אִינְהוּ עֲדִיפִי מִינֵּיהּ, וְאִיהוּ עֲדִיף מִנַּיְיהוּ. אִינְהוּ עֲדִיפִי מִינֵּיהּ – דְּאִינְהוּ נְבִיאֵי, וְאִיהוּ לָאו נְבִיָּא. וְאִיהוּ עֲדִיף מִנַּיְיהוּ – דְּאִיהוּ חֲזָא, וְאִינְהוּ לָא חֲזוֹ.
À propos de Daniel, Aggée, Zacharie et Malachie, la Guemara note : À certains égards, les trois derniers étaient plus grands que Daniel, et à certains égards, Daniel était plus grand que les trois derniers. Ils étaient plus grands que lui, car ils étaient prophètes et lui ne l’était pas. Aggée, Zacharie et Malachie furent désignés pour transmettre leurs visions de Dieu au peuple juif, mais Daniel ne fut pas désigné pour partager ses visions avec d’autres. Et lui était plus grand qu’eux, car il vit cette vision, et eux ne virent pas cette vision.
וְכִי מֵאַחַר דְּלָא חֲזוֹ, מַאי טַעְמָא אִיבְּעוּת? אַף עַל גַּב דְּאִינְהוּ לָא חֲזוֹ מִידֵּי, מַזָּלַיְיהוּ חָזֵי. אָמַר רָבִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי מַאן דְּמִבְּעִית, אַף עַל גַּב דְּאִיהוּ לָא חָזֵי, מַזָּלֵיהּ חָזֵי.
La Guemara demande : Et puisqu’ils n’ont pas vu la vision, quelle est la raison pour laquelle ils ont eu peur ? La Guemara répond : Bien qu’ils n’aient pas vu la vision, leurs anges gardiens l’ont vue, et ils furent saisis de peur et s’enfuirent. Ravina a dit : Déduis-en que dans le cas de cette personne qui prend peur sans cause apparente, bien qu’elle ne voie pas ce qui cause sa peur, son ange gardien le voit.
מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לִינְשׁוֹף מִדּוּכְתֵּיהּ אַרְבְּעָה גַּרְמִידֵי. אִי נָמֵי, לִיקְרֵי קְרִיַּת שְׁמַע. וְאִי קָאֵי בִּמְקוֹם הַטִּנּוֹפֶת, לֵימָא הָכִי: ״עִיזָּא דְּבֵי טַבָּחָא שַׁמִּינָא מִינַּאי״.
Quel est son remède ? Qu’il saute de quatre coudées depuis son emplacement actuel afin de s’éloigner du danger perçu. Sinon, qu’il récite le Shema, ce qui lui procurera une protection. Et s’il se tient dans un endroit impur, où il est interdit de réciter des versets de la Torah, qu’il dise cette formule : La chèvre de l’abattoir est plus grasse que moi, et que le démon nuise à la chèvre plutôt qu’à lui.
״לְםַרְבֵּה הַמִּשְׂרָה וּלְשָׁלוֹם אֵין קֵץ וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם: דָּרַשׁ בַּר קַפָּרָא בְּצִיפּוֹרִי, מִפְּנֵי מָה כׇּל מֵם שֶׁבְּאֶמְצַע תֵּיבָה פָּתוּחַ, וְזֶה סָתוּם? בִּיקֵּשׁ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לַעֲשׂוֹת חִזְקִיָּהוּ מָשִׁיחַ, וְסַנְחֵרִיב גּוֹג וּמָגוֹג.
§ À propos d’Ézéchias, la Guemara cite ce qui est dit : « Afin que le gouvernement s’accroisse [lemarbe] et que la paix soit sans fin, sur le trône de David et sur son royaume, pour l’établir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à jamais ; le zèle du Seigneur des armées accomplira cela » (Isaïe 9:6). Rabbi Tanḥoum dit que bar Kappara enseigna à Tsippori : Pour quelle raison chaque lettre mem au milieu d’un mot est-elle ouverte, tandis que ce mem, dans le mot lemarbe, est fermé ? Dans le texte massorétique, la lettre mem dans le mot « lemarbe » est écrite sous la forme d’un mem qui apparaît à la fin d’un mot, fermé sur ses quatre côtés. Cela s’explique par le fait que le Saint, béni soit-Il, chercha à désigner le roi Ézéchias comme le Messie et à désigner Sennachérib et l’Assyrie, respectivement, comme Gog et Magog, le tout à partir de la prophétie d’Ézéchiel concernant la fin des temps (Ézéchiel, chapitre 38), et leur affrontement devait culminer dans la rédemption finale.
אָמְרָה מִדַּת הַדִּין לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, וּמָה דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל שֶׁאָמַר כַּמָּה שִׁירוֹת וְתִשְׁבָּחוֹת לְפָנֶיךָ – לֹא עֲשִׂיתוֹ מָשִׁיחַ, חִזְקִיָּה שֶׁעָשִׂיתָ לוֹ כׇּל הַנִּסִּים הַלָּלוּ וְלֹא אָמַר שִׁירָה לְפָנֶיךָ – תַּעֲשֵׂהוּ מָשִׁיחַ? לְכָךְ נִסְתַּתֵּם.
L’attribut de justice dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, et si concernant David, roi d’Israël, qui a récité plusieurs chants et louanges devant Toi, Tu ne l’as pas désigné comme le Messie, alors concernant Ézéchias, pour qui Tu as accompli tous ces miracles, en le délivrant de Sennachérib et en guérissant sa maladie, et il n’a pas récité de louange devant Toi, le désigneras-Tu comme le Messie ? C’est pour cette raison que le mem fut fermé, parce qu’il y eut une occasion de rédemption qui fut contrecarrée.
מִיָּד פָּתְחָה הָאָרֶץ וְאָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֲנִי אוֹמֶרֶת לְפָנֶיךָ שִׁירָה תַּחַת צַדִּיק זֶה, וַעֲשֵׂהוּ מָשִׁיחַ. פָּתְחָה וְאָמְרָה שִׁירָה לְפָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִכְּנַף הָאָרֶץ זְמִרֹת שָׁמַעְנוּ צְבִי לַצַּדִּיק וְגוֹ׳״.
Immédiatement, la terre commença et déclara devant Lui : Maître de l’Univers, je réciterai un chant devant Toi à la place de ce juste, c’est-à-dire Ézéchias, et je le désignerai comme le Messie. La terre commença et récita un chant devant Lui, comme il est dit : « Des confins de la terre nous avons entendu des chants : Gloire au juste. Mais j’ai dit : mon secret est à moi, mon secret est à moi, malheur à moi. Les traîtres agissent traîtreusement ; les traîtres agissent très traîtreusement » (Isaïe 24:16).
אָמַר שַׂר הָעוֹלָם לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, צִבְיוֹנוֹ עֲשֵׂה לַצַּדִּיק זֶה! יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: רָזִי לִי, רָזִי לִי. אָמַר נָבִיא: אוֹי לִי, אוֹי לִי, עַד מָתַי? יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״בֹּגְדִים בָּגָדוּ וּבֶגֶד בּוֹגְדִים בָּגָדוּ״. וְאָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יִצְחָק: עַד דְּאָתוּ בָּזוֹזֵי וּבָזוֹזֵי דְּבָזוֹזֵי.
L’ange chargé de superviser le monde dit devant Lui : Maître de l’Univers, accomplis la volonté de ce juste. Une Voix divine sortit et dit : « Mon secret est à Moi, Mon secret est à Moi » ; cette affaire restera secrète, car Je n’apporte pas encore la rédemption. Le prophète dit : « Malheur à moi », malheur à moi ; jusqu’à quand l’exil se poursuivra-t-il ? Une Voix divine sortit et dit : « Les traîtres agissent traîtreusement ; les traîtres agissent très traîtreusement » (Isaïe 24:16). Et Rava, et certains disent Rabbi Yitzḥak, dit : Jusqu’à ce que viennent des pillards et des pillards de pillards, le Messie ne viendra pas.
״מַשָּׂא דּוּמָה אֵלַי קֹרֵא מִשֵּׂעִיר שֹׁמֵר מַה מִּלַּיְלָה שֹׁמֵר מַה מִּלֵּיל וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹתוֹ מַלְאָךְ הַמְמוּנֶּה עַל הָרוּחוֹת דּוּמָה שְׁמוֹ. נִתְקַבְּצוּ כׇּל הָרוּחוֹת אֵצֶל דּוּמָה, אָמְרוּ לוֹ: ״שֹׁמֵר, מַה מִּלַּיְלָה? שֹׁמֵר, מַה מִּלֵּיל?״ ״אָמַר שֹׁמֵר אָתָא בֹקֶר וְגַם לָיְלָה אִם תִּבְעָיוּן בְּעָיוּ שֻׁבוּ אֵתָיוּ״.
Dans le même esprit, Isaïe a dit : « Oracle sur Douma. On m’appelle de Séir : Gardien, où en est la nuit ? Gardien, où en est la nuit ? » Le Gardien a dit : Le matin vient, et aussi la nuit ; si vous voulez interroger, interrogez ; revenez, venez » (Isaïe 21:11–12). Rabbi Yoḥanan dit : Cet ange, qui est préposé aux esprits [seirim], son nom est Douma. Tous les esprits se rassemblèrent près de Douma et lui dirent : « Gardien, où en est la nuit ? Gardien, où en est la nuit ? » Dieu, Gardien d’Israël, dit-il que le temps de la rédemption est arrivé ? L’ange répondit : « Le Gardien a dit : Le matin vient, et aussi la nuit ; si vous voulez interroger, interrogez ; revenez, venez. » Le Saint, béni soit-Il, a dit que le matin de la rédemption est arrivé, ainsi que la nuit de l’exil. Si vous interrogez et cherchez le repentir, interrogez et repentez-vous, et revenez à Dieu, et la rédemption viendra.
תָּנָא מִשּׁוּם רַבִּי פַּפְּיָיס: גְּנַאי הוּא לְחִזְקִיָּה וְסִייעָתוֹ שֶׁלֹּא אָמְרוּ שִׁירָה, עַד שֶׁפָּתְחָה הָאָרֶץ וְאָמְרָה שִׁירָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִכְּנַף הָאָרֶץ זְמִרֹת שָׁמַעְנוּ צְבִי לַצַּדִּיק וְגוֹ׳״. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיֹּאמֶר יִתְרוֹ בָּרוּךְ ה׳ אֲשֶׁר הִצִּיל אֶתְכֶם״. תָּנָא מִשּׁוּם רַבִּי פַּפְּיָיס: גְּנַאי הוּא לְמֹשֶׁה וְשִׁשִּׁים רִיבּוֹא שֶׁלֹּא אָמְרוּ ״בָּרוּךְ״ עַד שֶׁבָּא יִתְרוֹ וְאָמַר ״בָּרוּךְ ה׳״.
Il a été enseigné au nom de Rabbi Pappeyas : C’est une honte pour Ézéchias et ses compagnons qu’ils n’aient pas eux-mêmes récité un chant et qu’un chant n’ait pas été récité jusqu’à ce que la terre commence et récite un chant, comme il est dit : « Des confins de la terre nous avons entendu des chants : Gloire au juste » (Isaïe 24:16). De même, tu dis : « Et Yitro dit : Béni soit le Seigneur, qui vous a délivrés de la main de l’Égypte et de la main de Pharaon » (Exode 18:10). Il a été enseigné au nom de Rabbi Pappeyas : C’est une honte pour Moïse et les six cent mille hommes adultes des enfants d’Israël qu’il a fait sortir d’Égypte qu’ils n’aient pas dit : Béni, jusqu’à ce que Yitro vienne et dise : « Béni soit le Seigneur. »
״וַיִּחַדְּ יִתְרוֹ״ – רַב וּשְׁמוּאֵל. רַב אָמַר: שֶׁהֶעֱבִיר חֶרֶב חַדָּה עַל בְּשָׂרוֹ, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁנַּעֲשָׂה חִדּוּדִים חִדּוּדִים כׇּל בְּשָׂרוֹ. אָמַר רַב: הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי, גִּיּוֹרָא עַד עַשְׂרָה דָּרֵי לָא תִּבְזֵה אַרְמַאי קַמֵּיהּ.
Il est écrit dans le verset précédent : “Vayyiḥad Yitro pour tout le bien que le Seigneur avait fait à Israël, qu’Il avait délivré de la main de l’Égypte” (Exode 18:9). Rav et Shmuel étaient en désaccord quant à la signification de vayyiḥad. Rav dit : Il fit passer une épée tranchante [ḥad] sur sa chair, c’est-à-dire qu’il se circoncit et se convertit. Et Shmuel dit : Il ressentit comme si des entailles [ḥiddudim] étaient faites sur sa chair, c’est-à-dire qu’il éprouva un sentiment désagréable en raison de la chute de l’Égypte. Rav dit au sujet de cette déclaration de Shmuel que cela est conforme à l’adage que les gens disent : En ce qui concerne un converti, pendant dix générations après sa conversion, il ne faut pas dénigrer un gentil devant lui et devant ses descendants, car ils continuent à s’identifier dans une certaine mesure aux gentils et restent sensibles à leur douleur.
״לָכֵן יְשַׁלַּח הָאָדוֹן ה׳ צְבָאוֹת בְּמִשְׁמַנָּיו רָזוֹן״. מַאי ״בְּמִשְׁמַנָּיו רָזוֹן״? אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יָבֹא חִזְקִיָּהוּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁמוֹנָה שֵׁמוֹת, וְיִפָּרַע מִסַּנְחֵרִיב שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁמוֹנָה שֵׁמוֹת. חִזְקִיָּה, דִּכְתִיב: ״כִּי יֶלֶד יֻלַּד לָנוּ בֵּן נִתַּן לָנוּ וַתְּהִי הַמִּשְׂרָה עַל שִׁכְמוֹ וַיִּקְרָא שְׁמוֹ פֶּלֶא יוֹעֵץ אֵל גִּבּוֹר אֲבִי עַד שַׂר שָׁלוֹם״. וְהָאִיכָּא ״חִזְקִיָּה״? שֶׁחִזְּקוֹ יָהּ. דָּבָר אַחֵר: ״חִזְקִיָּה״ – שֶׁחִיזֵּק אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
§ Le verset déclare : « C’est pourquoi le Maître, le Seigneur des armées, enverra parmi ses gras [mishmanav] la maigreur » (Isaïe 10:16). Quel est le sens de l’expression « enverra parmi ses gras la maigreur » ? Le sens est que le Saint, béni soit-Il, a dit : Que vienne Ézéchias, qui a huit [shemona] noms, et qu’il exerce la rétribution contre Sennachérib, qui a huit noms. La Guemara développe : Les huit noms de Ézéchias sont, comme il est écrit : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné ; et le gouvernement repose sur son épaule ; et son nom est appelé Pele Joez El Gibbor Abi Ad Sar Shalom » (Isaïe 9:5). La Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas un nom supplémentaire, Ézéchias ? La Guemara explique : Ce n’était pas un nom donné ; c’était plutôt une appellation fondée sur le fait que Dieu l’a fortifié [ḥizzeko]. Alternativement, il fut appelé Ézéchias en raison du fait qu’il a renforcé la dévotion du peuple juif envers leur Père au Ciel.
סַנְחֵרִיב, דִּכְתִיב בֵּיהּ: תִּגְלַת פִּלְאֶסֶר, פִּלְנְאֶסֶר, שַׁלְמַנְאֶסֶר, פּוֹל, סַרְגוֹן, אׇסְנַפַּר רַבָּא וְיַקִּירָא. וְהָאִיכָּא ״סַנְחֵרִיב״? שֶׁסִּיחָתוֹ רִיב. דָּבָר אַחֵר: שֶׁסָּח וְנִיחֵר דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה.
Les huit noms de Sennachérib sont comme il est écrit à son sujet parmi les rois d’Assyrie : « Tiglath-Piléser » (II Rois 15:29), « Tiglath-Pilnéser » (II Chroniques 28:20), « Salmanasar » (II Rois 17:3), « Pul » (II Rois 15:19), « Sargon » (Isaïe 20:1), et « le grand et noble Asénappar » (Esdras 4:10). Et la Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas un nom supplémentaire, Sennachérib [Sanḥeriv] ? La Guemara explique : Ce n’était pas un nom donné ; c’était plutôt une appellation fondée sur le fait que sa parole est querelleuse [siḥato riv], menant à la dispute et à la honte. Autrement, il fut appelé Sanḥeriv en raison du fait qu’il parla [saḥ] et renifla [niḥer] des propos méprisants à l’égard du Transcendant.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מָה זָכָה אוֹתוֹ רָשָׁע לִקְרוֹתוֹ ״אׇסְנַפַּר רַבָּא וְיַקִּירָא״? מִפְּנֵי שֶׁלֹּא סִיפֵּר בִּגְנוּתָהּ שֶׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַד בֹּאִי וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם אֶל אֶרֶץ כְּאַרְצְכֶם״.
Rabbi Yoḥanan dit : Pour quelle raison ce méchant homme a-t-il eu le privilège d’être appelé « le grand et noble Asenappar » ? C’était en raison du fait qu’il n’a pas parlé [sipper] en dénigrement de la Terre d’Israël, comme il est dit : « Jusqu’à ce que je vienne et que je vous emmène dans un pays semblable au vôtre » (II Rois 18:32), et il n’a pas dit qu’il les emmenait dans un pays supérieur.
רַב וּשְׁמוּאֵל: חַד אָמַר מֶלֶךְ פִּקֵּחַ הָיָה, וְחַד אָמַר מֶלֶךְ טִיפֵּשׁ הָיָה. לְמַאן דְּאָמַר מֶלֶךְ פִּקֵּחַ הָיָה – אִי אָמֵינָא לְהוּ ״עֲדִיפָא מֵאַרְעַיְיכוּ״, אָמְרוּ ״קָא מְשַׁקְּרַתְּ״. וּמַאן דְּאָמַר מֶלֶךְ טִיפֵּשׁ הָיָה – אִם כֵּן, מַאי רְבוּתֵיהּ?
Rav et Shmuel étaient en désaccord au sujet de cette déclaration de Sennachérib : L’un dit qu’il était un roi avisé et l’autre dit qu’il était un roi insensé. Selon celui qui dit qu’il était un roi avisé, il a dit qu’il les emmenait vers une terre semblable à la leur, car il pensait : Si je leur dis : Je vous emmène vers une terre qui est supérieure à votre terre, ils diront : Tu mens. Et quant à celui qui dit qu’il était un roi insensé, il explique : Si tel est le cas, s’il a dit qu’il ne les emmenait pas vers une terre supérieure, quelle est sa grandeur et comment seraient-ils convaincus de partir en exil ?
לְהֵיכָא אַגְּלִי לְהוּ? מָר זוּטְרָא אָמַר: לְאַפְרִיקִי, וְרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: לְהָרֵי סְלוּג. אֲבָל יִשְׂרָאֵל סִפְּרוּ בִּגְנוּתָהּ שֶׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. כִּי מְטוֹ שׂוֹשׂ, אָמְרִי: שָׁוְיָא כִּי אַרְעִין. כִּי מְטוֹ עָלְמִין, אֲמַרוּ: כְּעָלְמִין. כִּי מְטוֹ שׂוֹשׂ תְּרֵי, אָמְרִי: עַל חַד תְּרֵין.
La Guemara demande : Où Sennachérib a-t-il exilé les dix tribus ? Mar Zutra dit : Il les a exilées à Afrikei, et Rabbi Ḥanina dit : dans les montagnes de Selug. La Guemara ajoute : Mais ceux qui furent exilés du royaume d’Israël parlaient avec dénigrement d’Eretz Yisrael et faisaient l’éloge de la terre de leur exil. Lorsqu’ils arrivèrent à un endroit, ils l’appelèrent Shosh, car ils dirent : Elle est égale [shaveh] à notre terre. Lorsqu’ils arrivèrent à un autre endroit, ils l’appelèrent Almin, car ils dirent : Elle est comme notre monde [almin], car Eretz Yisrael est aussi appelée beit olamim. Lorsqu’ils arrivèrent à un troisième endroit, ils l’appelèrent Shosh la seconde [terei], car ils dirent : Pour une mesure de bien en Eretz Yisrael, il y en a deux [terein] ici.
״וְתַחַת כְּבֹדוֹ [יֵקַד] יְקֹד כִּיקוֹד אֵשׁ״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תַּחַת כְּבוֹדוֹ, וְלֹא כְּבוֹדוֹ מַמָּשׁ. כִּי הָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קָרֵי לֵיהּ לְמָאנֵיהּ ״מְכַבְּדוֹתַי״. רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: תַּחַת כְּבוֹדוֹ מַמָּשׁ, כִּשְׂרֵיפַת בְּנֵי אַהֲרֹן. מָה לְהַלָּן שְׂרֵיפַת נְשָׁמָה וְגוּף קַיָּים, אַף כָּאן שְׂרֵיפַת נְשָׁמָה וְגוּף קַיָּים.
La Guemara cite des versets נוספים écrits au sujet de Sennachérib. « Et sous sa gloire s’allumera un brasier comme le brasier d’un feu » (Isaïe 10:16). Rabbi Yoḥanan dit : Un brasier fut allumé sous sa gloire, mais il ne fut pas réellement allumé sur sa gloire. Le brasier consuma les corps des troupes de Sennachérib sous leurs vêtements, qui étaient appelés gloire, comme dans cette pratique de Rabbi Yoḥanan, qui avait coutume d’appeler ses vêtements : Ma gloire. Rabbi Elazar dit : Cela signifie sous sa gloire réelle, c’est-à-dire que le brasier consuma leurs âmes, et leur chair ne fut pas consumée, comme la brûlure des fils d’Aaron. De même que là-bas, la mort des fils d’Aaron impliqua la brûlure de l’âme, et le corps demeura intact, de même ici, la mort des troupes de Sennachérib impliqua la brûlure de l’âme, et le corps demeura intact.
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: פַּרְעֹה שֶׁחֵירַף בְּעַצְמוֹ, נִפְרַע הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִמֶּנּוּ בְּעַצְמוֹ. סַנְחֵרִיב שֶׁחֵירַף
Il a été enseigné au nom de Rabbi Yehoshua ben Korḥa : En ce qui concerne Pharaon, qui a lui-même blasphémé contre Dieu, le Saint, béni soit-Il, a Lui-même exercé sa rétribution contre lui. En ce qui concerne Sennachérib, qui a blasphémé contre Dieu