אִילֵּימָא תַּנָּא קַמָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי — וְדִילְמָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, מָר סָבַר: נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן, וּמָר סָבַר: לֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. אֶלָּא רַבִּי יוֹסֵי וְתַנָּא דְּגִיפְטִית.
Si nous disons que c’est le premier tanna qui est en désaccord avec Rabbi Yosei, cela n’est pas nécessairement le cas, et peut-être sont-ils en désaccord à ce sujet : Ce Maître, le premier tanna, soutient que les livres écrits dans d’autres langues peuvent être lus ; et ce Maître, Rabbi Yosei, soutient qu’ils ne peuvent pas être lus, et leur différend n’est pas lié au différend entre Rav Houna et Rav Ḥisda. Au contraire, il s’agit du différend entre Rabbi Yosei et le premier tanna, qui a parlé de livres écrits en copte. Selon ce tanna, même les livres qui ne peuvent pas être lus sont sauvés, tandis que Rabbi Yosei soutient qu’ils ne sont pas sauvés.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבְּרָכוֹת וְהַקְּמֵיעִין, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אוֹתִיּוֹת שֶׁל שֵׁם וּמֵעִנְיָינוֹת הַרְבֵּה שֶׁבַּתּוֹרָה — אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, אֶלָּא נִשְׂרָפִים בִּמְקוֹמָן [הֵן וְאַזְכָּרוֹתֵיהֶן]. מִכָּאן אָמְרוּ: כּוֹתְבֵי בְרָכוֹת כְּשׂוֹרְפֵי תוֹרָה. מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁהָיָה כּוֹתֵב בְּצַיְדָּן, בָּאוּ וְהוֹדִיעוּ אֶת רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְהָלַךְ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל לְבוֹדְקוֹ. כְּשֶׁהָיָה עוֹלֶה בַּסּוּלָּם הִרְגִּישׁ בּוֹ, נָטַל טוֹמוֹס שֶׁל בְּרָכוֹת וְשִׁקְּעָן בְּסֵפֶל שֶׁל מַיִם. וּבַלָּשׁוֹן הַזֶּה אָמַר לוֹ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: גָּדוֹל עוֹנֶשׁ הָאַחֲרוֹן מִן הָרִאשׁוֹן.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les bénédictions qui sont écrites et les amulettes, bien qu’il y ait en elles des lettres du Nom de Dieu en elles et des choses qui apparaissent dans la Torah y soient mentionnées, ne sont pas sauvées du feu ; au contraire, elles brûlent sur place, elles et les noms de Dieu qui y sont contenus. D’ici les Sages ont dit : Les écrivains de bénédictions sont comme des brûleurs de Torah, car il est interdit de sauver ces textes du feu pendant le Shabbat, même s’il est probable qu’ils seront détruits. Il y eut un incident impliquant quelqu’un qui écrivait des pages de bénédictions à Sidon. On vint informer Rabbi Yishmaël de ses actes, et Rabbi Yishmaël alla l’examiner pour déterminer si le rapport était vrai. Lorsque Rabbi Yishmaël montait l’échelle pour le confronter, le scribe sentit sa présence, prit un paquet [tomos] de bénédictions et le plongea dans un bassin d’eau pour le cacher à Rabbi Yishmaël. Et par ces mots Rabbi Yishmaël lui dit : La punition pour la seconde action est plus grande que la punition pour la première. Bien qu’il soit interdit d’écrire des bénédictions, les détruire constitue une transgression plus grave.
בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ גָּלוּתָא מֵרַבָּה בַּר רַב הוּנָא: הָיוּ כְּתוּבִין בְּסַם וּבְסִיקְרָא בְּקוֹמוֹס וּבְקַנְקַנְתּוֹם, בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ, מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה אוֹ אֵין מַצִּילִין? תִּיבְּעֵי לְמַאן דְּאָמַר מַצִּילִין, תִּיבְּעֵי לְמַאן דְּאָמַר אֵין מַצִּילִין. תִּיבְּעֵי לְמַאן דְּאָמַר אֵין מַצִּילִין — הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דִּכְתִיבִי תַּרְגּוּם וּבְכָל לָשׁוֹן, אֲבָל הָכָא דִּכְתִיבִי בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ — מַצִּילִין, אוֹ דִילְמָא אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר מַצִּילִין — הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דִּכְתִיבִי בִּדְיוֹ דְּמִיקַּיַּים, אֲבָל הָכָא כֵּיוָן דְּלָא מִיקַּיַּים — לָא. אֲמַר לֵיהּ: אֵין מַצִּילִין. וְהָא רַב הַמְנוּנָא תָּנָא מַצִּילִין! אֲמַר לֵיהּ: אִי תַּנְיָא — תַּנְיָא. מַאי תַּנְיָא? אָמַר רַב אָשֵׁי, כִּדְתַנְיָא: אֵין בֵּין סְפָרִים לִמְגִילָּה אֶלָּא שֶׁהַסְּפָרִים נִכְתָּבִים בְּכׇל לָשׁוֹן, וּמְגִילָּה עַד שֶׁתְּהֵא כְּתוּבָה אַשּׁוּרִית, עַל הַסֵּפֶר, וּבִדְיוֹ.
L’Exilarque souleva un dilemme devant Rabba bar Rav Houna : Si les rouleaux sacrés ont été écrits avec de l’arsenic jaunâtre ou de la peinture rouge, avec de la gomme, ou avec du sulfate de fer, des types d’encre qui ne peuvent pas être utilisés pour écrire des rouleaux de la Torah ; cependant, les rouleaux ont été correctement écrits dans la langue sainte, les sauve-t-on du feu pendant Chabbat ou ne les sauve-t-on pas ? La Guemara ajoute : Ce dilemme est soulevé selon celui qui a dit que l’on sauve les écrits sacrés rédigés dans d’autres langues ; et ce dilemme est soulevé selon celui qui a dit que l’on ne sauve pas ceux-ci. La Guemara développe. Ce dilemme est soulevé selon celui qui a dit que l’on ne sauve pas ceux-ci : Peut-être que cela s’applique précisément à un cas où ils sont écrits en traduction araméenne et dans toute langue étrangère ; cependant, ici, puisqu’ils sont écrits dans la langue sainte, on les sauve. Ou peut-être même selon celui qui a dit que l’on sauve ceux-ci, cela s’applique précisément à un cas où ils sont écrits avec une encre durable ; cependant, ici, puisque l’écriture ne dure pas, on ne les sauve pas. Rabba bar Rav Houna lui dit : On ne les sauve pas. L’Exilarque lui dit : Rav Hamnouna n’a-t-il pas enseigné dans une baraita qu’on les sauve ? Rabba bar Rav Houna lui dit : Si cela a été enseigné dans une baraita, cela a été enseigné, et je rétracte ma déclaration. La Guemara demande : Quelle est la baraita qui a été enseignée à ce sujet ? Rav Achi dit, comme cela a été enseigné dans une baraita : La seule différence entre les livres de la Torah et la Méguila d’Esther est que les livres sont écrits dans n’importe quelle langue et sont valides, et la Méguila n’est valide que si elle est écrite en écriture assyrienne, l’écriture hébraïque carrée bien connue, sur un parchemin en rouleau, et à l’encre. Apparemment, les autres livres sacrés n’ont pas besoin d’être écrits à l’encre.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב הוּנָא בַּר חֲלוּב מֵרַב נַחְמָן: סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁאֵין בּוֹ לְלַקֵּט שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת, כְּגוֹן פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן״, מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, אוֹ אֵין מַצִּילִין? אֲמַר לֵיהּ: וְתִיבְּעֵי לָךְ פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן״ גּוּפַהּ? הֵיכָא דְּחָסַר פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ״ — לָא קָמִיבַּעְיָא לִי, דְּכֵיוָן דְּאִית בֵּיהּ הַזְכָּרוֹת, אַף עַל גַּב דְּלֵית בֵּיהּ שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת — מַצִּילִין. כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁאֵין בּוֹ לְלַקֵּט, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אֵין מַצִּילִין.
Rav Huna bar Ḥaluv souleva un dilemme devant Rav Naḥman : En ce qui concerne un rouleau de la Torah dans lequel il n’y a pas assez pour reconstituer à partir de lui quatre-vingt-cinq lettres complètes écrites correctement et dans l’ordre, ce qui est la mesure minimale fixée par les Sages pour qu’une Torah conserve la sainteté d’un rouleau de la Torah, comme dans le passage : « Et lorsque l’Arche partait » (Nombres 10:35–36), le sauve-t-on du feu pendant le Chabbat ou ne le sauve-t-on pas ? Rav Naḥman lui dit : Alors soulève un dilemme au sujet du passage même : « Et lorsque l’Arche partait », c’est-à-dire le sauve-t-on pendant le Chabbat s’il lui manque une seule lettre ? Rav Huna bar Ḥaluv répondit : Dans un cas où le passage : « Et lorsque l’Arche partait » est incomplet, ce n’est pas un dilemme pour moi, puisque, comme il contient des noms de Dieu, même s’il n’y a pas en lui quatre-vingt-cinq lettres, on le sauve. Cependant, le cas qui est pour moi un dilemme est celui d’un rouleau de la Torah dans lequel il n’y a pas assez pour reconstituer à partir de lui quatre-vingt-cinq lettres complètes ; quelle est la décision ? Le sauve-t-on pendant le Chabbat ou non ? Rav Naḥman lui dit : On ne le sauve pas.
אֵיתִיבֵיהּ: תַּרְגּוּם שֶׁכְּתָבוֹ מִקְרָא, וּמִקְרָא שֶׁכְּתָבוֹ תַּרְגּוּם, וּכְתָב עִבְרִית — מַצִּילִין מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר תַּרְגּוּם שֶׁבְּעֶזְרָא וְשֶׁבְּדָנִיאֵל וְשֶׁבַּתּוֹרָה. תַּרְגּוּם שֶׁבַּתּוֹרָה מַאי נִיהוּ? — ״יְגַר שָׂהֲדוּתָא״, וְאַף עַל גַּב דְּלֵית בַּהּ שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת! כִּי תַּנְיָא הַהִיא — לְהַשְׁלִים.
Rav Huna bar Ḥaluv souleva une objection à son opinion à partir de ce que nous avons appris : Un verset originellement écrit en araméen, traduction qui a été écrite dans la langue de la Torah, et un verset originellement écrit dans la langue de la Torah qui a été écrit en traduction araméenne, et une Torah qui a été écrite en ancienne écriture hébraïque, on les sauve du feu pendant Chabbat. Et, il va sans dire, on sauve les versets écrits en traduction araméenne qui se trouvent dans le livre d’Esdras, et qui se trouvent dans le livre de Daniel, et qui se trouvent dans la Torah. Quels sont les versets originellement écrits en traduction araméenne dans la Torah ? C’est le verset : « Et Laban l’appela Yegar Sahaduta, et Jacob l’appela Gal Ed » (Genèse 31:47), et apparemment, on le sauve, même s’il n’y a pas en lui quatre-vingt-cinq lettres. Rav Naḥman lui répondit : Ce n’est pas une preuve, car lorsque cettebaraitaa été enseignée, c’était dans un cas où le verset araméen est compté pour compléter le total de quatre-vingt-cinq lettres, mais il n’a pas d’importance indépendante.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הָנֵי שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת, מְכוּנָּסוֹת אוֹ מְפוּזָּרוֹת? רַב הוּנָא אָמַר: מְכוּנָּסוֹת. רַב חִסְדָּא אָמַר: אֲפִילּוּ מְפוּזָּרוֹת. מֵיתִיבִי: סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁבָּלָה, אִם יֵשׁ בּוֹ לְלַקֵּט שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת, כְּגוֹן פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן״ — מַצִּילִין, וְאִם לָאו — אֵין מַצִּילִין. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! תַּרְגְּמַהּ רַב חִסְדָּא אַלִּיבָּא דְרַב הוּנָא בְּתֵיבוֹת.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : En ce qui concerne ces quatre-vingt-cinq lettres qui permettent de sauver un rouleau de la Torah, cela s’applique-t-il précisément lorsqu’elles sont juxtaposées, ou même lorsqu’elles sont dispersées ? Rav Houna dit : Seulement lorsqu’elles sont juxtaposées. Rav Ḥisda dit : Même lorsqu’elles sont dispersées. La Guemara soulève une objection à partir de ce que nous avons appris : En ce qui concerne un rouleau de la Torah usé, s’il y a assez pour reconstituer à partir de lui quatre-vingt-cinq lettres complètes comme dans le passage : « Et lorsque l’Arche partait », on le sauve du feu, et sinon on ne le sauve pas. Le terme : Reconstituer, indique que les lettres ne sont pas juxtaposées, et c’est une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna. Rav Ḥisda l’interpréta selon l’opinion de Rav Houna : En effet, la baraita traite d’un cas où les lettres sont dispersées, mais elles sont juxtaposées sous forme de mots. Dans ce cas, même Rav Houna reconnaît qu’il s’agit d’un livre sacré. Rav Houna et Rav Ḥisda ne sont en désaccord que dans un cas où des lettres isolées sont dispersées.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה״ — פָּרָשָׁה זוֹ עָשָׂה לָהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא סִימָנִיּוֹת מִלְּמַעְלָה וּלְמַטָּה, לוֹמַר
À propos du passage : « Et lorsque l’Arche se déplaçait », la Guemara cite ce que les Sages ont enseigné dans une baraita. Il est dit : « Et lorsque l’Arche se déplaçait et que Moïse proclamait : Lève-Toi, Dieu, et Tes ennemis se disperseront, et ceux qui Te haïssent fuiront de devant Toi. » Et le Saint, béni soit-Il, a fait des signes dans la Torah pour ce passage, au-dessus et au-dessous, c’est-à-dire avant et après lui, afin de dire