הַס, שֶׁלֹּא לְהַזְכִּיר בְּשֵׁם ה׳, שֶׁלֹּא לִימְּדוֹ אָבִיו וְאִמּוֹ.
Silence, afin de ne pas mentionner le nom du Seigneur (voir Amos 6:10). L’enfant ne voulait même pas entendre la mention du nom du Seigneur, que son père et sa mère ne lui ont pas enseigné.
מִיָּד הוֹצִיא יִרְאָתוֹ מֵחֵיקוֹ, וּמְחַבְּקָהּ וּמְנַשְּׁקָהּ, עַד שֶׁנִּבְקְעָה כְּרֵיסוֹ וְנָפְלָה יִרְאָתוֹ לָאָרֶץ, וְנָפַל הוּא עָלֶיהָ, לְקַיֵּים מַה שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַתִּי אֶת פִּגְרֵיכֶם עַל פִּגְרֵי גִּלּוּלֵיכֶם״. בָּתַר דַּאֲבִיקוּ בֵּיהּ.
Immédiatement, l’enfant retira son dieu de son sein et se mit à l’étreindre et à l’embrasser, jusqu’à ce que son ventre éclate de faim, et son dieu tomba à terre et il tomba sur lui, accomplissant ainsi ce qui est énoncé : « Je jetterai vos cadavres sur les cadavres de vos idoles » (Lévitique 26:30). Cet incident démontre que le peuple juif se livrait à l’idolâtrie pour elle-même. La Guemara répond : Cela aussi se produisit après que le peuple juif se fut attaché à l’idolâtrie.
תָּא שְׁמַע: ״וַיִּזְעֲקוּ בְּקוֹל גָּדוֹל אֶל ה׳ אֱלֹהֵיהֶם״. מַאי אֲמוּר? אָמַר רַב יְהוּדָה, וְאִיתֵּימָא רַב יוֹנָתָן: בִּיָּיא, בִּיָּיא! הַיְינוּ דְּאַחְרְבֵיהּ לְבֵיתָא, וְקַלְיֵאּ לְהֵיכְלָא, וְקַטְלִינְהוּ לְצַדִּיקֵי, וְאַגְלִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל מֵאַרְעַיְיהוּ, וַעֲדַיִין הוּא מְרַקֵּד בֵּינַן. כְּלוּם יְהַבְתֵּיהּ לַן אֶלָּא לְקַבּוֹלֵי בֵּיהּ אַגְרָא? לָא אִיהוּ בָּעֵינַן וְלָא אַגְרֵיהּ בָּעֵינַן! בָּתַר דַּאֲבִיקוּ בֵּיהּ.
La Guemara suggère : Viens et écoute une autre preuve, tirée du verset : « Et ils crièrent d’une voix forte vers le Seigneur leur Dieu » (Néhémie 9:4). Qu’ont-ils dit dans cette prière ? Rav Yehouda dit, et certains disent que c’est Rav Yonatan qui dit : Malheur, malheur [baya, baya], ce mauvais penchant pour l’idolâtrie est ce qui a détruit le Temple, brûlé le Sanctuaire, assassiné les justes, et causé l’exil du peuple juif hors de sa terre. Et il danse encore parmi nous, c’est-à-dire qu’il nous affecte encore. Ne nous l’as-Tu donné que dans le seul but de recevoir une récompense pour l’avoir surmonté ? Nous n’en voulons pas, et nous ne voulons pas non plus de sa récompense. De toute évidence, le peuple juif était attiré par l’idolâtrie elle-même, et il n’adorait pas les idoles uniquement afin de se livrer à des relations sexuelles interdites. La Guemara répond : Cela aussi s’est produit après que le peuple juif s’est attaché à l’idolâtrie.
יְתַבוּ תְּלָתָא יוֹמֵי בְּתַעֲנִיתָא, בָּעוּ רַחֲמֵי. נְפַל לְהוּ פִּיתְקָא מֵרְקִיעָא דַּהֲוָה כְּתִיב בַּהּ: ״אֱמֶת״.
La Guemara continue de raconter l’histoire de la prière aux jours de Néhémie : Le peuple jeûna pendant trois jours et pria pour obtenir miséricorde. En réponse à leur prière, un billet tomba des cieux sur lequel était écrit : Vérité, indiquant que Dieu avait accepté leur demande.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ, חוֹתָמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא ׳אֱמֶת׳.
La Guemara fait une remarque incidente. Rabbi Ḥanina dit : Déduis-en que le sceau du Saint, béni soit-Il, est la vérité.
נְפַק כְּגוּרְיָא דְנוּרָא מִבֵּית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים. אֲמַר לְהוּ נָבִיא לְיִשְׂרָאֵל: הַיְינוּ יִצְרָא דַּעֲבוֹדָה זָרָה. בַּהֲדֵי דְּקָתָפְסִי לֵיהּ, אִישְׁתְּמִיט בִּינִיתָא מִינֵּיהּ, וַאֲזַל קָלֵיהּ בְּאַרְבַּע מְאָה פַּרְסֵי. אָמְרוּ: הֵיכִי נֶיעְבֵּד? דִּילְמָא מִשְּׁמַיָּא מְרַחֲמִי עֲלֵיהּ.
La forme d’un lionceau ardent sortit de la chambre du Saint des Saints. Zacharie, le prophète, dit au peuple juif : C’est le mauvais penchant pour l’idolâtrie. Lorsqu’ils s’en emparèrent, l’un de ses poils tomba, et il poussa un cri de douleur qui fut entendu à quatre cents parasanges [parsei]. Ils dirent : Que devons-nous faire pour le tuer ? Peut-être que le Ciel aura pitié de lui si nous essayons de le tuer, car il criera certainement encore plus fort.
אֲמַר לְהוּ נָבִיא: שַׁדְיוּהּ בְּדוּדָא דַאֲבָרָא, וְכַסְּיוּהּ בַּאֲבָרָא, דְּשָׁיֵיף קָלֵיהּ. דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר זֹאת הָרִשְׁעָה וַיַּשְׁלֵךְ אוֹתָהּ אֶל תּוֹךְ הָאֵיפָה וַיַּשְׁלֵךְ אֶת הָאֶבֶן הָעוֹפֶרֶת אֶל פִּיהָ״.
Le prophète leur dit : Jetez-le dans un récipient fait de plomb et couvrez-le de plomb, car le plomb absorbe le son. Comme il est écrit : « Et il dit : C’est la méchanceté. Et il la jeta au milieu de l’épha, et il jeta une pierre de plomb sur son ouverture » (Zacharie 5:8). Ils suivirent ce conseil et furent libérés du mauvais penchant pour l’idolâtrie.
אָמְרִי: הוֹאִיל וְעֵת רָצוֹן הוּא, נִיבְעֵי רַחֲמֵי אַיִּצְרָא דַעֲבֵירָה. בְּעוֹ רַחֲמֵי, אִימְּסַר בִּידַיְיהוּ.
Lorsqu’ils virent que le mauvais penchant pour l’idolâtrie avait été livré entre leurs mains, comme ils l’avaient demandé, les Sages dirent : Puisque c’est un moment propice, prions pour la miséricorde aussi au sujet du mauvais penchant au péché dans les questions sexuelles. Ils prièrent pour la miséricorde, et il fut lui aussi livré entre leurs mains.
חַבְשׁוּהּ תְּלָתָא יוֹמֵי. בְּעוֹ בֵּיעֲתָא בַּת יוֹמָא לְחוֹלֶה, וְלָא אַשְׁכַּחוּ. אֲמַרוּ: הֵיכִי נַעֲבֵיד? נִיבְעֵי פַּלְגָא? פַּלְגָא מֵרְקִיעָא לָא יָהֲבִי. כַּחְלִינְהוּ לְעֵינֵיהּ. אַהֲנִי בֵּיהּ דְּלָא מִיגָּרֵי אִינִישׁ בְּקָרִיבְתֵּיהּ.
Les Sages l’emprisonnèrent pendant trois jours. À ce moment-là, les gens cherchèrent un œuf frais pondu depuis un jour pour les malades, mais ne purent en trouver aucun. Puisque l’inclination à se reproduire avait été réprimée, les poules cessèrent de pondre des œufs. Ils dirent : Que devons-nous faire ? Si nous prions pour la moitié, c’est-à-dire pour que seule la moitié de sa puissance soit annulée, rien ne sera accompli, car le Ciel n’accorde pas de dons à moitié, seulement des dons entiers. Que firent-ils ? Ils lui crevèrent les yeux, et cela fut efficace pour le limiter lui au point qu’une personne n’est plus excitée à commettre l’inceste avec ses proches parents.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַעֲשֶׂה בְּגוֹיָה אַחַת שֶׁהָיְתָה חוֹלָה בְּיוֹתֵר, אָמְרָה: אִם תַּעֲמוֹד הָהִיא אִשָּׁה מֵחוֹלְיָהּ, תֵּלֵךְ וְתַעֲבוֹד לְכׇל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁבָּעוֹלָם. עָמְדָה וְעָבְדָה לְכׇל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁבָּעוֹלָם. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעָה לִפְעוֹר, שָׁאֲלָה לַכּוֹמָרִים: בַּמָּה עוֹבְדִין לָזוֹ? אָמְרוּ לָהּ: אוֹכְלִין תְּרָדִין וְשׁוֹתִין שֵׁכָר וּמַתְרִיזִין בְּפָנֶיהָ. אָמְרָה: מוּטָב שֶׁתַּחֲזוֹר הָהִיא אִשָּׁה לְחוֹלְיָהּ וְלֹא תַּעֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה בְּכָךְ.
§ Rav Yehuda dit que Rav dit : Un incident s’est produit concernant une certaine femme non juive qui était très malade. Elle dit : Si cette femme, en parlant d’elle-même, guérit de sa maladie, elle ira adorer chaque objet d’idolâtrie dans le monde. Elle guérit de sa maladie et par la suite adora chaque objet d’idolâtrie dans le monde. Lorsqu’elle arriva à Peor, elle demanda aux prêtres : Comment adore-t-on cette idole ? Ils lui dirent : On mange des épinards, ce qui provoque la diarrhée, et on boit de la bière, ce qui provoque aussi la diarrhée, et on défèque devant elle. La femme dit : Mieux vaut pour cette femme, en parlant d’elle-même, retourner à sa maladie plutôt que d’adorer une idole de cette manière.
אַתֶּם בֵּית יִשְׂרָאֵל אֵינָן כֵּן, ״הַנִּצְמָדִים לְבַעַל פְּעוֹר״ – כְּצָמִיד פָּתִיל, ״וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּה׳ אֱלֹהֵיכֶם״ – כִּשְׁתֵּי תְּמָרוֹת הַדְּבוּקוֹת זוֹ בָּזוֹ.
Rav Yehuda ajoute : Vous, la maison d’Israël, n’êtes pas comme cette femme qui ne pouvait supporter le caractère répugnant de Ba’al-Peor. Il est dit au sujet de l’attitude du peuple juif envers l’idolâtrie : « Qui se sont attachés [hanitzmadim] à Ba’al-Peor » (Nombres 25:5), ce qui indique un attachement étroit, comme un couvercle solidement fixé [ketzamid patil] attaché fermement sur un récipient. Pourtant, au sujet de l’attitude du peuple juif envers Dieu, il est dit : « Mais vous qui vous êtes attachés [hadevekim] au Seigneur votre Dieu » (Deutéronome 4:4), c’est-à-dire que le lien entre le peuple juif et Dieu est comme deux dattes qui sont légèrement attachées [hadevukot] l’une à l’autre sans être fortement pressées ensemble.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״הַנִּצְמָדִים לְבַעַל פְּעוֹר״ – כְּצָמִיד עַל יְדֵי אִשָּׁה, ״וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּה׳ אֱלֹהֵיכֶם״ – דְּבוּקִים מַמָּשׁ.
Cette comparaison a été enseignée dans une baraita, mais avec la conclusion opposée : « Ceux qui se sont attachés [hanitzmadim] à Baal-Peor » indique un lien qui est comme un bracelet [ketzamid] au bras d’une femme, porté lâchement. « Mais vous qui vous êtes attachés au Seigneur votre Dieu » signifie qu’ils adhéraient réellement les uns aux autres, c’est-à-dire qu’il y avait un lien étroit.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּסַבְטָא בֶּן אַלָּס, שֶׁהִשְׂכִּיר חֲמוֹרוֹ לְגוֹיָה אַחַת. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעָה לִפְעוֹר, אָמְרָה לוֹ: הַמְתֵּן עַד שֶׁאֶכָּנֵס וְאֵצֵא. לְאַחַר שֶׁיָּצְאָה, אָמַר לָהּ: אַף אַתְּ הַמְתִּינִי עַד שֶׁאֶכָּנֵס וְאֵצֵא. אָמְרָה לוֹ: וְלֹא יְהוּדִי אַתָּה? אָמַר לָהּ: וּמַאי אִיכְפַּת לִיךְ? נִכְנַס, פָּעַר בְּפָנָיו וְקִינַּח בְּחוֹטְמוֹ. וְהָיוּ כּוֹמָרִין מְקַלְּסִין לוֹ וְאוֹמְרִים: מֵעוֹלָם לֹא הָיָה אָדָם שֶׁעֲבָדוֹ לָזֶה בְּכָךְ.
La Guemara rapporte un autre incident au sujet de Ba’al-Peor. Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident impliquant un Juif nommé Sabbeta ben Alas, qui loua son âne ainsi que ses services à une certaine femme non juive. Il conduisait son âne derrière elle et, lorsqu’elle arriva à Peor, elle lui dit : Attends ici jusqu’à ce que j’entre et que je sorte. Après qu’elle fut sortie, il lui dit : Toi aussi, attends moi jusqu’à ce que j’entre et que je sorte. Elle lui dit : N’es-tu pas juif ? Alors, pourquoi adores-tu des idoles ? Il lui dit : Et en quoi cela te regarde-t-il ? Il entra et déféqua devant l’idole, puis s’essuya avec sa narine, car il voulait rabaisser l’idole autant que possible. Mais il n’y parvint pas, car les prêtres de Peor le louaient en disant : Jamais personne ne l’a adoré auparavant de cette manière excellente de culte. Bien qu’il ait eu l’intention de rabaisser Ba’al-Peor, il l’a en réalité adoré.
הַפּוֹעֵר עַצְמוֹ לְבַעַל פְּעוֹר – הֲרֵי זֶה עֲבוֹדָתוֹ, אַף עַל גַּב דְּמִיכַּוֵּין לְבִיזּוּי. הַזּוֹרֵק אֶבֶן לְמַרְקוּלִיס – זוֹ הִיא עֲבוֹדָתוֹ, אַף עַל גַּב דְּמִיכַּוֵּין לְמִירְגְּמֵיהּ.
La halakha est que celui qui défèque devant Ba’al-Peor est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour expier l’idolâtrie, car c’est sa forme typique de culte, même s’il a l’intention de dénigrer l’idole. De même, celui qui jette une pierre à Mercure est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour expier l’idolâtrie, car c’est sa forme typique de culte, même s’il a l’intention de le lapider.
רַב מְנַשֶּׁה הֲוָה קָאָזֵיל לְבֵי תוֹרְתָּא. אֲמַרוּ לֵיהּ: עֲבוֹדָה זָרָה הִיא דְּקָאֵי הָכָא. שְׁקַל פִּיסָּא, שְׁדָא בַּיהּ. אָמְרוּ לוֹ: מַרְקוּלִיס הִיא. אֲמַר לְהוּ: ״הַזּוֹרֵק אֶבֶן לְמַרְקוּלִיס״ תְּנַן.
La Guemara raconte : Rav Menashe se rendait dans un endroit appelé Bei Torta. Les gens là-bas lui dirent : Il y a un objet d'idolâtrie situé ici dans ce tas de pierres. Rav Menashe prit une pierre et la lança sur l'idole pour la rabaisser. Ils lui dirent : C'est Mercure, et on l'adore en lui lançant des pierres. Rav Menashe leur dit : Nous avons appris dans la michna que celui qui lance une pierre à Mercure comme manière de l'adorer est passible de sanction, tandis que moi, j'avais l'intention de la rabaisser.
אֲתָא שְׁאַל בֵּי מִדְרְשָׁא. אָמְרוּ לוֹ: ״הַזּוֹרֵק אֶבֶן בְּמַרְקוּלִיס״ תְּנַן, אַף עַל גַּב דְּמִיכַּוֵּין לְמִירְגְּמֵיהּ. אֲמַר לְהוּ: אֵיזִיל אֶישְׁקְלַהּ. אָמְרוּ לוֹ: אֶחָד הַנּוֹטְלָהּ וְאֶחָד הַנּוֹתְנָהּ חַיָּיב, כֹּל חֲדָא וַחֲדָא רַוְוחָא לַחֲבֶירְתַּהּ שָׁבֵיק.
Rav Menashe alla et demanda aux Sages dans la maison d’étude si son interprétation de la michna était correcte. Ils lui dirent : Nous avons appris dans la michna que celui qui jette une pierre sur Mercure est passible, ce qui implique qu’il est passible même s’il a l’intention de le lapider afin de le dénigrer. Rav Menashe dit aux Sages : Si c’est le cas, j’irai reprendre la pierre que j’ai jetée. Ils lui dirent : Celui qui l’enlève comme celui qui la place est passible, car chacune et chacune des pierres retirées de Mercure laisse de la place pour une autre pierre. Retirer une pierre de Mercure laisse de la place pour que d’autres pierres lui soient jetées.
מַתְנִי׳ הַנּוֹתֵן מִזַּרְעוֹ לַמּוֹלֶךְ, אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּמְסוֹר לַמּוֹלֶךְ וְיַעֲבִיר בָּאֵשׁ. מָסַר לַמּוֹלֶךְ וְלֹא הֶעֱבִיר בָּאֵשׁ, הֶעֱבִיר בָּאֵשׁ וְלֹא מָסַר לַמּוֹלֶךְ – אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּמְסוֹר לַמּוֹלֶךְ וְיַעֲבִיר בָּאֵשׁ.
MICHNA :Celui qui donne de sa descendance à Molekh, pour quoi l’on est exécuté par lapidation, n’est pas passible, à moins qu’il ne remette son enfant aux prêtres de Molekh et ne le fasse passer par le feu. Si il a remis l’enfant aux prêtres de Molekh mais ne l’a pas fait passer par le feu, ou si il l’a fait passer par le feu mais ne l’a pas remis aux prêtres de Molekh, il n’est pas passible, à moins qu’il ne remette l’enfant aux prêtres de Molekh et ne le fasse passer par le feu.
גְּמָ׳ קָתָנֵי עֲבוֹדָה זָרָה, וְקָתָנֵי מוֹלֶךְ. אָמַר רַבִּי אָבִין: תְּנַן כְּמַאן דְּאָמַר מוֹלֶךְ לָאו עֲבוֹדָה זָרָה הִיא, דְּתַנְיָא: אֶחָד לַמּוֹלֶךְ וְאֶחָד לִשְׁאָר עֲבוֹדָה זָרָה – חַיָּיב. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לַמּוֹלֶךְ – חַיָּיב, שֶׁלֹּא לַמּוֹלֶךְ – פָּטוּר.
GUEMARA : Les halakhot de la responsabilité d’une personne pour l’idolâtrie sont enseignées dans la michna ci-dessus (60b), et les halakhot de la responsabilité d’une personne pour le culte de Molekh sont enseignées séparément, dans cette michna. Par conséquent, Rabbi Avin dit : Nous apprenons cette michna selon l’opinion de celui qui dit que le rituel de Molekh n’est pas de l’idolâtrie mais une forme de sorcellerie ou de superstition, car une controverse à ce sujet est enseignée dans une baraita : Tant celui qui remet son fils aux prêtres de Molekh que celui qui remet son fils dans le but d’adorer d’autres idoles est passible. Molekh n’est cité qu’à titre d’exemple. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Celui qui remet son fils aux prêtres de Molekh est passible, mais s’il le remet à un autre objet d’idolâtrie, et non à Molekh, il est exempt.
אָמַר אַבָּיֵי: רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן – הָא דַּאֲמַרַן. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס – דְּתַנְיָא: רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר, מִפְּנֵי מָה תָּפְסָה תּוֹרָה לְשׁוֹן ״מוֹלֶךְ״? כֹּל שֶׁהִמְלִיכוּהוּ עֲלֵיהֶם, אֲפִילּוּ צְרוֹר וַאֲפִילּוּ קֵיסָם.
Abaye dit : Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, et Rabbi Ḥanina ben Antigonus ont dit la même chose, c’est-à-dire qu’ils partagent la même opinion halakhique. La déclaration de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, est celle que nous avons dite. Rabbi Ḥanina ben Antigonus partage la même opinion, comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit : Pour quelle raison la Torah emploie-t-elle le terme Molekh ? C’est pour indiquer que si quelqu’un fait passer son fils par le feu dans le culte de n’importe quel objet que les gens ont intronisé [shehimlikhuhu] sur eux comme leur roi, en le désignant comme Molekh, il est passible, même s’il ne s’agit que d’un caillou, ou même d’un cure-dent. La baraita indique que celui qui fait passer son fils par le feu dans le culte d’un objet qui n’est pas appelé Molekh n’est pas passible, conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon.
רָבָא אָמַר: מוֹלֶךְ עֲרַאי אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Rava dit : Ils ne partagent pas la même opinion, car il existe une différence pratique entre leurs opinions dans le cas d'un Molekh temporaire. Selon le rabbin Elazar, fils du rabbin Shimon, on n'est passible pour avoir fait passer son enfant par le feu que si cela se fait dans le cadre du culte d'un Molekh permanent, tandis que, selon le rabbin Ḥanina ben Antigonus, on est passible même pour le culte d'un Molekh temporaire.