מַתְנִי׳ הַבּוֹנֶה, כַּמָּה יִבְנֶה וִיהֵא חַיָּיב? הַבּוֹנֶה כׇּל שֶׁהוּא, וְהַמְסַתֵּת וְהַמַּכֶּה בַּפַּטִּישׁ וּבְמַעֲצָד, הַקּוֹדֵחַ כׇּל שֶׁהוּא — חַיָּיב. זֶה הַכְּלָל: כׇּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה, וּמְלַאכְתּוֹ מִתְקַיֶּימֶת בַּשַּׁבָּת — חַיָּיב. וְכֵן רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף הַמַּכֶּה בְּקוּרְנָס עַל הַסַּדָּן בִּשְׁעַת מְלָאכָה — חַיָּיב, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כִּמְתַקֵּן מְלָאכָה.
MISHNA: En ce qui concerne celui qui construit pendant le Chabbat, violant ainsi une interdiction relevant d’une catégorie principale de travail interdit, combien doit-il construire pour être passible d’apporter une offrande expiatoire ? Les Sages ont dit : Celui qui construit est passible pour avoir construit n’importe quelle quantité. Et celui qui cisèle, ou frappe avec un marteau ou avec une herminette, ou celui qui perce un trou de n’importe quelle taille pendant le Chabbat, est passible. Tel est le principe : quiconque accomplit un travail interdit et dont le travail perdure pendant le Chabbat est passible. Et de même, Rabban Shimon ben Gamliel dit : Même celui qui frappe une enclume avec une masse pendant son travail a accompli un acte constructif et est passible, car il est comme quelqu’un qui améliore le travail qu’il accomplit.
גְּמָ׳ כׇּל שֶׁהוּא לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: שֶׁכֵּן עָנִי חוֹפֵר גּוּמָּא לְהַצְנִיעַ בָּהּ פְּרוּטוֹתָיו. דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, שֶׁכֵּן תּוֹפְרֵי יְרִיעוֹת חוֹפְרִין גּוּמָּא לְהַצְנִיעַ בָּהּ מַחֲטֵיהֶן. אַבָּיֵי אָמַר: כֵּיוָן דְּמִשַּׁתְּכִי לָא עָבְדִי הָכִי. אֶלָּא, שֶׁכֵּן עָנִי עוֹשֶׂה פִּיטְפּוּטֵי כִּירָה קְטַנָּה לִשְׁפּוֹת עָלֶיהָ קְדֵירָה קְטַנָּה. דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, מְבַשְּׁלֵי סַמָּנִין לִצְבּוֹעַ יְרִיעוֹת שֶׁחָסְרָה מְלַאכְתָּן, עוֹשִׂין פִּיטְפּוּטֵי כִּירָה קְטַנָּה לִשְׁפּוֹת עָלֶיהָ יוֹרָה קְטַנָּה.
GUEMARA : La Guemara demande : En ce qui concerne toute petite quantité de construction, à quel usage est-elle adaptée ? Rabbi Yirmeya a dit : Comme un pauvre creuse un trou dans le sol de sa maison pour y cacher ses pièces. Creuser un trou dans le sol d’une maison est un acte de construction. La situation correspondante dans le Tabernacle était comme ceux qui cousaient des rideaux dans le Tabernacle creusaient des trous pour y cacher leurs aiguilles. Abaye a dit : Puisque les aiguilles rouillent dans la terre, ils ne faisaient pas cela. La Guemara cherche un autre exemple de construction à petite échelle qui soit significatif. Plutôt, un exemple est qu’un pauvre fabrique des pieds pour un petit fourneau afin d’y poser un petit pot. La situation correspondante dans le Tabernacle concernait ceux qui faisaient cuire des herbes utilisées pour teindre des rideaux, dont le processus de teinture manquait d’une petite quantité pour être achevé. À ce moment-là, cela ne valait pas l’effort de cuire une grande quantité de teinture, et ils fabriquaient donc des pieds pour un petit fourneau sur lequel poser un petit chaudron afin de cuire un peu de teinture et d’achever le travail.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: אֵין עֲנִיּוּת בִּמְקוֹם עֲשִׁירוּת. אֶלָּא, שֶׁכֵּן בַּעַל הַבַּיִת שֶׁיֵּשׁ לוֹ נֶקֶב בְּבִירָתוֹ וְסוֹתְמוֹ, דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי מִשְׁכָּן, שֶׁכֵּן קֶרֶשׁ שֶׁנָּפְלָה בּוֹ דַּרְנָא — מַטִּיף לְתוֹכָהּ אֲבָר וְסוֹתְמוֹ.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Il n’y a pas de pauvreté dans un lieu de richesse. Dans le Tabernacle, comme dans tout projet public, les actions ne sont pas réalisées à petite échelle ni en quantités parcimonieuses ; elles étaient réalisées généreusement. Ceux qui faisaient cuire des teintures dans le Tabernacle n’avaient pas l’usage de petits creusets. Au contraire, un exemple de construction modeste mais significative est un propriétaire qui a un petit trou dans sa maison et le bouche. La situation correspondante dans le Tabernacle concernait une poutre attaquée par un ver qui y avait percé un trou ; on verse du plomb dans le trou et on le bouche.
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַמְצַדֵּד אֶת הָאֶבֶן — חַיָּיב. מֵיתִיבִי, אֶחָד נוֹתֵן אֶת הָאֶבֶן וְאֶחָד נוֹתֵן אֶת הַטִּיט — הַנּוֹתֵן אֶת הַטִּיט חַיָּיב!
Shmuel a dit : Si quelqu’un place une pierre à sa place pendant le Chabbat, c’est-à-dire qu’il prend une pierre de construction et la fixe au sol pendant le Chabbat, il est passible d’avoir accompli le travail interdit de construire. La Guemara soulève une objection à cela à partir de ce que les Sages ont enseigné au sujet de la construction pendant le Chabbat. Dans un cas où l’un pose une pierre et un autre met le mortier, celui qui met le mortier est passible pour construction. Apparemment, l’interdit de construire n’est transgressé que lorsqu’on ajoute du mortier. Le simple fait de placer une pierre à sa place ne suffit pas à établir la responsabilité.
וְלִיטַעְמָיךְ, אֵימָא סֵיפָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: וַאֲפִילּוּ הֶעֱלָה וְהִנִּיחַ עַל גַּבֵּי דִּימוֹס שֶׁל אֲבָנִים — חַיָּיב! אֶלָּא תְּלָתָא בִּנְיָינֵי הָווּ: תַּתָּא, מְצִיעָאָה, וְעִילָּאָה. תַּתָּא בָּעֵי צַדּוֹדֵי וְעַפְרָא. מְצִיעָא בָּעֵי נָמֵי טִינָא. עִילָּאָה בְּהַנָּחָה בְּעָלְמָא.
La Guemara répond : Et selon votre ligne de raisonnement, dites la clause finale de cette michna, où nous apprenons que Rabbi Yossei dit : Et même si quelqu’un a soulevé la pierre et l’a placée sur une rangée supérieure de pierres [dimos], il est passible même sans la fixer avec du mortier. Au contraire, apparemment, il existe trois types différents de construction : rangée inférieure, rangée intermédiaire et rangée supérieure. La rangée inférieure nécessite de caler les pierres en place et de la terre pour les maintenir en place. La rangée intermédiaire nécessite aussi du mortier. La rangée supérieure se contente d’une simple pose.
וְהַמְסַתֵּת. מְסַתֵּת מִשּׁוּם מַאי מִיחַיַּיב? רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בַּפַּטִּישׁ. הָעוֹשֶׂה נֶקֶב בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים, רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בַּפַּטִּישׁ. עַיֵּיל שׁוּפְתָּא בְּקוֹפִינָא דְמָרָא, רַב אָמַר: מִשּׁוּם בּוֹנֶה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִשּׁוּם מַכֶּה בַּפַּטִּישׁ.
Nous avons appris dans la michna : Celui qui cisèle n’importe quelle quantité est passible. La Guemara demande : En ce qui concerne celui qui cisèle, au titre de quelle catégorie principale de travail interdit est-il passible ? Rav a dit : Il est passible au titre du travail interdit de construire. Et Shmuel a dit : Il est passible au titre du travail interdit de porter un coup avec un marteau pour achever le processus de fabrication d’un ustensile. Ils ont également divergé au sujet de celui qui fait un trou dans un poulailler. Rav a dit : Il est passible au titre du travail interdit de construire. Et Shmuel a dit : Il est passible au titre du travail interdit de porter un coup avec un marteau. Et de même, en ce qui concerne celui qui insère une cheville dans le manche d’une houe afin de fixer le manche, Rav a dit : Il est passible au titre du travail interdit de construire. Et Shmuel a dit : Il est passible au titre du travail interdit de porter un coup avec un marteau.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן קַמַּיְיתָא — בְּהַהִיא קָאָמַר רַב, מִשּׁוּם דְּדֶרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ. אֲבָל עוֹשֶׂה נֶקֶב בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים, דְּאֵין דֶּרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל. וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא — בְּהָא קָאָמַר רַב, מִשּׁוּם דְּדָמֵי לְבִנְיָן, דְּעַבְדֵיהּ לְאַוֵּירָא,
La Guemara commente : Il est nécessaire que la Guemara nous enseigne que Rav et Shmuel étaient en désaccord dans chacun de ces cas, car on ne pouvait pas déduire l’un de l’autre. Car, si la Guemara nous avait enseigné seulement le premier cas de ciselage, j’aurais dit que c’est précisément dans ce cas que Rav a dit qu’on est passible pour construction parce que c’est une manière typique de construire ; cependant, en ce qui concerne celui qui fait un trou dans un poulailler, ce qui n’est pas une manière typique de construire, dis que Rav est d’accord avec Shmuel que cela n’est pas inclus dans la catégorie du travail interdit de construire. Et si la Guemara nous avait enseigné seulement ce cas de faire un trou dans un poulailler, j’aurais dit que c’est précisément dans ce cas que Rav a dit qu’on est passible pour construction, parce que cela ressemble à la construction, puisque les gens le font pour la ventilation dans un poulailler, tout comme ils placent des fenêtres dans les bâtiments.
אֲבָל שׁוּפְתָּא בְּקוֹפִינָא דְמָרָא דְּאֵין דֶּרֶךְ בִּנְיָן בְּכָךְ — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל. וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר שְׁמוּאֵל, אֲבָל בְּהָנָךְ תַּרְתֵּי — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לְרַב, צְרִיכָא.
Cependant, insérer une cheville dans le manche d’une houe, ce qui n’est pas une manière typique de construire, disons que Rav est d’accord avec Shmuel que cela n’est pas inclus dans la catégorie du travail interdit de construire. À l’inverse, si la Guemara ne nous avait dit que ce cas-ci d’insertion d’une cheville dans le manche d’une houe, j’aurais dit que c’est seulement dans ce cas que Shmuel a dit que l’action n’est pas incluse dans la catégorie du travail interdit de construire ; cependant, en ce qui concerne ces autres deux cas de ciselage et de percement d’un trou dans le poulailler, disons que Shmuel est d’accord avec Rav qu’ils sont inclus dans la catégorie du travail interdit de construire. Par conséquent, il était nécessaire de citer les trois différends.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב נָתָן בַּר אוֹשַׁעְיָא מֵרַבִּי יוֹחָנָן: מְסַתֵּת מִשּׁוּם מַאי מִיחַיַּיב? אַחְוִי לֵיהּ בִּידֵיהּ מִשּׁוּם מַכֶּה בַּפַּטִּישׁ. וְהָאֲנַן תְּנַן: הַמְסַתֵּת וְהַמַּכֶּה בַּפַּטִּישׁ! אֵימָא: הַמְסַתֵּת הַמַּכֶּה בַּפַּטִּישׁ.
Rav Natan bar Oshaya a soulevé un dilemme devant Rabbi Yoḥanan : En ce qui concerne celui qui cisèle, pour quelle catégorie principale de travail interdit est-il passible ? Il indiqua de la main qu’il est passible pour avoir porté un coup avec un marteau. La Guemara demande : N’avons-nous pas appris dans la michna : Celui qui cisèle et celui qui porte un coup avec un marteau, ce qui indique qu’il s’agit de deux interdictions différentes ? La Guemara répond : Émende cela et dis : Celui qui cisèle est passible en raison de l’interdiction de porter un coup avec un marteau.
תָּא שְׁמַע:
Viens et écoute une preuve qui résoudra ce dilemme de ce que nous avons appris :