pour quatorze repas, assez pour une semaine entière, ne peut pas prendre d’argent du fonds de charité. La Guemara demande : Selon l’opinion de qui est cette michna ? Apparemment, elle n’est ni conforme à l’opinion des Sages ni à l’opinion de Rabbi Ḥidka. Si elle était conforme à l’opinion des Sages, ils soutiennent qu’il y a quinze repas consommés en une semaine, deux chaque jour, le soir et le matin, et trois le Chabbat. Si elle était conforme à l’opinion de Rabbi Ḥidka, il y en a seize repas consommés en une semaine, douze pendant les six jours de la semaine et quatre le Chabbat. La Guemara rejette cela : En réalité, la michna est conforme à l’opinion des Sages, mais nous lui disons : Ce que tu veux manger à l’issue du Chabbat, le samedi soir, mange-le comme troisième repas du Chabbat.
לֵימָא רַבָּנַן הִיא, וְלָא רַבִּי חִידְקָא. אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי חִידְקָא, דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: מַאי דְּבָעֵית לְמֵיכַל בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא, אִכְלֵיהּ לְאוּרְתָּא. וְכוּלֵּי יוֹמָא דְמַעֲלֵי שַׁבְּתָא בְּתַעֲנִיתָא מוֹתְבִינַן לֵיהּ?! אֶלָּא הָא מַנִּי — רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: עֲשֵׂה שַׁבַּתְּךָ חוֹל וְאַל תִּצְטָרֵךְ לַבְּרִיּוֹת.
La Guemara demande : Disons que cette michna est conforme à l’opinion des Sages et non à l’opinion de Rabbi Ḥidka. La Guemara rejette cette approche : Même si tu dis qu’elle est conforme à l’opinion de Rabbi Ḥidka, la michna peut être comprise, car nous pouvons lui dire : Ce que tu veux manger la veille de Chabbat, le vendredi après-midi, mange-le la nuit pendant Chabbat à la place. La Guemara demande : Et faisons-nous asseoir une personne et jeûner toute la journée la veille de Chabbat ? Selon cette suggestion, il ne mangerait rien du tout le vendredi. Au contraire, nous devons dire : Selon l’opinion de qui est cette michna ? Elle est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, qui a dit : Fais de ton Chabbat comme un jour ordinaire et ne sois pas dépendant des autres êtres. Il est préférable de manger deux repas pendant Chabbat, comme il le fait en semaine, s’il peut ainsi éviter de recevoir la charité.
וְהָא דִּתְנַן: אֵין פּוֹחֲתִין לְעָנִי הָעוֹבֵר מִמָּקוֹם לְמָקוֹם מִכִּכָּר בְּפוּנְדְּיוֹן מֵאַרְבַּע סְאִין בְּסֶלַע. לָן — נוֹתְנִין לוֹ פַּרְנָסַת לִינָה, וְאִם שָׁבַת — נוֹתְנִין לוֹ מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת. לֵימָא רַבָּנַן הִיא, וְלָא רַבִּי חִידְקָא? לְעוֹלָם רַבִּי חִידְקָא — כְּגוֹן דְּאִיכָּא סְעוּדָה בַּהֲדֵיהּ, דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: הָא דְּאִיכָּא בַּהֲדָךְ — אִכְלֵיהּ. וְכִי אָזֵיל בְּרֵיקָן אָזֵיל?! דִּמְלַוִּוינַן לֵיהּ סְעוּדָה בַּהֲדֵיהּ. מַאי פַּרְנָסַת לִינָה? אָמַר רַב פָּפָּא: פּוּרְיָא וּבֵי סַדְיָא.
Et ce que nous avons appris dans une autre michna : On ne donne pas moins de charité à un pauvre qui voyage d’un endroit à l’autre qu’un pain d’une valeur de un pundeyon, soit un quarante-huitième d’un sela, lorsque le prix courant du grain est de quatre se’a pour un sela. S’il dort là, on lui donne de l’argent pour dormir ; et s’il passe Chabbat dans cette ville, on lui donne de la nourriture pour trois repas. Disons que cela est conforme à l’opinion des Sages et non à l’opinion de Rabbi Ḥidka. La Guemara rejette cela : En réalité, cela est conforme à l’opinion de Rabbi Ḥidka. Lorsqu’il est dit que si le pauvre voyageur passe Chabbat là-bas, on lui donne de la nourriture pour trois repas, il s’agit d’un cas où il y a un repas qu’il a apporté avec lui, car nous lui disons : Ce repas que tu as avec toi, mange-le. La Guemara s’étonne de cela : Et quand il part, part-il les mains vides, sans nourriture ? La Guemara répond : Nous lui fournissons un repas pour l’accompagner lorsqu’il part. La Guemara demande : Que signifie de l’argent pour dormir ? Rav Pappa a dit : Cela signifie qu’on pourvoit à ses besoins pour dormir, c’est-à-dire un lit et des coussins.
תָּנוּ רַבָּנַן: קְעָרוֹת שֶׁאָכַל בָּהֶן עַרְבִית — מַדִּיחָן לֶאֱכוֹל בָּהֶן שַׁחֲרִית. שַׁחֲרִית — מַדִּיחָן לֶאֱכוֹל בָּהֶן בַּצׇּהֳרַיִם. בַּצׇּהֳרַיִם — מַדִּיחָן לֶאֱכוֹל בָּהֶן בַּמִּנְחָה. מִן הַמִּנְחָה וְאֵילָךְ — שׁוּב אֵינוֹ מַדִּיחַ. אֲבָל כּוֹסוֹת וְקִיתוֹנִיּוֹת וּצְלוֹחִיּוֹת — מַדִּיחַ וְהוֹלֵךְ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, לְפִי שֶׁאֵין קֶבַע לִשְׁתִיָּה.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les bols dans lesquels on a mangé le soir pendant Chabbat, il peut les rincer afin d’y manger le matin. Les bols dans lesquels on a mangé le matin, il peut les rincer pour y manger l’après-midi. Les bols dans lesquels on a mangé l’après-midi, il peut les rincer pour y manger l’après-midi. Cependant, à partir de l’après-midi, on ne peut plus les rincer parce qu’il n’y a plus besoin de ces bols pendant Chabbat, et il est interdit de faire des préparatifs pendant Chabbat pour un jour de semaine. Cependant, en ce qui concerne les coupes, et les louches, et les flacons, qui sont des récipients utilisés pour boire, on les rince toute la journée car il n’y a pas d’heure fixe pour boire, et on ne sait pas quand il boira de nouveau.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: כָּל הַמְקַיֵּים שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת בְּשַׁבָּת נִיצּוֹל מִשָּׁלֹשׁ פּוּרְעָנִיּוֹת: מֵחֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ, וּמִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם, וּמִמִּלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג. מֵחֶבְלוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ — כְּתִיב הָכָא ״יוֹם״, וּכְתִיב הָתָם: ״הִנֵּה אָנֹכִי שׁוֹלֵחַ לָכֶם אֵת אֵלִיָּה הַנָּבִיא לִפְנֵי בּוֹא יוֹם וְגוֹ׳״. מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם — כְּתִיב הָכָא ״יוֹם״, וּכְתִיב הָתָם: ״יוֹם עֶבְרָה הַיּוֹם הַהוּא״. מִמִּלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג — כְּתִיב הָכָא ״יוֹם״, וּכְתִיב הָתָם: ״בְּיוֹם בֹּא גּוֹג״.
Rabbi Shimon ben Pazi a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit au nom de bar Kappara : Quiconque accomplit l’obligation de manger trois repas pendant le Chabbat est sauvé de trois châtiments : des douleurs du Messie, c’est-à-dire les souffrances qui précèdent la venue du Messie, et du jugement de la Géhenne, et de la guerre de Gog et Magog. La Guemara déduit que l’on est sauvé des douleurs du Messie au moyen d’une analogie verbale. Il est écrit ici, au sujet du Chabbat, jour : « Mangez-le aujourd’hui » (Exode 16:25). Et il est écrit là-bas, au sujet du Messie, jour : « Voici, Je vous envoie Élie le prophète avant la venue du grand et redoutable jour de Dieu » (Malachie 3:23). La Guemara déduit que l’on est sauvé du jugement de la Géhenne au moyen d’une analogie verbale. Il est écrit ici, au sujet du Chabbat, jour, comme cité ci-dessus. Et il est écrit là-bas, jour : « Ce jour sera un jour de colère, un jour de détresse et d’angoisse, un jour de ruine et de désolation, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuages et d’épais brouillard » (Sophonie 1:15), ce qui est interprété comme se rapportant au châtiment de la Géhenne. La Guemara déduit que l’on est sauvé de la guerre de Gog et Magog au moyen d’une analogie verbale. Il est écrit ici, au sujet du Chabbat, jour. Et il est écrit là-bas, au sujet de la guerre de Gog et Magog, jour : « Et il arrivera en ce jour-là, au jour où Gog viendra sur la terre d’Israël » (Ézéchiel 38:18).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי: כָּל הַמְעַנֵּג אֶת הַשַּׁבָּת נוֹתְנִין לוֹ נַחֲלָה בְּלִי מְצָרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָז תִּתְעַנַּג עַל ה׳ וְהִרְכַּבְתִּיךָ עַל בׇּמֳתֵי אָרֶץ וְהַאֲכַלְתִּיךָ
Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Yosei : En ce qui concerne quiconque se délecte du Chabbat, Dieu lui donne une part sans limites, c’est-à-dire une très grande récompense, comme il est dit : « Si tu retiens ton pied de profaner le Chabbat, de vaquer à tes affaires en Mon saint jour, et que tu appelles le Chabbat un délice, le saint jour du Seigneur honorable, et que tu l’honores en ne suivant pas tes propres voies, en ne t’occupant pas de tes propres affaires et en ne prononçant pas de paroles vaines. Alors tu te délecteras dans le Seigneur, et Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre, et Je te nourrirai