וְלֹא הָיוּ מִתְאַבְּלִין, אֲבָל אוֹנְנִין, שֶׁאֵין אֲנִינוּת אֶלָּא בַּלֵּב.
Et les proches de l’homme exécuté ne le pleureraient pas en observant les rites de deuil habituels, afin que sa mort sans lamentation expie sa transgression ; mais ils s’affligeraient de son décès, car le chagrin est ressenti seulement dans le cœur.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אִילּוּ נֶאֱמַר ״חֵטְא וְתָלִיתָ״, הָיִיתִי אוֹמֵר תּוֹלִין אוֹתוֹ וְאַחַר כָּךְ מְמִיתִין אוֹתוֹ, כְּדֶרֶךְ שֶׁהַמַּלְכוּת עוֹשָׂה. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהוּמָת וְתָלִיתָ״ – מְמִיתִין אוֹתוֹ וְאַחַר כָּךְ תּוֹלִין אוֹתוֹ. הָא כֵּיצַד? מְשַׁהִין אוֹתוֹ עַד סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה, וְגוֹמְרִין אֶת דִּינוֹ, וּמְמִיתִין אוֹתוֹ, וְאַחַר כָּךְ תּוֹלִין אוֹתוֹ. אֶחָד קוֹשֵׁר וְאֶחָד מַתִּיר, כְּדֵי לְקַיֵּים מִצְוַת תְּלִיָּיה.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita : S’il avait été dit : Et si un homme a commis un péché passible de mort tu le pendras à un arbre, j’aurais dit que d’abord on le pend et seulement ensuite on le met à mort, de la manière dont le gouvernement païen agit, en exécutant le transgresseur par pendaison. C’est pourquoi le verset déclare : « Et si un homme a commis un péché passible de mort, et qu’il soit mis à mort, et tu le pendras à un arbre » (Deutéronome 21:22), enseignant que d’abord on le met à mort, et seulement ensuite on le pend. Comment cela ? Ils retardent le verdict jusqu’à ce qu’il soit proche du coucher du soleil, et alors ils concluent son jugement, le mettent à mort, et immédiatement ensuite le pendent. L’un attache le condamné au poteau de pendaison, et un autre immédiatement le détache, afin d’accomplir la mitsva de le pendre, le cadavre du transgresseur exécuté.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עֵץ״ – שׁוֹמֵעַ אֲנִי בֵּין בְּתָלוּשׁ בֵּין בִּמְחוּבָּר. תַּלְמוּד לוֹמַר ״כִּי קָבוֹר״ – מִי שֶׁאֵינוֹ מְחוּסָּר אֶלָּא קְבוּרָה, יָצָא זֶה שֶׁמְחוּסָּר קְצִיצָה וּקְבוּרָה.
Les Sages ont enseigné : Du verset : « Et tu le pendras à un arbre, » je pourrais déduire que le corps peut être pendu soit à un arbre qui a été détaché du sol soit à un arbre qui est encore attaché au sol. C’est pourquoi le verset déclare : « Son corps ne passera pas la nuit sur l’arbre, mais tu l’enterreras certainement [kavortikberennu] ce jour-là » (Deutéronome 21:23). Sur la base du verbe redoublé, on déduit que non seulement le corps du transgresseur doit être enterré, mais aussi l’arbre sur lequel il est pendu. Puisque le verset emploie le même terme pour enseigner que les deux doivent être enterrés, le verset enseigne que le cadavre doit être pendu à un arbre qui a déjà été détaché du sol et ne manque plus que d’ensevelissement, tout comme le cadavre ne manque plus que d’ensevelissement. Cela sert à exclure le fait de pendre le cadavre à un arbre qui est encore attaché au sol et auquel il manque à la fois l’abattage et l’ensevelissement.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִי שֶׁאֵינוֹ מְחוּסָּר אֶלָּא קְבוּרָה – יָצָא זֶה שֶׁמְחוּסָּר תְּלִישָׁה וּקְבוּרָה. וְרַבָּנַן: תְּלִישָׁה לָאו כְּלוּם הִיא.
Rabbi Yossei dit : L’arbre sur lequel le cadavre est suspendu n’est pas enfoncé dans le sol ; au contraire, il est appuyé contre un mur, comme le verset l’enseigne : il faut que l’arbre ne manque que d’ensevelissement. Cela vient exclure le fait de suspendre le cadavre à un arbre auquel manquent à la fois le détachement et l’ensevelissement. Et les Sages disent : Détacher du sol un arbre qui avait déjà été coupé puis replanté dans le sol, ce n’est rien, c’est-à-dire un acte insignifiant.
כְּלוֹמַר: מִפְּנֵי מָה זֶה תָּלוּי? מִפְּנֵי שֶׁבֵּירַךְ כּוּ׳. תַּנְיָא, אוֹמֵר רַבִּי מֵאִיר: מָשְׁלוּ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לִשְׁנֵי אַחִים תְּאוֹמִים בְּעִיר אַחַת. אֶחָד מִינּוּהוּ מֶלֶךְ, וְאֶחָד יָצָא לְלִיסְטִיּוּת. צִוָּה הַמֶּלֶךְ וּתְלָאוּהוּ. כׇּל הָרוֹאֶה אוֹתוֹ אוֹמֵר: הַמֶּלֶךְ תָּלוּי. צִוָּה הַמֶּלֶךְ וְהוֹרִידוּהוּ.
§ La michna enseigne : C’est-à-dire : Si le cadavre de l’homme mort restait pendu, rappelant à tous sa transgression, les gens demanderaient : Pour quelle raison celui-ci a-t-il été pendu ? On leur répondrait : Parce qu’il a béni Dieu, un euphémisme pour le blasphème, et le nom du Ciel serait profané. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Meir dit : Les Sages ont donné une parabole : À quoi cette chose est-elle comparable ? Elle est comparable à deux frères qui étaient jumeaux et vivaient dans la même ville. L’un fut nommé roi, tandis que l’autre partit pour se livrer au brigandage. Le roi ordonna que son frère soit puni, et ils pendirent son frère jumeau pour ses crimes. Quiconque voyait le brigand pendu dirait : Le roi a été pendu. Le roi, par conséquent, ordonna qu’on fasse descendre son frère, et ils firent descendre le brigand de là. De même, les gens sont créés à l’image de Dieu, et par conséquent Dieu est déshonoré lorsqu’un cadavre est pendu pour une transgression que la personne a commise.
אָמַר רַבִּי מֵאִיר כּוּ׳. מַאי מַשְׁמַע? אָמַר אַבָּיֵי: כְּמַאן דְּאָמַר ״קַל לֵית״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִם כֵּן, ״כָּבֵד עָלַי רֹאשִׁי״ ״כָּבֵד עָלַי זְרוֹעִי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: כְּמַאן דְּאָמַר ״קִיל לִי עָלְמָא״.
La michna enseigne que Rabbi Meir a dit que l’expression « Car celui qui est pendu est une malédiction [kilelat] de Dieu » doit être comprise ainsi : Lorsqu’un homme souffre à la suite de son péché, la Présence divine dit : Je suis affligé [kallani] à cause de Ma tête, Je suis affligé à cause de Mon bras. La Guemara demande : D’où cela est-il déduit ? Comment Rabbi Meir comprend-il le mot kilelat ? Abaye dit : Lorsqu’un homme est pendu après avoir été mis à mort, Dieu est comme quelqu’un qui a dit : Je ne suis pas léger [kal leit], c’est-à-dire : Ma tête M’est lourde, Mon bras M’est lourd. Dieu est dans la détresse lorsqu’Il doit administrer une punition. Rava lui dit : Si c’est le cas, il aurait dû dire explicitement : Ma tête M’est lourde, Mon bras M’est lourd. Au contraire, Rava a dit : Lorsqu’un homme est pendu après avoir été mis à mort, Dieu est comme quelqu’un qui a dit : Le monde est léger pour moi [kil li alma], c’est-à-dire : Je suis léger, et par conséquent le monde M’est lourd, et Je suis dans la détresse.
הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵהּ? אִם כֵּן, נֵימָא קְרָא ״מְקַלֵּל״. מַאי ״קִלְלַת״? וְאֵימָא: כּוּלֵּיהּ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? אִם כֵּן, נֵימָא קְרָא ״קַלַּת״. מַאי ״קִלְלַת״? שְׁמַע מִינַּהּ תַּרְתֵּי.
La Guemara demande : ce mot « kilelat » est nécessaire pour ce qu’il lui-même enseigne, à savoir qu’un blasphémateur est pendu après avoir été lapidé. Comment, dès lors, peut-il être interprété comme faisant allusion à la détresse de Dieu face à la mort d’un transgresseur ? La Guemara répond : Si tel était le cas, le verset aurait dû dire : Celui qui maudit [mekallel]. Quel est le sens de kilelat ? Il sert à enseigner l’énoncé enseigné par Rabbi Meir. La Guemara demande : si tel est le cas, dis peut-être que tout le verset vient pour ce but, souligner la dignité du transgresseur, qui a été créé à l’image de Dieu, et non enseigner la halakha régissant un blasphémateur. La Guemara répond : Si tel était le cas, le verset aurait dû dire : Légèreté [kilat]. Quel est le sens de kilelat ? Tire deux conclusions de cela : conclus que le blasphémateur est pendu après avoir été lapidé, et conclus que Dieu est affligé par la mort d’un transgresseur.
וְלֹא זוֹ בִּלְבַד כּוּ׳. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מִנַּיִן לַמֵּלִין אֶת מֵתוֹ שֶׁעוֹבֵר עָלָיו בְּלֹא תַעֲשֶׂה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי קָבוֹר תִּקְבְּרֶנּוּ״. מִכָּאן לַמֵּלִין אֶת מֵתוֹ שֶׁעוֹבֵר בְּלֹא תַעֲשֶׂה.
§ La michna enseigne que chacun, pas seulement un transgresseur exécuté, doit être enterré le jour de sa mort, si cela est tant soit peu possible. Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon bar Yoḥai : D’où est-il déduit que celui qui laisse son défunt parent pendant la nuit sans l’enterrer transgresse une interdiction ? Le verset déclare : « Mais tu l’enterreras certainement [kavor tikberennu] » (Deutéronome 21:23), en doublant le verbe pour l’emphase. D’ici il est déduit que celui qui laisse son défunt parent pendant la nuit sans l’enterrer transgresse une interdiction.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, רֶמֶז לִקְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי קָבוֹר תִּקְבְּרֶנּוּ״. מִכָּאן רֶמֶז לִקְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה.
Il y a ceux qui disent que Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon bar Yoḥai : D’où, dans la Torah, y a-t-il une allusion à la mitsva de l’inhumation ? Le verset déclare : « Mais tu l’enterreras assurément [kavor tikberennu] », doublant le verbe pour souligner l’idée. D’ici, il y a une allusion à la mitsva de l’inhumation dans la Torah.
אֲמַר לֵיהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא לְרַב חָמָא: קְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִין? אִישְׁתִּיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי. אֲמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: אִימְּסַר עָלְמָא בִּידָא דְּטַפְשָׁאֵי, דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְמֵימַר ״כִּי קָבוֹר״.
La Guemara rapporte : le roi Shapur, le monarque de Perse, un jour dit à Rav Ḥama : D’où dans la Torah y a-t-il une allusion à la mitsva de l’enterrement ? Quelle preuve y a-t-il que les morts doivent être enterrés et non traités d’une autre manière ? Rav Ḥama garda le silence et ne lui dit rien, car il ne put trouver de source appropriée. Rav Aḥa bar Ya’akov dit : Le monde a été livré aux sots, car Rav Ḥama aurait dû dire au roi Shapur que la mitsva de l’enterrement est dérivée du verset : « Mais tu l’enterreras certainement » (Deutéronome 21:23).
דְּלֶיעֱבֵד לֵיהּ אָרוֹן. ״תִּקְבְּרֶנּוּ״! לָא מַשְׁמַע לֵיהּ.
La Guemara explique : Dans ce cas, le roi Shapur aurait pu répondre que le verset prouve seulement qu’un cercueil doit être fabriqué pour le défunt afin qu’il puisse y être placé, et non que le défunt doive être enterré dans la terre, car le verset pourrait être compris comme ordonnant que le corps soit placé dans une sorte de réceptacle, et non dans la terre. La Guemara objecte : Rav Ḥama aurait tout de même pu soutenir que la mitsva de l’inhumation est dérivée du verbe redoublé « tu l’enterreras assurément [kavor tikberennu]. » La Guemara répond : Dans ce cas, le roi Shapur aurait pu répondre qu’il ne déduit rien d’un verbe redoublé, qui semble n’être qu’un choix stylistique et non la source d’une nouvelle halakha.
וְנֵימָא: מִדְּאִיקְּבוּר צַדִּיקֵי? מִנְהֲגָא בְּעָלְמָא! מִדְּקַבְרֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה? דְּלָא לִישְׁתַּנֵּי מִמִּנְהֲגָא.
La Guemara demande : Mais que Rav Ḥama dise que la mitsva d’enterrer les morts est dérivée du fait que les justes patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, furent tous enterrés. La Guemara répond : le roi Shapur aurait pu dire qu’il s’agissait simplement d’une coutume de l’époque, et non d’une mitsva. La Guemara demande : Rav Ḥama aurait pu dériver la mitsva du fait que le Saint, Béni soit-Il, enterra Moïse, ce qui prouve que c’est la manière appropriée de traiter les morts. La Guemara répond : le roi Shapur aurait tout de même pu dire que Dieu a agi ainsi afin de ne pas s’écarter de la coutume générale, mais cela ne prouve pas qu’enterrer les morts soit une mitsva.
תָּא שְׁמַע: ״וְסָפְדוּ לוֹ כׇל יִשְׂרָאֵל וְקָבְרוּ אֹתוֹ״. דְּלָא לִישְׁתַּנֵּי מִמִּנְהֲגָא.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve que l’enterrement des morts est une mitsva, car le prophète Ahiyya de Shilo a dit au sujet d’Abiya, fils de Jéroboam : « Et tout Israël le pleurera et l’enterrera » (I Rois 14:13). La Guemara répond : De là non plus, il n’y a pas de preuve, car ils ont pu enterrer Abiya afin de ne pas s’écarter de la coutume générale du monde, et non parce qu’ils étaient tenus de le faire.
״לֹא יִסָּפְדוּ וְלֹא יִקָּבֵרוּ לְדֹמֶן עַל פְּנֵי הָאֲדָמָה יִהְיוּ״. דְּלִישְׁתַּנּוֹ מִמִּנְהֲגָא.
La Guemara propose une autre preuve : Jérémie a prononcé une malédiction contre les méchants, en disant : « Ils ne seront pas pleurés, ni enterrés ; mais ils seront comme du fumier à la surface de la terre » (Jérémie 16:4), ce qui prouve que, lorsqu’aucune malédiction n’a été prononcée, les morts doivent être enterrés. La Guemara rejette cette preuve : De là non plus, il n’y a pas de preuve qu’il s’agit d’une mitsva d’enterrer les morts, car Jérémie a maudit les méchants, en disant qu’ils s’écarteraient de la coutume générale et ne seraient pas enterrés. En raison de toutes ces difficultés, Rav Ḥama n’a pas été en mesure d’apporter une preuve irréfutable qu’il existe une mitsva d’enterrer les morts.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: קְבוּרָה מִשּׁוּם בִּזְיוֹנָא הוּא, אוֹ מִשּׁוּם כַּפָּרָה הוּא?
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : l’inhumation est-elle obligatoire en raison de l’humiliation, c’est-à-dire afin que le défunt ne subisse pas l’humiliation d’être laissé exposé alors que son corps commence à se décomposer, ou bien est-ce en raison de l’expiation, c’est-à-dire afin que le défunt obtienne l’expiation en étant rendu à la terre dont il a été formé ?
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? דְּאָמַר: לָא בָּעֵינָא דְּלִיקְבְּרוּהּ לְהָהוּא גַּבְרָא. אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם בִּזְיוֹנָא הוּא – לָא כֹּל כְּמִינֵּיהּ, וְאִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם כַּפָּרָה הוּא – הָא אָמַר: לָא בָּעֵינָא כַּפָּרָה. מַאי?
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique qui découle du fait de connaître la raison pour laquelle l’inhumation est nécessaire ? La Guemara répond : Il y a une différence dans un cas où quelqu’un a dit avant de mourir : Je ne veux pas qu’on enterre cet homme-là, c’est-à-dire moi-même. Si vous dites que l’inhumation est requise à cause de l’opprobre, il n’est pas en son pouvoir de renoncer à sa propre inhumation, car sa famille partage cet opprobre. Mais si vous dites que l’inhumation est requise à cause de l’expiation, n’a-t-il pas effectivement dit : Je ne veux pas d’expiation, et, en ce qui le concerne lui-même, ne devrait-il pas pouvoir faire comme il le souhaite ? Quelle est donc, alors, la halakha ?
תָּא שְׁמַע: מִדְּאִיקְּבוּר צַדִּיקֵי, וְאִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם כַּפָּרָה – צַדִּיקֵי לְכַפָּרָה צְרִיכִי? אִין, דִּכְתִיב: ״אָדָם אֵין צַדִּיק בָּאָרֶץ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה טּוֹב וְלֹא יֶחֱטָא״.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve du fait que les justes patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, furent tous enterrés. Et si tu dis que l’enterrement est requis à cause de l’expiation, les justes ont-ils besoin d’expiation ? La Guemara rejette cette preuve : Oui, même les justes ont besoin d’expiation, comme il est écrit : « Car il n’y a pas de juste sur la terre qui fasse le bien sans jamais pécher » (Ecclésiaste 7:20), et ainsi même les justes ont besoin d’expiation pour les quelques péchés qu’ils ont commis au cours de leur vie.
תָּא שְׁמַע: ״וְסָפְדוּ לוֹ כׇל יִשְׂרָאֵל וְקָבְרוּ אֹתוֹ״. וְאִי אָמְרַתְּ, כִּי הֵיכִי דְּתֶיהֱוֵי לֵיהּ כַּפָּרָה, הָנָךְ נָמֵי לִיקַּבְרוּ כִּי הֵיכִי דְּתֶיהֱוֵי לְהוּ כַּפָּרָה? הַאי דְּצַדִּיק הוּא – תֶּיהֱוֵי לֵיהּ כַּפָּרָה, הָנָךְ – לָא לֶיהֱוֵי לְהוּ כַּפָּרָה.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve tirée du verset se référant à Abiya, fils de Jéroboam : « Et tout Israël fera son éloge funèbre et l’enterrera, car lui seul de la maison de Jéroboam entrera dans la tombe » (I Rois 14:13). Et si tu dis que l’inhumation est requise afin que le défunt obtienne l’expiation, ceux-ci aussi, c’est-à-dire les autres fils de Jéroboam, devraient eux aussi être enterrés afin d’obtenir l’expiation. La Guemara rejette cet argument : Ce fils, Abiya, qui était juste, doit obtenir l’expiation par sa mort et son inhumation, mais ces autres fils, qui étaient méchants, ne doivent pas obtenir l’expiation même dans la mort.
תָּא שְׁמַע: ״לֹא יִסָּפְדוּ וְלֹא יִקָּבֵרוּ״, דְּלָא תֶּיהֱוֵי לְהוּ כַּפָּרָה.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de la malédiction prononcée par Jérémie contre les méchants : « Ils ne seront pas pleurés et ne seront pas enterrés » (Jérémie 16:4), ce qui indique que l’enterrement n’est pas requis à cause de l’expiation, car si tel était le cas, les méchants ont certainement besoin d’expiation et devraient donc être enterrés. La Guemara répond : Ce n’est pas une preuve, car l’intention de Jérémie pouvait être que les méchants n’obtiennent pas d’expiation. Par conséquent, la question de savoir si l’enterrement est nécessaire pour éviter la honte ou obtenir l’expiation demeure sans résolution.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֶסְפֵּידָא, יְקָרָא דְּחָיֵי הָוֵי אוֹ יְקָרָא דְּשָׁכְבֵי הָוֵי? לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? דְּאָמַר: לָא תִּסְפְּדוּהּ לְהָהוּא גַּבְרָא. אִי נָמֵי, לְאַפּוֹקֵי מִיּוֹרְשִׁין.
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : l’éloge funèbre est-il prononcé pour l’honneur des vivants, les proches du défunt, ou est-il prononcé pour l’honneur du mort ? La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces deux raisons possibles ? La Guemara répond : Il y a une différence dans un cas où quelqu’un a dit avant de mourir : Ne faites pas l’éloge funèbre de cet homme, c’est-à-dire de moi. Si l’éloge funèbre est prononcé pour honorer le défunt, il peut renoncer à cet honneur ; mais s’il est prononcé pour honorer les vivants, il ne le peut pas, car il n’est pas au pouvoir d’un individu de renoncer à l’honneur d’autrui. Autrement, la différence concerne la question de savoir s’il est possible de percevoir les honoraires de l’orateur funèbre auprès des héritiers. Si l’éloge funèbre vise à honorer le mort, il est possible de percevoir ces honoraires auprès des héritiers, même contre leur volonté ; mais s’il vise à honorer les vivants, ils peuvent renoncer à cet honneur.
תָּא שְׁמַע: ״וַיָּבֹא אַבְרָהָם לִסְפֹּד לְשָׂרָה וְלִבְכֹּתָהּ״. וְאִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם יְקָרָא דְּחַיֵּי הוּא, מִשּׁוּם יְקָרָא דְּאַבְרָהָם מְשַׁהוּ לַהּ לְשָׂרָה? שָׂרָה גּוּפַהּ נִיחָא לָהּ, כִּי הֵיכִי דְּמִיַּיקַּר בַּהּ אַבְרָהָם.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée du verset qui déclare : « Et Abraham vint faire l’éloge funèbre de Sarah et la pleurer » (Genèse 23:2), ce qui indique que les funérailles de Sarah furent retardées jusqu’à ce qu’Abraham revienne de Beer-Shéva à Hébron pour faire son éloge funèbre. Et si tu dis qu’un éloge funèbre est prononcé en raison de l’honneur des vivants, auraient-ils indûment retardé l’enterrement de Sarah à cause de l’honneur d’Abraham ? La Guemara rejette cet argument : Cela convenait à Sarah elle-même que ses funérailles soient retardées afin qu’Abraham soit honoré en faisant son éloge funèbre d’elle. Puisque Sarah elle-même aurait préféré qu’Abraham fasse son éloge funèbre, il n’y avait aucun déshonneur à attendre son arrivée.
תָּא שְׁמַע: ״וְסָפְדוּ לוֹ כׇל יִשְׂרָאֵל וְקָבְרוּ אֹתוֹ״. וְאִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם יְקָרָא דְּחַיֵּי הוּא, הָנָךְ בְּנֵי יְקָרָא נִינְהוּ? נִיחָא לְהוּ לְצַדִּיקַיָּא דְּמִיַּיקְּרִי בְּהוּ אִינָשֵׁי.
La Guemara suggère : Viens et entends une autre résolution de ce dilemme à partir du verset se référant à Abiya, fils de Jéroboam : « Et tout Israël fera son éloge funèbre et l’enterrera » (I Rois 14:13). Et si tu dis qu’un éloge funèbre est prononcé en raison de l’honneur des vivants, ces gens, la famille survivante de Jéroboam, sont-ils dignes de cet honneur ? La Guemara répond : Il est satisfaisant pour les justes lorsque d’autres personnes sont honorées par leur intermédiaire. Puisque tel est leur désir, on fait leur éloge funèbre même si leurs proches méchants en sont honorés par conséquent.
תָּא שְׁמַע: ״לֹא יִסָּפְדוּ וְלֹא יִקָּבֵרוּ״. לָא נִיחָא לְצַדִּיקַיָּא דְּמִיַּיקְּרִי בַּרְשִׁיעִיָּיא.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de la malédiction prononcée par Jérémie contre les méchants : « Ils ne seront pas pleurés et ne seront pas enterrés » (Jérémie 16:4). Si tu dis qu’une oraison funèbre est prononcée en raison de l’honneur des vivants, pourquoi alors les méchants ne seraient-ils pas pleurés, puisqu’il se peut qu’ils aient laissé des survivants justes dignes de cet honneur ? La Guemara répond : Il n’est pas satisfaisant pour les justes d’être honorés par l’intermédiaire des méchants, et ils préfèrent donc qu’aucune oraison funèbre ne soit prononcée pour leurs proches méchants.
תָּא שְׁמַע: ״בְּשָׁלוֹם תָּמוּת וּבְמִשְׂרְפוֹת אֲבוֹתֶיךָ הַמְּלָכִים הָרִאשׁוֹנִים אֲשֶׁר הָיוּ לְפָנֶיךָ כֵּן יִשְׂרְפוּ לָךְ וְהוֹי אָדוֹן יִסְפְּדוּ לָךְ״. וְאִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם יְקָרָא דְּחָיֵי הוּא, מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינֵּיהּ? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: לִיַּיקְּרוּ בָּיךְ יִשְׂרָאֵל כִּי הֵיכִי דְּמִתְיַיקְּרִי בַּאֲבָהָתָךְ.
La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution de ce dilemme à partir de ce que Jérémie dit à Sédécias : « Tu mourras en paix ; et comme les brûlements de tes pères, les anciens rois qui t’ont précédé, ainsi fera-t-on un brûlement pour toi ; et l’on fera ton éloge funèbre en disant : Ah, maître ! » (Jérémie 34:5). Et si tu dis qu’un éloge funèbre est prononcé en raison de l’honneur des vivants, les proches du défunt, quelle différence cela lui fait-il d’être loué ? La Guemara répond : Il est possible qu’un éloge funèbre soit destiné à honorer les vivants, et c’est ce que Jérémie dit à Sédécias : Réjouis-toi à la pensée qu’Israël sera honoré par ton intermédiaire lors de tes funérailles, tout comme ils furent honorés par l’intermédiaire de tes ancêtres lors de leurs funérailles.