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נִגְמַר הַדִּין, אִי אַתָּה רַשַּׁאי לִבְצוֹעַ.
Une fois que le verdict du jugement a été rendu, il n'est pas permis de servir de médiateur dans un différend.
סרמ״ש בנק״ש סִימָן. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: אָסוּר לִבְצוֹעַ, וְכׇל הַבּוֹצֵעַ – הֲרֵי זֶה חוֹטֵא, וְכׇל הַמְבָרֵךְ אֶת הַבּוֹצֵעַ – הֲרֵי זֶה מְנָאֵץ. וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״בֹּצֵעַ בֵּרֵךְ נִאֵץ ה׳״.
La Guemara présente un moyen mnémotechnique faisant allusion aux noms des tannaïm dans la discussion à venir : Samekh, reish, mem, shin ; beit, noun, kouf, shin. La Tosefta cite plusieurs déclarations de tannaïm liées au compromis et au terme botze’a. Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei HaGelili, dit : Il est interdit de servir de médiateur dans un différend ; et quiconque sert de médiateur [habotze’a] dans un différend est un pécheur ; et quiconque bénit le médiateur maudit Dieu. Et à ce sujet, il est dit : « Et le cupide [botze’a] se bénit lui-même, bien qu’il méprise le Seigneur » (Psaumes 10:3).
אֶלָּא יִקּוֹב הַדִּין אֶת הָהָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי הַמִּשְׁפָּט לֵאלֹהִים הוּא״. וְכֵן מֹשֶׁה הָיָה אוֹמֵר: יִקּוֹב הַדִּין אֶת הָהָר. אֲבָל אַהֲרֹן אוֹהֵב שָׁלוֹם וְרוֹדֵף שָׁלוֹם, וּמֵשִׂים שָׁלוֹם בֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹרַת אֱמֶת הָיְתָה בְּפִיהוּ וְעַוְלָה לֹא נִמְצָא בִשְׂפָתָיו בְּשָׁלוֹם וּבְמִישׁוֹר הָלַךְ אִתִּי וְרַבִּים הֵשִׁיב מֵעָוֹן״.
Au contraire, le juge doit s’assurer que le vrai jugement prévaudra à tout prix et, métaphoriquement, transpercera la montagne, comme il est dit : « Car le jugement appartient à Dieu » (Deutéronome 1:17). Et de même, Moïse dirait : Que le jugement transperce la montagne. Mais, par contraste, Aaron, dont le rôle n’était pas celui d’un juge, était un amoureux de la paix et un poursuivant de la paix, et il établissait la paix entre une personne et une autre, comme il est dit : « La Torah de vérité était dans sa bouche, et l’injustice ne s’est pas trouvée sur ses lèvres ; il a marché avec Moi dans la paix et la droiture, et il a détourné beaucoup de l’iniquité » (Malachie 2:6).
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הֲרֵי שֶׁגָּזַל סְאָה שֶׁל חִטִּים, וּטְחָנָהּ וַאֲפָאָהּ וְהִפְרִישׁ מִמֶּנָּה חַלָּה, כֵּיצַד מְבָרֵךְ? אֵין זֶה מְבָרֵךְ אֶלָּא מְנָאֵץ. וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״וּבֹצֵעַ בֵּרֵךְ נִאֵץ ה׳״.
La Tosefta cite plusieurs autres interprétations du verset susmentionné des Psaumes. Rabbi Eliezer dit : Si quelqu’un a volé une se’a de blé, l’a moulue, l’a cuite au four et en a prélevé la ḥalla, c’est-à-dire a séparé la portion de pâte qui doit être donnée aux prêtres, comment peut-il donc réciter la bénédiction sur la mitsva de ḥalla ? Il ne bénit pas ; au contraire, il maudit Dieu. Et à ce sujet il est dit : « Et le cupide [uvotze’a] se bénit lui-même, bien qu’il méprise le Seigneur », interprété de manière homilétique ainsi : Quiconque bénit en rompant [botze’a] le pain méprise le Seigneur.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: לֹא נֶאֱמַר ״בּוֹצֵעַ״ אֶלָּא כְּנֶגֶד יְהוּדָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר יְהוּדָה אֶל אֶחָיו מַה בֶּצַע כִּי נַהֲרֹג אֶת אָחִינוּ״. וְכׇל הַמְבָרֵךְ אֶת יְהוּדָה – הֲרֵי זֶה מְנָאֵץ, וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״וּבֹצֵעַ בֵּרֵךְ נִאֵץ ה׳״.
Rabbi Meir dit : Le terme botze’a employé dans ce verset a été dit uniquement au sujet de Juda, comme il est dit : « Et Juda dit à ses frères : Quel profit [betza] y a-t-il si nous tuons notre frère et cachons son sang ? Venez, vendons-le aux Ismaélites » (Genèse 37:26–27). Et, par conséquent, quiconque bénit Juda pour cet acte maudit Dieu, et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Et le cupide [uvotze’a] se bénit lui-même, bien qu’il méprise le Seigneur, » interprété de manière homilétique ainsi : « Et quiconque bénit le profiteur [botze’a] méprise le Seigneur. »
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: מִצְוָה לִבְצוֹעַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱמֶת וּמִשְׁפַּט שָׁלוֹם שִׁפְטוּ בְּשַׁעֲרֵיכֶם״. וַהֲלֹא בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ מִשְׁפָּט – אֵין שָׁלוֹם, וּבִמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם – אֵין מִשְׁפָּט? אֶלָּא אֵיזֶהוּ מִשְׁפָּט שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שָׁלוֹם? הֱוֵי אוֹמֵר: זֶה בִּיצּוּעַ.
Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : C’est une mitsva de servir de médiateur dans un différend, comme il est dit : « Exécutez le jugement de vérité et de paix dans vos portes » (Zacharie 8:16). N’est-il pas vrai que dans l’endroit où il y a un jugement strict, il n’y a pas de vraie paix, et dans un endroit où il y a une vraie paix, il n’y a pas de jugement strict ? Plutôt, quel est le jugement qui contient la paix en lui ? Vous devez dire : c’est la médiation, car les deux parties sont satisfaites du résultat.
וְכֵן בְּדָוִד הוּא אוֹמֵר: ״וַיְהִי דָוִד עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה״. וַהֲלֹא כׇּל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ מִשְׁפָּט – אֵין צְדָקָה, וּצְדָקָה – אֵין מִשְׁפָּט? אֶלָּא אֵיזֶהוּ מִשְׁפָּט שֶׁיֵּשׁ בּוֹ צְדָקָה? הֱוֵי אוֹמֵר: זֶה בִּיצּוּעַ.
Et de même, à propos de David, il est dit : « Et David exerçait la justice et la charité envers tout son peuple » (II Samuel 8:15). Et n’est-ce pas que partout où il y a une justice stricte, il n’y a pas de charité, et partout où il y a de la charité, il n’y a pas de justice stricte ? Plutôt, quelle est la justice qui contient en elle la charité ? Il faut dire : C’est la médiation.
אֲתָאן לְתַנָּא קַמָּא. דָּן אֶת הַדִּין, זִיכָּה אֶת הַזַּכַּאי וְחִיֵּיב אֶת הַחַיָּיב. וְרָאָה שֶׁנִּתְחַיֵּיב עָנִי מָמוֹן, וְשִׁלֵּם לוֹ מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ – זֶה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה.
La Guemara cite une interprétation alternative de la méthode de jugement de David, selon laquelle nous arrivons à l’opinion du premier tanna, c’est-à-dire Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei HaGelili, qui dit qu’il est interdit de faire une médiation dans un litige : Si un juge a jugé une affaire de droit pécuniaire, et qu’il a correctement innocenté la partie qui était exempte de paiement et déclaré responsable la partie qui était tenue de payer, puis a vu que, à cause de sa décision, une personne pauvre est devenue redevable d’une somme d’argent au-delà de ses moyens et que, par conséquent, le juge lui-même a payé pour elle de sa propre maison, c’est la justice et aussi la charité.
מִשְׁפָּט לָזֶה וּצְדָקָה לָזֶה: מִשְׁפָּט לָזֶה – שֶׁהֶחְזִיר לוֹ מָמוֹן, וּצְדָקָה לָזֶה – שֶׁשִּׁילֵּם לוֹ מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ. וְכֵן בְּדָוִד הוּא אוֹמֵר: ״וַיְהִי דָוִד עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה לְכׇל עַמּוֹ״. מִשְׁפָּט לָזֶה – שֶׁהֶחְזִיר לוֹ אֶת מָמוֹנוֹ, וּצְדָקָה לָזֶה – שֶׁשִּׁילֵּם לוֹ מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ.
La Guemara continue : C’est justice pour celui-ci et charité pour celui-là : C’est justice pour celui-ci, parce que le juge lui a restitué son argent ; et c’est charité pour celui-là, ce pauvre, parce que le juge a payé pour lui de sa propre maison. Et de même, à propos de David, il est dit : « Et David exerçait justice et charité envers tout son peuple » (II Samuel 8:15). Il a exercé justice pour celui-ci, parce que il lui a restitué son argent, et charité pour celui-là, parce que il a payé pour lui de sa propre maison.
קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי: הַאי ״לְכׇל עַמּוֹ״ – לַעֲנִיִּים מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא, רַבִּי אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא שִׁילֵּם מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ, זֶהוּ מִשְׁפָּט וּצְדָקָה. מִשְׁפָּט לָזֶה וּצְדָקָה לָזֶה: מִשְׁפָּט לָזֶה – שֶׁהֶחְזִיר לוֹ מָמוֹנוֹ, וּצְדָקָה לָזֶה – שֶׁהוֹצִיא גְּזֵילָה מִתַּחַת יָדוֹ.
Cette interprétation du verset est difficile pour Rabbi Yehuda HaNasi. Si le mot « charité » est censé démontrer que David soutenait les accusés pauvres, ce terme : « À tout son peuple, » est incorrect. Si l’interprétation est correcte, il aurait fallu dire : Charité aux pauvres. Au contraire, Rabbi Yehuda HaNasi dit : Bien qu’il n’ait pas payé de sa propre maison, c’est tout de même justice et charité. C’est justice pour celui-ci et charité pour celui-là. C’est justice pour celui-ci, parce que le juge lui a rendu son argent, et charité pour celui-là, parce que le juge a retiré l’objet volé de sa possession. En jugeant l’affaire correctement et en contraignant la partie responsable à payer sa dette, le juge veille ainsi à ce que la partie responsable ne conserve pas illégitimement un bien auquel elle n’a pas droit.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹמֵר: שְׁנַיִם שֶׁבָּאוּ לְפָנֶיךָ לַדִּין, עַד שֶׁלֹּא תִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן, אוֹ מִשֶּׁתִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן וְאִי אַתָּה יוֹדֵעַ לְהֵיכָן דִּין נוֹטֶה – אַתָּה רַשַּׁאי לוֹמַר לָהֶן: ״צְאוּ וּבִצְעוּ״. מִשֶּׁתִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן וְאַתָּה יוֹדֵעַ לְהֵיכָן הַדִּין נוֹטֶה – אִי אַתָּה רַשַּׁאי לוֹמַר לָהֶן: ״צְאוּ וּבִצְעוּ״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פּוֹטֵר מַיִם רֵאשִׁית מָדוֹן וְלִפְנֵי הִתְגַּלַּע הָרִיב נְטוֹשׁ״. קוֹדֶם שֶׁנִּתְגַּלַּע הָרִיב – אַתָּה יָכוֹל לְנׇטְשׁוֹ; מִשֶּׁנִּתְגַּלַּע הָרִיב – אִי אַתָּה יָכוֹל לְנׇטְשׁוֹ.
Rabbi Shimon ben Menasya dit : Si deux plaideurs se présentent devant toi pour un jugement, avant que tu n’entendes leurs déclarations respectives et leurs revendications ; ou après avoir entendu leurs déclarations mais que tu ne saches pas encore de quel côté le jugement penche, c’est-à-dire qu’il n’est pas encore clair pour le juge quelle partie a raison, il t’est permis de leur dire : Sortez et faites une médiation. Mais après avoir entendu leurs déclarations et que tu sais de quel côté le jugement penche, il ne t’est pas permis de leur dire : Sortez et faites une médiation, comme il est dit : « Le commencement de la querelle est comme lorsqu’on laisse échapper l’eau ; c’est pourquoi abandonne la dispute avant que la querelle n’éclate » (Proverbes 17:14). Rabbi Shimon ben Menasya interprète le verset ainsi : Avant que l’issue de la querelle ne soit révélée, tu peux t’en défaire. Une fois que l’issue de la querelle est révélée, tu ne peux pas t’en défaire.
וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: שְׁנַיִם שֶׁבָּאוּ לַדִּין, אֶחָד רַךְ וְאֶחָד קָשֶׁה, עַד שֶׁלֹּא תִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶם, אוֹ מִשֶּׁתִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן וְאֵין אַתָּה יוֹדֵעַ לְהֵיכָן דִּין נוֹטֶה – אַתָּה רַשַּׁאי לוֹמַר לָהֶם: ״אֵין אֲנִי נִזְקָק לָכֶם״, שֶׁמָּא נִתְחַיֵּיב חָזָק וְנִמְצָא חָזָק רוֹדְפוֹ. מִשֶּׁתִּשְׁמַע דִּבְרֵיהֶן וְאַתָּה יוֹדֵעַ לְהֵיכָן הַדִּין נוֹטֶה – אִי אַתָּה יָכוֹל לוֹמַר לָהֶן: ״אֵינִי נִזְקָק לָכֶם״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תָגוּרוּ מִפְּנֵי אִישׁ״.
Et Reish Lakish dit : Si deux plaideurs viennent pour un jugement, et que l’un est souple et conciliant et l’autre est rigide et querelleur, avant d’entendre leurs déclarations respectives, ou après avoir entendu leurs déclarations mais sans encore savoir de quel côté le jugement penche, il t’est permis de leur dire : Je n’accepterai pas votre demande de vous juger . Le juge peut refuser l’affaire par crainte que peut-être le fort et querelleur ne soit déclaré responsable, et qu’il s’avère que le fort poursuive le juge avec l’intention de lui faire du mal . Mais une fois que tu as entendu leurs déclarations et que tu sais de quel côté le jugement penche, tu ne peux pas leur dire : Je n’accepterai pas votre demande de vous juger, comme il est dit : « Tu ne craindras aucun homme » (Deutéronome 1:17).
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: מִנַּיִין לְתַלְמִיד שֶׁיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְרָאָה זְכוּת לֶעָנִי וְחוֹבָה לֶעָשִׁיר, מִנַּיִין שֶׁלֹּא יִשְׁתּוֹק? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תָגוּרוּ מִפְּנֵי אִישׁ״. רַבִּי חָנִין אוֹמֵר: לֹא תַּכְנִיס דְּבָרֶיךָ מִפְּנֵי אִישׁ. וִיהוּ עֵדִים יוֹדְעִים אֶת מִי הֵן מְעִידִין, וְלִפְנֵי מִי הֵן מְעִידִין, וּמִי עָתִיד לִיפָּרַע מֵהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָמְדוּ שְׁנֵי הָאֲנָשִׁים אֲשֶׁר לָהֶם הָרִיב לִפְנֵי ה׳״.
Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : D’où est-il dérivé qu’un élève assis devant son maître et qui voit un élément de mérite pour un pauvre ou de culpabilité pour un riche, d’où est-il dérivé qu’il ne doit pas garder le silence ? Comme il est dit : « Vous ne craindrez aucun homme » ; il ne doit craindre ni son maître ni le plaideur riche. Rabbi Ḥanin dit : Le verset laisse entendre : Ne réprime pas ta déclaration devant quelque homme que ce soit. Et les témoins doivent savoir au sujet de qui ils témoignent, et devant Qui ils témoignent, et Qui finira par exiger d’eux réparation, comme il est dit : « Alors les deux hommes, entre lesquels est la contestation, se tiendront devant le Seigneur » (Deutéronome 19:17).
וִיהוּ הַדַּיָּינִין יוֹדְעִין אֶת מִי הֵן דָּנִין, וְלִפְנֵי מִי הֵן דָּנִין, וּמִי עָתִיד לִיפָּרַע מֵהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל״. וְכֵן בִּיהוֹשָׁפָט הוּא אוֹמֵר: ״וַיֹּאמֶר אֶל הַשֹּׁפְטִים רְאוּ מָה אַתֶּם עֹשִׂים כִּי לֹא לְאָדָם תִּשְׁפְּטוּ כִּי אִם לַה׳״. שֶׁמָּא יֹאמַר הַדַּיָּין: מָה לִי בְּצַעַר הַזֶּה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עִמָּכֶם בִּדְבַר מִשְׁפָּט״. אֵין לוֹ לַדַּיָּין אֶלָּא מַה שֶּׁעֵינָיו רוֹאוֹת.
Et les juges doivent savoir qui ils jugent, et devant Qui ils jugent, et Qui finira par exiger d’eux le paiement, comme il est dit : « Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu » (Psaumes 82:1). Et de même, au sujet de Josaphat, il est dit : « Et il dit aux juges : Considérez ce que vous faites ; car vous ne jugez pas pour l’homme, mais pour le Seigneur » (II Chroniques 19:6). Et de peur que le juge ne dise : Quelle valeur y a-t-il pour moi dans cette souffrance ? Pourquoi devrais-je m’engager dans une tâche si lourde et difficile ? Le verset déclare : « Il est avec vous lorsque vous rendez le jugement, » d’où il est déduit que, lorsqu’il rend sa décision, un juge n’a que ce que ses yeux voient. Il lui est enjoint de rendre le meilleur jugement possible sur la base des informations dont il dispose, et il n’est responsable de rien d’autre.
הֵיכִי דָּמֵי גְּמַר דִּין? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אִישׁ פְּלוֹנִי אַתָּה חַיָּיב, אִישׁ פְּלוֹנִי אַתָּה זַכַּאי. אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה. אִינִי? וְהָא רַב הוּנָא תַּלְמִידֵיהּ דְּרַב הֲוָה! כִּי הֲוָה אָתוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא אָמַר לְהוּ: אִי דִּינָא בָּעֵיתוּ, אִי פְּשָׁרָה בָּעֵיתוּ? מַאי ״מִצְוָה״ נָמֵי דְּקָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה?
Auparavant, la Tosefta a déclaré qu’une fois le verdict rendu, il n’est pas permis au juge d’arranger un compromis. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances d’un verdict, c’est-à-dire quel est l’acte formel qui marque la conclusion de l’affaire ? Rav Yehuda dit que Rav dit : C’est lorsque le juge dit : Untel, tu es redevable ; untel, tu es exonéré. Rav dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa, qui a dit que c’est une mitsva de servir de médiateur dans un différend. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Et n’était-ce pas le cas que Rav Houna était un élève de Rav, et que lorsque des plaideurs venaient devant Rav Houna, il leur disait : Voulez-vous un jugement strict, ou voulez-vous un compromis ? Il est évident que Rav Houna, élève de Rav, ne soutenait pas que c’est une mitsva d’arranger spécifiquement un compromis. La Guemara précise : Que veut dire Rabbi Yehoshua ben Korḥa lorsqu’il dit que c’est une mitsva ?

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