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מִצְוָה לְמֵימְרָא לְהוּ: אִי דִּינָא בָּעֵיתוּ, אִי פְּשָׁרָה בָּעֵיתוּ? הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא! אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ מִצְוָה: רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה סָבַר מִצְוָה, תַּנָּא קַמָּא סָבַר רְשׁוּת.
Cela signifie que c’est une mitsva de leur dire : Voulez-vous un jugement strict, ou voulez-vous un compromis ? La Guemara objecte : Puisque cette opinion est la même que celle du premier tanna, qui permet lui aussi le compromis, il est redondant de l’enseigner. La Guemara répond : Il y a une différence entre eux quant à la question de savoir si c’est une mitsva d’arranger un compromis. Rabbi Yehoshua ben Korḥa soutient que c’est une mitsva de leur offrir l’option du compromis, et le premier tanna soutient que cela est simplement permis.
הַיְינוּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ: מִשֶּׁתִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן וְאַתָּה יוֹדֵעַ לְהֵיכָן הַדִּין נוֹטֶה, אִי אַתָּה רַשַּׁאי לוֹמַר לָהֶן ״צְאוּ וּבִצְעוּ״.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, l’opinion du premier tannaest la même que celle de Rabbi Shimon ben Menasya. La Guemara répond qu’il existe une différence entre eux concernant le principe suivant : Après avoir entendu leurs déclarations et savoir de quel côté le jugement penche, il n’est pas permis de leur dire : Sortez et faites une médiation. Dans ce cas, le premier tanna soutient qu’il n’est toujours pas trop tard pour proposer une médiation.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי, דְּאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: לֹא נֶאֱמַר מִקְרָא זֶה אֶלָּא כְּנֶגֶד מַעֲשֵׂה הָעֵגֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּרְא אַהֲרֹן וַיִּבֶן מִזְבֵּחַ לְפָנָיו״. מָה רָאָה? אָמַר רַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: רָאָה חוּר שֶׁזָּבוּחַ לְפָנָיו.
§ Et les divers Sages qui ont proposé des interprétations du verset : « Et le cupide se bénit lui-même, bien qu’il méprise le Seigneur » (Psaumes 10:3), ne sont pas d’accord avec l’explication de Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai. Car Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai dit : Ce verset n’a été énoncé qu’au sujet de l’incident du Veau d’Or, comme il est dit : « Aaron vit cela, et il bâtit [vayyiven] un autel [mizbe’aḥ] devant lui…et dit : Demain, il y aura une fête pour le Seigneur » (Exode 32:5). Qu’a vu Aaron ? Rabbi Binyamin bar Yefet dit que Rabbi Elazar dit : Il vit Hur, qui avait été désigné avec Aaron par Moïse pour diriger le peuple pendant l’absence de Moïse (voir Exode 24:14), égorgé devant lui, car il s’était opposé au projet de fabriquer un veau et avait été tué par le peuple en conséquence. Le verset est donc interprété non pas ainsi : Aaron bâtit un autel devant le veau, mais plutôt ainsi : Il comprit [vayyaven] à partir de l’abattage [mizavuaḥ] sous ses propres yeux ; puis il proclama une fête.
אָמַר: אִי לָא שָׁמַעְנָא לְהוּ הַשְׁתָּא, עָבְדוּ לִי כְּדַעֲבַדוּ בְּחוּר, וּמִיקַּיַים בִּי ״אִם יֵהָרֵג בְּמִקְדַּשׁ ה׳ כֹּהֵן וְנָבִיא״, וְלָא הָוְיָא לְהוּ תַּקַּנְתָּא לְעוֹלָם. מוּטָב דְּלִיעְבְּדוּ לְעֵגֶל, אֶפְשָׁר הָוְיָא לְהוּ תַּקַּנְתָּא בִּתְשׁוּבָה.
Aaron se dit en lui-même : Si je ne les écoute pas maintenant, ils me feront ce qu’ils ont fait à Hur, et le verset : « Le prêtre et le prophète seront-ils tués dans le sanctuaire du Seigneur ? » (Lamentations 2:20), s’accomplira par moi, et ils n’auront jamais de remède pour un tel péché. Il vaut mieux pour eux adorer le veau, car il est possible qu’ils aient un remède par le repentir. Néanmoins, selon Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai, quiconque loue Aaron pour ce compromis provoque Dieu.
וְהָנֵי תַּנָּאֵי ״פּוֹטֵר מַיִם רֵאשִׁית מָדוֹן״, מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? כִּדְרַב הַמְנוּנָא, דְּאָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין תְּחִילַּת דִּינוֹ שֶׁל אָדָם נִידּוֹן אֶלָּא עַל דִּבְרֵי תוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פּוֹטֵר מַיִם רֵאשִׁית מָדוֹן״. אָמַר רַב הוּנָא: הַאי תִּיגְרָא דָּמְיָא לְצִינּוֹרָא דְּבִידְקָא (דְּמַיָּא), כֵּיוָן דְּרָוַוח – רָוַוח.
Et en ce qui concerne ces tanna’im qui n’ont pas interprété le verset : « Le commencement de la querelle est comme lorsqu’on laisse échapper l’eau » (Proverbes 17:14), au sujet du compromis, qu’apprennent-ils de ce verset ? Ils comprennent le verset conformément à l’opinion de Rav Hamnuna, comme le dit Rav Hamnuna : Le commencement du jugement d’une personne après sa mort est qu’elle est jugée uniquement au sujet des questions de Torah, comme il est dit : « Le commencement de la querelle est comme lorsqu’on laisse échapper l’eau. » Sur la base de ce verset, Rav Huna dit : Cette querelle entre des personnes est comparable à une fente dans un tuyau causée par une irruption d’eau, se déversant dans un champ ; une fois que la fente dans le tuyau s’élargit, elle s’élargit encore davantage et ne peut plus être réparée. Pour sauver le champ, le tuyau doit être réparé dès qu’il se fend. Il en va de même pour une querelle ; elle doit être arrêtée dès qu’elle commence.
אַבָּיֵי קַשִּׁישָׁא אָמַר: דָּמֵי לְגוּדָּא דְּגַמְלָא, כֵּיוָן דְּקָם – קָם.
Abaye l’Ancien exprime une idée semblable avec une métaphore différente, et dit : Une querelle est comparable à une planche dans un pont en bois. Une fois qu’elle s’est tenue à sa place et s’est stabilisée, elle continue à tenir et devient de plus en plus rigide et stable. Par conséquent, le meilleur moment pour traiter et mettre fin au conflit est tout au début.
שִׁמְעִי וּשְׁתֵּי שֶׁבַע זְמִירוֹת הוּא, סִימָן.
§ À propos de la discussion précédente, la Guemara rapporte plusieurs incidents au cours desquels des passants ont récité des proverbes populaires. Shimi ushti, sheva zemirot hu est un moyen mnémotechnique pour ces incidents.
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: טוּבֵיהּ דְּשָׁמַע וְאָדֵישׁ, חַלְפוּהּ בִּישָׁתֵיהּ מְאָה. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״פּוֹטֵר מַיִם רֵאשִׁית מָדוֹן״ – רֵישׁ מְאָה דִּינֵי.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : Il est bon pour une personne qui entend des propos dits contre elle et qui pourtant reste silencieuse, car cent malheurs passent à côté d’elle en conséquence. En entendant cela, Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit qui transmet le message de cet aphorisme : « Le commencement de la querelle est comme lorsqu’on laisse échapper de l’eau » (Proverbes 17:14). Les mots « commencement [poter] de la querelle [reishit madon] » font allusion à : Le commencement de cent litiges [reish me’a dinei]. On évite les ennuis si l’on passe outre et excuse [poter] une offense.
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: אַתַּרְתֵּי תְּלָת גַּנָּבָא לָא מִיקְּטַל. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : Car pour seulement deux ou trois vols, le voleur n’est pas exécuté par le tribunal céleste. Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit qui transmet le message de cet aphorisme : « Ainsi parle le Seigneur : Pour trois transgressions d’Israël, ou pour quatre, je ne le révoquerai pas » (Amos 2:6). Shmuel interprète le verset de manière rhétorique, comme pour dire : Ne punirai-je pas la quatrième faute ? En conséquence, avant la quatrième faute, il est encore possible de rectifier les péchés.
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: שַׁב בֵּירֵי לִשְׁלָמָנָא, וַחֲדָא לְעָבֵיד בִּישׁ. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״כִּי שֶׁבַע יִפּוֹל צַדִּיק וָקָם וְרָשָׁע יִפּוֹל בְּאַחַת״.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : Sept fosses sont creusées pour l’homme de paix, et il échappe à toutes, et une fosse est creusée pour le malfaiteur, et il ne peut y échapper. Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit qui transmet le message de cet aphorisme : « Car le juste tombe sept fois et se relève, mais les méchants tomberont d’un seul coup » (voir Proverbes 24:16, 28:18).
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: דְּאָזֵיל מִבֵּי דִינָא שְׁקִל גְּלִימָא – לִיזַמַּר זְמָר וְלֵיזִיל בְּאוֹרְחָא. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״וְגַם כׇּל הָעָם הַזֶּה עַל מְקֹמוֹ יָבֹא בְשָׁלוֹם״.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : En ce qui concerne celui qui sort du tribunal, et dont le manteau a été pris au cours de la procédure, c’est-à-dire qu’il a perdu tout son argent à cause d’un jugement rendu contre lui, qu’il chante un chant et s’en aille joyeusement en chemin. Bien qu’il ait perdu l’affaire, il a bénéficié du fait que la justice ait été rendue. Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit au sujet du conseil de Yitro concernant des réformes judiciaires, et il transmet le message de cet aphorisme : "Et tout ce peuple aussi ira à sa place en paix" (Exode 18:23). Si la justice est rendue, tous les plaideurs, et pas seulement ceux qui sortent victorieux, peuvent partir en paix.
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: הִיא נָיְימָא, וְדִיקּוּלָא שָׁפֵיל. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״בַּעֲצַלְתַּיִם יִמַּךְ הַמְּקָרֶה וְגוֹ׳״.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : Si une femme porte un panier sur la tête, quand elle somnole, le panier de roseau tombe. Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit qui transmet le message de cet aphorisme : « Par la paresse, la charpente s’affaisse ; et par l’oisiveté des mains, la maison fuit » (Ecclésiaste 10:18).
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: גַּבְרָא דִּרְחִיצְנָא עֲלֵיהּ, אַדְיֵיהּ לִגְזִיזֵיהּ וְקָם. אָמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, קְרָא כְּתִיב: ״גַּם אִישׁ שְׁלוֹמִי אֲשֶׁר בָּטַחְתִּי בוֹ וְגוֹ׳״.
Il y avait un certain homme qui disait en marchant : L’homme sur qui je comptais a levé son poing [ligzizeih] et s’est dressé contre moi. Shmuel dit à Rav Yehuda : Un verset est écrit qui transmet le message de cet aphorisme : « Même mon ami intime, en qui j’avais confiance, qui mangeait de mon pain, a levé son talon contre moi » (Psaumes 41:10).
הָהוּא דַּהֲוָה קָאָמַר וְאָזֵיל: כִּי רְחִימְתִּין הֲוָה עַזִּיזָא, אַפּוּתְיָא דְּסַפְסֵירָא שְׁכִיבַן. הַשְׁתָּא דְּלָא עַזִּיזָא רְחִימְתִּין, פּוּרְיָא בַּר שִׁיתִּין גַּרְמִידֵי לָא סַגִּי לַן. אָמַר רַב הוּנָא, קְרָאֵי כְּתִיבִי. מֵעִיקָּרָא כְּתִיב: ״וְנוֹעַדְתִּי לְךָ שָׁם וְדִבַּרְתִּי אִתְּךָ מֵעַל הַכַּפֹּרֶת״, וְתַנְיָא: אָרוֹן תִּשְׁעָה וְכַפּוֹרֶת טֶפַח, הֲרֵי כָּאן עֲשָׂרָה.
Il y avait un certain homme qui disait au sujet de son mariage en marchant : Quand notre amour était fort, nous aurions pu même dormir sur un lit qui avait la largeur d’une épée. Maintenant que notre amour n’est plus fort, un lit de soixante coudées ne nous suffit pas. Rav Houna a dit : Des versets ont été écrits qui expriment ces sentiments. Au début, il était écrit : « Je te rencontrerai là et je te parlerai d’au-dessus du Couvercle de l’Arche » (Exode 25:22), et il est enseigné dans une baraita : L’Arche de l’Alliance elle-même avait neuf palmes de hauteur, et le Couvercle de l’Arche avait une palme d’épaisseur. Ici, il y a une hauteur totale de dix palmes . Au début, lorsque Dieu avait une grande affection pour Israël, la Présence divine se révélait dans les limites de cet espace restreint.
וּכְתִיב: ״וְהַבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה לַה׳ שִׁשִּׁים אַמָּה אׇרְכּוֹ וְעֶשְׂרִים רׇחְבּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתוֹ״. וּלְבַסּוֹף כְּתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ הַשָּׁמַיִם כִּסְאִי וְהָאָרֶץ הֲדֹם רַגְלָי אֵיזֶה בַיִת אֲשֶׁר תִּבְנוּ לִי וְגוֹ׳״.
Et il est écrit : « Et la maison que le roi Salomon bâtit pour le Seigneur, sa longueur était de soixante coudées, sa largeur de vingt coudées, et sa hauteur de trente coudées » (I Rois 6:2). Et à la fin, lorsque Israël a péché, tout l’espace du Temple n’était pas assez vaste pour que la Présence divine y repose, comme il est écrit : « Ainsi parle le Seigneur : Le ciel est Mon trône, et la terre est l’escabeau de Mes pieds ; quelle est la maison que vous pourriez bâtir pour Moi ? Et quel est le lieu qui pourrait être Mon lieu de repos ? » (Isaïe 66:1). En temps de discorde, le Temple est un lieu de repos insuffisant pour la Présence divine.
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״לֹא תָגוּרוּ״ לִישָּׁנָא דְּכַנּוֹשֵׁי הוּא? אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר קְרָא: ״וְיַיִן לֹא תִשְׁתֶּה וְלֹא תֶאֱגֹר״. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר מֵהָכָא: ״תָּכִין בַּקַּיִץ לַחְמָהּ אָגְרָה בַקָּצִיר מַאֲכָלָהּ״. רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא אָמַר מֵהָכָא: ״אֹגֵר בַּקַּיִץ בֵּן מַשְׂכִּיל״.
La Guemara revient à l’analyse de la Tosefta. D’où peut-on déduire que cette expression : « Vous ne craindrez pas [taguru] » (Deutéronome 1:17), est un terme signifiant rassembler, de sorte que l’expression puisse être interprétée comme voulant dire qu’un juge ne peut pas garder sa décision pour lui-même ? Rav Naḥman a dit : Le verset déclare : « Tu planteras des vignes et tu les cultiveras, mais tu ne boiras pas de vin et tu ne le recueilleras pas [te’egor] » (Deutéronome 28:39). Rav Aḥa bar Ya’akov dit que cela est dérivé d’ici : « Elle prépare son pain en été et rassemble [agra] sa nourriture à la moisson » (Proverbes 6:8). Rav Aḥa, fils de Rav Ika, dit que cela est dérivé d’ici : « Un fils sage rassemble [oger] en été » (Proverbes 10:5).
אֱמֶת מָמוֹן יִרְאָה סִימָן. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל דַּיָּין שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ, מַשְׁרֶה שְׁכִינָה בְּיִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל בְּקֶרֶב אֱלֹהִים יִשְׁפֹּט״. וְכׇל דַּיָּין שֶׁאֵינוֹ דָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ, גּוֹרֵם לִשְׁכִינָה שֶׁתִּסְתַּלֵּק מִיִּשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִשֹּׁד עֲנִיִּים מֵאַנְקַת אֶבְיוֹנִים עַתָּה אָקוּם יֹאמַר ה׳ וְגוֹ׳״.
§ La Guemara fournit un moyen mnémotechnique indiquant la série d’enseignements suivante au sujet des juges et de leurs fonctions : Emet mamon yireh. Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Tout juge qui rend un jugement conformément à la vérité absolue [emet] fait résider la Présence divine parmi Israël, comme il est dit : “Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu ; au milieu des juges Il juge” (Psaumes 82:1), ce qui indique que la Présence divine se trouve au milieu du tribunal. Et tout juge qui ne rend pas un jugement conformément à la vérité absolue fait se retirer la Présence divine d’Israël, comme il est dit : “À cause de l’oppression des pauvres, à cause du gémissement des nécessiteux, maintenant Je me lèverai, dit le Seigneur” (Psaumes 12:6). Dieu se lèvera et quittera le peuple en raison de l’oppression.
וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל דַּיָּין שֶׁנּוֹטֵל מִזֶּה וְנוֹתֵן לְזֶה שֶׁלֹּא כַּדִּין, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נוֹטֵל מִמֶּנּוּ נַפְשׁוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַל תִּגְזׇל דַּל כִּי דַּל הוּא וְאַל תְּדַכֵּא עָנִי בַשָּׁעַר כִּי ה׳ יָרִיב רִיבָם וְקָבַע אֶת קֹבְעֵיהֶם נָפֶשׁ״.
Et Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : En ce qui concerne tout juge qui prend un bien ou de l’argent litigieux [mamon] à ce plaideur et le donne à cet autre plaideur illégalement, le Saint, béni soit-Il, lui prend son âme en punition de sa corruption, comme il est dit : « Ne vole pas le faible, parce qu’il est faible, et n’écrase pas le pauvre à la porte ; car le Seigneur défendra leur cause et dépouillera de la vie ceux qui les dépouillent » (Proverbes 22:22–23). Dieu avertit qu’Il ôtera la vie à celui qui vole le pauvre à la porte, c’est-à-dire au tribunal, car la porte de la ville était le lieu traditionnel du tribunal de la communauté.
וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: לְעוֹלָם יִרְאֶה דַּיָּין עַצְמוֹ כְּאִילּוּ חֶרֶב מוּנַּחַת לוֹ בֵּין יַרְכוֹתָיו, וְגֵיהִנָּם פְּתוּחָה לוֹ מִתַּחְתָּיו.
Et Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Un juge doit toujours se voir [yireh] comme si une épée était placée entre ses cuisses, de sorte que, s’il penche à droite ou à gauche, il sera blessé, et comme si la Géhenne était ouverte sous lui,

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