מוּתָּר בִּקְנִיבַת יָרָק. (וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יוֹם כִּיפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּחוֹל) מְפַצְּעִין בֶּאֱגוֹזִים וּמְפַרְכְּסִין בְּרִימּוֹנִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה מִפְּנֵי עׇגְמַת נֶפֶשׁ. דְּבֵי רַב יְהוּדָה מְקַנְּבִי כְּרָבָא. דְּבֵי רַבָּה גָּרְדִי קָארֵי. כֵּיוָן דַּחֲזָא דַּהֲווֹ קָא מְחָרְפִי, אֲמַר לְהוּ: אֲתַאי אִיגַּרְתָּא מִמַּעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן דַּאֲסִיר.
tailler des légumes est permis. Et Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Si Yom Kippour tombe un jour de semaine, on peut casser des noix et retirer les graines de grenade à partir de la fin de l’après-midi et au-delà, car cela n’implique aucun véritable travail et en raison de l’anxiété, c’est-à-dire que si une personne ne sait pas qu’il y a de la nourriture préparée pour la fin du jeûne, elle souffre davantage pendant les dernières heures de la journée (Rabbi Zeraḥia HaLevi). La Guemara rapporte : Les membres de la maison de Rav Yehuda taillaient du chou. Les membres de la maison de Rabba frottaient des courges. Une fois, Rabba vit qu’ils faisaient cela tôt, avant la fin de l’après-midi, il leur dit : Une lettre est arrivée de l’Ouest, c’est-à-dire de la Terre d’Israël, au nom de Rabbi Yoḥanan, disant qu’il est interdit de faire cela.
מַתְנִי׳ כׇּל כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן, וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן. אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִים בְּכׇל לָשׁוֹן, טְעוּנִים גְּנִיזָה. וּמִפְּנֵי מָה אֵין קוֹרִין בָּהֶם — מִפְּנֵי בִּיטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ.
MICHNA : En ce qui concerne tous les écrits sacrés, on peut les sauver du feu pendant le Chabbat, qu’ils soient lus en public, par exemple des rouleaux de la Torah ou des Prophètes, ou qu’ils ne soient pas lus en public, par exemple des rouleaux des Écrits. Cette règle s’applique même s’ils ont été écrits dans une langue étrangère quelconque. Selon les Rabbins, ces rouleaux ne sont pas lus en public, mais ils demeurent sacrés et nécessitent une inhumation rituelle. Et pourquoi ne lit-on pas les Écrits pendant le Chabbat ? En raison de l’interruption de l’étude de la Torah dans la maison d’étude. Les gens venaient à la maison d’étude à des moments précis du Chabbat pour entendre des paroles de halakha, et les autres textes n’y étaient pas autorisés à ces moments-là.
גְּמָ׳ אִיתְּמַר: הָיוּ כְּתוּבִים תַּרְגּוּם אוֹ בְּכׇל לָשׁוֹן, רַב הוּנָא אָמַר: אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאָמַר נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּמַצִּילִין. כִּי פְּלִיגִי אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאָמַר לֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. רַב הוּנָא אָמַר: אֵין מַצִּילִין, דְּהָא לֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. רַב חִסְדָּא: אָמַר מַצִּילִין מִשּׁוּם בִּזְיוֹן כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ. תְּנַן: כׇּל כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן בֵּין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן, אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן. מַאי לָאו, ״שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן״ — נְבִיאִים, ״וְשֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן״ — כְּתוּבִים, ״אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן״ — דְּלֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן, וְקָתָנֵי: מַצִּילִין, וּתְיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא!
GUEMARA :Il a été déclaré que des amora’im ont débattu du statut des écrits sacrés rédigés en traduction araméenne ou dans toute autre langue. Rav Houna a dit : On ne peut pas les sauver du feu pendant Chabbat. Et Rav Ḥisda a dit : On peut les sauver du feu pendant Chabbat. La Guemara ajoute : Selon celui qui a dit que les écrits sacrés rédigés dans d’autres langues peuvent être lus, tout le monde est d’accord pour dire qu’on peut les sauver. Là où ils sont en désaccord, c’est selon celui qui a dit qu’ils ne peuvent pas être lus. Rav Houna a dit : On ne peut pas les sauver, puisqu’ils ne peuvent pas être lus. Tandis que Rav Ḥisda a dit : On peut les sauver en raison du déshonneur causé aux écrits sacrés qui en résulterait. Nous avons appris dans la michna : En ce qui concerne tous les écrits sacrés, on peut les sauver du feu pendant Chabbat, qu’ils soient lus en public ou qu’ils ne soient pas lus en public, même s’ils sont rédigés dans une langue étrangère quelconque. Quoi, n’est-ce pas que l’expression : "Qui sont lus" fait référence aux livres des Prophètes, et l’expression : "Qui ne sont pas lus" fait référence aux Écrits ? Bien que ce soient des livres rédigés dans une langue étrangère quelconque, qui ne peuvent pas être lus, il est enseigné qu’on peut les sauver. C’est donc une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: וְתִסְבְּרָא? אֵימָא סֵיפָא: טְעוּנִין גְּנִיזָה — הַשְׁתָּא אַצּוֹלֵי מַצִּילִּינַן, גְּנִיזָה מִיבְּעֵי? אֶלָּא, רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶם״ — נְבִיאִים, ״וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶם״ — כְּתוּבִים. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁכְּתוּבִין בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ, אֲבָל בְּכׇל לָשׁוֹן — אֵין מַצִּילִין, וַאֲפִילּוּ הָכִי גְּנִיזָה בָּעוּ. רַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן״ — נְבִיאִים, ״וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן״ — כְּתוּבִים, אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן, נָמֵי מַצִּילִין. וְהָכִי קָאָמַר: וּמְקָק שֶׁלָּהֶן טְעוּנִין גְּנִיזָה.
Rav Houna aurait pu te dire : Et comprends-tu vraiment la michna de cette façon ? Dis la clause finale de la michna, qui déclare : Ils requièrent l’ensevelissement. Cela est inutile, car maintenant, puisqu’il a été mentionné que nous les sauvons du feu, est-il nécessaire de dire qu’ils requièrent l’ensevelissement ? Plutôt, la michna doit être amendée. Rav Houna réconcilie la michna conformément à son raisonnement, et Rav Ḥisda réconcilie la michna conformément à son raisonnement. Rav Houna réconcilie cela conformément à son raisonnement : Qu’ils soient lus fait référence aux Prophètes, et qu’ils ne soient pas lus fait référence aux Écrits. Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? Il s’agit d’un cas où ils sont écrits dans la langue sainte, mais s’ils ne sont pas écrits en hébreu mais dans n’importe quelle autre langue, ils ne sont pas sauvés du feu pendant Chabbat, et malgré cela, ils requièrent l’ensevelissement. Rav Ḥisda réconcilie la michna conformément à son raisonnement : Qu’ils soient lus fait référence aux Prophètes, et qu’ils ne soient pas lus fait référence aux Écrits, même s’ils sont écrits dans n’importe quelle langue autre que l’hébreu, ils sont également sauvés. Et voici ce que la michna dit : Même les sections détériorées du parchemin requièrent l’ensevelissement.
מֵיתִיבִי: הָיוּ כְּתוּבִים תַּרְגּוּם וְכׇל לָשׁוֹן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: הַאי תַּנָּא סָבַר נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. תָּא שְׁמַע: הָיוּ כְּתוּבִין גִּיפְטִית, מָדִית, עִיבְרִית, עֵילָמִית, יְווֹנִית, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: הָיוּ כְּתוּבִין תַּרְגּוּם וּבְכָל לָשׁוֹן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une baraita : Si ils ont été écrits en traduction araméenne ou dans toute langue autre que l’hébreu, ils sont sauvés du feu pendant Chabbat. Et cela constitue une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna, qui affirme qu’ils ne sont pas sauvés. Rav Houna aurait pu te dire : Ce tanna soutient que les écrits sacrés non rédigés en hébreu peuvent être lus, tandis que Rav Houna a énoncé sa décision conformément à l’opinion du tanna qui soutient qu’ils ne peuvent pas être lus, et qu’ils ne peuvent donc pas être sauvés. Viens et écoute une autre preuve tirée de ce qui a été enseigné dans une autre baraita : Les écrits sacrés qui ont été écrits en copte, égyptien ; mède ; ivrit, c’est-à-dire l’ancienne écriture hébraïque ; élamite ; ou en grec sont sauvés du feu pendant Chabbat, bien qu’ils ne puissent pas être lus. Cela constitue une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna, qui soutient qu’ils ne sont pas sauvés. Rav Houna aurait pu te dire : Il s’agit là d’une controverse entre tanna’im, comme cela a été enseigné dans une baraita : Si ils ont été écrits en traduction araméenne ou dans toute langue autre que l’hébreu, on peut les sauver du feu pendant Chabbat. Rabbi Yossei dit : On ne peut pas les sauver du feu.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא חֲלַפְתָּא שֶׁהָלַךְ אֵצֶל רַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּרִיבִּי לִטְבֶרְיָא, וּמְצָאוֹ שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב עַל שֻׁלְחָנוֹ שֶׁל יוֹחָנָן הַנָּזוּף וּבְיָדוֹ סֵפֶר אִיּוֹב תַּרְגּוּם, וְהוּא קוֹרֵא בּוֹ. אָמַר לוֹ: זָכוּר אֲנִי בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל אֲבִי אָבִיךָ שֶׁהָיָה עוֹמֵד עַל גַּבֵּי מַעֲלָה בְּהַר הַבַּיִת, וְהֵבִיאוּ לְפָנָיו סֵפֶר אִיּוֹב תַּרְגּוּם, וְאָמַר לַבַּנַּאי: שַׁקְּעֵהוּ תַּחַת הַנִּדְבָּךְ. אַף הוּא צִוָּה עָלָיו וּגְנָזוֹ. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עֲרֵיבָה שֶׁל טִיט כָּפוּ עָלָיו. אָמַר רַבִּי, שְׁתֵּי תְּשׁוּבוֹת בַּדָּבָר: חֲדָא, וְכִי טִיט בְּהַר הַבַּיִת מִנַּיִן? וְעוֹד, וְכִי מוּתָּר לְאַבְּדָן בַּיָּד? אֶלָּא מַנִּיחָן בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה וְהֵן מַרְקִיבִין מֵאֲלֵיהֶן. מַאן תַּנָּאֵי
Rabbi Yosei a dit : Il y eut un incident impliquant mon père, Ḥalafta, qui se rendit auprès de l’estimé Rabban Gamliel de Yavne à Tibériade, où il le trouva assis à la table de Yoḥanan HaNazuf, et dans sa main il y avait une traduction du livre de Job, et il était en train de lire dedans. Yoḥanan dit à Rabban Gamliel de Yavne : Je me souviens de Rabban Gamliel, le père de ton père, qui se tenait au sommet d’une marche sur le mont du Temple. Et on apporta devant lui une traduction du livre de Job, et il dit au bâtisseur : Enterre ce livre sous l’assise de briques. Lorsqu’il entendit parler de cet incident, Rabban Gamliel de Yavne ordonna qu’il soit enterré et on l’enterra. Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehouda, dit que sur le mont du Temple ils renversèrent sur lui un grand bol de mortier. Rabbi Yehouda HaNasi dit : Il y a deux réponses à cela qui prouvent que cela ne s’est pas produit : Premièrement, d’où auraient-ils obtenu du mortier sur le mont du Temple ? La construction sur le mont du Temple était réalisée avec d’autres matériaux, et non avec du mortier. Et de plus, est-il permis de détruire activement même des écrits sacrés qui ne sont pas lus, de ses propres mains ? Au contraire, au minimum on les laisse dans un endroit négligé, où ils sont susceptibles de se décomposer rapidement, et ils se détériorent d’eux-mêmes. La Guemara cherche à clarifier : Qui sont les tanna’im qui contestent cette halakha selon Rav Houna ?