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אָמַר רַבִּי יַנַּאי: אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּמְסְרֶנּוּ לְכוֹמָרִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִזַּרְעֲךָ לֹא תִתֵּן לְהַעֲבִיר לַמֹּלֶךְ״.
§ Rabbi Yannai dit : On n’est pas passible pour avoir fait passer son enfant par le feu à Molekh à moins de le remettre aux prêtres de Molekh, comme il est dit : « Tu ne donneras rien de ta descendance pour le faire passer à Molekh » (Lévitique 18:21), ce qui indique que l’interdiction consiste à donner, c’est-à-dire à remettre l’enfant aux prêtres.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יָכוֹל הֶעֱבִיר וְלֹא מָסַר יְהֵא חַיָּיב? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֹא תִתֵּן״. מָסַר לַמּוֹלֶךְ וְלֹא הֶעֱבִיר, יָכוֹל יְהֵא חַיָּיב? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְהַעֲבִיר״. מָסַר וְהֶעֱבִיר שֶׁלֹּא לַמּוֹלֶךְ, יָכוֹל יְהֵא חַיָּיב? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לַמֹּלֶךְ״.
Cela aussi est enseigné dans une baraita : On aurait pu penser que celui qui a fait passer son fils par le feu mais ne l’a pas remis aux prêtres de Molekh devrait être passible. C’est pourquoi le verset déclare : « Tu ne donneras pas. » Si quelqu’un a remis son fils aux prêtres de Molekh mais ne l’a pas fait passer par le feu, on aurait pu penser qu’il devrait être passible. C’est pourquoi le verset déclare : « Faire passer, » indiquant que le passage est également nécessaire. Si quelqu’un a remis l’enfant et l’a fait passer par le feu, non aux prêtres de Molekh mais plutôt aux prêtres d’un autre objet d’idolâtrie, on aurait pu penser qu’il devrait être passible. C’est pourquoi le verset déclare : « À Molekh. »
מָסַר וְהֶעֱבִיר לַמּוֹלֶךְ, וְלֹא בָּאֵשׁ – יָכוֹל יְהֵא חַיָּיב? נֶאֱמַר כָּאן ״לְהַעֲבִיר״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״לֹא יִמָּצֵא בְךָ מַעֲבִיר בְּנוֹ וּבִתּוֹ בָּאֵשׁ״. מָה לְהַלָּן בָּאֵשׁ, אַף כָּאן בָּאֵשׁ. וּמָה כָּאן מוֹלֶךְ, אַף לְהַלָּן מוֹלֶךְ.
Si quelqu’un a remis son enfant et l’a fait passer aux prêtres de Molekh, mais ne l’a pas fait passer par le feu, on aurait pu penser qu’il devrait être passible. Il est dit ici, dans le verset : « Faire passer », et il est dit là-bas, dans un autre verset : « Il ne se trouvera chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu » (Deutéronome 18:10). De même que là-bas, le verset parle de faire passer son enfant par le feu, de même ici, il s’agit de faire passer son enfant par le feu. Et de même qu’ici, le verset parle de celui qui fait passer son enfant aux prêtres de Molekh, de même là-bas, il s’agit de Molekh בלבד, à l’exclusion de tout autre objet d’idolâtrie.
אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: הֶעֱבִיר כׇּל זַרְעוֹ – פָּטוּר, שֶׁנֶּאֱמַר ״מִזַּרְעֲךָ״ – וְלֹא כׇּל זַרְעֲךָ.
Rav Aḥa, fils de Rava, dit : Celui qui a fait passer toute sa descendance par le feu aux prêtres de Molekh est exempté, comme il est dit : « De ta descendance », ce qui indique : Mais pas toute ta descendance.
בָּעֵי רַב אָשֵׁי: הֶעֱבִירוֹ סוֹמֵא, מַהוּ? יָשֵׁן, מַהוּ? בֶּן בְּנוֹ וּבֶן בִּתּוֹ, מַהוּ?
Rav Ashi soulève un dilemme : Si quelqu’un a fait passer par le feu son enfant qui est aveugle, quelle est la halakha ? En outre, si quelqu’un a fait passer son enfant par le feu alors que l’enfant était endormi, quelle est la halakha ? L’enfant doit-il être capable de passer par lui-même, ou cela n’est-il pas nécessaire ? De même, si quelqu’un a fait passer par le feu le fils de son fils ou le fils de sa fille, quelle est la halakha ?
תִּפְשׁוֹט מִיהָא חֲדָא, דְּתַנְיָא: ״כִּי מִזַּרְעוֹ נָתַן לַמֹּלֶךְ״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יִמָּצֵא בְךָ מַעֲבִיר בְּנוֹ וּבִתּוֹ בָּאֵשׁ״, אֵין לִי אֶלָּא בְּנוֹ וּבִתּוֹ. בֶּן בְּנוֹ וּבֶן בִּתּוֹ מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּתִתּוֹ מִזַּרְעוֹ״.
La Guemara répond : Résous au moins un de ces dilemmes, comme cela est enseigné dans une baraita : Pourquoi faut-il que le verset dise : « Parce qu’il a donné de sa descendance à Molekh » (Lévitique 20:3) ? Qu’ajoute cette déclaration ? Puisqu’il est dit : « On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille », j’aurais déduit seulement qu’il est interdit de faire passer son fils ou sa fille. D’où puis-je déduire que celui qui fait passer le fils de son fils ou le fils de sa fille est également passible ? Le verset dit : « Quand il donne de sa descendance » (Lévitique 20:4). Le terme « descendance » indique que les petits-enfants sont également inclus. Cela résout l’un des dilemmes de Rav Ashi.
תַּנָּא פָּתַח בְּ״כִּי מִזַּרְעוֹ״, וְסָלֵיק בְּ״תִתּוֹ מִזַּרְעוֹ״.
La Guemara demande : Le tanna a commencé son exposé par l’expression du verset « parce qu’il a donné de sa descendance », et a terminé par une interprétation de l’expression du verset « lorsqu’il donne de sa descendance ». Pourquoi a-t-il cité deux versets différents comme preuve de son affirmation halakhique ?
דְּרָשָׁה אַחֲרִינָא הוּא: ״זַרְעוֹ״ – אֵין לִי אֶלָּא זֶרַע כָּשֵׁר, זֶרַע פָּסוּל מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״בְּתִתּוֹ מִזַּרְעוֹ״.
La Guemara répond : Le second verset est énoncé dans la baraita pour une exposition différente, qui a été omise de la baraita et se lit comme suit : Du terme dans le verset « sa descendance » j’ai déduit seulement que l’on est passible pour avoir fait passer par le feu sa descendance de lignée sans défaut, c’est-à-dire ses descendants d’une femme qu’il lui était permis d’épouser. D’où déduis-je que l’on est également passible pour avoir fait passer par le feu sa descendance de lignée entachée, par exemple un mamzer ? Le verset déclare : « Lorsqu’il donne de sa descendance », indiquant que l’on est passible pour avoir fait passer n’importe lequel de sa descendance.
אָמַר רַב יְהוּדָה: אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיַּעֲבִירֶנּוּ דֶּרֶךְ הַעֲבָרָה. הֵיכִי דָּמֵי? אָמַר אַבָּיֵי: שְׁרָגָא דְּלִיבְנֵי בְּמִצְעֵי, נוּרָא מֵהַאי גִּיסָא וְנוּרָא מֵהַאי גִּיסָא.
§ Rav Yehouda dit : On n’est pas passible pour avoir fait passer son fils par le feu à Molekh à moins de le faire passer selon la manière habituelle de passer. La Guemara demande : Qu’est-ce qui est considéré comme la manière habituelle de passer ? Abaye dit : L’enfant est conduit à pied sur un treillis [sirega] de briques au milieu, entre le feu de ce côté-ci et le feu de ce côté-là.
רָבָא אָמַר: כְּמַשְׁוַורְתָּא דְּפוּרַיָּא.
Rava dit : La manière typique de faire passer est comme les sauts des enfants à Pourim. Il était d’usage d’allumer un feu de joie à Pourim dans une fosse, et les enfants s’amusaient à sauter par-dessus les feux. Faire passer son enfant au-dessus d’un feu de cette manière est la manière typique de faire passer un enfant à Molekh.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא: אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיַּעֲבִירֶנּוּ דֶּרֶךְ עֲבָרָהּ. הֶעֱבִירוֹ בָּרֶגֶל – פָּטוּר.
La Guemara commente : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rava : On n’est passible que s’il fait passer son fils par le feu de la manière habituelle de faire passer. S’il l’a fait passer à pied, il est exempt. Il est donc évident que le rituel de passage s’effectue en sautant et non en marchant.
וְאֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא עַל יוֹצְאֵי יְרֵיכוֹ. הָא כֵּיצַד? בְּנוֹ וּבִתּוֹ – חַיָּיב, אָבִיו וְאִמּוֹ אָחִיו וַאֲחוֹתוֹ – פָּטוּר. הֶעֱבִיר עַצְמוֹ – פָּטוּר, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מְחַיֵּיב.
La baraita continue : Et on n’est passible que pour le fait de faire passer sa descendance. Comment cela ? Si quelqu’un a fait passer son fils ou sa fille par le feu, il est passible. S’il a fait passer son père, ou sa mère, son frère, ou sa sœur, il est exempt. Si quelqu’un s’est fait passer lui-même à Molekh, il est exempt. Et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, le considère passible.
אֶחָד לַמּוֹלֶךְ, וְאֶחָד לִשְׁאָר עֲבוֹדָה זָרָה – חַיָּיב. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לַמּוֹלֶךְ – חַיָּיב, שֶׁלֹּא לַמּוֹלֶךְ – פָּטוּר.
Celui qui fait passer son enfant par le feu pour Molekh, comme celui qui fait passer son enfant par le feu pour d’autres objets d’idolâtrie, sont passibles. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : S’il le fait passer pour Molekh, il est passible, mais s’il le transfère à un autre objet d’idolâtrie, et non à Molekh, il est exempt.
אָמַר עוּלָּא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן? אָמַר קְרָא: ״לֹא יִמָּצֵא בְךָ״ – בְּךָ בְּעַצְמְךָ.
Oulla dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, qui considère comme passible celui qui se fait passer lui-même à Molekh ? Le verset déclare : « On ne trouvera pas chez toi quelqu’un qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu » (Deutéronome 18:10), et l’expression « chez toi » est interprétée de manière homilétique comme signifiant : en toi-même.
וְרַבָּנַן לָא דָּרְשִׁי ״בְּךָ״? וְהָתְנַן: אֲבֵידָתוֹ וַאֲבֵידַת אָבִיו – שֶׁלּוֹ קוֹדֶמֶת. וְאָמְרִינַן: מַאי טַעְמָא? וְאָמַר רַב יְהוּדָה: אָמַר קְרָא ״אֶפֶס כִּי לֹא יִהְיֶה בְּךָ אֶבְיוֹן״ – שֶׁלּוֹ קוֹדֶמֶת לְשֶׁל כׇּל אָדָם.
La Guemara demande : Et les Sages n’interprètent-ils pas le terme « parmi vous » comme se référant à soi-même ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Bava Metzia 33a) : Si quelqu’un trouve son objet perdu et l’objet perdu de son père, s’occuper de son propre objet perdu a priorité. Et nous avons dit dans la discussion de cette michna : Quelle en est la raison ? Et Rav Yehouda a dit que c’est parce que le verset déclare : « Seulement afin qu’il n’y ait pas de nécessiteux parmi vous » (Deutéronome 15:4), ce qui signifie qu’une personne doit éviter de devenir nécessiteuse. Par conséquent, si quelqu’un a perdu un objet, s’occuper de son objet perdu a priorité sur le fait de s’occuper de l’objet perdu de toute autre personne. Apparemment, cette interprétation du verset repose sur la compréhension selon laquelle le terme « parmi vous » se réfère à soi-même, c’est-à-dire qu’une personne doit prendre soin d’elle-même afin de ne pas devenir nécessiteuse.
הָתָם מֵ״אֶפֶס״.
La Guemara répond : Et là-bas, dans cette discussion, la halakha est dérivée du mot « seulement », un terme restrictif, interprété comme signifiant que, pour prévenir la pauvreté, on doit commencer par soi-même.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שָׁלֹשׁ כָּרֵיתוֹת בַּעֲבוֹדָה זָרָה לָמָּה?
§ Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Pourquoi la punition de retranchement du Monde à venir [karet] est-elle mentionnée trois fois au sujet de l’idolâtrie ? Elle est énoncée deux fois au sujet du rituel de Molekh, dans le verset : « Je tournerai aussi Ma face contre cet homme, et Je le retrancherai du milieu de son peuple » (Lévitique 20:3), et dans le verset : « Alors Je tournerai Ma face contre cet homme et contre sa famille, et Je le retrancherai » (Lévitique 20:5). La troisième mention de karet concerne celui qui blasphème : « Cette personne blasphème le Seigneur, et cette âme sera retranchée du milieu de son peuple » (Nombres 15:30).
אַחַת לִכְדַרְכָּהּ, וְאַחַת לְשֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְאַחַת לַמּוֹלֶךְ.
Une mention est pour adorer une idole de sa manière typique de culte, et une mention est pour adorer une idole pas de sa manière typique de culte, et une mention est pour accomplir le rituel de Molekh.
וּלְמַאן דְּאָמַר מוֹלֶךְ עֲבוֹדָה זָרָה הִיא, כָּרֵת בְּמוֹלֶךְ לְמָה לִי? לְמַעֲבִיר בְּנוֹ שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ.
La Guemara demande : Et selon celui qui dit que Molekh est un objet d’idolâtrie, pourquoi ai-je besoin d’une mention spéciale de karet concernant Molekh ? La Guemara répond : Cela est nécessaire pour le cas de celui qui fait passer son enfant par le feu pour une idole autre que Molekh, lorsque cela n’est pas sa manière typique de culte. Selon cet avis, celui qui fait passer son fils par le feu pour n’importe quelle idole est passible de sanction.
וּלְמַאן דְּאָמַר: מְגַדֵּף עֲבוֹדָה זָרָה הִיא, כָּרֵת בִּמְגַדֵּף לְמָה לִי?
La Guemara demande : Et selon celui qui dit que le verset concernant celui qui blasphème fait référence à celui qui pratique l’idolâtrie et non à celui qui maudit Dieu, pourquoi ai-je besoin que le karet soit mentionné au sujet de celui qui blasphème ?
לְכִדְתַנְיָא: ״הִכָּרֵת תִּכָּרֵת״. ״הִכָּרֵת״ – בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״תִּכָּרֵת״ – לָעוֹלָם הַבָּא, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא.
La Guemara répond qu’il est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraita : Il est dit au sujet de celui qui blasphème : « Parce qu’il a méprisé la parole du Seigneur et a transgressé Son commandement, cette âme sera retranchée [hikkaret tikkaret], son iniquité sera sur elle » (Nombres 15:31). L’expression « hikkaret tikkaret » est interprétée comme suit : « Hikkaret » ; le pécheur est retranché dans ce monde, c’est-à-dire qu’il mourra prématurément. « Tikkaret » ; le pécheur est retranché dans le Monde à Venir, et il ne méritera pas la vie éternelle. C’est l’opinion de Rabbi Akiva.
אָמַר לוֹ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״וְנִכְרְתָה״! וְכִי שְׁלֹשָׁה עוֹלָמִים יֵשׁ? אֶלָּא ״וְנִכְרְתָה״ – בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״הִכָּרֵת״ – לָעוֹלָם הַבָּא, ״תִּכָּרֵת״ – דִּבְּרָה תוֹרָה כִלְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם.
Rabbi Yishmael lui dit : Mais cela n’est-il pas déjà énoncé dans le verset précédent : « Il blasphème le Seigneur ; cette âme sera retranchée [venikhreta] » (Nombres 15:30) ? Y a-t-il trois mondes dans lesquels le pécheur est retranché ? Au contraire, du terme dans le verset « venikhreta » il est déduit que le pécheur est retranché dans ce monde, du terme « hikkaret » il est déduit que le pécheur est retranché dans le Monde à Venir, et rien n’est déduit du verbe redoublé « hikkaret tikkaret, » car la Torah a parlé dans le langage des hommes.

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