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זַמֵּר בְּכׇל יוֹם, זַמֵּר בְּכׇל יוֹם. אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אֲבוּדִימִי: מַאי קְרָא? שֶׁנֶּאֱמַר: ״נֶפֶשׁ עָמֵל עָמְלָה לּוֹ כִּי אָכַף עָלָיו פִּיהוּ״. הוּא עָמֵל בִּמְקוֹם זֶה, וְתוֹרָתוֹ עוֹמֶלֶת לוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר.
Chante chaque jour, chante chaque jour, c’est-à-dire révise tes études comme une chanson que l’on chante encore et encore. Rav Yitzḥak bar Avudimi dit : De quel verset cela est-il dérivé ? C’est comme il est dit : « La faim du travailleur travaille pour lui, car sa bouche le presse » (Proverbes 16:26), c’est-à-dire qu’il épuise sa bouche par une révision et une étude constantes. Il peine dans la Torah en ce lieu, dans ce monde, et sa Torah peine pour lui dans un autre lieu, dans le Monde à venir.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם לְעָמָל נִבְרָא, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי אָדָם לְעָמָל יוּלָּד״. אֵינִי יוֹדֵעַ אִם לַעֲמַל פֶּה נִבְרָא אִם לַעֲמַל מְלָאכָה נִבְרָא. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״כִּי אָכַף עָלָיו פִּיהוּ״, הֱוֵי אוֹמֵר לַעֲמַל פֶּה נִבְרָא. וַעֲדַיִין אֵינִי יוֹדֵעַ אִם לַעֲמַל תּוֹרָה אִם לַעֲמַל שִׂיחָה. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ״, הֱוֵי אוֹמֵר לַעֲמַל תּוֹרָה נִבְרָא. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רָבָא: כּוּלְּהוּ גּוּפֵי דְּרוּפְתְּקֵי נִינְהוּ. טוּבֵיהּ לִדְזָכֵי דְּהָוֵי דְּרוּפְתְּקֵי דְּאוֹרָיְיתָא.
Rabbi Elazar dit : Tout homme a été créé pour le labeur, comme il est dit : « L’homme naît pour la peine » (Job 5:7). Sur la base de ce verset, je ne sais pas s’il a été créé pour le labeur de la bouche, de la parole, ou s’il a été créé pour le labeur du travail. Lorsque le verset déclare : « Car sa bouche le pousse » (Proverbes 16:26), il faut dire qu’il a été créé pour le labeur de la bouche. Et pourtant je ne sais pas encore, en ce qui concerne le labeur de la bouche, s’il s’agit du labeur de la Torah ou du labeur de la conversation. Lorsque le verset déclare : « Ce livre de la Torah ne quittera pas ta bouche » (Josué 1:8), il faut dire qu’il a été créé pour le labeur de la Torah. Et tel est le sens de ce que Rava a dit : Tous les corps sont comme des réceptacles pour conserver des choses jusqu’à leur usage. Heureux celui qui a le privilège d’être un réceptacle pour la Torah.
״נֹאֵף אִשָּׁה חֲסַר לֵב״. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: זֶה הַלּוֹמֵד תּוֹרָה לִפְרָקִים, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי נָעִים כִּי תִשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ יִכֹּנוּ יַחְדָּו עַל שְׂפָתֶיךָ״.
Le verset déclare : « Celui qui commet l’adultère avec une femme est dépourvu d’intelligence » (Proverbes 6:32). Reish Lakish dit : Cela fait référence à celui qui étudie la Torah de façon intermittente, qui est comme un adultère, qui faute avec l’autre femme de façon intermittente, comme il est dit au sujet des paroles de la Torah : « Car c’est une chose agréable si tu les gardes au-dedans de ton ventre ; qu’elles soient affermies sur tes lèvres » (Proverbes 22:18), et il faut garder la Torah toujours disponible.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהַנֶּפֶשׁ אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה בְּיָד רָמָה״ – זֶה מְנַשֶּׁה בֶּן חִזְקִיָּה, שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְדוֹרֵשׁ בְּהַגָּדוֹת שֶׁל דּוֹפִי.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita qu’au sujet du verset : « Mais la personne qui agit avec arrogance, qu’elle soit native du pays ou étrangère, cette personne blasphème l’Éternel » (Nombres 15:30), cela fait référence à Manassé ben Ézéchias, roi d’Israël, qui s’asseyait et enseignait des interprétations erronées des récits de la Torah.
אָמַר: וְכִי לֹא הָיָה לוֹ לְמֹשֶׁה לִכְתּוֹב אֶלָּא ״וַאֲחוֹת לוֹטָן תִּמְנָע״, ״וְתִמְנַע הָיְתָה פִילֶגֶשׁ לֶאֱלִיפַז״, ״וַיֵּלֶךְ רְאוּבֵן בִּימֵי קְצִיר חִטִּים וַיִּמְצָא דוּדָאִים בַּשָּׂדֶה״? יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״תֵּשֵׁב בְּאָחִיךָ תְדַבֵּר בְּבֶן אִמְּךָ תִּתֶּן דֹּפִי. אֵלֶּה עָשִׂיתָ וְהֶחֱרַשְׁתִּי דִּמִּיתָ הֱיוֹת אֶהְיֶה כָמוֹךָ אוֹכִיחֲךָ וְאֶעֶרְכָה לְעֵינֶיךָ״.
Manassé dit : Mais Moïse devait-il écrire seulement des choses insignifiantes qui n’enseignent rien, par exemple : « Et la sœur de Lotân était Timna » (Genèse 36:22), ou : « Et Timna était la concubine d’Éliphaz, fils d’Ésaü » (Genèse 36:12), ou : « Et Ruben alla aux jours de la moisson du blé et trouva des duda’im dans le champ » (Genèse 30:14) ? Une Voix divine se fit entendre et lui dit : « Tu t’assieds et tu parles contre ton frère ; tu calomnies le fils de ta propre mère. Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu ; tu t’imaginais que j’étais comme toi, mais je te reprendrai et je mettrai la chose sous tes yeux » (Psaumes 50:20–21). Les versets de la Torah ne sont pas des choses vides, au sujet desquelles tu peux décider de leur portée.
וְעָלָיו מְפוֹרָשׁ בַּקַּבָּלָה: ״הוֹי מֹשְׁכֵי הֶעָוֹן בְּחַבְלֵי הַשָּׁוְא וְכַעֲבוֹת הָעֲגָלָה חַטָּאָה״. מַאי ״כַּעֲבוֹת הָעֲגָלָה״? אָמַר רַבִּי אַסִּי: יֵצֶר הָרָע בַּתְּחִלָּה דּוֹמֶה לְחוּט שֶׁל כּוּבְיָא, וּלְבַסּוֹף דּוֹמֶה לַעֲבוֹת הָעֲגָלָה.
Et au sujet de Manassé ben Ézéchias, il est explicitement déclaré dans les textes de la tradition, les Prophètes : « Malheur à ceux qui tirent l’iniquité avec des cordes de vanité, et le péché comme avec un câble de char » (Isaïe 5:18). Que signifie l’expression « comme avec un câble de char » ? Rabbi Assi dit : C’est une référence au mauvais penchant. Au début, il semble être un fragile fil de filage [kuveya] et finalement il semble être un solide câble de char.
דַּאֲתַן עֲלַהּ, מִיהַת, ״אֲחוֹת לוֹטָן תִּמְנָע״ מַאי הִיא? תִּמְנַע בַּת מְלָכִים הֲוַאי, דִּכְתִיב: ״אַלּוּף לוֹטָן״, ״אַלּוּף תִּמְנָע״, וְכׇל אַלּוּף – מַלְכוּתָא בְּלָא תָּאגָא הִיא.
Manassé commença par se moquer de quelques versets et finit par violer toute la Torah. La Guemara demande : En ce qui concerne ce verset auquel nous sommes parvenus pour en discuter, en tout état de cause, quelle est la signification de l’expression dans le verset « Et la sœur de Lotan était Timna » ? La Guemara explique : Timna était la fille de rois, comme il est écrit : « le chef de Lotan » (Genèse 36:29), et : « le chef de Timna » (Genèse 36:40), et chaque chef est membre d’une monarchie, bien que sans couronne. C’est pourquoi on les appelle chef et non roi.
בָּעֲיָא לְאִיגַּיּוֹרֵי. בָּאתָה אֵצֶל אַבְרָהָם, יִצְחָק וְיַעֲקֹב, וְלֹא קִבְּלוּהָ. הָלְכָה וְהָיְתָה פִילֶגֶשׁ לֶאֱלִיפַז בֶּן עֵשָׂו. אָמְרָה: מוּטָב תְּהֵא שִׁפְחָה לְאוּמָּה זוֹ וְלֹא תְּהֵא גְּבִירָה לְאוּמָּה אַחֶרֶת. נְפַק מִינַּהּ עֲמָלֵק, דְּצַעֲרִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל. מַאי טַעְמָא? דְּלָא אִיבְּעִי לְהוּ לְרַחוֹקַהּ.
Timna chercha à se convertir. Elle se présenta devant Abraham, Isaac et Jacob, et ils ne l’acceptèrent pas. Elle alla devenir la concubine d’Éliphaz, fils d’Ésaü, et dit, en parlant d’elle-même : Il vaut mieux qu’elle soit une servante pour cette nation, plutôt qu’une noble pour une autre nation. Finalement, Amalek, fils d’Éliphaz, sortit d’elle, et cette tribu affligea le peuple juif. Quelle est la raison pour laquelle le peuple juif fut puni en souffrant de la main d’Amalek ? Cela est dû au fait qu’ils n’auraient pas dû la rejeter lorsqu’elle chercha à se convertir. Par conséquent, le verset est significatif.
״וַיֵּלֶךְ רְאוּבֵן בִּימֵי קְצִיר חִטִּים״. אָמַר רָבָא בְּרַבִּי יִצְחָק אָמַר רַב: מִכָּאן לְצַדִּיקִים שֶׁאֵין פּוֹשְׁטִין יְדֵיהֶן בְּגָזֵל. ״וַיִּמְצָא דּוּדָאִים בַּשָּׂדֶה״. מַאי דּוּדָאִים? אָמַר רַב: יַבְרוּחֵי. לֵוִי אָמַר: סִיגְלֵי. רַבִּי יוֹנָתָן אָמַר: סְבִיסְקֵי.
« Et Ruben alla aux jours de la moisson du blé » (Genèse 30:14). Rava, fils de Rabbi Yitzḥak, dit que Rav dit : D’ici on peut voir que les justes n’étendent pas leurs mains pour se livrer au vol, même pour de petites choses, car au lieu de prendre du blé, Ruben n’a pris que les duda’im sans propriétaire. Le verset continue : « Et il trouva des duda’im dans le champ. » La Guemara demande : Que sont les duda’im ? Rav dit : C’est une plante appelée yavruḥei. Lévi dit : Ce sont des violettes. Rabbi Yonatan dit : Ce sont des seviskei.
אָמַר רַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי: כׇּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה לִשְׁמָהּ מֵשִׂים שָׁלוֹם בְּפָמַלְיָא שֶׁל מַעְלָה וּבְפָמַלְיָא שֶׁל מַטָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אוֹ יַחֲזֵק בְּמָעֻזִּי יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם לִי שָׁלוֹם יַעֲשֶׂה לִּי״.
§ À propos de l’importance de l’étude de la Torah, Rabbi Alexandri dit : Quiconque s’adonne à l’étude de la Torah pour elle-même introduit la paix dans l’entourage céleste d’en haut et dans l’entourage terrestre d’en bas, comme il est dit : “Ou qu’il saisisse Ma forteresse [ma’uzi], afin qu’il fasse la paix avec Moi ; et il fera la paix avec Moi” (Isaïe 27:5). Celui qui observe la Torah, qui est appelée oz, introduit la paix, pour ainsi dire, même devant la présence de Dieu.
רַב אָמַר: כְּאִילּוּ בָּנָה פַּלְטֵרִין שֶׁל מַעְלָה וְשֶׁל מַטָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָאָשִׂים דְּבָרַי בְּפִיךָ וּבְצֵל יָדִי כִּסִּיתִיךָ לִנְטֹעַ שָׁמַיִם וְלִיסֹד אָרֶץ״. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף מֵגֵין עַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְצֵל יָדִי כִּסִּיתִיךָ״. וְלֵוִי אָמַר: אַף מְקָרֵב אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֵאמֹר לְצִיּוֹן עַמִּי אָתָּה״.
Rav dit : C’est comme s’il avait bâti un palais de ciel en haut et de terre en bas, comme il est dit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche, et Je t’ai couvert de l’ombre de Ma main, pour planter les cieux et fonder la terre, et dire à Sion : tu es Mon peuple » (Isaïe 51:16). Celui qui a la parole de Dieu placée dans sa bouche par l’étude de la Torah a établi le ciel et la terre. Rabbi Yoḥanan dit : Celui qui s’adonne à l’étude de la Torah protège aussi le monde entier, comme il est dit : « Et Je t’ai couvert de l’ombre de Ma main. » Et Lévi dit : Il hâte aussi la venue de la rédemption, comme il est dit : « Et dire à Sion : tu es Mon peuple. »
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל הַמְלַמֵּד אֶת בֶּן חֲבֵירוֹ תּוֹרָה, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עֲשָׂאוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵת הַנֶּפֶשׁ אֲשֶׁר עָשׂוּ בְחָרָן״. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כְּאִילּוּ עֲשָׂאָן לְדִבְרֵי תוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת דִּבְרֵי הַבְּרִית הַזֹּאת וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם״. רָבָא אָמַר: כְּאִילּוּ עֲשָׂאוֹ לְעַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם״ – אַל תִּקְרֵי ״אֹתָם״ אֶלָּא ״אַתֶּם״.
Reish Lakish a dit : En ce qui concerne quiconque enseigne la Torah au fils d’un autre, le verset lui attribue le mérite comme s’il l’avait formé, comme il est dit : « Et Abram prit Saraï, sa femme…et les âmes qu’ils avaient formées à Haran » (Genèse 12:5). Le mérite leur est attribué d’avoir formé les élèves à qui ils ont enseigné la Torah. Rabbi Elazar dit : C’est comme s’il avait façonné [asa’an] les paroles mêmes de la Torah, comme il est dit : “Observez les paroles de cette alliance, va’asitem otam (Deutéronome 29:8), ce qui indique qu’étudier la Torah revient à la façonner. Rava dit : C’est comme s’il s’était façonné lui-même, comme il est dit : “Va’asitem otam.” Ne lis pasva’asitem otam comme : Et vous les façonnerez ; mais plutôt, lis-le comme va’asitem atem, c’est-à-dire : Vous vous façonnerez vous-mêmes.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כׇּל הַמְעַשֶּׂה אֶת חֲבֵירוֹ לִדְבַר מִצְוָה, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמַטְּךָ אֲשֶׁר הִכִּיתָ בּוֹ אֶת הַיְאֹר״. וְכִי מֹשֶׁה הִכָּהוּ? וַהֲלֹא אַהֲרֹן הִכָּהוּ! אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הַמְעַשֶּׂה אֶת חֲבֵירוֹ לִדְבַר מִצְוָה, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ.
Rabbi Abbahou dit : En ce qui concerne quiconque amène un autre à s’engager dans une affaire de mitsva, le verset lui attribue le mérite comme s’il l’avait accomplie lui-même, comme il est dit : « Et le Seigneur dit à Moïse… et ton bâton, avec lequel tu as frappé le fleuve, prends-le dans ta main et va » (Exode 17:5). Et était-ce Moïse qui a frappé le fleuve ? Mais n’est-il pas écrit explicitement (voir Exode 7:19–20) qu’Aaron a frappé le fleuve ? Au contraire, ce verset vient te dire : quiconque amène un autre à s’engager dans une affaire de mitsva, le verset lui attribue le mérite comme s’il l’avait accomplie lui-même.
אֶפִּיקוֹרוֹס: רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ, זֶה הַמְבַזֶּה תַּלְמִיד חָכָם. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי, זֶה הַמְבַזֶּה חֲבֵירוֹ בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם.
§ La michna enseigne que ceux qui n’ont pas de part dans le Monde à venir incluent un epikoros. Rav et Rabbi Ḥanina disent tous deux : Celui-ci est celui qui traite un érudit de la Torah avec mépris. Rabbi Yoḥanan et Rabbi Yehoshua ben Levi disent : Celui-ci est celui qui traite autrui avec mépris devant un érudit de la Torah.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר: הַמְבַזֶּה חֲבֵירוֹ בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם אֶפִּיקוֹרוֹס הָוֵי, מְבַזֶּה תַּלְמִיד חָכָם עַצְמוֹ – מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא כַּהֲלָכָה הָוֵי. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: מְבַזֶּה תַּלְמִיד חָכָם עַצְמוֹ אֶפִּיקוֹרוֹס הָוֵי, מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה כְּגוֹן מַאי? כְּגוֹן מְנַשֶּׁה בֶּן חִזְקִיָּה.
La Guemara demande : Soit, selon celui qui dit que celui qui traite autrui avec mépris devant un érudit de la Torah est l’epikoros mentionné dans la michna, celui qui traite un érudit de la Torah avec mépris est caractérisé comme quelqu’un qui interprète la Torah de manière inappropriée, en raison de l’abaissement du statut d’un érudit de la Torah. Mais selon celui qui dit que celui qui traite l’érudit de la Torah lui-même avec mépris est l’epikoros mentionné dans la michna, comment caractériserait-il celui qui interprète la Torah de manière inappropriée ? À qui une telle personne ressemble-t-elle dans sa conduite ? Il est comme Manassé, fils d’Ézéchias, qui enseignait des interprétations erronées des récits de la Torah.
וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא: מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה. רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי: זֶה הַמְבַזֶּה תַּלְמִיד חָכָם. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי: זֶה הַמְבַזֶּה אֶת חֲבֵירוֹ בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם.
Et il y en a qui enseignent cette controverse à propos de la clause finale de la baraita : D’ici, Rabbi Elazar HaModa’i a dit : Celui qui interprète la Torah de manière inappropriée n’a pas de part au Monde à venir. Rav et Rabbi Ḥanina disent : Cela désigne celui qui traite un érudit de la Torah avec mépris. Rabbi Yoḥanan et Rabbi Yehoshua ben Levi disent : Cela désigne celui qui traite autrui avec mépris devant un érudit de la Torah.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר הַמְבַזֶּה תַּלְמִיד חָכָם עַצְמוֹ – מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה הָוֵי, מְבַזֶּה חֲבֵירוֹ בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם – אֶפִּיקוֹרוֹס הָוֵי, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מְבַזֶּה חֲבֵירוֹ בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם – מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה הָוֵי, אֶפִּיקוֹרוֹס כְּגוֹן מַאן? אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּגוֹן הָנֵי דְּאָמְרִי מַאי אַהֲנוֹ לַן רַבָּנַן? לְדִידְהוּ קָרוּ, לְדִידְהוּ תָּנוּ.
La Guemara demande : Soit, selon celui qui dit que celui qui traite un érudit de la Torah lui-même avec mépris est celui mentionné dans la baraita qui interprète la Torah de manière inappropriée, celui qui traite un autre avec mépris devant un érudit de la Torah est caractérisé comme l’epikoros mentionné dans la michna. Mais selon celui qui dit que celui qui traite un autre avec mépris devant un érudit de la Torah est celui mentionné dans la baraita qui interprète la Torah de manière inappropriée, comment caractériserait-il l’epikoros mentionné dans la michna ? Comme qui se conduit-il ? Rav Yossef dit : Il s’agit de celui qui se conduit comme ceux qui disent : En quoi les Sages nous ont-ils été utiles avec toute leur étude de la Torah ? Ils lisent la Bible pour leur propre bénéfice et ils étudient la Michna pour leur propre bénéfice.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: הַאי מְגַלֶּה פָּנִים בַּתּוֹרָה נָמֵי הוּא, דִּכְתִיב ״אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי״. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מֵהָכָא נָמֵי שְׁמַע מִינַּהּ, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְנָשָׂאתִי לְכׇל הַמָּקוֹם בַּעֲבוּרָם״.
Abaye lui dit : Cette personne qui remet en question le bénéfice apporté par les Sages entre aussi dans la catégorie de celui qui interprète la Torah de manière inappropriée, car par cette déclaration il renie la Torah elle-même, comme il est écrit : « Si ce n’était Mon alliance, jour et nuit, Je n’aurais pas établi les lois du ciel et de la terre » (Jérémie 33:25). L’alliance éternelle de la Torah est responsable du maintien de l’existence du monde entier. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : D’ici aussi, on conclut le même concept à partir de cela, comme il est dit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, alors J’épargnerai tout l’endroit à cause d’eux » (Genèse 18:26). Les justes protègent l’endroit où ils résident.
אֶלָּא, כְּגוֹן דְּיָתֵיב קַמֵּיהּ רַבֵּיהּ, וְנָפְלָה לֵיהּ שְׁמַעְתָּא בְּדוּכְתָּא אַחֲרִיתִי, וְאָמַר: הָכִי אָמְרִינַן הָתָם, וְלָא אָמַר: הָכִי אָמַר מָר. רָבָא אָמַר: כְּגוֹן הָנֵי דְּבֵי בִּנְיָמִין אָסְיָא, דְּאָמְרִי: מַאי אַהֲנוֹ לַן רַבָּנַן מֵעוֹלָם?
Au contraire, l’epikoros mentionné dans la michna désigne celui qui se conduit comme quelqu’un qui est assis devant son maître et qu’une halakha qu’il a apprise d’un autre endroit lui vient à l’esprit et l’élève dit : C’est ce que nous disons là-bas, et ne dit pas avec déférence : C’est ce que le Maître a dit, même s’il n’a pas appris cette question de son maître. Rava a dit : Le terme epikoros désigne celui qui se conduit comme ceux de la maison de Binyamin le médecin, qui disent : De quelle manière les Sages nous ont-ils été utiles avec toute leur étude de la Torah ? Jamais

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