לָא שְׁרוֹ לַן עוֹרְבָא, וְלָא אֲסַרוּ לַן יוֹנָה.
nous ont-ils permis un corbeau, ou nous ont-ils interdit une colombe ? Ils nous disent simplement des choses énoncées explicitement dans la Torah.
רָבָא, כִּי הֲווֹ מַיְיתִי טְרֵיפְתָּא דְּבֵי בִנְיָמִין קַמֵּיהּ, כִּי הֲוָה חָזֵי בַּהּ טַעְמָא לְהֶיתֵּירָא, אֲמַר לְהוּ: תֶּחֱזוֹ דְּקָא שָׁרֵינָא לְכוּ עוֹרְבָא. כִּי הֲוָה חָזֵי לַהּ טַעְמָא לְאִיסּוּרָא, אֲמַר לְהוּ: תֶּחֱזוֹ דְּקָא אָסַרְנָא לְכוּ יוֹנָה.
La Guemara rapporte au sujet de Rava : Lorsqu’on lui apportait une possible tereifa de la maison de Binyamin, lorsqu’il y voyait une raison de permettre sa consommation, Rava leur disait : Voyez que je vous permets un corbeau, car c’est un animal qui paraissait interdit. Lorsqu’il y voyait une raison d’interdire sa consommation, Rava leur disait : Voyez que je vous interdis une colombe.
רַב פָּפָּא אָמַר: כְּגוֹן דְּאָמַר ״הָנֵי רַבָּנַן״. רַב פָּפָּא אִישְׁתְּלִי וְאָמַר: ״כְּגוֹן הָנֵי רַבָּנַן״, וְאִיתִּיב בְּתַעֲנִיתָא.
Rav Pappa dit : L’epikoros mentionné dans la michna désigne celui qui se conduit comme quelqu’un qui dit : Ces Sages, avec une nuance méprisante. La Guemara rapporte que Rav Pappa lui-même a oublié dans un cas et a dit : Comme ces Sages, et il a jeûné afin d’obtenir l’expiation pour s’être exprimé de cette manière.
לֵוִי בַּר שְׁמוּאֵל וְרַב הוּנָא בַּר חִיָּיא הֲווֹ קָא מְתַקְּנִי מִטְפְּחוֹת סִפְרֵי דְּבֵי רַב יְהוּדָה. כִּי מָטוּ מְגִילַּת אֶסְתֵּר אָמְרִי: הָא [מְגִילַּת אֶסְתֵּר] לָא בָּעֵי מִטְפַּחַת. אֲמַר לְהוּ: כִּי הַאי גַוְונָא נָמֵי מִיחְזֵי כִּי אַפְקֵירוּתָא.
La Guemara raconte : Levi bar Shmuel et Rav Huna bar Ḥiyya réparaient des manteaux pour les rouleaux sacrés de l’école de Rav Yehuda. Lorsqu’ils arrivèrent au rouleau d’Esther, ils dirent : Ce rouleau d’Esther n’a pas besoin de manteau, car il n’est pas aussi important que les autres rouleaux sacrés. Rav Yehuda leur dit : Une déclaration de ce genre semble aussi exprimer de l’irrévérence comme l’irrévérence typique d’un epikoros, car vous n’auriez pas dû désigner le rouleau d’Esther comme : Ce rouleau.
רַב נַחְמָן אָמַר: זֶה הַקּוֹרֵא רַבּוֹ בִּשְׁמוֹ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מָה נֶעֱנַשׁ גֵּיחֲזִי? מִפְּנֵי שֶׁקָּרָא לְרַבּוֹ בִּשְׁמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר גֵּחֲזִי אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ זֹאת הָאִשָּׁה וְזֶה בְּנָהּ אֲשֶׁר הֶחֱיָה אֱלִישָׁע״.
Rav Naḥman dit : Un epikoros est quelqu’un qui appelle son maître par son nom et ne l’appelle pas Rabbi, comme Rabbi Yoḥanan l’a dit : Pour quelle raison Gueḥazi a-t-il été puni ? C’est à cause du fait qu’il a appelé son maître par son nom, comme il est dit : « Et Gueḥazi dit : Mon seigneur le roi, voici la femme, et voici son fils, que Élisée a ramené à la vie » (II Rois 8:5).
יָתֵיב רַבִּי יִרְמְיָה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי זֵירָא, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהוֹצִיא נַחַל מִבֵּית קׇדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים, וְעָלָיו כׇּל מִינֵי מְגָדִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַל הַנַּחַל יַעֲלֶה עַל שְׂפָתוֹ מִזֶּה וּמִזֶּה כׇּל עֵץ מַאֲכָל לֹא יִבּוֹל עָלֵהוּ וְלֹא יִתֹּם פִּרְיוֹ לׇחֳדָשָׁיו יְבַכֵּר כִּי מֵימָיו מִן הַמִּקְדָּשׁ [הֵמָּה] יוֹצְאִים וְהָיָה פִרְיוֹ לְמַאֲכָל וְעָלֵהוּ לִתְרוּפָה״. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: ״יִישַׁר״, וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״יִישַׁר״. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: כִּי הַאי גַּוְנָא מִיחְזֵי אַפְקֵרוּתָא?
§ La Guemara raconte : Rabbi Yirmeya était assis devant Rabbi Zeira, et, assis, il dit : Le Saint, béni soit-Il, fera sortir un fleuve du Saint des Saints, et le long de celui-ci pousseront toutes sortes de délices, comme il est dit : « Et près du fleuve, sur sa rive, de ce côté-ci et de ce côté-là, croîtra tout arbre pour la nourriture, dont la feuille ne se flétrira pas et dont le fruit ne tombera pas ; il produira de nouveaux fruits chaque mois, parce que ses eaux sortent du Sanctuaire ; et son fruit sera pour la nourriture et sa feuille pour le remède » (Ézéchiel 47:12). Un certain ancien dit à Rabbi Yirmeya : Bien dit, et c’est ainsi que Rabbi Yoḥanan a dit aussi : Bien dit. Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : Une déclaration de ce genre, lorsqu’une personne qui n’est pas un érudit de Torah dit à un Sage que sa déclaration est correcte, semble-t-elle être l’irrévérence typique d’un epikoros ?
אֲמַר לֵיהּ: הָא [הַאי] סַיּוֹעֵי קָא מְסַיַּיע לֵיהּ [לָךְ]! אֶלָּא אִי שְׁמִיעַ לָךְ הָא, שְׁמִיעַ לָךְ: כִּי הָא דְּיָתֵיב רַבִּי יוֹחָנָן וְקָא דָרֵישׁ: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהָבִיא אֲבָנִים טוֹבוֹת וּמַרְגָּלִיּוֹת שֶׁהֵן שְׁלֹשִׁים עַל שְׁלֹשִׁים אַמּוֹת, וְחוֹקֵק בָּהֶם עֶשֶׂר בְּרוּם עֶשְׂרִים, וּמַעֲמִידָן בְּשַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שִׁמְשֹׁתַיִךְ וּשְׁעָרַיִךְ לְאַבְנֵי אֶקְדָּח וְגוֹ׳״. לִגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד, אָמַר: הַשְׁתָּא כְּבֵיעֲתָא דְצִילְצְלָא לָא מַשְׁכְּחִינַן, כּוּלֵּי הַאי מַשְׁכְּחִינַן?
Rabbi Zeira lui dit : Mais ne soutient-il pas ton affirmation ? Il n’avait aucune intention de manquer de respect. Au contraire, si tu as entendu que parfois soutenir la déclaration d’un Sage est irrévérencieux, voici ce que tu as entendu : C’est comme ce cas où Rabbi Yoḥanan s’assit et enseigna : Le Saint, béni soit-Il, est destiné à apporter des pierres précieuses et des joyaux de trente sur trente coudées, et Il y percera une ouverture de dix coudées de large sur vingt coudées de haut et les placera pour servir de portes de Jérusalem, comme il est dit : « Je ferai tes pinacles de rubis et tes portes d’escarboucles » (Isaïe 54:12). Un certain étudiant se moqua de lui et dit : À présent, actuellement, nous ne trouvons pas de pierres précieuses comparables en taille à l’œuf d’une colombe des palmiers. Trouverons-nous des pierres aussi grandes que celles que tu as décrites ?
לְיָמִים הִפְלִיגָה סְפִינָתוֹ בַּיָּם. חֲזִינְהוּ לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת דְּקָא מְנַסְּרִי אֲבָנִים טוֹבוֹת וּמַרְגָּלִיּוֹת. אֲמַר לְהוּ: הָנֵי לְמַאן? אָמְרִי: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַעֲמִידָן בְּשַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם. כִּי הֲדַר אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּיָתֵיב וְקָא דָרֵישׁ. אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, דְּרוֹשׁ וּלְךָ נָאֶה לִדְרוֹשׁ. כְּשֵׁם שֶׁאָמַרְתָּ כָּךְ רָאִיתִי. אָמַר לוֹ: רֵיקָה! אִם לֹא רָאִיתָ לֹא הֶאֱמַנְתָּ? מְלַגְלֵג עַל דִּבְרֵי חֲכָמִים אַתָּה! יְהַב בֵּיהּ עֵינֵיהּ וַעֲשָׂאוֹ גַּל שֶׁל עֲצָמוֹת.
Quelque temps plus tard, le navire de cet étudiant prit la mer. Il vit les anges serviteurs tailler des pierres précieuses de cette taille. Il dit aux anges : Pour qui sont ces pierres ? Les anges dirent à lui : Le Saint, béni soit-Il, est destiné à les placer aux portes de Jérusalem. Lorsque l’étudiant revint, il trouva Rabbi Yoḥanan, qui était assis et enseignait. L’étudiant lui dit : Mon maître, enseigne, et il convient que tu enseignes. Tout comme tu l’as dit au sujet des pierres précieuses, c’est ainsi que j’ai vu. Rabbi Yoḥanan lui dit : Bon à rien, si tu n’avais pas vu cela, tu ne l’aurais pas cru ? Tu es de ceux qui se moquent des paroles des Sages. Rabbi Yoḥanan porta son regard sur lui avec colère et le réduisit à un tas d’ossements.
מֵיתִיבִי: ״וָאוֹלֵךְ אֶתְכֶם קוֹמְמִיּוּת״ – רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מָאתַיִם אַמָּה, כִּשְׁתֵּי קוֹמוֹת שֶׁל אָדָם הָרִאשׁוֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מֵאָה אַמָּה, כְּנֶגֶד הֵיכָל וּכְתָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר בָּנֵינוּ כִּנְטִעִים מְגֻדָּלִים בִּנְעוּרֵיהֶם בְּנוֹתֵינוּ כְזָוִיּוֹת מְחֻטָּבוֹת תַּבְנִית הֵיכָל וְגוֹ׳״.
La Guemara soulève une objection tirée d’une baraita à l’affirmation de Rabbi Yoḥanan selon laquelle les portes auront vingt coudées de hauteur. Les Sages ont débattu de l’interprétation du verset : « Et Je vous ai fait marcher droits [komemiyyut] » (Lévitique 26:13). Rabbi Meir dit qu’à la fin des temps, les gens mesureront deux cents coudées de haut, soit deux fois la taille d’Adam, le premier homme, qui mesurait cent coudées. Rabbi Yehuda dit : Les gens mesureront cent coudées de haut, correspondant à la hauteur du Sanctuaire et de ses murs, comme il est dit : « Nos fils sont comme des plantes qui ont grandi dans leur jeunesse ; nos filles comme des pierres d’angle, sculptées selon le modèle d’un palais » (Psaumes 144:12), ce qui indique que les fils et les filles mesureront cent coudées de haut, la hauteur du Sanctuaire. Si les gens sont si grands, comment entreront-ils par des portes hautes de vingt coudées ?
כִּי קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, לְכַוֵּי דְּבֵי זִיקָא.
La Guemara répond : Lorsque le rabbin Yoḥanan dit que les ouvertures auraient vingt coudées de hauteur, il fait référence aux fenêtres par lesquelles le vent entre. Les portes par lesquelles les gens entrent s’élèveront beaucoup plus haut.
מַאי ״וְעָלֵהוּ לִתְרוּפָה״? רַבִּי יִצְחָק בַּר אֲבוּדִימִי וְרַב חִסְדָּא: חַד אָמַר, לְהַתִּיר פֶּה שֶׁל מַעְלָה; וְחַד אָמַר, לְהַתִּיר פֶּה שֶׁל מַטָּה.
§ À propos du fleuve qui émergera du Saint des Saints, la Guemara demande : Quel est le sens de l’expression : Et sa feuille pour remède [literufa] ? Rabbi Yitzḥak bar Avudimi et Rav Ḥisda sont en désaccord. L’un dit : C’est une abréviation de l’expression : Pour délier la bouche [lehattir peh] d’en haut, c’est-à-dire que la feuille guérit le muet. Et l’un dit : C’est bien cette abréviation, mais elle signifie délier la bouche d’en bas, un euphémisme pour guérir l’utérus d’une femme stérile.
אִיתְּמַר נָמֵי: חִזְקִיָּה אָמַר לְהַתִּיר פֶּה אִילְּמִין, בַּר קַפָּרָא אָמַר לְהַתִּיר פֶּה עֲקָרוֹת, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לִתְרוּפָה מַמָּשׁ. מַאי לִתְרוּפָה? רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: לְתוֹאַר פָּנִים שֶׁל בַּעֲלֵי הַפֶּה.
Il a également été dit que d’autres Sages ont eu un différend au sujet de cette question. Ḥizkiyya dit que la référence est : ouvrir la bouche des muets, et bar Kappara dit que la référence est : ouvrir la bouche des femmes stériles. Rabbi Yoḥanan dit : La référence est au véritable remède. La Guemara demande : Selon cette opinion, quel est le sens du terme : Pour remède [literufa] ? Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit : C’est une abréviation signifiant pour embellir le visage [letoar panim] des gardiens de la bouche [peh], c’est-à-dire les Sages, qui ont peiné avec leur bouche pour étudier la Torah dans ce monde.
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי סִימוֹן: כָּל הַמַּשְׁחִיר פָּנָיו עַל דִּבְרֵי תּוֹרָה בָּעוֹלָם הַזֶּה, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַבְהִיק זִיוָיו לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַרְאֵהוּ כַּלְּבָנוֹן בָּחוּר כָּאֲרָזִים״.
Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Simon, a enseigné : Car quiconque noircit son visage en peinant sur des questions de Torah dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, fait rayonner son éclat dans le Monde à Venir, comme il est dit : « Ses boucles sont ondulées, noires comme le corbeau » (Cantique des Cantiques 5:11), et ensuite il est écrit : « Son apparence est comme le Liban, remarquable comme les cèdres » (Cantique des Cantiques 5:15), suivi de : « Son palais est douceur » (Cantique des Cantiques 5:16). Celui qui s’adonne aux douceurs, c’est-à-dire à l’étude de la Torah, dans ce monde, jusqu’à en être noirci, noir comme un corbeau, mérite un éclat resplendissant dans le Monde à Venir.
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרַבִּי חֲנִילַאי: כׇּל הַמַּרְעִיב עַצְמוֹ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה בָּעוֹלָם הַזֶּה, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַשְׂבִּיעוֹ לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִרְוְיֻן מִדֶּשֶׁן בֵּיתֶךָ וְנַחַל עֲדָנֶיךָ תַשְׁקֵם״.
Rabbi Tanḥum, fils de Rabbi Ḥanilai, dit : En ce qui concerne quiconque s’affame pour des questions de Torah dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, le rassasie dans le Monde à venir, comme il est dit : « Tes jugements sont comme le grand abîme » (Psaumes 36:7), ce qui indique que Dieu est rigoureux avec les justes et ne les récompense pas dans ce monde, et il est dit ensuite : « Ils sont abondamment rassasiés de l’abondance de Ta maison, et Tu leur fais boire au fleuve de Tes délices » (Psaumes 36:9).
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִיתֵּן לְכׇל צַדִּיק וְצַדִּיק מְלֹא עוֹמְסוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרוּךְ ה׳ יוֹם יוֹם יַעֲמָס לָנוּ הָאֵל יְשׁוּעָתֵנוּ סֶלָה״. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״מִי מָדַד בְּשׇׁעֳלוֹ מַיִם וְשָׁמַיִם בַּזֶּרֶת תִּכֵּן״?
Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : Le Saint, béni soit-Il, donnera à chaque juste Sa poignée, comme il est dit : « Béni soit le Seigneur, qui jour après jour porte notre fardeau ; Dieu est notre salut, Sélah » (Psaumes 68:20). Abaye lui dit : Et est-il possible de dire cela, que le Saint, béni soit-Il, leur donnera Sa poignée ? Mais n’a-t-il pas déjà été dit : « Qui a mesuré les eaux dans le creux de Sa main, et évalué les cieux avec l’empan, et contenu la poussière de la terre dans une mesure » (Isaïe 40:12) ? Et si l’empan du Saint, béni soit-Il, est aussi grand que les cieux, comment une personne peut-elle recevoir une poignée du Saint, béni soit-Il ?
אֲמַר: מַאי טַעְמָא לָא שְׁכִיחַתְּ בְּאַגַּדְתָּא? דְּאָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא בַּר מָרִי: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִיתֵּן לְכׇל צַדִּיק וְצַדִּיק שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וַעֲשָׂרָה עוֹלָמוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְהַנְחִיל אֹהֲבַי יֵשׁ וְאֹצְרֹתֵיהֶם אֲמַלֵּא״. ״יֵשׁ״ בְּגִימַטְרִיָּא תְּלָת מְאָה וְעַשְׂרָה הָוֵי.
Rav Dimi dit : Quelle est la raison pour laquelle tu n’es pas familier avec les questions de aggada ? Comme on dit en Occident, Eretz Yisrael, au nom de Rava bar Mari : Le Saint, béni soit-Il, donnera à chaque juste 310 mondes, comme il est dit : « Pour léguer une substance [yesh] à ceux qui M’aiment ; et Je remplirai leurs trésors » (Proverbes 8:21). En termes de sa valeur numérique, le mot yesh, écrit yod, shin, vaut 310, indiquant que Dieu accorde aux justes une pleine mesure.
תַּנְיָא: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, בְּמִדָּה שֶׁאָדָם מוֹדֵד – מוֹדְדִין לוֹ, דִּכְתִיב: ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ תְּרִיבֶנָּה״.
Dans une affaire connexe, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Meir dit : Selon la mesure avec laquelle une personne mesure pour les autres, le tribunal céleste mesure pour elle, c’est-à-dire que la réponse est proportionnée à l’action, comme il est écrit : « Avec pleine mesure [besasse’a] quand Tu la renvoies, Tu contestes avec elle » (Isaïe 27:8). Le terme besasse’a est interprété comme bese’a se’a, signifiant que l’on reçoit une mesure [se’a] proportionnée à la mesure [bese’a] qu’il a appliquée.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן? אָדָם נוֹתֵן מְלֹא עוֹמְסוֹ לְעָנִי בָּעוֹלָם הַזֶּה, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נוֹתֵן לוֹ מְלֹא עוֹמְסוֹ לָעוֹלָם הַבָּא? וְהָכְתִיב ״שָׁמַיִם בַּזֶּרֶת תִּכֵּן״! וְאַתָּה אִי אוֹמֵר כֵּן? אֵיזוֹ הִיא מִדָּה מְרוּבָּה: מִדָּה טוֹבָה מְרוּבָּה אוֹ מִדַּת פּוּרְעָנוּת?
Rabbi Yehoshua dit à Rabbi Meir : Est-il possible de dire que, si quelqu’un donne sa poignée à un pauvre dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, lui donne Sa poignée dans le Monde à venir ? Mais n’est-il pas écrit : « Et mesura les cieux avec l’empan » (Isaïe 40:12) ? Il demanda comment on peut recevoir une récompense si abondante. Rabbi Meir lui répondit : Et toi, ne dis-tu pas cela ? Quel des attributs de Dieu est le plus grand ? L’attribut de la récompense est-il plus grand ou l’attribut du châtiment est-il plus grand ?