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וְאִם הָיָה מוּמְחֶה לְרַבִּים, דָּן אֲפִילּוּ יְחִידִי. אָמַר רַב נַחְמָן: כְּגוֹן אֲנָא דָּן דִּינֵי מָמוֹנוֹת בִּיחִידִי. וְכֵן אָמַר רַבִּי חִיָּיא: כְּגוֹן אֲנָא דָּן דִּינֵי מָמוֹנוֹת בִּיחִידִי.
Mais si quelqu’un était un juge reconnu comme expert pour le public, alors il peut juger des affaires même en tant que juge unique. Rav Naḥman a dit : Quelqu’un comme moi peut juger des affaires de droit pécuniaire en tant que juge unique. Et de même, Rabbi Ḥiyya a dit : Quelqu’un comme moi peut juger des affaires de droit pécuniaire en tant que juge unique.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: כְּגוֹן אֲנָא דִּגְמִירְנָא וּסְבִירְנָא וּנְקִיטְנָא רְשׁוּתָא, אֲבָל לָא נְקִיט רְשׁוּתָא – דִּינֵיהּ לָא דִּינָא? אוֹ דִילְמָא: אַף עַל גַּב דְּלָא נָקֵיט רְשׁוּתָא – דִּינֵיהּ דִּינָא?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : quel est le sens de : Tel que moi, dans les déclarations de ces rabbins ? Entendaient-ils dire : Tel que moi, en ce sens que j’ai étudié et que j’ai les compétences pour déduire et tirer de nouvelles décisions à partir de décisions antérieures, et que j’ai aussi reçu l’autorisation de juger en tant que juge unique ? Mais, selon cela, si quelqu’un n’a pas reçu l’autorisation de juger en tant que juge unique, son jugement n’est pas un jugement valide ? Ou peut-être que ce n’est pas la bonne lecture de ces déclarations, et la halakha est que, même s’il n’a pas reçu l’autorisation de juger en tant que juge unique, son jugement est néanmoins un jugement valide ?
תָּא שְׁמַע: דְּמָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן דָּן דִּינָא וּטְעָה, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף. אָמַר לוֹ: אִם קִיבְּלוּךְ עֲלַיְיהוּ – לָא תְּשַׁלֵּם, וְאִי לָא – זִיל שַׁלֵּים. שְׁמַע מִינַּהּ: כִּי לָא נָקֵיט רְשׁוּתָא – דִּינֵיהּ דִּינָא. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara suggère : Viens et entends une solution à ce dilemme à partir du cas suivant : Mar Zutra, fils de Rav Naḥman, a un jour jugé une certaine affaire et s’est trompé dans sa décision. Après avoir reconnu son erreur, il se présenta devant Rav Yosef pour demander ce qu’il devait faire. Rav Yosef lui dit : Si les plaideurs t’ont accepté sur eux-mêmes comme juge unique, et que tous deux avaient convenu qu’ils accepteraient ta décision, tu n’es pas tenu de payer une restitution à la partie qui a perdu l’affaire à cause de ta décision erronée. Mais si ils ne t’ont pas accepté sur eux-mêmes, mais ont plutôt été contraints d’être jugés devant toi, tu dois aller et payer une restitution. Et apprends-en que même dans un cas où l’on n’a pas reçu la permission de juger comme juge unique, sa décision est un jugement valable. La Guemara confirme : Apprends-en que tel est bien le cas.
אָמַר רַב: הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמֵידַן דִּינָא, וְאִי טְעָה מִיבְעֵי לְמִיפְּטַר – לִישְׁקוֹל רְשׁוּתָא מִבֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא. וְכֵן אָמַר שְׁמוּאֵל: לִשְׁקוֹל רְשׁוּתָא מִבֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא.
§ Rav dit : Celui qui veut juger une affaire et veut être exempté du paiement d’une restitution s’il se trompe dans son jugement doit recevoir l’autorisation de l’Exilarque pour juger des affaires. Et de même, Shmuel dit : Dans un tel cas, il doit recevoir l’autorisation de l’Exilarque. Une fois qu’il a reçu l’autorisation, même une décision erronée a une force halakhique et, par conséquent, c’est comme s’il ne s’était pas trompé.
פְּשִׁיטָא: מֵהָכָא לְהָכָא, וּמֵהָתָם לְהָתָם – מַהֲנֵי. וּמֵהָכָא לְהָתָם נָמֵי מַהֲנֵי, דְּהָכָא שֵׁבֶט וְהָתָם מְחוֹקֵק.
Puisque la Guemara a mentionné l’importance pour un juge de recevoir une autorisation de l’Exilarque, elle examine maintenant l’étendue de cette autorité. Il est évident que d’ici à ici, c’est-à-dire en s’appuyant sur la permission accordée par l’Exilarque en Babylonie afin de juger des affaires en Babylonie, et de là à là, en s’appuyant sur la permission accordée par le Nasi en Eretz Yisrael afin de juger des affaires en Eretz Yisrael, l’autorisation est valable. Et il est également évident que d’ici à là, en s’appuyant sur la permission accordée par l’Exilarque pour juger des affaires en Eretz Yisrael, elle est également valable, car l’autorité de l’Exilarque est supérieure à celle du Nasi. Il en est ainsi puisque l’Exilarque ici en Babylonie peut être appelé un sceptre, c’est-à-dire un dirigeant doté d’un véritable pouvoir de gouvernement, tandis que le Nasilà-bas en Eretz Yisrael n’est qu’un bâton, c’est-à-dire un législateur au pouvoir limité.
כִּדְתַנְיָא: ״לֹא יָסוּר שֵׁבֶט מִיהוּדָה״ – אֵלּוּ רָאשֵׁי גָלִיּוֹת שֶׁבְּבָבֶל, שֶׁרוֹדִין אֶת יִשְׂרָאֵל בְּשֵׁבֶט. ״וּמְחֹקֵק מִבֵּין רַגְלָיו״ – אֵלּוּ בְּנֵי בָּנָיו שֶׁל הִלֵּל, שֶׁמְּלַמְּדִין תּוֹרָה בָּרַבִּים.
C’est comme cela est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton du chef d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne Shiloh » (Genèse 49:10). Le terme « Shiloh » est compris comme une référence au Messie, et le verset est donc interprété comme délimitant l’autorité des dirigeants juifs durant l’exil, avant la venue du Messie. « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda » ; ce sont les Exilarques en Babylonie, qui sont investis de pouvoir par le gouvernement et, par conséquent, assujettissent le peuple juif comme avec un sceptre. « Ni le bâton du chef d’entre ses pieds » ; ce sont les petits-enfants de Hillel l’Ancien qui occupent la position de Nasi et enseignent la Torah en public, mais n’ont pas l’autorité d’imposer réellement leurs jugements.
מֵהָתָם לְהָכָא מַאי? תָּא שְׁמַע: דְּרַבָּה בַּר חָנָה דָּן דִּינָא וּטְעָה. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא. אֲמַר לֵיהּ: אִי קִיבְּלוּךְ עֲלַיְיהוּ – לָא תְּשַׁלֵּם, וְאִי לָא – זִיל שַׁלֵּים. וְהָא רַבָּה בַּר חָנָה רְשׁוּתָא הֲוָה נְקִיט! שְׁמַע מִינַּהּ: מֵהָתָם לְהָכָא לָא מַהֲנֵי. שְׁמַע מִינַּהּ.
Si quelqu’un a une autorisation de là-bas, du Nasi, et veut juger des affaires ici en Babylonie, quelle est la halakha ? La Guemara suggère : Viens et écoute un incident qui s’est produit : Rabba bar Ḥana a jugé une affaire en Babylonie et s’est trompé. Il est venu devant Rabbi Ḥiyya pour demander ce qu’il devait faire. Rabbi Ḥiyya lui dit : Si les plaideurs t’ont accepté sur eux-mêmes, tu n’es pas tenu de payer une restitution à la partie qui a injustement perdu l’affaire, mais sinon, va et paie. Mais Rabba bar Ḥana avait reçu une autorisation du Nasi en Eretz Yisrael ; par conséquent, apprends de cet incident que l’autorisation de là-bas pour juger des affaires ici n’est pas valable. La Guemara confirme : Apprends-en que tel est bien le cas.
וְלָא מַהֲנֵי? וְהָא רַבָּה בַּר רַב הוּנָא, כִּי הֲוָה מִינְּצֵי בַּהֲדֵי דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא, אָמַר: לָאו מִינַּיְיכוּ נְקִיטְנָא רְשׁוּתָא, נְקִיטְנָא רְשׁוּתָא מֵאַבָּא מָרִי, וְאַבָּא מָרִי מֵרַב, וְרַב מֵרַבִּי חִיָּיא, וְרַבִּי חִיָּיא מֵרַבִּי! בְּמִילְּתָא דְעָלְמָא הוּא דְּאוֹקֵים לְהוּ.
La Guemara demande : Et cette autorisation n’est-elle pas valable ? Pourtant, lorsque Rabba bar Rav Houna était impliqué dans un différend avec les membres de la maison de l’Exilarque, il dit : Ce n’est pas de vous que j’ai reçu l’autorisation de juger des affaires. J’ai reçu l’autorisation de mon père, mon maître, c’est-à-dire Rav Houna, et mon père, mon maître, a reçu l’autorisation de Rav, et Rav de Rabbi Ḥiyya, et Rabbi Ḥiyya de Rabbi Yehuda HaNasi en Terre d’Israël. Par conséquent, il semble que l’autorisation reçue en Terre d’Israël soit effectivement valable en Babylonie. La Guemara rejette cette preuve : Il ne faisait que leur tenir tête par des paroles בלבד, mais sa déclaration n’avait aucune validité halakhique.
וְכִי מֵאַחַר דְּלָא מַהֲנֵי, רַבָּה בַּר חָנָה רְשׁוּתָא דִּנְקַט לְמָה לִי? לָעֲיָירוֹת הָעוֹמְדִים עַל הַגְּבוּלִין.
La Guemara demande : Mais puisque l’autorisation de juger reçue en Eretz Yisrael n’est pas valable en Babylonie, pourquoi Rabba bar Ḥana avait-il besoin de recevoir une autorisation lorsqu’il partit pour la Babylonie ? Quelle était l’utilité de cette autorisation ? La Guemara répond : L’autorisation est valable pour les villes situées aux frontières de la Babylonie, qui ne sont pas entièrement sous la juridiction de la Babylonie, de sorte que l’autorisation d’Eretz Yisrael y est valable.
מַאי רְשׁוּתָא? כִּי הֲוָה נָחֵית רַבָּה בַּר חָנָה לְבָבֶל, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא לְרַבִּי: בֶּן אָחִי יוֹרֵד לְבָבֶל. ״יוֹרֶה?״ ״יוֹרֶה!״, ״יָדִין?״ ״יָדִין!״, ״יַתִּיר בְּכוֹרוֹת?״ ״יַתִּיר!״.
§ Quelle est la nature spécifique de cette permission ? La Guemara rapporte : Lorsque Rabba bar Ḥana descendit en Babylonie, son oncle Rabbi Ḥiyya dit à Rabbi Yehuda HaNasi : Le fils de mon frère descend en Babylonie. Peut-il enseigner aux gens et rendre des décisions concernant ce qui est interdit et ce qui est permis ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Il peut enseigner. Rabbi Ḥiyya demanda ensuite : Peut-il aussi juger des affaires de droit pécuniaire et être exempté de paiement s’il se trompe ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Il peut juger. Rabbi Ḥiyya poursuivit : Peut-il déclarer permis un premier-né animal permis ? Le mâle premier-né d’un animal casher ne peut pas être mangé, car il est censé être offert au Temple. Mais s’il acquiert un défaut permanent, il est impropre à une offrande et peut être mangé. Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Il peut déclarer un tel animal permis.
כִּי הֲוָה נָחֵית רַב לְבָבֶל, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא לְרַבִּי: בֶּן אֲחוֹתִי יוֹרֵד לְבָבֶל. ״יוֹרֶה?״ ״יוֹרֶה!״, ״יָדִין?״ ״יָדִין!״, ״יַתִּיר בְּכוֹרוֹת?״ ״אַל יַתִּיר!״.
De même, lorsque Rav, qui était aussi le neveu de Rabbi Ḥiyya, descendit en Babylonie, Rabbi Ḥiyya dit à Rabbi Yehuda HaNasi : Le fils de ma sœur descend en Babylonie. Peut-il enseigner aux gens et rendre des décisions concernant ce qui est interdit et ce qui est permis ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Il peut enseigner. Rabbi Ḥiyya demanda alors : Peut-il aussi juger des affaires de droit monétaire et être exempté de paiement s’il se trompe ? Rabbi Yehuda HaNasi répondit : Il peut juger. Rabbi Ḥiyya poursuivit : Peut-il déclarer permis un premier-né animal permis ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Il ne peut pas déclarer un tel animal permis.
מַאי שְׁנָא לְמָר דְּקָא קָרֵי ״בֶּן אָחִי״, וּמַאי שְׁנָא לְמָר דְּקָא קָרֵי ״בֶּן אֲחוֹתִי״? וְכִי תֵּימָא הָכִי הֲוָה מַעֲשֶׂה, וְהָאָמַר מָר: אַיְּבוּ וְחַנָּה וְשֵׁילָא וּמָרְתָא וְרַבִּי חִיָּיא כּוּלְּהוּ בְּנֵי אַבָּא בַּר אַחָא כַּרְסַלָּא מִכַּפְרִי הֲווֹ? רַב בַּר אֲחוּהּ דַּהֲוָה בַּר אֲחָתֵיהּ, רַבָּה בַּר חָנָה בַּר אֲחוּהּ דְּלָאו בַּר אֲחָתֵיהּ.
Cet incident soulève plusieurs questions, que la Guemara pose successivement. Qu’y a-t-il de différent concernant ce Sage, Rabba bar Ḥana, pour que Rabbi Ḥiyya l’ait appelé : le fils de mon frère, et qu’y a-t-il de différent concernant ce Sage-là, Rav, pour que Rabbi Ḥiyya l’ait appelé : le fils de ma sœur ? Et si vous dites que telle était la situation : Rabba bar Ḥana était le fils de son frère et Rav était le fils de sa sœur, mais le Maître ne dit-il pas : Aivu, le père de Rav, et Ḥana, le père de Rabba bar Ḥana, et Sheila, et Marta, et Rabbi Ḥiyya, étaient tous fils de Abba bar Aḥa Karsala de Kafrei ? Par conséquent, Rav serait aussi le fils du frère de Rabbi Ḥiyya. La Guemara répond : Rav était le fils de son frère qui était aussi le fils de sa sœur, car le demi-frère de Rabbi Ḥiyya épousa la demi-sœur de Rabbi Ḥiyya ; tandis que Rabba bar Ḥana était le fils de son frère qui n’était pas le fils de sa sœur. Par conséquent, il fit référence à Rav d’une manière qui soulignait le lien supplémentaire.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא:
Et si tu le souhaites, dis plutôt qu’il l’a appelé : fils de ma sœur, pour une raison différente :

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