יִקְּבֻהוּ לְאוֹם״, וְאֵין לְאוֹם אֶלָּא עוּבָּרִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְאֹם מִלְּאֹם יֶאֱמָץ״. וְאֵין קַבֹּה אֶלָּא קְלָלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָה אֶקֹּב לֹא קַבֹּה אֵל״. וְאֵין בַּר אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נַשְּׁקוּ בַר פֶּן יֶאֱנַף״.
le peuple [leom] le maudira [yikkevuhu], mais la bénédiction sera sur la tête de celui qui pourvoit” (Proverbes 11:26). Et le terme leom ne renvoie à rien d’autre qu’à des fœtus, comme il est dit : “Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples seront séparés de tes entrailles ; et un leom prévaudra sur l’autre leom” (Genèse 25:23). Et kabbo ne renvoie à rien d’autre qu’à une malédiction, comme il est dit dans les paroles de Balaam : “Comment maudirais-je celui que Dieu n’a pas maudit [kabbo] ?” (Nombres 23:8). Et bar ne renvoie à rien d’autre qu’à Torah, comme il est dit : “Rendez hommage à bar, de peur qu’Il ne s’irrite” (Psaumes 2:12), c’est-à-dire observez la Torah pour éviter la colère de Dieu.
עוּלָּא בַּר יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מְנַקְּבִין אוֹתוֹ כִּכְבָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״יִקְּבֻהוּ לְאוֹם״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיִּקֹּב חֹר בְּדַלְתּוֹ״. וַאֲמַר אַבָּיֵי: כִּי אוּכְלָא דְקַצָּרֵי.
Oulla bar Yishmael dit : On perfore comme un tamis une personne qui refuse d’enseigner la halakha à un élève. Comme il est écrit ici : « Celui qui retient le bar, le peuple le percera » (Proverbes 11:26), et il est écrit là-bas : « Et il perça [vayyikkov] un trou dans son couvercle » (II Rois 12:10). Et Abaye dit : On le perfore comme un ustensile de blanchisseurs utilisé pour asperger les vêtements d’eau.
וְאִם לִמְּדוֹ, מָה שְׂכָרוֹ? אָמַר רָבָא אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: זוֹכֶה לִבְרָכוֹת כְּיוֹסֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְרָכָה לְרֹאשׁ מַשְׁבִּיר״. וְאֵין מַשְׁבִּיר אֶלָּא יוֹסֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיוֹסֵף הוּא [הַשַּׁלִּיט עַל הָאָרֶץ הוּא] הַמַּשְׁבִּיר לְכׇל עַם הָאָרֶץ״.
Et si quelqu’un enseigne à l’élève la halakha au lieu de la lui refuser, quelle est sa récompense ? Rava dit que Rav Sheshet dit : Il a le privilège de recevoir des bénédictions comme Joseph, comme il est dit à la fin de ce verset : « Mais la bénédiction sera sur la tête de celui qui pourvoit [mashbir] » (Proverbes 11:26). Et mashbir ne désigne nul autre que Joseph, comme il est dit : « Et Joseph était le gouverneur du pays, et il était le pourvoyeur [hamashbir] pour tout le peuple du pays » (Genèse 42:6).
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: כׇּל הַמְלַמֵּד תּוֹרָה בְּעוֹלָם הַזֶּה, זוֹכֶה וּמְלַמְּדָהּ לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמַרְוֶה גַּם הוּא יוֹרֶה״.
Rav Sheshet dit : Quiconque enseigne la Torah dans ce monde a le privilège de l’enseigner dans le Monde à venir, comme il est dit : « Et celui qui rassasie abondamment [umarveh] sera lui-même rassasié [yoreh] » (Proverbes 11:25). Rav Sheshet interprète le verset de manière homilétique : en transposant les lettres du mot marveh : Mem, reish, vav, heh, on obtient le mot moreh, qui signifie enseigne. Le verset veut dire que celui qui enseigne [moreh] enseignera [yoreh] dans l’avenir également.
אָמַר רָבָא: מִנַּיִין לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְחִי רְאוּבֵן וְאַל יָמֹת״. ״יְחִי רְאוּבֵן״ – בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״וְאַל יָמֹת״ – לָעוֹלָם הַבָּא. רָבִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״וְרַבִּים מִיְּשֵׁנֵי אַדְמַת עָפָר יָקִיצוּ אֵלֶּה לְחַיֵּי עוֹלָם וְאֵלֶּה לַחֲרָפוֹת לְדִרְאוֹן עוֹלָם״. רַב אָשֵׁי אָמַר מֵהָכָא: ״וְאַתָּה לֵךְ [לַקֵּץ] וְתָנוּחַ וְתַעֲמֹד לְגֹרָלְךָ לְקֵץ הַיָּמִין״.
La Guemara revient au sujet de la source de la résurrection dans la Torah. Rava dit : D’où la résurrection des morts est-elle dérivée de la Torah ? Elle est dérivée d’un verset, comme il est dit : « Que Réouven vive et ne meure pas, même si ses hommes sont peu nombreux » (Deutéronome 33:6). Cela est interprété ainsi : « Que Réouven vive » dans ce monde « et ne meure pas » dans le Monde à venir. Ravina dit que la résurrection est dérivée d’ici : « Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre et la honte éternelle » (Daniel 12:2). Rav Ashi dit que la preuve est dérivée d’ici : « Mais toi, va vers la fin ; tu te reposeras, puis tu te lèveras pour ton lot à la fin des jours » (Daniel 12:13).
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל פַּרְנָס שֶׁמַּנְהִיג אֶת הַצִּבּוּר בְּנַחַת, זוֹכֶה וּמַנְהִיגָם לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מְרַחֲמָם יְנַהֲגֵם וְעַל מַבּוּעֵי מַיִם יְנַהֲלֵם״.
§ Rabbi Elazar dit : Tout dirigeant communautaire qui conduit la communauté avec calme, sans colère et avec honnêteté, a le privilège de les guider dans le Monde à venir, comme il est dit : « Car celui qui a compassion d’eux les conduira, et il les guidera vers des sources d’eau » (Isaïe 49:10). De même qu’il les a guidés dans ce monde, ainsi les guidera-t-il aussi dans le Monde à venir.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גְּדוֹלָה דֵּעָה, שֶׁנִּיתְּנָה בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי אֵל דֵּעוֹת ה׳״.
La Guemara poursuit en citant d’autres déclarations de Rabbi Elazar relatives à la conduite recommandée. Et Rabbi Elazar dit : Grande est la connaissance, car elle a été placée entre deux lettres, deux noms de Dieu, comme il est dit : « Car le Seigneur est un Dieu de connaissance » (I Samuel 2:3).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גָּדוֹל מִקְדָּשׁ שֶׁנִּיתַּן בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פָּעַלְתָּ ה׳ מִקְּדָשׁ ה׳ כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ״. מַתְקֵיף לַהּ רַב אַדָּא קַרְחִינָאָה: אֶלָּא מֵעַתָּה, גְּדוֹלָה נְקָמָה שֶׁנִּיתְּנָה בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, דִּכְתִיב: ״אֵל נְקָמוֹת ה׳ אֵל נְקָמוֹת הוֹפִיַע״!
Et Rabbi Elazar dit : Grand est le Saint Temple, car il aussi a été placé entre deux lettres, deux noms de Dieu, comme il est dit : « Le lieu où demeurer que Tu as fait, Seigneur, le Temple, Seigneur, que Tes mains ont préparé » (Exode 15:17). Rav Adda Karḥina’a objecte à l’explication selon laquelle le fait d’être placé entre deux noms de Dieu confère de l’importance. Si tel est le cas, il devrait en être de même pour la vengeance. Dirait-on alors : Grande est la vengeance, car elle a été placée entre deux lettres, comme il est écrit : « Dieu des vengeances, Seigneur, Dieu des vengeances, resplendis » (Psaumes 94:1)?
אֲמַר לֵיהּ: לְמִילְּתֵיהּ הָכִי נָמֵי, כִּדְעוּלָּא. דְּאָמַר עוּלָּא: שְׁתֵּי הוֹפָעָיוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת לְמִידָּה טוֹבָה, וְאַחַת לְמִדַּת פּוּרְעָנוּת.
Rabbi Elazar lui dit : Dans son contexte, en effet, la vengeance est grande, conformément à la déclaration d’Ulla. Car Ulla dit au sujet de ces deux apparitions : « Ô Seigneur, Dieu à qui appartient la vengeance ; Dieu à qui appartient la vengeance, parais » (Psaumes 94:1), et : « Il apparut depuis le mont Paran » (Deutéronome 33:2), pourquoi les deux sont-elles nécessaires ? L’un, le second verset, est nécessaire pour l’attribut de bonté divine, avec lequel Dieu a donné la Torah au Sinaï, et l’un, le premier verset, est nécessaire pour l’attribut de châtiment divin, avec lequel Dieu exerce sa vengeance contre les ennemis et les oppresseurs du peuple juif.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דֵּעָה, כְּאִילּוּ נִבְנָה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּיָמָיו, שֶׁזֶּה נִיתַּן בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, וְזֶה נִיתַּן בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne toute personne en qui il y a de la connaissance, c’est comme si le Temple avait été construit de son temps, car ceci, la connaissance, a été placé entre deux lettres et cela, le Temple, a été placé entre deux lettres.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דֵּעָה, לְסוֹף מִתְעַשֵּׁר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְדַעַת חֲדָרִים יִמָּלְאוּ כׇּל הוֹן יָקָר וְנָעִים״.
Et Rabbi Elazar dit : Toute personne en qui il y a de la connaissance finit par devenir riche, comme il est dit : « Et par la connaissance les chambres se remplissent de toutes sortes de richesses précieuses et agréables » (Proverbes 24:4).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם שֶׁאֵין בּוֹ דֵּעָה אָסוּר לְרַחֵם עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא עַם בִּינוֹת הוּא עַל כֵּן לֹא יְרַחֲמֶנּוּ עֹשֵׂהוּ וְיֹצְרוֹ לֹא יְחֻנֶּנּוּ״.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne toute personne en qui il n’y a pas de connaissance, il est interdit d’avoir pitié d’elle, comme il est dit : « Car c’est un peuple sans intelligence ; c’est pourquoi son Créateur n’aura pas compassion de lui, et Celui qui l’a formé ne lui accordera pas de faveur » (Isaïe 27:11). Si Dieu n’a pas compassion d’eux, à plus forte raison les gens ne doivent pas leur montrer de compassion.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַנּוֹתֵן פִּיתּוֹ לְמִי שֶׁאֵין בּוֹ דֵּעָה, יִסּוּרִין בָּאִין עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַחְמְךָ יָשִׂימוּ מָזוֹר תַּחְתֶּיךָ אֵין תְּבוּנָה בּוֹ״. וְאֵין מָזוֹר אֶלָּא יִסּוּרִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּרְא אֶפְרַיִם אֶת חׇלְיוֹ וִיהוּדָה אֶת מְזֹרוֹ״.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne quiconque donne son pain à quelqu’un qui est dépourvu de connaissance, des afflictions s’abattent sur lui, comme il est dit : « Ceux qui mangent ton pain placeront mazor sous toi, chez celui en qui il n’y a pas de discernement » (Abdias 1:7). Et mazor ne signifie rien d’autre que des afflictions, sur la base du parallèle avec un autre verset, comme il est dit : « Et Éphraïm vit sa maladie, et Juda sa blessure [mezoro] » (Osée 5:13). Cela indique que celui qui donne son pain à quelqu’un sans discernement finira par tomber malade.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם שֶׁאֵין בּוֹ דֵּעָה, לְסוֹף גּוֹלֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָכֵן גָּלָה עַמִּי מִבְּלִי דָעַת״.
Et le rabbin Elazar dit : Toute personne en qui il n’y a pas de connaissance finit par être exilée, comme il est dit : « C’est pourquoi mon peuple est exilé, faute de connaissance » (Isaïe 5:13).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל בַּיִת שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה נִשְׁמָעִים בּוֹ בַּלַּיְלָה, אֵשׁ אוֹכַלְתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל חֹשֶׁךְ טָמוּן לִצְפּוּנָיו תְּאׇכְלֵהוּ אֵשׁ לֹא נֻפָּח יֵרַע שָׂרִיד בְּאׇהֳלוֹ״. אֵין שָׂרִיד אֶלָּא תַּלְמִיד חָכָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבַשְּׂרִידִים אֲשֶׁר ה׳ קֹרֵא״.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne toute maison dans laquelle on n’entend pas de paroles de Torah la nuit, le feu de la Géhenne la consume, comme il est dit : « Toute ténèbre est réservée pour ses trésors ; un feu non attisé le consumera ; il ira mal au sarid dans sa tente » (Job 20:26). Sarid ne désigne nul autre qu’un érudit de Torah, comme il est dit : « Et parmi les seridim, ceux que le Seigneur appellera » (Joël 3:5). Une maison qui est sombre la nuit et dans laquelle on n’entend pas de Torah sera consumée par un feu qui ne nécessite pas d’être attisé avec un soufflet, le feu de la Géhenne.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל שֶׁאֵינוֹ מְהַנֶּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִנְּכָסָיו, אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין שָׂרִיד לְאׇכְלוֹ עַל כֵּן לֹא יָחִיל טוּבוֹ״. אֵין ״שָׂרִיד״ אֶלָּא תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבַשְּׂרִידִים אֲשֶׁר ה׳ קֹרֵא״.
Et Rabbi Elazar dit : Quiconque ne fait pas bénéficier les érudits de la Torah de ses biens ne voit jamais un signe de bénédiction, comme il est dit : « Rien ne restera de sa nourriture [sarid] ; c’est pourquoi sa prospérité ne durera pas » (Job 20:21). Sarid ne désigne nul autre que les érudits de la Torah, comme il est dit : « Et parmi les seridim, ceux que le Seigneur appellera. » Aucune prospérité ne viendra à celui qui ne partage pas sa nourriture avec un érudit de la Torah.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל שֶׁאֵינוֹ מְשַׁיֵּיר פַּת עַל שֻׁלְחָנוֹ, אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין שָׂרִיד לְאׇכְלוֹ עַל כֵּן לֹא יָחִיל טוּבוֹ״.
Et Rabbi Elazar dit : Quiconque ne laisse pas de pain sur sa table à la fin de son repas, indiquant ainsi sa gratitude envers Dieu de lui avoir fourni plus qu’assez, ne voit jamais de signe de bénédiction, comme il est dit : « Rien de sa nourriture ne restera ; c’est pourquoi sa prospérité ne durera pas. »
וְהָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמְשַׁיַּיר פְּתִיתִים עַל שֻׁלְחָנוֹ כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָעֹרְכִים לַגַּד שֻׁלְחָן וְהַמְמַלְאִים לַמְנִי מִמְסָךְ״! לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאִיכָּא שְׁלֵימָה בַּהֲדֵיהּ, הָא דְּלֵיכָּא שְׁלֵימָה בַּהֲדֵיהּ.
La Guemara demande : Mais Rabbi Elazar ne dit-il pas : En ce qui concerne quiconque laisse des morceaux de pain sur sa table, c’est comme s’il adorait des idoles, comme il est dit : « Qui dressent une table pour la Fortune [Gad] et versent du vin mêlé pour la Destinée » (Isaïe 65:11). Les gens laissaient des morceaux de pain sur la table comme offrande à la constellation Gad, qu’ils croyaient influencer la fortune de la maison. Cette pratique constituait une forme d’idolâtrie. La Guemara répond : Cette contradiction apparente n’est pas difficile : Ce cas, où laisser des morceaux de pain constitue une forme d’idolâtrie, s’applique lorsqu’il y a un pain entier avec les morceaux, car l’ajout des morceaux est clairement destiné à l’idolâtrie ; cet autre cas, où l’on critique le fait de ne pas laisser de pain sur la table, s’applique lorsqu’il n’y a pas de pain entier avec les morceaux.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמַּחְלִיף בְּדִיבּוּרוֹ כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״וְהָיִיתִי בְעֵינָיו כִּמְתַעְתֵּעַ״, וּכְתִיב הָתָם: ״הֶבֶל הֵמָּה מַעֲשֵׂה תַּעְתֻּעִים״.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne quiconque altère la vérité dans ses paroles, c’est comme s’il adorait des idoles. Car il est écrit ici, dans le verset où Jacob chercha à éviter de prendre la bénédiction de son père à Ésaü : "Et je paraîtrai à ses yeux comme un trompeur [metate’a]" (Genèse 27:12), et il est écrit là-bas au sujet de l’idolâtrie : "Ils sont vanité, œuvre de tromperie [tatuim]" (Jérémie 10:15).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמִּסְתַּכֵּל בְּעֶרְוָה, קַשְׁתּוֹ נִנְעֶרֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֶרְיָה תֵעוֹר קַשְׁתֶּךָ״.
Et Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne quiconque regarde la nudité [erva], son arc est vidé, c’est-à-dire qu’il sera privé de sa vigueur, comme il est dit : « Ton arc est mis à nu [erya] » (Habacuc 3:9).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם הָוֵי קָבֵל וְקַיָּים. אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, בַּיִת אָפֵל אֵין פּוֹתְחִין לוֹ חַלּוֹנוֹת לִרְאוֹת נִגְעוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ.
Et Rabbi Elazar dit : Reste à jamais dans l’obscurité, c’est-à-dire anonyme, et tu continueras à exister. Rabbi Zeira dit : Nous apprenons une idée semblable aussi dans une michna (Nega’im 2:3) : Dans une maison sombre, on n’ouvre pas de fenêtres pour l’éclairer afin de voir si sa tache est la lèpre, et la maison conserve son statut présumé de pureté rituelle. Les choses qui sont obscurcies peuvent continuer à subsister. La Guemara confirme : Conclue de cette michna qu’il en est ainsi.
אָמַר רַבִּי טָבִי אָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה: מַאי דִּכְתִיב ״שְׁאוֹל וְעֹצֶר רָחַם אֶרֶץ לֹא שָׂבְעָה מַּיִם״? וְכִי מָה עִנְיַן שְׁאוֹל אֵצֶל רֶחֶם? אֶלָּא לוֹמַר לְךָ: מָה רֶחֶם מַכְנִיס וּמוֹצִיא, אַף שְׁאוֹל מַכְנִיס וּמוֹצִיא.
§ La Guemara revient au sujet de la source de la résurrection dans la Torah. Rabbi Tavi dit que Rabbi Yoshiya dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Il y en a trois qui ne sont jamais rassasiés… la tombe, et le ventre stérile, et la terre qui ne reçoit pas assez d’eau » (Proverbes 30:15–16) ? Et quel rapport y a-t-il entre une tombe et un ventre ? Au contraire, ils sont juxtaposés pour te dire : De même qu’un ventre reçoit et enfante, de même une tombe reçoit et aussi enfante, avec la résurrection des morts.
וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וְחוֹמֶר: וּמָה רֶחֶם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ בַּחֲשַׁאי, מוֹצִיאִין מִמֶּנּוּ בְּקוֹלֵי קוֹלוֹת; שְׁאוֹל שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ בְּקוֹלוֹת, אֵינוֹ דִּין שֶׁמּוֹצִיאִין מִמֶּנּוּ בְּקוֹלֵי קוֹלוֹת? מִיכָּן תְּשׁוּבָה לָאוֹמְרִין: אֵין תְּחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה.
Et ces choses ne sont-elles pas déduites a fortiori : Si, en ce qui concerne un ventre, dans lequel on introduit l’embryon en secret, on en retire le bébé accompagné des sons forts de la femme qui crie pendant l’accouchement, alors en ce qui concerne la tombe, dans laquelle on introduit le cadavre avec des sons de lamentation et de deuil pour le mort, n’est-il pas juste qu’on en retire les morts ressuscités accompagnés des sons forts des multitudes ressuscitées ? D’ici il y a une réponse à ceux qui disent : Il n’y a pas de résurrection des morts dérivée de la Torah.
תָּנָא דְּבֵי אֵלִיָּהוּ: צַדִּיקִים שֶׁעָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחְיוֹתָן אֵינָן חוֹזְרִין לַעֲפָרָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה הַנִּשְׁאָר בְּצִיּוֹן וְהַנּוֹתָר בִּירוּשָׁלִַים קָדוֹשׁ יֵאָמֶר לוֹ כׇּל הַכָּתוּב לַחַיִּים בִּירוּשָׁלָיִם״. מָה קָדוֹשׁ לְעוֹלָם קַיָּים – אַף הֵם לְעוֹלָם קַיָּימִין.
L’école d’Eliyahu a enseigné : Les justes que le Saint, béni soit-Il, est destiné à ressusciter ne retournent pas à leur poussière, comme il est dit : « Et il arrivera que celui qui restera à Sion et celui qui demeurera à Jérusalem sera appelé saint, quiconque est inscrit pour la vie à Jérusalem » (Isaïe 4:3). De même que le Saint existe pour toujours, eux aussi existeront pour toujours.