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בַּכּוּרוֹת נָאוֹת, וְהוֹשִׁיב בּוֹ שְׁנֵי שׁוֹמְרִים: אֶחָד חִיגֵּר וְאֶחָד סוֹמֵא. אָמַר לוֹ חִיגֵּר לַסּוֹמֵא: בַּכּוּרוֹת נָאוֹת אֲנִי רוֹאֶה בַּפַּרְדֵּס. בֹּא וְהַרְכִּיבֵנִי וּנְבִיאֵם לְאׇכְלָם. רָכַב חִיגֵּר עַל גַּבֵּי סוֹמֵא, וֶהֱבִיאוּם וַאֲכָלוּם.
de beaux premiers fruits d’un figuier, et il plaça deux gardes dans le verger, l’un boiteux, qui était incapable de marcher, et l’autre aveugle. Aucun des deux n’était capable d’atteindre le fruit sur les arbres du verger sans l’aide de l’autre. Le boiteux dit à l’aveugle : Je vois de beaux premiers fruits d’un figuier dans le verger ; viens et mets-moi sur tes épaules. Je te guiderai jusqu’à l’arbre, et nous apporterons les figues pour les manger. Le boiteux monta sur les épaules de l’aveugle et ils apportèrent les figues et les mangèrent.
לְיָמִים בָּא בַּעַל פַּרְדֵּס. אָמַר לָהֶן: בַּכּוּרוֹת נָאוֹת הֵיכָן הֵן? אָמַר לוֹ חִיגֵּר: כְּלוּם יֵשׁ לִי רַגְלַיִם לְהַלֵּךְ בָּהֶן? אָמַר לוֹ סוֹמֵא: כְּלוּם יֵשׁ לִי עֵינַיִם לִרְאוֹת? מָה עָשָׂה? הִרְכִּיב חִיגֵּר עַל גַּבֵּי סוֹמֵא, וְדָן אוֹתָם כְּאֶחָד.
Quelque temps plus tard, le propriétaire du verger vint au verger. Il dit aux gardes : Les beaux premiers fruits d’un figuier qui étaient dans le verger, où sont-ils ? Le boiteux dit : Ai-je des jambes avec lesquelles je pourrais marcher et prendre les figues ? L’aveugle dit : Ai-je des yeux avec lesquels je pourrais voir le chemin vers les figues ? Que fit le propriétaire du verger ? Il plaça le boiteux sur les épaules de l’aveugle, comme ils l’avaient fait lorsqu’ils volèrent les figues, et il les jugea comme un seul.
אַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא נְשָׁמָה וְזוֹרְקָהּ בַּגּוּף, וְדָן אוֹתָם כְּאֶחָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִקְרָא אֶל הַשָּׁמַיִם מֵעָל וְאֶל הָאָרֶץ לָדִין עַמּוֹ״. ״יִקְרָא אֶל הַשָּׁמַיִם מֵעָל״ – זוֹ נְשָׁמָה, ״וְאֶל הָאָרֶץ לָדִין עַמּוֹ״ – זֶה הַגּוּף.
Ainsi aussi, le Saint, béni soit-Il, amène l’âme au jour du jugement et la rejette de nouveau dans le corps, tels qu’ils étaient lorsqu’ils ont péché, et Il les juge comme un seul, comme il est dit : « Il appelle les cieux d’en haut et la terre pour juger Son peuple » (Psaumes 50:4). « Il appelle les cieux d’en haut » ; c’est l’âme, qui est céleste. « Et la terre pour juger Son peuple » ; c’est le corps, qui est terrestre.
אֲמַר לֵיהּ אַנְטוֹנִינוּס לְרַבִּי: מִפְּנֵי מָה חַמָּה יוֹצְאָה בַּמִּזְרָח וְשׁוֹקַעַת בְּמַעֲרָב? אֲמַר לֵיהּ: אִי הֲוָה אִיפְּכָא נָמֵי הָכִי הֲוָה אָמְרַתְּ לִי. אֲמַר לֵיהּ, הָכִי קָאָמֵינָא לָךְ: מִפְּנֵי מָה שׁוֹקַעַת בַּמַּעֲרָב?
La Guemara rapporte un autre échange. Antoninos dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Pour quelle raison le soleil se lève-t-il à l’est et se couche-t-il à l’ouest ? Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Si c’était l’inverse, tu me dirais cela aussi, car le soleil doit se lever d’une direction et se coucher dans l’autre. Antoninos lui dit : Voici ce que je veux dire : Pour quelle raison le soleil se couche-t-il à l’ouest et ne dévie-t-il pas parfois pour se coucher ailleurs ?
אֲמַר לֵיהּ: כְּדֵי לִיתֵּן שָׁלוֹם לְקוֹנָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר ״וּצְבָא הַשָּׁמַיִם לְךָ מִשְׁתַּחֲוִים״. אֲמַר לֵיהּ: וְתֵיתֵי עַד פַּלְגָא דְרָקִיעַ, וְתִתֵּן שְׁלָמָא, וְתֵיעוֹל! מִשּׁוּם פּוֹעֲלִים וּמִשּׁוּם עוֹבְרֵי דְרָכִים.
Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Le soleil se couche toujours à l’ouest afin de saluer son Créateur, comme il est dit : « Et les armées des cieux T’adorent » (Néhémie 9:6). Le coucher du soleil est une forme d’adoration ; c’est comme si le soleil s’inclinait devant Dieu. La Présence divine repose à l’ouest, comme cela ressort du fait que le Saint des Saints dans le Temple, où se trouve l’Arche, le lieu de repos de la Présence divine, est situé à l’ouest. Antoninos lui dit : Si tel est le cas, que le soleil vienne jusqu’au milieu du ciel, se couche légèrement et salue son Créateur, puis revienne et entre dans son lieu d’origine à l’est et s’y couche. Rabbi Yehuda HaNasi lui répondit : Le soleil se couche à l’ouest à cause des ouvriers et à cause des voyageurs, car, si le soleil ne progressait pas d’est en ouest avec la lumière du jour diminuant graduellement, ils ne sauraient pas qu’il est temps de rentrer chez eux ou de trouver une auberge.
וְאָמַר לוֹ אַנְטוֹנִינוּס לְרַבִּי: נְשָׁמָה מֵאֵימָתַי נִיתְּנָה בָּאָדָם, מִשְּׁעַת פְּקִידָה אוֹ מִשְּׁעַת יְצִירָה? אָמַר לוֹ: מִשְּׁעַת יְצִירָה. אָמַר לוֹ: אֶפְשָׁר חֲתִיכָה שֶׁל בָּשָׂר עוֹמֶדֶת שְׁלֹשָׁה יָמִים בְּלֹא מֶלַח וְאֵינָהּ מַסְרַחַת? אֶלָּא מִשְּׁעַת פְּקִידָה. אָמַר רַבִּי: דָּבָר זֶה לִמְּדַנִי אַנְטוֹנִינוּס, וּמִקְרָא מְסַיְּיעוֹ שֶׁנֶּאֱמַר ״וּפְקֻדָּתְךָ שָׁמְרָה רוּחִי״.
Et Antoninos dit à Rabbi Yehuda HaNasi : À partir de quand l’âme est-elle placée dans une personne ? Est-ce à partir du moment de la conception ou à partir du moment de la formation de l’embryon, quarante jours après la conception ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : C’est à partir du moment de la formation de l’embryon. Antoninos lui dit : C’est inconcevable. Est-il possible qu’un morceau de viande puisse rester ne serait-ce que trois jours sans sel comme conservateur et ne pas pourrir ? L’embryon ne pourrait pas exister pendant quarante jours sans âme. Au contraire, l’âme est placée dans l’homme dès le moment de la conception. Rabbi Yehuda HaNasi dit : Antoninos m’a enseigné cette chose, et il y a un verset qui l’appuie, comme il est dit : « Et Ta Providence [pekudatekha] a préservé mon esprit » (Job 10:12), indiquant que c’est dès le moment de la conception [pekida] que l’âme est préservée au sein d’une personne.
וְאָמַר לוֹ אַנְטוֹנִינוּס לְרַבִּי: מֵאֵימָתַי יֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט בָּאָדָם, מִשְּׁעַת יְצִירָה אוֹ מִשְּׁעַת יְצִיאָה? אָמַר לוֹ: מִשְּׁעַת יְצִירָה. אָמַר לוֹ: אִם כֵּן, בּוֹעֵט בִּמְעֵי אִמּוֹ וְיוֹצֵא! אֶלָּא מִשְּׁעַת יְצִיאָה. אָמַר רַבִּי: דָּבָר זֶה לִמְּדַנִי אַנְטוֹנִינוּס, וּמִקְרָא מְסַיְּיעוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ״.
Et Antoninos dit à Rabbi Yehuda HaNasi : À partir de quand le mauvais penchant domine-t-il une personne ? Est-ce à partir du moment de la formation de l’embryon ou à partir du moment de la sortie du ventre ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : C’est à partir du moment de la formation de l’embryon. Antoninos lui dit : Si tel est le cas, le mauvais penchant ferait que le fœtus donne des coups dans les entrailles de sa mère et sorte du ventre. Au contraire, le mauvais penchant domine une personne à partir du moment de la sortie du ventre. Rabbi Yehuda HaNasi dit : Antoninos m’a enseigné cette chose, et il y a un verset qui l’appuie, comme il est dit : « Le péché est tapi à la porte » (Genèse 4:7), indiquant que c’est à partir du moment de la naissance, lorsque le nouveau-né sort de l’entrée du ventre de sa mère, que le mauvais penchant est à l’affût.
רֵישׁ לָקִישׁ רָמֵי: כְּתִיב ״בָּם עִוֵּר וּפִסֵּחַ הָרָה וְיֹלֶדֶת יַחְדָּיו״, וּכְתִיב ״אָז יְדַלֵּג כָּאַיָּל פִּסֵּחַ וְתָרֹן לְשׁוֹן אִלֵּם כִּי נִבְקְעוּ בַמִּדְבָּר מַיִם וּנְחָלִים בָּעֲרָבָה״. הָא כֵּיצַד? עוֹמְדִין בְּמוּמָן וּמִתְרַפְּאִין.
§ Reish Lakish soulève une contradiction entre deux versets écrits au sujet de la résurrection des morts. Il est écrit : « Je les ramènerai du pays du nord et je les rassemblerai des extrémités de la terre, avec eux l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et celle qui enfante, ensemble » (Jérémie 31:7), ce qui indique qu’à la fin des temps il y aura encore des personnes ayant des défauts physiques. Et il est écrit : « Alors le boiteux bondira comme un cerf et la langue du muet chantera ; car des eaux jailliront dans le désert, et des torrents dans la plaine aride » (Isaïe 35:6), ce qui indique qu’à la fin des temps il n’y aura pas de personnes ayant des défauts physiques. Comment cela se peut-il ? Lors de la résurrection, les morts se lèveront encore affligés de leurs défauts, puis seront guéris.
עוּלָּא רָמֵי: כְּתִיב ״בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח וּמָחָה ה׳ דִּמְעָה מֵעַל כׇּל פָּנִים״, וּכְתִיב ״כִּי הַנַּעַר בֶּן מֵאָה שָׁנָה יָמוּת לֹא יִהְיֶה מִשָּׁם עוֹד עוּל יָמִים״. לָא קַשְׁיָא: כָּאן – בְּיִשְׂרָאֵל, כָּאן – בְּאוּמּוֹת הָעוֹלָם. וְאוּמּוֹת הָעוֹלָם מַאי בָּעוּ הָתָם? הָנָךְ דִּכְתִיב בְּהוּ ״וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וּבְנֵי נֵכָר אִכָּרֵיכֶם וְכֹרְמֵיכֶם״.
Oulla soulève une contradiction. Il est écrit : « Il anéantira la mort pour toujours ; et le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages » (Isaïe 25:8), ce qui indique que la mort n’existera plus à la fin des temps. Et il est écrit : « Il n’y aura plus là de nourrisson de quelques jours... car le plus jeune mourra à cent ans » (Isaïe 65:20). La Guemara répond que cette contradiction n’est pas difficile. Le verset ici, dans Isaïe chapitre 25, est écrit au sujet du peuple juif, qui vivra éternellement après la résurrection ; le verset là-bas, dans Isaïe chapitre 65, est écrit au sujet des gentils, qui finiront par mourir après une vie extrêmement longue. La Guemara demande : Et que recherchent les gentils, c’est-à-dire pourquoi mériteront-ils de vivre, à cette époque ? La Guemara répond que le verset fait référence à ces gentils au sujet desquels il est écrit : « Des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux, et des fils d’étrangers seront vos laboureurs et vos vignerons » (Isaïe 61:5).
רַב חִסְדָּא רָמֵי: כְּתִיב ״וְחָפְרָה הַלְּבָנָה וּבוֹשָׁה הַחַמָּה כִּי מָלַךְ ה׳ צְבָאוֹת״, וּכְתִיב ״וְהָיָה אוֹר הַלְּבָנָה כְּאוֹר הַחַמָּה וְאוֹר הַחַמָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם כְּאוֹר שִׁבְעַת הַיָּמִים״. לָא קַשְׁיָא: כָּאן לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ, כָּאן לָעוֹלָם הַבָּא.
Rav Ḥisda soulève une contradiction. Il est écrit : « Alors la lune sera confuse et le soleil honteux, lorsque le Seigneur des armées régnera sur le mont Sion et à Jérusalem, et devant Ses anciens sera Sa gloire » (Isaïe 24:23), ce qui indique que le soleil et la lune ne brilleront plus à la fin des temps. Et il est écrit : « Et la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera septuple, comme la lumière de sept jours » (Isaïe 30:26), ce qui indique que le soleil et la lune existeront alors et brilleront plus intensément. La Guemara répond que cela n’est pas difficile. Le verset ici, dans Isaïe chapitre 30, est écrit au sujet des jours du Messie, lorsque le soleil et la lune brilleront plus intensément ; le verset là-bas, dans Isaïe chapitre 24, est écrit au sujet du Monde à venir, lorsque la seule lumière sera la lumière de Dieu.
וְלִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר: אֵין בֵּין הָעוֹלָם הַזֶּה לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֶלָּא שִׁיעְבּוּד גָּלִיּוֹת בִּלְבַד, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּמַחֲנֵה צַדִּיקִים, כָּאן בְּמַחֲנֵה שְׁכִינָה.
La Guemara demande : Et selon Shmuel, qui dit : La différence entre ce monde-ci et l’ère messianique n’est que l’assujettissement des exils, puisque durant cette ère le peuple juif sera libéré de cet assujettissement, comment la contradiction est-elle résolue ? La Guemara répond que même selon Shmuel cette contradiction n’est pas difficile. Le verset ici, dans Isaïe chapitre 30, est écrit au sujet de la lumière dans le camp des justes ; le verset là-bas, dans Isaïe chapitre 24, est écrit au sujet du camp de la Présence divine, lorsque la seule lumière sera la lumière de Dieu.
רָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה״, וּכְתִיב ״מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא״. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מַה שֶּׁאֲנִי מֵמִית – אֲנִי מְחַיֶּה, וַהֲדַר מַה שֶּׁמָּחַצְתִּי – וַאֲנִי אֶרְפָּא.
Rava soulève une contradiction. Il est écrit : « Je ferai mourir et Je ferai vivre » (Deutéronome 32:39), ce qui indique que Dieu est capable de faire revivre les morts. Et il est écrit immédiatement après : « J’ai blessé et Je guérirai, » ce qui indique que Dieu ne guérira que les blessés. Il faut plutôt comprendre ainsi : Le Saint, béni soit-Il, dit : Ceux que Je fais mourir, Je les fais vivre, ce qui indique que Dieu fait revivre les morts. Et ensuite ceux que J’ai blessés, Je les guérirai.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה״ – יָכוֹל שֶׁתְּהֵא מִיתָה בְּאֶחָד וְחַיִּים בְּאֶחָד, כְּדֶרֶךְ שֶׁהָעוֹלָם נוֹהֵג? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא״ – מָה מְחִיצָה וּרְפוּאָה בְּאֶחָד, אַף מִיתָה וְחַיִּים בְּאֶחָד. מִיכָּן תְּשׁוּבָה לָאוֹמְרִין אֵין תְּחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Je ferai mourir et Je ferai vivre. » On aurait pu penser que cela signifie qu’il y aura la mort pour une personne et la vie pour une autre personne, selon la manière typique dont le monde fonctionne. C’est pourquoi le verset déclare : « J’ai blessé et Je guérirai. » De même que blesser et guérir ont lieu chez une seule personne, de même, la mort et le retour à la vie ont lieu chez une seule personne. D’ici il y a une réponse à ceux qui disent qu’il n’y a pas de résurrection des morts dérivée de la Torah.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מִנַּיִין לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת לַה׳״. ״שָׁר״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יָשִׁיר״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר, אַתָּה אוֹמֵר: ״אָז יִבְנֶה יְהוֹשֻׁעַ מִזְבֵּחַ לַה׳״. ״בָּנָה״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יִבְנֶה״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Meïr a dit : D’où la résurrection des morts est-elle dérivée de la Torah ? Elle est dérivée d’un verset, comme il est dit : « Alors Moïse et les enfants d’Israël chanteront ce cantique au Seigneur » (Exode 15:1). Il n’est pas dit : Chantèrent, dans le verset ; mais plutôt, le terme « chanteront » est employé, indiquant que Moïse reviendra à la vie et chantera le cantique dans l’avenir. D’ici il est prouvé que la résurrection des morts est dérivée de la Torah. De même, vous pouvez dire : « Alors Josué bâtira un autel au Seigneur Dieu d’Israël sur le mont Ébal » (Josué 8:30). Il n’est pas dit : Bâtit, dans le verset ; mais plutôt, le terme « bâtira » est employé. D’ici, la résurrection des morts est dérivée de la Torah.
אֶלָּא מֵעַתָּה, ״אָז יִבְנֶה שְׁלֹמֹה בָּמָה לִכְמוֹשׁ שִׁקֻּץ מוֹאָב״, הָכִי נָמֵי דְּיִבְנֶה? אֶלָּא מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ בָּנָה.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, alors dans le verset : « Alors Salomon bâtira un autel pour Kemosh, l’abomination de Moab » (I Rois 11:7), cela signifie-t-il aussi que Salomon bâtira à l’avenir ? Au contraire, l’emploi du futur ici doit être compris autrement. Salomon n’a pas bâti d’autel à l’idole ; au contraire, l’emploi du futur enseigne que le verset lui impute une faute comme s’il l’avait bâti, puisqu’il n’a pas empêché ses femmes de le faire. Par conséquent, on ne peut tirer de ce verset aucune preuve de la résurrection des morts.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מִנַּיִין לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי יוֹשְׁבֵי בֵיתֶךָ עוֹד יְהַלְלוּךָ סֶּלָה״. ״הִילְּלוּךְ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יְהַלְלוּךָ״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הָאוֹמֵר שִׁירָה בְּעוֹלָם הַזֶּה זוֹכֶה וְאוֹמְרָהּ לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי יוֹשְׁבֵי בֵיתֶךָ עוֹד יְהַלְלוּךָ סֶּלָה״.
Rabbi Yehoshua ben Levi dit : D’où la résurrection des morts est-elle dérivée de la Torah ? Elle est dérivée d’un verset, comme il est dit : « Heureux ceux qui demeurent dans Ta maison ; ils Te loueront encore, Sélah » (Psaumes 84:5). Il n’est pas dit : Ils T’ont loué, dans le verset ; mais plutôt, l’expression « ils Te loueront » est employée. D’ici, la résurrection des morts est dérivée de la Torah. Et Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Quiconque récite un chant à Dieu dans ce monde a le privilège de le réciter dans le Monde à Venir, comme il est dit : « Heureux ceux qui demeurent dans Ta maison ; ils Te loueront encore, Sélah. »
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִין לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוֹל צֹפַיִךְ נָשְׂאוּ קוֹל יַחְדָּו יְרַנֵּנוּ וְגוֹ״. ״רִינְּנוּ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יְרַנֵּנוּ״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה. וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֲתִידִין כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן אוֹמְרִים שִׁירָה בְּקוֹל אֶחָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוֹל צֹפַיִךְ נָשְׂאוּ קוֹל יַחְדָּו יְרַנֵּנוּ״.
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : D’où la résurrection des morts est-elle dérivée de la Torah ? Elle est dérivée d’un verset, comme il est dit : « Tes sentinelles élèvent la voix ; ensemble elles chanteront, car elles verront face à face le Seigneur retournant à Sion » (Isaïe 52:8). Il n’est pas dit : Elles ont chanté, dans le verset ; mais plutôt, l’expression « ensemble elles chanteront” est dite. D’ici la résurrection des morts est dérivée de la Torah. Et Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Tous les prophètes sont tous destinés à réciter un chant d’une seule voix, comme il est dit : « Tes sentinelles élèvent la voix ; ensemble elles chanteront. »
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמּוֹנֵעַ הֲלָכָה מִפִּי תַלְמִיד, כְּאִילּוּ גּוֹזְלוֹ מִנַּחֲלַת אֲבוֹתָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב״. מוֹרָשָׁה הִיא לְכׇל יִשְׂרָאֵל מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית. אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: כׇּל הַמּוֹנֵעַ הֲלָכָה מִפִּי תַּלְמִיד, אֲפִילּוּ עוּבָּרִין שֶׁבִּמְעֵי אִמָּן מְקַלְּלִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מֹנֵעַ בָּר
Rav Yehuda dit que Rav dit : En ce qui concerne quiconque retient la halakha d’être étudiée par la bouche d’un élève qui cherche à étudier la Torah, c’est comme s’il le privait de l’héritage de ses ancêtres, comme il est dit : « Moïse nous a ordonné la Torah, héritage de l’assemblée de Jacob » (Deutéronome 33:4), indiquant que la Torah est un héritage pour tout le peuple juif depuis les six jours de la Création. Rav Ḥana bar Bizna dit que Rabbi Shimon Ḥasida dit : En ce qui concerne quiconque retient la halakha d’être étudiée par la bouche d’un élève qui cherche à étudier la Torah, même les fœtus dans le ventre de leur mère le maudissent, comme il est dit : « Celui qui retient bar,

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