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שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנֵּה מִטָּתוֹ שֶׁלִּשְׁלֹמֹה שִׁשִּׁים גִּבֹּרִים סָבִיב לָהּ מִגִּבֹּרֵי יִשְׂרָאֵל כֻּלָּם אֲחֻזֵי חֶרֶב מְלֻמְּדֵי מִלְחָמָה אִישׁ חַרְבּוֹ עַל יְרֵכוֹ מִפַּחַד בַּלֵּילוֹת״. מִפַּחְדָּהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם, שֶׁדּוֹמָה לְלַיְלָה.
comme il est dit : « Voici, c’est le lit de Salomon ; soixante hommes vaillants l’entourent, parmi les vaillants d’Israël. Tous manient l’épée et sont experts dans la guerre ; chacun a son épée sur sa cuisse à cause de la terreur de la nuit » (Cantique des Cantiques 3:7–8). Les mots « à cause de la terreur de la nuit » signifient à cause de la terreur de la Géhenne, qui est semblable à la nuit. Rabbi Shmuel bar Naḥmani interprète ce verset comme se référant aux juges, qui sont appelés : Vaillants d’Israël, car ils siègent dans le Temple, qui est appelé : Le lit de Dieu. Dans ce verset, Dieu est désigné comme : Salomon [Shlomo], le Roi à Qui appartient la paix [shalom].
דָּרַשׁ רַבִּי יֹאשִׁיָּה, וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, מַאי דִּכְתִיב: ״בֵּית דָּוִד כֹּה אָמַר ה׳ דִּינוּ לַבֹּקֶר מִשְׁפָּט וְהַצִּילוּ גָזוּל מִיַּד עוֹשֵׁק״ – וְכִי בַּבֹּקֶר דָּנִין וְכׇל הַיּוֹם אֵין דָּנִין? אֶלָּא אִם בָּרוּר לְךָ הַדָּבָר כַּבֹּקֶר – אׇמְרֵהוּ, וְאִם לָאו – אַל תֹּאמְרֵהוּ. רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן, מֵהָכָא: ״אֱמֹר לַחׇכְמָה אֲחֹתִי אָתְּ״ – אִם בָּרוּר לְךָ הַדָּבָר כַּאֲחוֹתְךָ שֶׁהִיא אֲסוּרָה לְךָ – אוֹמְרֵהוּ, וְאִם לָאו – אַל תֹּאמְרֵהוּ.
Rabbi Yoshiya, et certains disent Rav Naḥman bar Yitzḥak, a interprété un verset de manière homilétique. Quel est le sens de ce qui est écrit : « Maison de David, ainsi parle le Seigneur : Rendez la justice le matin, et délivrez le spolié de la main de l’oppresseur » (Jérémie 21:12) ? Et est-ce ainsi qu’un tribunal peut juger le matin, et pendant tout le reste de la journée un tribunal ne peut pas juger ? Pourquoi le verset se rapporte-t-il spécifiquement au jugement du matin ? Au contraire, le sens est : Si l’affaire est aussi claire pour toi que le matin, rends le verdict ; et sinon, ne le rends pas. Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yonatan dit que ce principe peut être dérivé d’ici : « Dis à la sagesse : Tu es ma sœur » (Proverbes 7:4). Si l’affaire est aussi claire pour toi que le fait que ta sœur t’est interdite, rends-le, et sinon, ne le rends pas.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עֲשָׂרָה שֶׁיּוֹשְׁבִין בַּדִּין, קוֹלָר תָּלוּי בְּצַוַּאר כּוּלָּן. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא אֶלָּא לְתַלְמִיד הַיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ.
Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Si dix juges siègent en jugement, le collier [kolar] d’un prisonnier, c’est-à-dire la responsabilité des conséquences d’un verdict erroné, est suspendu au cou de tous. La Guemara demande : N’est-il pas évident que tous les juges portent une responsabilité conjointe pour le verdict ? La Guemara répond : Cela n’est nécessaire que pour inclure un élève assis devant son maître au tribunal, qui remarque que son maître s’est trompé. Bien qu’il ne fasse pas formellement partie du tribunal, il porte néanmoins une responsabilité s’il reste silencieux.
רַב הוּנָא, כִּי הֲוָה אָתֵי דִּינָא לְקַמֵּיהּ, מְיכַנֵּיף וּמַיְיתִי עֲשָׂרָה רַבָּנַן מִבֵּי רַב. אָמַר: כִּי הֵיכִי דְּלִימְטְיַין שִׁיבָּא מִכְּשׁוּרָא. רַב אָשֵׁי, כִּי הֲוָה אָתֵי טְרֵיפְתָּא לְקַמֵּיהּ, מְכַנֵּיף וּמַיְיתֵי לְהוּ לְכוּלְּהוּ טַבָּחֵי דְּמָתָא מַחְסֵיָא. אָמַר: כִּי הֵיכִי דְּלִימְטְיַין שִׁיבָּא מִכְּשׁוּרָא.
La Guemara rapporte au sujet de Rav Huna que, lorsqu’une affaire se présentait devant lui pour être jugée, il rassemblait et faisait venir dix rabbins de la maison d’étude de Rav. Il disait : Je fais cela afin que seule une petite part de la responsabilité, comparable à une écharde d’une poutre, revienne à chacun de nous. Plus le nombre de juges est grand, moins chacun assume de responsabilité pour le verdict. De même, chez Rav Ashi, lorsque quelqu’un se présentait devant lui avec de la viande soupçonnée de provenir d’un animal atteint d’une blessure qui entraînera sa mort dans les douze mois [tereifta], il rassemblait et faisait venir tous les bouchers de Mata Meḥasya et les consultait avant de statuer sur le statut de la viande. Il disait : Je fais cela afin que seule une petite part de la responsabilité, comparable à une écharde d’une poutre, revienne à chacun de nous.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: דָּרַשׁ רַב נַחְמָן בַּר כֹּהֵן, מַאי דִּכְתִיב: ״מֶלֶךְ בְּמִשְׁפָּט יַעֲמִיד אָרֶץ וְאִישׁ תְּרוּמוֹת יֶהֶרְסֶנָּה״? אִם דַּיָּין דּוֹמֶה לְמֶלֶךְ שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לִכְלוּם – יַעֲמִיד אָרֶץ, וְאִם דּוֹמֶה לְכֹהֵן שֶׁמְּחַזֵּר בְּבֵית הַגְּרָנוֹת – יֶהֶרְסֶנָּה.
Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Yisrael, il dit : Rav Naḥman bar Kohen a interprété un verset de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Le roi, par la justice, affermit le pays ; mais celui qui exige des présents [terumot] le renverse » (Proverbes 29:4) ? Cela enseigne que si le juge est comme un roi en ce qu’il n’a besoin de rien et ne dépend de personne, il affermit le pays, c’est-à-dire qu’il peut exercer comme juge. Mais s’il est comme un prêtre qui recherche ses terumotdans diverses granges, puisqu’il dépend des autres, il renverse le pays.
דְּבֵי נְשִׂיאָה אוֹקְמוּ דַּיָּינָא דְּלָא הֲוָה גְּמִיר. אֲמַר לֵיהּ לִיהוּדָה בַּר נַחְמָנִי, מְתוּרְגְּמָנֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ: ״קוּם עֲלֵיהּ בְּאָמוֹרָא״. קָם, גְּחֵין עֲלֵיהּ, וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי.
Dans la maison du Nasi, on nomma un juge qui n’était pas érudit. Ce juge dit à Yehuda bar Naḥmani, qui était l’interprète de Reish Lakish et dont le rôle était de répéter et d’expliquer les enseignements du Sage : Tiens-toi au-dessus de moi comme interprète, et je ferai le cours. Yehuda bar Naḥmani se leva et se pencha au-dessus de lui de la manière habituelle, pour entendre les paroles du juge. Mais, étant ignorant, le juge ne lui dit rien.
פָּתַח וְאָמַר: ״הוֹי אוֹמֵר לָעֵץ הָקִיצָה עוּרִי לְאֶבֶן דּוּמָם הוּא יוֹרֶה הִנֵּה הוּא תָּפוּשׂ זָהָב וָכֶסֶף וְכׇל רוּחַ אֵין בְּקִרְבּוֹ״. וְעָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִיפָּרַע מִמַּעֲמִידָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַה׳ בְּהֵיכַל קׇדְשׁוֹ הַס מִפָּנָיו כׇּל הָאָרֶץ״.
L’interprète commença et dit : Le verset déclare : « Malheur à celui qui dit au bois : Réveille-toi, et à la pierre muette : Lève-toi. Cela peut-il enseigner ? Voici, il est recouvert d’or et d’argent, et il n’y a aucun souffle en son sein » (Habacuc 2:19). Ainsi en est-il de ce juge, nommé pour enseigner le public pour de l’or, c’est-à-dire pour paiement, mais pas plus qualifié que le bois et la pierre. Et dans le futur, le Saint, béni soit-Il, punira ceux qui nomment de tels juges, comme il est dit dans le verset suivant : « Mais le Seigneur est dans Son saint Sanctuaire ; que toute la terre fasse silence devant Lui » (Habacuc 2:20). Dieu, qui est au-dessus de tout, jugera ceux qui sont responsables de telles nominations.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל הַמַּעֲמִיד דַּיָּין עַל הַצִּיבּוּר שֶׁאֵינוֹ הָגוּן, כְּאִילּוּ נוֹטֵעַ אֲשֵׁירָה בְּיִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים תִּתֶּן לְךָ״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״לֹא תִטַּע לְךָ אֲשֵׁרָה כָּל עֵץ״. אָמַר רַב אָשֵׁי: וּבִמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, כְּאִילּוּ נְטָעוֹ אֵצֶל מִזְבֵּחַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵצֶל מִזְבַּח ה׳ אֱלֹהֶיךָ״.
Reish Lakish dit : En ce qui concerne quiconque nomme sur la communauté un juge qui n’est pas apte, c’est comme si il plantait un arbre utilisé dans le cadre de rites idolâtres [ashera] parmi le peuple juif, comme il est dit : « Tu te donneras des juges et des officiers » (Deutéronome 16:18), et juxtaposé à cela, il est écrit : « Tu ne planteras pour toi aucune ashera, aucun arbre de quelque espèce que ce soit » (Deutéronome 16:21). Par implication, nommer des juges inaptes revient à planter un arbre pour l’idolâtrie. Rav Ashi dit : Et dans un endroit où il y a des érudits de Torah, c’est comme si il avait planté l’arbre à côté de l’autel, comme il est dit : « Tu ne planteras pour toi aucune asheraà côté de l’autel du Seigneur ton Dieu. »
כְּתִיב: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי אֱלֹהֵי כֶסֶף וֵאלֹהֵי זָהָב״. אֱלֹהֵי כֶסֶף וֵאלֹהֵי זָהָב הוּא דְּלָא עָבְדִי, הָא דְּעֵץ שְׁרֵי? אָמַר רַב אָשֵׁי: אֱלוֹהַּ הַבָּא בִּשְׁבִיל כֶּסֶף, וֶאֱלוֹהַּ הַבָּא בִּשְׁבִיל זָהָב.
Il est écrit : « Vous ne ferez pas avec Moi des dieux de [elohei] argent et des dieux d’or » (Exode 20:20). La Guemara demande : Ce sont des dieux d’argent et des dieux d’or que vous ne pouvez pas faire, mais les dieux de bois sont-ils permis ? Au contraire, Rav Ashi dit : Ce verset traite d’un juge, appelé elohim, qui vient, c’est-à-dire qui est nommé, en raison d’un paiement en argent, et d’un juge qui vient en raison d’un paiement en or.
רַב, כִּי הֲוָה אָתֵי לְבֵי דִּינָא, אָמַר הָכִי: בִּרְעוּת נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ עָיֵיל. וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה.
La Guemara rapporte que Rav, lorsqu’il venait au tribunal pour juger une affaire, disait ceci à son sujet : De son plein gré il s’avance vers le danger de mort, car un juge qui tranche une affaire de manière erronée est passible de la peine de mort par la main du Ciel ; et il ne fait pas ce qui est nécessaire pour subvenir aux besoins de sa maison, et il entre chez lui les mains vides, parce qu’un juge ne reçoit pas de salaire. Il disait : Puisse-t-il seulement en être ainsi, que son entrée dans sa maison soit la même que sa sortie, sans péché ni transgression.
כִּי הָוֵי חָזֵי אַמְבּוּהָא דְסָפְרֵי אַבָּתְרֵיהּ, אָמַר: ״אִם יַעֲלֶה לַשָּׁמַיִם שִׂיאוֹ [וְגוֹ׳] כְּגֶלְלוֹ לָנֶצַח יֹאבֵד וְגוֹ׳״. מָר זוּטְרָא חֲסִידָא, כִּי הֲווֹ מְכַתְּפִי לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא דְרִיגְלָא, אָמַר הָכִי: ״כִּי לֹא לְעוֹלָם חֹסֶן וְאִם נֵזֶר לְדוֹר וָדוֹר״.
Dans une démonstration semblable d’humilité, lorsque Rav voyait un cortège [ambuha] de scribes marcher derrière lui pour l’honorer, il avait coutume de dire : « Quand bien même son excellence monterait jusqu’aux cieux et que sa tête atteindrait les nuées, il périra pourtant à jamais comme sa propre fiente ; ceux qui l’ont vu diront : Où est-il ? » (Job 20:6–7). Il est dit de Mar Zutra le Pieux que lorsque les gens le portaient à ses leçons sur leurs épaules pendant le Shabbat de la fête, il disait cela pour éviter de devenir orgueilleux : « Car la puissance n’est pas éternelle, et la couronne dure-t-elle de génération en génération ? » (Proverbes 27:24).
דָּרֵשׁ בַּר קַפָּרָא: מְנָא הָא מִילְּתָא דַּאֲמַרוּ רַבָּנַן, ״הֱווּ מְתוּנִין בַּדִּין״? דִּכְתִיב: ״לֹא תַעֲלֶה בְמַעֲלֹת״, וּסְמִיךְ לֵיהּ ״וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים״. אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מִנַּיִין לְדַיָּין שֶׁלֹּא יְפַסֵּעַ עַל רָאשֵׁי עַם קוֹדֶשׁ? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תַעֲלֶה בְמַעֲלֹת״, וּסְמִיךְ לֵיהּ ״וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים״.
Bar Kappara a enseigné, sur la base d’une interprétation homilétique d’un verset : D’où cette chose que les Sages ont déclarée est-elle dérivée : Soyez modérés dans le jugement (Avot 1:1) ? Comme il est écrit : « Tu ne monteras pas par des degrés sur Mon autel » (Exode 20:23), c’est-à-dire, ne monte pas avec précipitation, et juxtaposé à cela, il est écrit : « Voici les ordonnances que tu placeras devant eux » (Exode 21:1). Rabbi Eliezer dit : D’où est-il dérivé qu’un juge ne peut pas enjamber les têtes de la nation sainte, en marchant parmi ceux qui sont assemblés pour l’enseignement, qui étaient assis à même le sol, de telle sorte qu’il donne l’apparence de marcher sur eux ? Cela est dérivé de ce qui est dit : « Tu ne monteras pas par des degrés », et juxtaposé à cela se trouve une introduction aux lois civiles et aux règles du tribunal : « Voici les ordonnances. » Cela indique que l’interdiction de monter par des degrés s’applique aux juges.
״אֲשֶׁר תָּשִׂים״? ״אֲשֶׁר תְּלַמְּדֵם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה, וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: אֵלּוּ כְּלֵי הַדַּיָּינִין. רַב הוּנָא, כִּי הֲוָה נָפֵק לְדִינָא, אָמַר הָכִי: אַפִּיקוּ לִי מָאנֵי חֲנוּתַאי: מַקֵּל וּרְצוּעָה, וְשׁוֹפָרָא, וְסַנְדָּלָא.
La Guemara interprète la seconde partie du verset cité ci-dessus : « Voici les ordonnances que tu placeras devant eux. » Le verset aurait dû dire : Que tu leur enseigneras. Qu’indique l’expression : « placeras devant eux » ? Rabbi Yirmeya, et certains disent Rabbi Ḥiyya bar Abba, dit : Ce sont les outils des juges. Pour illustrer cela, la Guemara rapporte que Rav Houna, lorsqu’il sortait pour rendre un jugement, disait ceci : Sortez-moi des outils de ma boutique : un bâton et une lanière, avec lesquels fouetter les transgresseurs ; et un shofar, nécessaire dans le cas où quelqu’un devrait être excommunié ; et une sandale, nécessaire dans le cas de la ḥalitza, la procédure par laquelle un mariage léviratique est rejeté.
״וָאֲצַוֶּה אֶת שֹׁפְטֵיכֶם בָּעֵת הַהִיא״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּנֶגֶד מַקֵּל וּרְצוּעָה תְּהֵא זָרִיז. ״שָׁמֹעַ בֵּין אֲחֵיכֶם וּשְׁפַטְתֶּם״ – אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: אַזְהָרָה לַדַּיָּין שֶׁלֹּא יִשְׁמַע דִּבְרֵי בַּעַל דִּין קוֹדֶם שֶׁיָּבֹא בַּעַל דִּין חֲבֵירוֹ, וְאַזְהָרָה לְבַעַל דִּין שֶׁלֹּא יַטְעִים דְּבָרָיו לַדַּיָּין קוֹדֶם שֶׁיָּבֹא בַּעַל דִּין חֲבֵירוֹ. קְרִי בֵּיהּ נָמֵי: ״שַׁמַּע בֵּין אֲחֵיכֶם״.
La Guemara interprète d’autres versets liés au sujet du jugement des affaires. « Et j’ai ordonné à vos juges en ce temps-là, en disant : Écoutez les causes entre vos frères, et jugez avec justice entre un homme et son frère, et l’étranger qui est avec lui » (Deutéronome 1:16). Comprenant que le mot « ordonné » indique la diligence, Rabbi Yoḥanan dit : Moïse a exhorté les juges : En ce qui concerne le bâton et la lanière, soyez vigilants. Quant à la clause « Écoutez les causes entre vos frères, et jugez », Rabbi Ḥanina dit : C’est un avertissement à un tribunal qu’il ne peut pas entendre la déclaration d’un plaideur avant que l’autre plaideur n’arrive, et c’est un avertissement à un plaideur qu’il ne peut pas exposer sa déclaration au juge avant que l’autre plaideur n’arrive. Lisez dans l’expression du verset : « Écoutez les causes entre vos frères, » que cela concerne aussi le plaideur. Bien qu’il ne soit pas le juge, il est lui aussi tenu de veiller à ce que l’affaire soit conduite en présence des deux parties.
רַב כָּהֲנָא אָמַר: מֵהָכָא, מִ״לֹּא תִשָּׂא״ – לֹא תַשִּׂיא.
Rav Kahana dit que la responsabilité du plaideur peut être déduite d’ici : de « tu ne porteras pas [tissa] un faux rapport » (Exode 23:1). Bien que, conjugué de cette manière, le verbe semble s’adresser aux juges, leur ordonnant de ne pas accorder foi à un faux rapport, le terme peut aussi se lire ainsi : Tu ne transmettras pas [tassi] un faux rapport, conjugué de sorte qu’il s’adresse aux plaideurs et aux témoins.
״וּשְׁפַטְתֶּם צֶדֶק״. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: צַדֵּק אֶת הַדִּין, וְאַחַר כָּךְ חׇתְכֵהוּ. ״בֵּין אִישׁ וּבֵין אָחִיו וּבֵין גֵּרוֹ״. אָמַר רַב יְהוּדָה: אֲפִילּוּ בֵּין בַּיִת לַעֲלִיָּיה.
La Guemara revient au verset de Deutéronome cité ci-dessus : « Et j’ai ordonné à vos juges en ce temps-là, en disant : Écoutez les causes entre vos frères, et jugez avec justice. » Reish Lakish dit : Vérifiez le jugement en examinant minutieusement les détails de l’affaire, et seulement ensuite, mettez-le à exécution. Le verset continue : « Entre un homme et son frère, et l’étranger qui est avec lui. » Rav Yehuda dit : Le juge doit distinguer même entre les droits d’une maison et de l’étage supérieur lors du partage d’un bien à deux niveaux entre des frères héritiers.
״וּבֵין גֵּרוֹ״. אָמַר רַב יְהוּדָה: אֲפִילּוּ בֵּין תַּנּוּר לְכִירַיִם.
En ce qui concerne la clause du verset : « Et l’étranger qui est avec lui [gero] », le mot gero ressemble au mot : Demeurer [gur], et Rav Yehuda dit : Ce mot enseigne que le juge doit distinguer même entre les mérites d’un four et d’un poêle. Le juge doit peser soigneusement comment répartir même ces objets domestiques dans un cas d’héritage, afin de garantir que la répartition des biens soit absolument équitable.
״לֹא תַכִּירוּ פָנִים בַּמִּשְׁפָּט״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא תַּכִּירֵהוּ. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: לֹא תְּנַכְּרֵהוּ.
Le verset suivant déclare : « Vous ne ferez pas acception [takiru] de personnes dans le jugement ; vous écouterez de la même manière le petit et le grand ; vous n’aurez peur devant aucun homme, car le jugement appartient à Dieu ; et la cause qui sera trop difficile pour vous, vous me l’apporterez, et je l’entendrai » (Deutéronome 1:17). Rabbi Yehouda dit : Ne le reconnais pas [takirehu], c’est-à-dire ne reconnais pas le plaideur comme un ami dans ton rôle de juge. Rabbi Elazar dit : Même s’il est ton adversaire, ne l’aliène pas [tenakerehu] au point de le préjuger coupable, mais traite-le comme si tu ne le connaissais pas du tout.
אוּשְׁפִּיזְכָנֵיהּ דְּרַב אֲתָא לְקַמֵּיהּ לְדִינָא. אָמַר לוֹ: לָאו אוּשְׁפִּיזְכָנִי אַתְּ? אָמַר לוֹ: אִין. אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי. אֲמַר לֵיהּ:
L’hôte de Rav [ushpizekhaneih], chez qui il séjournait parfois, se présenta devant lui pour un jugement. Rav dit à l’hôte : N’es-tu pas mon hôte ? Il lui dit : Oui, je le suis. Puis l’hôte lui dit : J’ai un différend avec une autre personne qui nécessite un jugement. Rav lui dit :

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