מַתְנִי׳ נִגְמַר הַדִּין, מוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְסוֹקְלוֹ. בֵּית הַסְּקִילָה הָיָה חוּץ לְבֵית דִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹצֵא אֶת הַמְקַלֵּל״.
MICHNA : Lorsque le procès est terminé par un verdict de culpabilité et que le condamné a été condamné à être lapidé, on le fait sortir pour être lapidé. Le lieu de la lapidation se trouvait à l’extérieur du tribunal et un peu au-delà, comme il est dit au sujet d’un blasphémateur : « Fais sortir celui qui a maudit hors du camp, et que tous ceux qui l’ont entendu posent leurs mains sur sa tête, et que toute l’assemblée le lapide » (Lévitique 24:14).
אֶחָד עוֹמֵד עַל פֶּתַח בֵּית דִּין, וְהַסּוּדָרִין בְּיָדוֹ, וְסוּס רָחוֹק מִמֶּנּוּ כְּדֵי שֶׁיְּהֵא רוֹאֵהוּ. אוֹמֵר אֶחָד: ״יֵשׁ לְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת״, הַלָּה מֵנִיף בְּסוּדָרִין, וְהַסּוּס רָץ וּמַעֲמִידָן. וַאֲפִילּוּ הוּא אוֹמֵר: ״יֵשׁ לִי לְלַמֵּד עַל עַצְמִי זְכוּת״, מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, אֲפִילּוּ אַרְבַּע וְחָמֵשׁ פְּעָמִים, וּבִלְבַד שֶׁיֵּשׁ מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו.
Un homme se tient à l’entrée du tribunal, avec des linges [vehasudarin] à la main, et un autre homme est assis sur un cheval à une certaine distance de lui, mais dans un endroit d’où il peut encore le voir. Si l’un des juges dit : Je peux avancer une raison pour l’acquitter, l’autre, c’est-à-dire l’homme avec les linges, agite les linges comme signal à l’homme sur le cheval, et le cheval part au galop à la poursuite des agents du tribunal qui conduisent le condamné à son exécution, et il les arrête, et ils attendent jusqu’à ce que le tribunal détermine si l’argument a du fondement ou non. Et même si lui, le condamné lui-même, dit : Je peux avancer une raison pour m’acquitter, il est ramené au tribunal, même quatre ou cinq fois, à condition qu’il y ait du fondement dans ses paroles.
גְּמָ׳ וּבֵית הַסְּקִילָה חוּץ לְבֵית דִּין הֲוָה, וְתוּ לָא? וְהָא תַּנְיָא: בֵּית הַסְּקִילָה הָיָה חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת.
GUEMARA : La Guemara demande : Et le lieu de la lapidation était-il simplement à l’extérieur du tribunal et rien de plus ? Suffit-il que le lieu de l’exécution soit seulement à une courte distance du tribunal et pas davantage ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Le lieu de la lapidation se trouvait à l’extérieur à une distance équivalente à la longueur des trois camps dans le désert : le camp de la Présence divine, le camp des Lévites et le camp des Israélites. À Jérusalem, il y avait trois camps correspondants : le Temple avec sa cour, le mont du Temple et le reste de la ville. La distance, dans le désert, au-delà des trois camps correspond à un lieu situé hors des murailles et des limites de la ville.
אִין, כִּדְקָאָמְרַתְּ. וְהָא דְּקָתָנֵי הָכִי, נָפְקָא מִינַּהּ דְּאִי נָפֵיק בֵּי דִינָא וְיָתֵיב חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, עָבְדִינַן בֵּית הַסְּקִילָה חוּץ לְבֵית דִּין, כִּי הֵיכִי דְּלָא מִיתְחֲזֵי בֵּית דִּין רוֹצְחִין. אִי נָמֵי, כִּי הֵיכִי דְּתִיהְוֵי לֵיהּ הַצָּלָה.
La Guemara répond : Oui, c’est comme tu l’as dit, que le lieu de la lapidation se trouvait à l’extérieur des trois camps. Et la différence pratique qui découle du fait que la michna enseigne la halakha de cette manière est que, si jamais le tribunal sortait et siégeait à l’extérieur des trois camps, même alors le lieu de la lapidation est établi à une certaine distance du tribunal, et non pas immédiatement à côté de lui, afin que le tribunal ne paraisse pas être un tribunal de tueurs. Autrement, la raison pour laquelle le lieu de la lapidation doit être éloigné du tribunal est afin que le condamné puisse avoir une chance d’être sauvé, c’est-à-dire afin que, pendant le temps nécessaire pour le conduire du tribunal au lieu de la lapidation, quelqu’un puisse avancer un argument en sa faveur.
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״הוֹצֵא אֶת הַמְקַלֵּל אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. אַתָּה אוֹמֵר חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת? נֶאֱמַר כָּאן ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״, וְנֶאֱמַר בְּפָרִים הַנִּשְׂרָפִין ״חוּץ לְמַחֲנֶה״. מָה לְהַלָּן – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אַף כָּאן – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת.
La Guemara demande : D’où cette règle est-elle dérivée, selon laquelle la lapidation est effectuée en dehors des trois camps ? Comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Faites sortir hors du camp celui qui a maudit » (Lévitique 24:14). Cela signifie : En dehors des trois camps, c’est-à-dire même en dehors du camp des Israélites. Dis-tu qu’on le fait sortir en dehors des trois camps, ou peut-être le fait-on sortir en dehors d’un seul camp ? Une preuve est apportée qu’il doit être conduit en dehors des trois camps : Il est dit ici que le condamné est conduit « hors du camp », et il est dit au sujet des taureaux apportés comme offrandes expiatoires qui sont brûlés qu’ils doivent être brûlés « hors du camp » (Lévitique 4:12). De même que là-bas, les taureaux apportés comme offrandes expiatoires sont brûlés en dehors des trois camps, de même ici, le condamné est conduit en dehors des trois camps.
וְהָתָם מְנָלַן? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״וְהוֹצִיא אֶת כׇּל הַפָּר אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. אַתָּה אוֹמֵר חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת?
La Guemara demande : Et là-bas, concernant les taureaux apportés comme offrandes expiatoires qui sont brûlés, d’où déduisons-nous qu’ils doivent être brûlés hors des trois camps ? Comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : Il est dit au sujet du taureau apporté comme offrande expiatoire du Grand Prêtre : « Même le taureau tout entier, il le transportera hors du camp vers un endroit pur, là où les cendres sont déversées, et il le brûlera » (Lévitique 4:12), ce qui signifie qu’il doit le prendre hors des trois camps. Dis-tu qu’il le prend hors des trois camps, ou est-il tenu de le prendre hors d’un seul camp ?
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ בְּפַר הָעֵדָה, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״וְשָׂרַף אֹתוֹ כַּאֲשֶׁר שָׂרַף אֵת הַפָּר הָרִאשׁוֹן״ – לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁנִיָּה.
Lorsque le verset déclare au sujet du taureau apporté comme offrande communautaire expiatoire : « Il transportera le taureau hors du camp, et le brûlera comme il a brûlé le premier taureau » (Lévitique 4:21), cela nécessite une explication, car il n’est pas nécessaire que le verset dise « hors du camp », puisque cela est déjà dit à la fin de ce même verset : « Et il le brûlera comme il a brûlé le premier taureau », ce qui indique que toutes les halakhot du taureau apporté comme offrande expiatoire d’un Grand Prêtre s’appliquent au taureau apporté comme offrande communautaire expiatoire. Que signifie donc le verset lorsqu’il dit « hors du camp » ? Pour lui donner un second camp, c’est-à-dire qu’il indique qu’il doit être retiré non seulement du camp de la Présence divine, correspondant au Temple, mais aussi du camp lévitique, correspondant au mont du Temple.
וּכְשֶׁהוּא אוֹמֵר ״אַל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ בְּדֶשֶׁן, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״עַל שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן יִשָּׂרֵף״ – לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁלִישִׁית.
Et lorsque un autre verset déclare au sujet de l’enlèvement de la cendre : « Il ôtera ses vêtements, mettra d’autres vêtements, et emportera la cendre hors du camp vers un lieu pur » (Lévitique 6:4), ce verset aussi nécessite une explication, car il n’est pas nécessaire que le verset énonce cela, puisque cela est déjà énoncé au sujet du taureau apporté comme offrande expiatoire d’un Grand Prêtre : « Il emportera tout le taureau hors du camp vers un lieu pur, là où l’on déverse les cendres, et il le brûlera sur du bois au feu ; là où l’on déverse les cendres, il sera brûlé » (Lévitique 4:12). La répétition de « hors du camp » indique qu’il est tenu de lui attribuer un troisième camp, c’est-à-dire qu’elle enseigne qu’il est brûlé hors du camp d’Israël, correspondant à la zone située hors des murailles de Jérusalem.
וְלֵילַף מִשְּׁחוּטֵי חוּץ? מָה לְהַלָּן חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת, אַף כָּאן חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת.
La Guemara conteste cette dérivation de la halakha régissant celui qui est condamné à être lapidé à partir de la halakha régissant la combustion des taureaux apportés comme offrandes expiatoires. Peut-être que le lieu de la lapidation doit être appris de la halakha régissant les offrandes abattues hors de la cour du Temple, au sujet desquelles le verset emploie également l’expression « hors du camp » (voir Lévitique 17:3). De même que là-bas, en ce qui concerne les offrandes abattues hors de la cour du Temple, ces mots signifient : Hors d’un seul camp, le camp de la Présence divine, correspondant au Temple, comme l’énonce le verset suivant : « Et il ne l’a pas apportée à l’entrée de la Tente d’assignation » (Lévitique 17:4), c’est-à-dire le camp de la Présence divine, de même ici, le condamné doit être lapidé hors d’un camp.
מִסְתַּבְּרָא, מִפָּרִים הַנִּשְׂרָפִין הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף,
La Guemara répond : Pour trois raisons, il est raisonnable de déduire la halakha régissant celui qui est condamné à être lapidé de la halakha régissant les taureaux apportés comme sacrifices expiatoires qui sont brûlés.
שֶׁכֵּן ״הוֹצֵא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״, מַכְשִׁיר וּמְכַפֵּר.
La Guemara explique : De même que, au sujet de l’homme devant être lapidé pour blasphème, il est dit : « Fais sortir [hotze] celui qui a maudit hors du camp », ce qui est semblable à ce qui est dit au sujet des taureaux du sacrifice expiatoire : « Même le taureau entier, il le fera sortir [vehotzi] hors du camp », tandis qu’au sujet des offrandes abattues hors de la cour du Temple, il est seulement dit : « Hors du camp ». De plus, tant dans le cas de la lapidation que dans celui des taureaux apportés comme sacrifices expiatoires, le fait de sortir hors du camp rend l’acte valide, car le blasphémateur ne peut pas être lapidé et les taureaux ne peuvent pas être brûlés à l’intérieur du camp, contrairement au cas des offrandes abattues hors de la cour du Temple, où le fait de les abattre hors du camp rend l’acte interdit. Et, de plus, tant dans le cas de la lapidation que dans celui des taureaux apportés comme sacrifices expiatoires, le fait d’être hors du camp procure l’expiation, car tant la peine capitale que les sacrifices expiatoires expient le péché.
אַדְּרַבָּה, מִשְּׁחוּטֵי חוּץ הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף,
La Guemara rejette ce raisonnement : Au contraire, la halakha régissant celui qui est condamné à la lapidation doit être dérivée de la halakha régissant les offrandes abattues à l’extérieur de la cour du Temple, pour quatre raisons.
שֶׁכֵּן אָדָם חוֹטֵא, בִּנְשָׁמָה, פִּיגּוּל.
La Guemara explique les quatre raisons : De même que dans les deux cas, il s’agit d’une personne qui se trouve à l’extérieur, soit celle que l’on emmène dehors pour être lapidée, soit celle qui abat les offrandes hors de la cour du Temple, tandis que dans le cas des taureaux apportés comme sacrifices expiatoires, ce sont les taureaux qui sont emmenés hors du camp. De plus, tant le blasphémateur que celui qui abat des offrandes hors de la cour du Temple ont commis un péché, tandis que le taureau n’en a pas commis. De plus, tant le blasphémateur que celui qui abat des offrandes hors de la cour du Temple paient de leur âme, car abattre une offrande hors du Temple est passible de karet. Enfin, tant dans le cas du blasphémateur que dans celui des offrandes abattues hors de la cour du Temple, la halakha de disqualification d’une offrande sacrifiée avec l’intention de la consommer après le temps qui lui est imparti [piggul] ne s’applique pas, alors que cette halakha s’applique aux taureaux apportés comme sacrifices expiatoires.
מַכְשִׁיר מִמַּכְשִׁיר עֲדִיף לֵיהּ.
La Guemara explique : Néanmoins, la baraitapréfère comparer un cas qui exige de sortir hors du camp afin de rendre un acte apte à un autre cas qui exige de sortir hors du camp afin de rendre un acte apte, plutôt que de comparer un cas qui exige de sortir hors du camp pour rendre un acte apte à un autre cas de sortie hors du camp qui rend l’acte interdit, car c’est le plus notable des facteurs mentionnés.
רַב פָּפָּא אָמַר: מֹשֶׁה הֵיכָא הֲוָה יָתֵיב? בְּמַחֲנֵה לְוִיָּיה. וַאֲמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא: ״הוֹצֵא אֶת הַמְקַלֵּל אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְמַחֲנֵה לְוִיָּיה. ״וַיּוֹצִיאוּ אֶת הַמְקַלֵּל אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְמַחֲנֵה יִשְׂרָאֵל.
Rav Pappa a dit : La question de l’emplacement du lieu de la lapidation peut être déduite des versets eux-mêmes : Où Moïse était-il assis lorsque l’affaire du blasphémateur lui fut présentée ? Dans le camp des Lévites, car il était lévite, et c’est là que le blasphémateur fut amené pour être jugé. Et le Miséricordieux dit à Moïse : « Fais sortir hors du camp celui qui a maudit, » indiquant qu’il devait être conduit hors du camp des Lévites vers le camp d’Israël. Et plus loin il est dit : « Et Moïse parla aux enfants d’Israël, et ils firent sortir hors du camp celui qui avait maudit, et ils le lapidèrent avec une pierre. Et les enfants d’Israël firent comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse » (Lévitique 24:23), enseignant qu’il fut également conduit hors du camp d’Israël.
הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לַעֲשִׂיָּיה? עֲשִׂיָּיה בְּהֶדְיָא כְּתִיבָא:
La Guemara soulève une objection : Ce verset supplémentaire est nécessaire pour nous enseigner la mise en œuvre des instructions de Dieu, c’est-à-dire que le peuple juif a effectivement exécuté le commandement de Dieu, mais ce verset ne doit pas être compris comme se référant à un camp supplémentaire. La Guemara répond : La mise en œuvre des instructions de Dieu est écrite explicitement, comme il est dit dans la suite du verset :